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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 21:30

Après l’éprouvant Empereurs de ténèbres, j’avais besoin de quelque chose de léger, amusant, gouleyant sans être niais. Une blonde de trop de Loriano Macchiavelli, acheté lors du salon Toulouse Polars du Sud où j’avais eu l’occasion d’apprécier l’humour, l’intelligence et la gentillesse de l’auteur s’est révélé être le bon choix.

macchiavelli

Il fait chaud. Sarti Antonio est de mauvaise humeur, et l'heure de rentrer chez lui a sonné quand on l'appelle pour un meurtre. Un jeune, connu pour être un dealer, a fini d'agoniser dans un appartement. Les deux occupants, une blonde et son copain, disent connaître vaguement la victime qui est venue mourir chez eux. Il aurait prononcé deux noms avant de mourir. Pressé par ses supérieurs, Sarti part en chasse avec l'aide grinçante de son ami Rosas.

 

Un tout petit roman (ou une très grande nouvelle), paru initialement en feuilleton dans un journal. Si on n'a pas ici la richesse de la description de la ville de Bologne qu’offrent les romans de la série, cet épisode est un vrai régal.

 

Un régal de retrouver la mauvaise humeur de Sarti Antonio toujours grognon, râleur, à le recherche d'un bon café. Un régal de croiser ses comparses et collègues qui forment une galerie de personnages des plus réjouissante. Un régal que cet humour de l’auteur, qui interpelle joyeusement son personnage.

 

Certes, je ne conseillerais pas à ceux qui ne connaissent pas Sarti de commencer par ce volume (qui suppose un minimum de familiarité avec la série), mais pour les fans, c’est un excellent moment de lecture qui permet de retrouver ce personnage atypique et qui n'a qu'un défaut : être trop court.

 

Loriano Macchiavelli / Une blonde de trop (Una bionda di troppo, per Sarti Antonio, 2003), Bernard Psacuito (2010), traduit de l’italien par Brigitte Jensen-Psacuito.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 23:25

En cette période de fêtes, mais aussi de froid et de neige (du moins pour certains), une lecture encore plus froide, encore plus neigeuse, et qui n’a rien, mais alors rien de festif : Empereurs des ténèbres de l’espagnol Ignacio del Valle.

 

del ValleHiver 1943 sur le front russe. La Division Azul des volontaires espagnols est bloquée face à Leningrad, en attente de la contre attaque soviétique. Le froid, les dissensions entre phalangistes et militaires franquistes, les relations difficiles (pour ne pas dire plus) avec les soldats allemands, et en particulier avec les SS … L'enfer glacé est déjà sur eux. Un enfer qui empire quand un soldat espagnol est retrouvé égorgé, un phrase inscrite sur son épaule « prend garde, Dieu te regarde ». L'ex lieutenant Arturo Andrade, homme violent en proie à ses propres démons va enquêter, malgré l'absurdité qu'il y a à « se soucier d'un mort quand des millions d'hommes sont en train de se massacrer ».

 

Jeanjean, qui a aussi aimé, a trouvé le meilleur titre pour cette chronique, tant pis, j’en ai trouvé un autre pour vous souhaiter bienvenue en enfer. Le froid, définit non plus comme un manque de chaleur mais comme une force compacte, la folie, le fanatisme religieux, la peur des partisans, la peur encore plus forte des SS, machines à tuer inhumaines … Voilà la toile de fond de ce polar qui glace le lecteur jusqu'à la moelle.

 

Pas de rédemption ici, pas de lueur, pas de sérénité. On a froid, faim, peur … pas de héros, on s'en doute bien. Mais des hommes, violents, fanatisés ou parfois, simplement, incultes. Des hommes qui parfois se sont juste laissé tromper, enrôler. Une plongée en enfer, un enfer glacé, mais un enfer quand même.

