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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 23:36

Cela faisait un moment qu’on en entendait parler, ça se précise, le roman à quatre mains  DOA / Dominique Manotti est dans la dernière ligne droite et sortira en mars 2011. Il s’appellera L’honorable société.

 

Pour en savoir un peu plus, c’est sur le blog de DOA.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 22:32

Avec un peu de retard à l’allumage, une note sur un premier roman, Moi comme les chiens, de Sophie Di Ricci. Du retard, ce qui fait que Jeanjean en a déjà parlé, ainsi que Patrick Galmel sur Pol’Art- noir, et Bernard a interviewé l’auteur pour bibliosurf.

 

Di RicciLe jour où ses parents décident d'acheter un camping car, Willy se barre. Il a seize ans et part seul, avec son baladeur rejoindre la grande ville. Quatre ans plus tard il se lie d'amitiés avec Mickey et Bouboule, deux paumés qui font des passes sur le boulevard pour se payer leur dose. Avec ses quelques euros de plus, ses fringues et sa musique, Willy, qui s'appelle maintenant Alan leur en met plein la vue. C'est en les accompagnant sur le muret, quelque part à la limite de la ville où ils racolent qu'il fait connaissance avec Hibou, un homme mystérieux, à la réputation de dur. Une rencontre qui ne fera que freiner la lente et inéluctable descente aux enfers.

 

Pas de doute, dès son premier roman Sophie Di Ricci fait preuve d'une belle maîtrise. Ce qu'elle décrit est dur, glauque et elle aurait très bien pu sombrer dans le voyeurisme, l’angélisme ou le misérabilisme. Rien de tout cela ici. Le roman est âpre, sans concession, explicite mais jamais gratuit. La violence, le sexe, la dépendance, la misère y sont présents, crus, jamais édulcorés, mais jamais non plus exploités pour tirer les larmes ou provoquer le dégout. On suit les personnages dans leurs trajectoires dont, dès le départ, l'arrivée ne fait pas de doute. Un roman fort donc. Mais …

 

Mais ceci est la « critique » la plus objective possible (si tenté soit que l’objectivité existe en littérature) du roman. Vient ensuite le ressenti, le goût du lecteur, et là, j'avoue que malgré le talent de l'auteur, j'ai du mal à m'intéresser aux personnages très (trop ?) marginaux, très (trop ?) individualistes, sans aucune illusion collective (sinon celle d'une équipe de foot …). C'est une réalité qui existe, elle est superbement saisie. Mais je n’arrive pas à m’y intéresser vraiment.

 

J’aime les perdants flamboyants d'Argemi ou de Taibo II, le désespoir lyrique et caustique de Jack Taylor, les pourritures sans concession d’Evangelisti et de Carlotto, les allumés de Hiaasen, Dorsey ou Haskell Smith. Je n’arrive pas à m’intéresser aux paumés individualistes sans culture, sans valeurs, sans références, sans avenir, sans rêves, sans … que l’on croise dans nos rues et que Sophie Di Ricci a su parfaitement écrire.

 

Je sais, c’est mal, j’en suis désolé, mais c’est comme ça.

 

Sophie Di Ricci / Moi comme les chiens, Moisson rouge (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 16:20

Ellory et les éditions Sonatine ont les faveurs des critiques et des lecteurs. Et j’avoue que je me sens un peu en dehors de cette unanimité. Une fois de plus avec Les anonymes, les dernier roman de R. J. Ellory. Explication.

 

elloryWashington. Catherine Sheridan est retrouvée chez elle, étranglée et tabassée. L'inspecteur Miller est en charge de l'enquête. Une enquête complexe, sur laquelle plane l'ombre d'un tueur en série. La police vient de faire le lien avec trois autres femmes, tuées de la même façon. Seul point commun entre les quatre victimes, elles semblaient n'avoir aucune vie privée : célibataires, sans amis, sans connaissances, sans famille. Sur place, aucun indice, si ce n'est une photo trouvée sous le matelas de la dernière victime. Sur cette photo, un homme mystérieux qui semble impossible à identifier. Quand Miller s'aperçoit que Catherine Sheridan vivait sous une fausse identité l'affaire devient encore plus opaque. Et il ne sait pas encore où il met les pieds.

 

Explication donc. Ellory choisit la forme du thriller procédural pour dénoncer les exactions américaines en Amérique centrale dans les années 80, ainsi que les liens entre les trafiquants de drogues et la CIA. Comment ce trafic manipulé, au départ, par les services secrets américains en échange d'hommes, d'argent et d'armes pour les contras au Nicaragua, échappe ensuite à tout contrôle pour devenir le monstre actuel. Parce que les sommes d’argent en jeu sont devenues titanesques, parce que beaucoup de gens puissants, y compris membres de la CIA, y gagnent trop pour vouloir arrêter, mais aussi parce que les victimes (pauvres, noirs ou latinos essentiellement) n’intéressent personne aux US. Le livre est documenté, le procédé de l'enquête des flics fonctionne, l'intrigue est prenante (malgré quelques longueurs quand même).

 

Pas mal donc. Alors pourquoi des réserves ? Justement, parce que « pas mal », mais sans plus. Le flic enquêteur met beaucoup, beaucoup trop de temps à s’apercevoir qu’il y a forcément une officine de renseignement derrière toutes les irrégularités commises. Et l’auteur n’arrive pas à me faire partager sa trouille. Il nous parle souvent de frissons dans la nuque, de sueur froides, il les décrit, mais je ne les ai pas ressentis …

 

Pas mal parce que, finalement, on n’apprend pas grand-chose. On sait que la CIA a été derrière la majorité des coups tordus, pour ne pas dire plus, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Quand on a grandi, comme moi, dans une famille communiste dans les années 70, on n’a pas attendu Ellory, ou les autres, pour savoir que les américains et leurs sbires, étaient derrière les saloperies en Argentine, au Chili, au Nicaragua, au Salvador …

 

Et surtout, tout cela résiste mal, très mal, à la comparaison avec La griffe du Chien, le chef-d'œuvre de Don Winslow qui traite du même problème. Il manque le souffle, la puissance narrative, l’impact émotionnel immédiat, dès la première scène qui laisse le lecteur sonné d’emblée. Il manque la force des personnages, l’indignation, le dégoût, la révolte viscéraux que l’on ressent à la lecture du Don Winslow.

 

Ce qui m’étonne, c’est qu’aucun des billets que j’ai lu ne fait cette comparaison. Normal peut-être pour les blogueurs, La griffe du chien étant passé malheureusement presque inaperçu à sa sortie (c’est un billet de Jean-Bernard Pouy qui me l’a fait découvrir). Moins normal pour les critiques …

 

Pour conclure, si vous avez aimé Les anonymes, si vous trouvez que c’est un chef-d’œuvre, un conseil, lisez La griffe du chien, vous ne le regretterez pas.

 

J. R. Ellory / Les anonymes (A simple act of violence, 2008), Sonatine (2010), traduit de l’anglais par Clément Baude.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 17:23

Serge Quadruppani est tellement présent comme traducteur et directeur de collection (excellent traducteur, et excellent directeur de collection qui plus est), qu’on en vient à oublier qu’il est aussi auteur de polars. Saturne, vient remettre les pendules à l’heure.

 

Les thermes de Saturne. Un lieu de détente pour le romains fortunés, cadre bucolique, eaux thermales, quadruppaniquiétude. Pas ce jour-là où un homme entre et abat trois personnes, apparemment prises au hasard. Etonnamment, c'est la commissaire romaine Simona Tavianello, de l'anti mafia qui est chargée de l'affaire avant même que le tueur ne soit identifié. Elle va être aidée par un ancien flic français devenu privé à Rome qui se trouvait par hasard sur place, par les proches de victimes, et par les rêves d'un ex flic en retraite.

 

Al Qu’Aïda, la mafia, le loges … toutes les pistes sont évoquées, pour ne pas dire mises sous le nez de Simona. Comme si on voulait l'éloigner des vrais commanditaires, beaucoup trop proches du vrai pouvoir, celui de l'argent. En même temps, le tueur traqué à son tour mène lui aussi son enquête.

 

Serge Quadruppani prouve ici qu'on peut écrire un thriller politique, mêlant de très nombreux thèmes d'actualité, sans pour autant être obligé de pondre un pavé de 600 pages. Sans écrire des pages et des pages pour décortiquer tous les mécanismes, tous les liens entre mafia et pouvoir politique, sans démonter par le menu les effets de la crise financière sur la politique et/ou les avoirs financiers du crime organisé.

 

Il suffit ( !!) d'aller à l'essentiel, de donner du rythme, du nerf, sans oublier quelques bon petits plats, de l'humour et de jolis hommages. L'auteur, comme ses personnages, reste essentiellement au raz du bitume, avec nous, les anonymes, les pigeons, les plumés, les victimes. Ce qui n’oblige pas pour autant à être une victime consentante, un mouton qu’on mène bêlant à l’abattoir, loin de là.