 

L’écriture, hypnotique, fait sentir, de façon charnelle, les éléments, l’immensité de la plaine russe, sa désolation, la lumière crépusculaire ou la folie d’un chien et de ses maîtres. L’intrigue coule au ralenti, comme un liquide sur le point de se solidifier. Et le lecteur français découvre des pans peu connus de l’histoire du XX° siècle (même quand on sait que des espagnols se sont engagés au côté des nazis), avec les guerres internes entre phalangistes et franquistes ou le point, aujourd’hui inconcevable, de fanatisme religieux de ces engagés de la division azul.

 

Décidément, un grand bouquin, passionnant à tous points de vue, à conserver quand même pour un moment où on a le moral au beau fixe.

 

Ignacio del Valle / Empereurs des ténèbres (El tiempo de los emperadores extraños, 2006), Phébus (2010), traduit de l’espagnol par Elena Zayas.

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 00:01

 

Je vous fait part, sans me risquer à le traduire de ce « call for papers ». S’il y a de distingués anglicistes qui ont envie d’aller à Belfast en juin prochain, ils savent ce qu’il leur reste à faire.

 

States of Crime: The State in Crime Fiction


17th-18th of June 2011, Queen's University, Belfast.


Call for papers/ Appel à contribution


Deadline/ Date limite: 31st January 2011


Keynote Speaker: Professor Dominique Kalifa, Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne

 

Guest Writers: Eoin McNamee, David Peace


This conference examines crime fiction through the various manifestations of its relations to the State. State institutions are unlike other protagonists in criminal affairs, due to their monopoly of legitimate violence and have hitherto received comparatively little attention in literary criticism. Yet, shadows of the state apparatus loom large over crime fiction, both within the narration and as a referential background. The emergence of the detective novel mirrors historically the advent of the modern police state. It reflects the creation of an organised network of surveillance and control. Poe’s 'The Purloined Letter' conceals a State affair. The genre has often been shown to display securitarian tendencies. The detective, either himself an agent of the State or a “private eye” objectively fulfilling the role of an auxiliary of justice, classically pursues not only the punishment of deviant individuals, but the restoration of order. At the same time, distinctions b etween exponents of State order and criminals have been blurred since the origins and the figure of Vidocq. In a similar fashion to Hugo’s couple Valjean/Javert and Dostoievsky’s Raskolnikov/ Porfiri Petrovitch, crime readers’ sympathies have often veered towards the criminal rather than the State. Evolutions within the genre, in the wake of WWI, the Russian revolution and the American Great Depression, have introduced a more explicit critique of State corruption, and of the surrender of public bodies to private interests, lobbies, and organised crime. Post WWII, the “Noir” has accrued its counter cultural credentials with a critique of State oppression, cultural domination, silencing of minorities, and racial and sexist discrimination.
Much contemporary crime fiction continues to buttress the authority of the State but at the same time an increased political radicalisation of the genre has developed worldwide in the context of decolonisation and the Vietnam War. Marxist, Anarchist and Post-Situationist crime fiction authors have explored the genre’s subversive potential, while experiencing its constraints and contradictions. As crime fiction's geo-politics reach has expanded, the generic boundaries separating crime, thriller and espionage fiction have been called into question, along with the State's ability to control its territorial borders and the distinction between domestic and international securitization.


One of the aims of this conference is to compare different international approaches to the State in Crime Fiction within their various historical, national and political contexts. To what extent do different state traditions (i.e. Scandinavia, Italy, the US, the German Democratic Republic) find an echo in crime literature and films produced in their respective area? To what extent do these different state traditions produce distinctive crime fictions? What are the various purposes served in representing the State, and how much do they differ in a federal State, a decentralised State, or a popular democracy? In a one-party state, a Republic and a constitutional monarchy ? Do cultural transfers in the genre reflect such differences? How far is crime fiction - a genre that has developed in consort with the consolidation of the modern State - able to challenge political domination, debunk the ideologies of public discourses, uncover State secrets and revisit official history?

We invite papers in English which discuss, from a range of disciplines all aspects of such questions or deal with some of the following points (the list is by no means exhaustive), in any given literature and country, or in international comparison:


Crime fiction and Democracy

State culture and literary traditions

The State and civil society: neutral umpire or capitalist vehicle?

Public vs private: the State as gendered domain?

Racism and antiracism

Securing the city: race, ethnicity, class and the police

Police procedurals and the police

State crimes and State affairs

State responsibility in war crimes, crimes against Humanity, and Genocide

Antiterrorism and State terror/coercion

Decolonization and postcolonial crime fiction

Hobbes, Marx, Weber, Foucault, and Deleuze… Influence of theory on crime fiction.

The Politicization of crime fiction

Progressivism and Revolution

Anarchism, leftism and reactionary politics

Marxist and Situationist crime fiction: a contradiction ?

The Noir as “committed” literature : roman noir and engagement

Public utilities and general interest

The shrinking State: privatisation and the end of the welfare State

Dismantlement of the social state and the rise of corporate interests

Crime Fiction in the age of advanced financial capitalism

Private security agencies and non-elected public authorities

Infra-State entities and regional crime fiction

“Public Choice Theories”, “New Public Management” and “new” forms of governance

The Europeanization of the police. Europol, trans-border police cooperation and crime fiction

Globalisation and the State.

The detective novel in popular democracies

N. B. Papers should be no more than twenty minutes in length.


Conference organisers: Dr. Dominique Jeannerod, French Studies, QUB, and Dr. Andrew Pepper, English Studies, QUB.


Please send 300-word abstracts of papers to statesofcrime2011[at]gmail.com by 31st January 2011


A publication of proceedings from the conference is planned.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 17:57

Une découverte complète avec cette réédition en poche chez folio policier : Sansalina de Nicolas Jaillet, un roman et un auteur dont je n’avais jamais entendu parler lors de sa première sortie (comme quoi, on peut passer complètement à côté d’excellents romans).

 

JailletMexique, années 20. Pablo Zorfi vit dans la petite ville de Sansalina. Dès l'école, son avenir, et celui de ses copains d'école est tracé : misère et violence. Seule Dolores, libre et lumineuse, semble capable d'échapper à ce destin.

 

Vingt ans plus tard, Pablo est devenu le maître de la ville. Il contrôle syndicats, rackets et bordels … Et il est en train de devenir complètement fou. Loin de là, Dolores a réalisé son rêve, ouvrir un bibliothèque. Jusqu'à ce que ce rêve vole en éclat quand elle est enlevée et la bibliothèque totalement détruite par un incendie. On vient la chercher, Pablo a besoin d'elle. Le passé revient au galop, des vies volent en éclat.

 

Un grand classique de la littérature noire (et même de la littérature tout court) : Ascension et chute d’un caïd.  La difficulté avec les thèmes très classiques c’est qu’ils sont casse gueule. Forcément, on compare et là, ça passe ou ça casse. Dans le cas de Sansalina, ça passe, et ça passe même haut la main.

 

Le roman démarre sur les chapeaux de roues, finit en apothéose, et tient le rythme entre les deux, ce qui est déjà un excellent point. L'auteur maîtrise parfaitement ses changements de temps, alternant présent et passé, nous faisant revivre le parcours de Zorfi. C'est rude, dur et sanglant, comme ce Mexique du début du XX° siècle.

 

Les personnages sont magnifiques, ambigus, complexes … et voué à l'échec, tout ce qu'adorent les lecteurs de polars. Une très belle réussite pour Nicolas Jaillet qui prouve qu’on peut traiter un thème archi connu tout en écrivant un roman original et passionnant.

 

Nicolas Jaillet / Sansalina, Folio Policier N°600 (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 00:46

diamants-sur-canape

 

la-panthere-roseOn entend tous les jours de très mauvaises nouvelles à la radio, et de temps en temps, pour une raison inconnue, il y en a une qui fait plus mal que les autres. Ce matin ce fut l’annonce de la mort de Blake Edwards. Pour être tout à fait franc, je ne savais pas qu’il était encore vivant, et pourtant, l’annonce de sa mort a assombri une journée déjà bien grise.

 

Il y aura sans doute des hommages un peu partout, et la télé repassera les panthères roses (et c’est tant mieux). Comme beaucoup, j’avais vu les hilarantes aventures de l’inspecteur Clouseau, ses démêlées avec son serviteur japonais, la musique inoubliable d’Henry Mancini.