 

Ajoutez à cela une bonne dose de fantaisie, un grand coup de pied dans la fourmilière, et beaucoup de générosité. Certes on ne devient pas expert en hedge fund, ni en lutte contre le crime organisé, mais on s'indigne, on s'amuse, on sourit … et on en redemande.

 

Serge Quadruppani / Saturne, Editions du Masque (2010).

 

PS. Petit plaisir supplémentaire, la participation active du patriarche, Andrea Camilleri en personne.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 21:37

Un nouveau norvégien à la série noire, un nouveau qui, comme Jo Nesbo, met en scène un flic (ou plutôt ici, une équipe de flics). Son premier roman, qui pourrait bien être le premier d’une série, s’appelle Noël sanglant. Son nom : Kjetil Try.

 

TryDécembre 2007, à quelques jours de Noël, un acteur qui vient d'être encensé pour son rôle de Joseph dans une pièce catholique disparaît. Quelques jours plus tard  l'inspecteur Lykke trouve ses « abats » dans son congélateur … Quelques jours plus tard c'est une nonne qui disparaît. Là aussi on retrouve ses organes congelés suspendus à un arbre. S'il y a une chose dont ne veut absolument pas Lykke, c'est que la presse écrive qu'ils ont affaire à un serial killer, il sait trop quel déferlement et quelle pression suivraient immanquablement. Et pourtant, ces deux affaires sont forcément liées, et la presse va s'en rendre très vite compte … Alors que Noël approche la course contre la montre est lancée.

 

Rien de révolutionnaire dans ce polar norvégien qui, donc, fait furieusement penser à ceux de Jo Nesbo. Rien de révolutionnaire mais du beau travail bien fait. Suspense et frissons garantis, intrigue parfaitement maîtrisée, coups de théâtres et révélations savamment distillés, changement de points de vue fluides. La narration est très solide. Les personnages sont intéressants, classiques pour ce genre d'exercice et très bien plantés.

 

Le lecteur sent le froid, la neige qui imbibe les chaussures, le vent glacial … Même si on reste quand même en deçà de la série des Harry Hole (manque un peu de folie, de noirceur … un petit quelque chose qui fait la différence) on a là de la belle ouvrage, et on aura plaisir à retrouver cet auteur et ses personnages. Qui iront peut-être (sans doute ?) en s’améliorant.

 

Kjetil Try / Noël sanglant (La de små bar comme til meg, 2008), Série Noire (2010), traduit du norvégien par Alex Fouillet.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 22:44

De retour de quelques jours à Barcelone.

 

argemi levalianPedrera, Parque Guell, aquarium, chocolate con churros, Port Vell, lecture, tapas, lomo ibérico, barrio gotico … et un petit tour chez le collègues et amis de Negra y Criminal où j’ai pu tailler une bavette avec Paco Camarasa et récupérer de la lecture, pour les grands et les petits. taibo Sandokan

 

Deux romans d’aventures, un de Raúl Argemí pour les jeunes, et, enfin, le nouveau Taibo II pour le grand : El retorno de los tigres de la Malasia, sous-titré : Más antiimperialistas que nunca. Tout un programme.

 

Bientôt en français ?

 

Dès demain, je vous cause de mes lectures.

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 19:50

Le blog se met en pause pour quelques jours.

 

A bientôt pour de nouvelles aventures, après quelques jours là.

 

Barcelona gaudi

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:03

Une nouveauté, parue chez Payot / Suspense (à ce propos, quelqu’un sait comment ils décident qui va en Suspense et qui va en Rivages/Thriller chez Payot ?). Une nouveauté australienne et excellente qui plus est. L’étouffoir, de Phillip Gwynne.

 

GwynneDarwin. Pas le naturaliste, la ville située au nord de l’Australie. Loin de Sydney l’Olympique. La population étouffe dans l’attente des premières pluie. L’inspectrice Dusty Buchanon ne plait guère à sa nouvelle chef. Elle lui plait encore moins quand elle décide d’enquêter dans le bush, prêt d’un camp d’anciens du Vietnam. On y aurait vu un cadavre dans le billabong (mangrove locale). Vu les témoins (tous plus ou moins allumé, alcoolisés et/ou shootés) Dusty n’y croit guère, mais elle va voir. Et elle le voit, le cadavre ; qui malheureusement disparaît avant que la police scientifique n’arrive. Ce qui ne va pas empêcher Buchanon de s’entêter, et ne va pas arranger ses relations avec sa chef …

 

Rien de révolutionnaire dans ce roman australien, mais du très beau travail, parfaitement maîtrisé. Une enquête qui tient la route, sans effets de manche mais sans faille. Une écriture alerte, vive et pleine d’humour. Un personnage qu’on espère, dès sa première apparition, retrouver très bientôt : grande gueule, têtue, intelligente, sarcastique, et fragile, Dusty existe dès les premières pages, on s’y attache, on l’aime, et il nous tarde de la retrouver. Des personnages secondaires tout aussi incarnés, vivants, complexes, présents … bref attachants.