 

Puis, quand j’ai eu le temps et l’occasion d’aller beaucoup au ciné, j’ai découvert Opération jupon, Diamants sur canapé, le magnifique et douloureux Le jour du vin et des roses (avec un Jack Lemmon extraordinaire), Victor Victoria, et surtout, un jour, le choc, le film que j’ai sans doute vu et revu le plus de fois, dont je regarde régulièrement des extraits sur le net, qui me fait toujours hurler de rire : The Parthy, chef d’œuvre indépassable avec l’immense Peter Sellers au sommet de son art.

 

En hommage, je vais le regarder, une fois de plus avec les gamins pendant ces vacances.

The party

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Cinéma
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 21:50

Vous allez commencer à trouver que je vous bassine avec Terry Pratchett et ses Annales du Disque Monde. C’est sans doute vrai. Mais comme j’ai raison et que c’est toujours génial, j’en remets une couche avec Allez les mages !


Catastrophe à l'Université de l'Invisible. Le généreux donateur qui assure la non moins généreuse pitance des Pratchettmages est sur le point d'arrêter de verser son obole. Motif : l'Université doit jouer un match de Foute Ball au moins tous les vingt ans. Or, cela fait 19 ans et quelques qu'ils ont joué le dernier, et le foote de départ est devenu un véritable jeu de massacre, plus ou moins clandestin car interdit par Vétérini (le tyran démocratique local). Autant dire que la situation est critique.

Mais, mais, le foute pourrait bien revenir en grâce, et les mages gagner un match, sans magie, mais avec l'aide du mystérieux Monsieur Daingue, si discret, si effacé, si désireux de bien faire … qu'il en devient parfois inquiétant …

 

Cette fois c'est le foot, mais aussi la mode, le pipol, le bling bling, les réactions de la foule … et comment un habile, très habile politicien peut jouer de tout ça. C'est profond, fin, hilarant, c'est Pratchett. Plutôt que d’en parler mal, je vous livre trois extraits. Le premier décrit le système politique de la ville :

 

« Techniquement, la cité d’Ankh-Morpok est une tyrannie, ce qui n’est pas forcément l’équivalent d’une monarchie, et, pour tout dire, le seigneur Vétérini a même largement redéfini la fonction de tyran dont il est titulaire comme étant la seule forme de démocratie qui marche. […]

Au grand dam d’un certain nombre de citoyens qui ne trouvent pas ça normal et qui préfèreraient une monarchie, ce qui conduirait à remplacer un homme qui a atteint sa position grâce à la ruse, une profonde compréhension des réalités de la psyché humaine, une diplomatie stupéfiante, une certaine habileté dans le maniement du stylet et, de l’avis de tous, un esprit comme une scie circulaire finement équilibrée, par un quidam qui s’est contenté de naître. […]

Une troisième solution proposant que la cité soit gouvernée par une sélection de membre respectables de la communauté, qui promettraient de ne pas se donner de grands airs ni de trahir la confiance de leurs administrés à la première occasion, fit aussitôt l’objet de blague de music-hall dans toute la ville. »

 

Les deux suivants sont deux exemples parmi tant d’autres de la prose pratchettienne. Comment décrire une adorable cruche, comment décrire un sombre brute, d’une façon unique, sans les épargner et en gardant pourtant toute sa tendresse pour ces personnages :

 

« La dernière chose qu’elle voulait, c’était que son amie se mette des idées en tête. Elles y trouveraient beaucoup d’espace où rebondir et causer des dégâts. »

 

« il se sentait complètement désemparé devant ce qu’il ne pouvait pas brutaliser, ni frapper du poing ou du pied. Ses mains au bout de ses bras ballants se serraient et se desserraient comme si elles voulaient réfléchir à sa place. »

 

Terry Pratchett / Allez les mages (Unseen academicals, 2009), L’Atalante/La dentelle du cygne (2010), traduit de l’anglais par Patrick Couton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans SF - Fantastique et Fantasy
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 23:46

Il y a un peu plus de deux ans, je vous encourageais à aller voir le cirque Eloize s’il passait par chez vous. Le spectacle s’appelait Rain. Le nouveau Nebbia (brouillard en italien) est tout aussi magique. Et coup de chance, s’ils ont donné dimanche leur dernière représentation à Blagnac, ils sont ensuite en tournée dans toute la France. Pour le calendrier, c’est là, pour se faire une idée du spectacle, c’est là.