 

Et la belle description d’un coin du monde très peu connu des lecteurs français. Ce nord de l’Australie avec sa chaleur étouffante, ses routards, ses liens avec le sud-est asiatique plus proche que Sydney, ses habitants qui semblent être un peu les ploucs de l’Australie, loin des snobs de Sydney, ses populations aborigènes marginalisées …

 

Tout ce qu’on aime trouver dans un bon polar, tout ce qu’on adore retrouver dans une série. Vivement le suivant.

 

Phillip Gwynne / L’étouffoir (The build up, 2008), Payot/Suspense (2010), traduit de l’australien par Frédéric Grellier.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars des antipodes
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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:00

Quelque part. Cinq fillettes ont été enlevées, les unes après les autres. La police est sur les dents mais n’a aucune piste. Quand, en forêt on trouve des bras gauches. Ceux des victimes. Sauf qu’il y en a un sixième. Entre l’équipe du criminaliste Goran Gavila spécialiste des tueurs en série, à laquelle s’est jointe Mila Vasquez, grande spécialistes des affaires d’enlèvement et le monstre la course poursuite est lancée. Une course dans laquelle le tueur a plusieurs tours d’avance.

 

CarrisiJe n’aime pas les thrillers. Mais bon, je n’aimais pas non plus les huîtres quand j’étais petit … Donc de temps en temps je vérifie. Maintenant j’adore les huîtres, toujours pas les thrillers. Du moins pas celui-ci. Pourtant on lit du bien de ce Chuchoteur de Donato Carrisi ici et là, et un copain fiable me l’avait passé. Et puis un thriller italien, ça s’essaye …

 

Qu’est-ce que je lui reproche. Essentiellement d’être resté complètement indifférent à ce qui arrive aux différents protagonistes. Et si on se fout complètement de ce qui leur arrive, on n’a pas peur. Et une histoire de serial killer super-méga diabolique qui fait pas peur … Donc je m’en foutais. Du coup, j’ai vu tous les défauts, qui seraient très certainement passés inaperçus (ou indolores) si j’avais été pris.

 

Pour commencer ce n’est qu’une variation de plus (et il y en a eu beaucoup) sur le thème du très méchant qui manipule tout le monde. Histoire déjà lue, qui pourrait passer s’il y avait autre chose. Mais mis à part quelques coups de théâtre, surprenants au début un poil répétitifs vers la fin, il n’y a rien de plus. Aucun encrage dans aucune réalité, aucune réflexion sur rien, des wagons de clichés, un fourretout avec en prime du super affreux une pincée d’ésotérismo/fantastique à poil long (qui en plus vient faire avancer l’action ce qui est un peu trop facile quand même), un pseudo jargon scientifique et psychologique pour faire sérieux … Et un final pas franchement convaincant. Je sais je suis pas gentil, et j’exagère certainement, mais franchement, c’est pas mon truc.

 

Ceci dit, comme il ne faut jamais perdre un occasion de s’instruire je vais en profiter pour corriger une erreur assez répandue véhiculée ici par un auteur qui aurait dû vérifier avant d’écrire. A un moment particulièrement dramatique, les enquêteurs récupèrent un « GPS » et en se guidant sur son signal trouvent un charnier … Ca marche pas comme ça !

 

Contrairement à ce qu’on peut penser, le fameux GPS que vous avez peut-être dans votre voiture n’est pas un appareil qui émet un signal, c’est un appareil qui reçoit un signal. Un signal émis par un certains nombre de satellites en orbite autour de la Terre (et pas par un émetteur qu’on peut cacher quelque part). Ces satellites ne savent absolument pas où vous êtes. Votre GPS lui sait où sont les satellites (leur orbite est connue du système). Sachant où ils sont, et mesurant d’où vient le signal, il peut calculer où il se trouve. Donc la seule et unique information que peut vous fournir le GPS c’est où vous êtes. Et on ne peut pas retrouver la source d’un signal avec un GPS, parce que la seule source que capte le récepteur GPS tourne autour de la Terre. Voilà.