 

Nebbia 01

Comme pour Rain, peut-être encore plus que pour Rain, au-delà de la perfection technique des numéros (et ils sont parfaits techniquement), c’est tout ce qui est autour qui fait la différence. Une musique envoutante, des ruptures de rythmes, des jeux de lumière absolument féériques … On rit, on sourit souvent, il faudrait presque revenir voir le spectacle pour tout voir tant il se passe de choses sur la scène (avec en particulier des clins d’œil très Tex Avery où des personnages se poursuivent en ombres chinoises en parallèle du numéro principal).

 

La virtuosité est partout, dans les acrobaties, littéralement en état d’apesanteur par moment, dans le timing du rire, dans la musique (avec en particulier un numéro de vibraphone à quatre mains époustouflant).

 

Et l’émotion, permanente, et particulièrement forte dans le final qui prend vraiment aux tripes. Je soupçonne d’ailleurs que si la troupe laisse un long moment aux rappels avant de rallumer la salle c’est en partie pour permettre aux spectateurs de respirer un grand coup pour se remettre un peu.

 

Nebbia 02

Les enfants (pas trop jeunes quand même, le spectacle durant plus de deux heures) sont ravis, parce que c’est drôle et beau, les adultes enchantés parce que c’est poétique, drôle et émouvant. Allez-y.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Spectacles
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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:29

L’académie Nobel met en ligne les discours des zeureux zélus. Et donc cette année, on peut aller lire le discours de Mario Vargas Llosa. On peut aller le lire en français, en espagnol, en anglais, en allemand et en suédois. Et on peut aussi le récupérer au format pdf pour l’imprimer et le lire sur papier. C’est là. Et ça commence comme ça …

 

« Éloge de la lecture et de la fiction


J’ai appris à lire à l’âge de cinq ans, dans la classe du frère Justiniano, au collège de La Salle à Cochabamba (Bolivie). C’est ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie. Presque soixante-dix ans après je me rappelle nettement comment cette magie, celle de traduire en images les mots des livres, a enrichi mon existence, brisant les barrières de l’espace et du temps en me permettant de parcourir avec le capitaine Nemo dans son sous-marin vingt mille lieues sous les mers, de lutter aux côtés de d’Artagnan, d’Athos, de Porthos et d’Aramis contre les intrigues qui menaçaient la Reine au temps du retors Richelieu, ou de me traîner dans les entrailles de Paris, devenu Jean Valjean, portant sur son dos le corps inerte de Marius. »

 

Bonne lecture.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 22:17

Barcelone est décidément à l’honneur en cette fin d’année. Après Petra et Fermín, c’est au tour de l’immense Méndez de Francisco Gonzalez Ledesma de revenir dans Il ne faut pas mourir deux fois.

 

LedesmaQuelque part, dans la banlieue de Barcelone, une gamine trisomique est prostituée par une vieille maquerelle. Gabri sort de 8 ans de prison, pour le meurtre du violeur de sa femme ; il est approché par Conde, riche industriel, pour abattre un homme. Sandra abat sont futur époux le jour de ses noces. Et Mendez, le vieux flic jamais retraité, enfreignant tous les ordres de sa hiérarchie (comme toujours) va retrouver les liens, protéger les innocents, confondre les pourris … Sans jamais arrêter personne, comme toujours.

Si vous voulez savoir comment fonctionne la police de Barcelone, comment se répartissent les rôles entre police nationale et police catalane, comment on obtient un mandat, le rôle des avocats etc. … Laissez tomber, ce roman n'est pas pour vous.