 

Une dernière chose, l’auteur s’est astucieusement laissé grande ouverte la porte pour une suite. Voilà qui ravira ceux qui ont aimé. Ce sera sans moi.

 

Non finalement encore autre chose. Parce que j’ai décidé d’être méchant jusqu’au bout. On lit en 4° de couverture : « Avant de se rendre compte qu'il a affaire à un psychopathe ingénieux qui est au moins aussi cruel que Hannibal Lecter, le lecteur a déjà traversé l'enfer. Carrisi installe une tension, permet tout juste au lecteur de respirer puis le pousse dans un abîme encore plus profond.» La Repubblica.

Ben je suis fort qu’Orphée parce que j’ai traversé l’enfer sans même m’en rendre compte, j’ai pas été essoufflé, et je suis remonté de l’abîme avec mes petites mains, sans piton ni mousqueton et sans bouger les oreilles !

 

Donato Carrisi / Le chuchoteur (Il suggeritore, 2009), Calmann-Levy (2010), traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 21:35

Après la densité et l’érudition de dernier roman de José Manuel Fajardo, un peu de détente était bienvenue. Ca tombait bien, j’avais récupéré, à ma grande joie, le dernier Joe R. Lansdale, Vanilla Ride, et pour que mon bonheur soit parfait, ce roman est le dernier de la série Hap et Leonard.

 

Au cas, très improbable, où vous ne connaîtriez pas encore ces deux zigues, une présentation rapide. Hap et Leonard sont deux branleurs texans, amis fidèles, grands castagneurs devant l’éternel. Ils vivent de petits boulots et se mettent régulièrement dans des situations merdiques, voire très merdiques. Complétons en disant que Hap est blanc, hétéro (et en ménage avec une bombe rousse répondant au nom de Brett), et plutôt démocrate, et que Leonard est noir, homo et plutôt républicain. Finissons en disant que le moindre échange verbal entre Leonard, Hap et Brett fait exploser n’importe quel détecteur de grossièretés scatologiques, même le moins sensible.

 

LansdaleHap et Leonard sont plutôt peinards depuis quelques temps : « Ca faisait un bout de temps qu'on ne m'avait pas tiré dessus, et personne non plus ne m'avait cogné la tête depuis au moins un mois ou deux. ». Ils acceptent d’aider un ami, ancien flic à la retraite, à récupérer sa petite fille qui vit avec un dealer qui la bat. Une bonne baston plus tard, la gamine a rejoint le giron familial. Mais, car il y a un mais … En tabassant les nuisibles Hap et Leonard se sont mis à dos un bande de méchants très méchants, et très rancuniers, et se retrouvent donc avec une bande de tueurs aux trousses, et dans le collimateur du FBI. Fini la tranquillité, le rodéo va pouvoir commencer.

 

Enfin, ils sont de retour ! J’étais en manque de poésie et de délicatesse, grâce ce nouvel épisode des aventures des deux héros les plus … Les plus quoi ? Incorrects ? orduriers ? drôle ? scatologiques ? du polar mondial.

 

Eclats de rires, bastons titanesques, suspense garantis. En creux, le portrait d’une Amérique rurale, raciste, inégalitaire, violente, injuste, obscurantiste … Mais une Amérique que l’auteur aime de toute évidence.

 

Un petit exemple de dialogue entre les deux zozos, qui discutent de deux FBI men qu’ils  viennent de subir :

« - Tu sais ce qui est Zarb avec la momie et son pote, c’est qu’ils s’imaginent qu’on devrait les croire juste parce qu’ils bossent pour le gouvernement.

- C’est comme le religion dis-je. Le FBI, c’est une question de foi, ça ne se discute pas.

- Eh ben, c’est débile.

- J’ai dit que c’était comme la religion non ?

- Oh ouais, d’accord. »

 

C’est aussi pour ça que je les aime ! Bref, un vrai moment de détente intelligente (si si, intelligente) et drôle.

 

Joe R. Lansdale / Vanilla Ride (Vanilla Ride, 2009), Outside/Thriller (2010), traduit de l’américain par Bernard Blanc.

 

PS. Je sais, comme me le soufflait un copain, la couverture ne brille pas par sa finesse. Mais elle colle assez bien avec ce qu’il y a à l’intérieur …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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