 

Si vous aimez les vieilles rues de Barcelone, si comme Mendez et Ledesma vous pensez que, lorsque plus personne ne se rappellera de vous vous mourrez un seconde fois, si vous aimez l'humour âpre de ce vieux flic, son humanité ; si un peu de tendresse ne vous fait pas peur … Précipitez-vous sans hésiter.

 

Toute la thématique de Ledesma, tout son travail de mémoire, roman après roman, pour que ne meurent pas la Barcelone populaire qu’il a tant aimé, les anonymes qui se sont battus aux heures les plus noires, les maîtres d’école qui ont continué à enseigner, les femmes qui ont lutté pour nourrir leur famille et conserver leur dignité … Toute ces choses qu’il ne veut pas oublier pour qu’elles ne meurent pas deux fois. Comme le dit un vieux communiste rencontré par Méndez :

 

« Je veux qu’on se souvienne de moi Méndez, après tout ce temps en prison, tout ces drapeaux disparus, que quelqu’un se souvienne que j’ai aussi été un homme, pas seulement un casier judiciaire. »

 

Un grand roman qui prend aux tripes, fait naître en quelques lignes le sourire, le dégoût, la haine et l'envie de pleurer. Un concentré d'humain chaleureux, qui tient chaud, même sous la neige ! Un roman où se côtoient le lyrisme, la poésie et le langage le plus prosaïque :

 

« Méndez affectionnait la salle des pas perdus. Il s’y engagea tel un matou et se dirigea vers la salle des toges, nimbée cet après-midi là d’une lueur douce et ambrée, apte à inspirer une sentence en vers. »

 

Suivi immanquablement quelques lignes plus loin par un « Putain Méndez », puisque c’est ainsi que tous ses collègues s’adressent à lui.

 

Bref, à lire absolument. Pour d’autres extraits représentatifs, vous pouvez aller chez Jeanjean.

 

Francisco Gonzalez Ledesma / Il ne faut pas mourir deux fois (No hay que morir dos veces, 2009), L’Atalante/insomniaques et ferroviaires (2010), traduit de l’espagnol par Christophe Josse.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 22:10

On dit parfois que la France à la droite la plus bête du monde. Sans doute s’agit-il là d’un chauvinisme un poil exagéré, et nos voisin italiens ou espagnols (pour ne parler que d’eux) seront peut-être tentés de nous contester ce record.

 

Cependant, là, tout de suite, notre premier ministre (pourtant généralement plutôt discret dans ce domaine) a allègrement franchi le mur du çon. Voyez-vous, s’il y a eu un bordel monstre en région parisienne ces derniers jours avec la neige c’est la faute de … Météo France.

 

Quand au sinistre Boutefeux, qui habituellement ne fait pas dans le registre comique, il m’a aussi bien fait rire. Pour lui c’est la faute … Des rues en pente (sans doute dessinées par la chienlit gauchiste post 68) !

 

Etonnant quand même qu’Estrosi, l’ex ministre vroum vroum ne se soit pas fendu d’une déclaration pour accuser les virages (et surtout les virages à gauche) … Parce que c’est vrai, si le périphérique était tout droit, certes il serait moins périphérique, mais y aurait pas de problème de perte d’adhérence dans les virages.

 

Au cas où, et pour ne pas en être réduit à dire la vérité sur le manque de moyens de plus en plus criant de l’état (ben oui, à force de réduire les impôts, de ne pas remplacer les fonctionnaires qui partent à la retraite, de rogner sur les budgets d’équipement … quand il y a un événement exceptionnel, l’état est de moins en moins en mesure de réagir), voici une proposition de coupables pour la prochaine cata :

C’est la faute de la gravité qui fait tomber la neige.

C’est la faute de la thermodynamique qui fait le froid et transforme l’eau en neige.

C’est la faute de tous ces satellites qu’on envoie dans l’espace et qui dérèglent le climat.

C’est la faute des écologistes qui à force de nous bassiner avec le réchauffement ont fini par nous refroidir.

…. Et on peut sans doute en trouver d’autres. A vous.

 

Puis pour continuer de se marrer, on peut aller voir ce qu’en dit Maester

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
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