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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 23:16

Avant de reprendre le collier, deux souvenirs de TPS 2010 (il y en aura d’autres plus tard), merci aux photographes qui m’ont très aimablement envoyé ces photos :

 

Me voici donc en très bonne compagnie avec

 

Avec Roux petit

 

Black Jack de la Noirode et Christian Roux

 

Et avec la dream team hispanique :

 

espagnols petit

 

De gauche à droite : Carlos Salem, ma pomme, José Carlos Somoza, José Manuel Fajardo, Roselyne de la librairie de la Renaissance et Jéronimo Tristante.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 01:13

 

J’ai déjà parlé de José Manuel Fajardo dans mes billet sur le récent TPS. J’ai profité de sa venue pour acheter (et faire dédicacer) son dernier roman traduit : Mon nom est Jamaïca. Un grand roman, qui m’a ramené des années en arrière, quand je lisais les Borges, Cortazar, Carpentier et autres Garcia Marquez. Pas moins …

 

Dana, la narratrice, retrouve lors d’un congrès à Tel-Aviv son collègue et ami Santiago Boroní. Elle apprend Fajardoà l’occasion que son fils David vient de se tuer en voiture. La nuit suivante elle est appelée par un poste frontière avec Gaza : Santiago a été arrêté alors qu’il tentait de forcer un barrage, il est en cellule et tient des propos complètement délirants. Quand elle le retrouve, il prétend avoir eu une révélation, descendre des juifs marranes et s’appeler en réalité Jamaïca.

 

De retour à Paris son état empire et, dans son esprit, les persécutions des juifs par l’inquisition espagnole se mêlent à la répression des émeutes de banlieue de cette année 2005. Dana trouve même d’étranges résonnances avec le récit d’une révolte inca au début de la mainmise des espagnols sur ce qui deviendra le Pérou. Inquiète pour la santé de son ami elle décide de l’accompagner au bout de sa folie …

 

Grand, grand roman. Riche, émouvant, construit, écrit … Et sacrément ambitieux. Il fallait oser mêler l’histoire des juifs marranes, obligés après la chute de Grenade de choisir entre fuir, mourir, ou faire semblant de renoncer à leur religion et se déclarer catholiques ; une partie de l’histoire de la résistance à la conquête et l’asservissement de l’Amérique du Sud par les espagnols ; et les émeutes de banlieue en région parisienne en 2005. Il fallait oser un roman qui voyage d’Israël au Pérou en passant par Aubervilliers, Bilbao et Grenade. Il fallait oser la folie, l’incohérence apparente. Il fallait oser laisser autant de questions sans réponse, autant de portes ouvertes. José Manuel Fajardo a osé, et il a tout réussi.

 

On suit passionnément tous ces récits qui s’imbriquent, s’entrecroisent, on est happé par la mise en abime. Le roman est dense, riche, passe de façon fluide au récit d’une traque dans la forêt amazonienne à un parenthèse paisible dans un jardin ouvrier de banlieue parisienne, d’une joute érudite sur la culture marrane au récit palpitant, qui sent la peur et la fumée, d’une nuit d’émeute …

 

Les personnages sont littéralement habités, on ressent dans ses tripes leur peur, leur douleur, leur doutes, leur folie, mais aussi leurs moments de bonheur. On goute un plat de pâtes, on sent l’odeur des pneus brûlés, on éprouve la joie de se trouver dans une bibliothèque inépuisable, on sent la moiteur de l’Amazonie …

 

Accessoirement, pour tout lecteur un peu moins érudit que les personnages et leur auteur (c'est-à-dire, la très grande majorité des lecteurs) on apprend beaucoup de choses, sans avoir jamais l’impression d’apprendre une leçon. Les références culturelles sont permanentes, elles ne ralentissent jamais le récit, et ne donnent à aucun moment l’impression que l’auteur étale sa science. Bien au contraire, il la partage avec générosité. C’est cela (entre autres choses) qui m’a refait penser aux grands noms cités au début de ce billet.

Il suffit alors de dire que la « filiation » n’est jamais écrasante pour donner une idée de la qualité de ce roman.

 

José Manuel Fajardo / Mon nom est Jamaïca (Mi nombre es Jamaica, 2009), Métailié (2010), traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 17:28

Rien de très nouveau je sais, mais il est toujours bon d’enfoncer le clou …

 

Petite arithmétique des retraites … cherchez l’erreur ! (pompé intégralement là).

 

Retraites : Un problème d’arithmétique divise les Français - André MARTIN

 

D’un côté : Sarkozy, Fillon, Woerth, les députés UMP, le MEDEF et pas mal d’éditorialistes qui disent que, pour des raisons démographiques, il ne sera bientôt plus possible de financer les retraites par répartition. De l’autre côté : des syndicalistes, des ingénieurs, des artisans, des agriculteurs, des commerçants, des ouvriers, des chômeurs, des étudiants, des lycéens … qui ont aussi fait le calcul et qui disent que même dans 40 ans il ne sera pas très difficile de financer les retraites par répartition.

 

Qui a raison ? Qui a tort ? Les calculs sont-il compliqués ?

 

Quelques professeurs de mathématiques ont voulu en avoir le cœur net. Ils ont décidé de poser la question, sous la forme d’un problème d’arithmétique, à un millier d’élèves de la classe de 6ème, dans différentes villes de France.

 

Ils sont partis des données incontestables suivantes :

au cours des 40 dernières années, avec une croissance annuelle moyenne de 2%, le PIB est passé de 1000 à 2000 milliards d’euros au cours des 40 ans prochaines années, le nombre de personnes de plus de 60 ans va en gros doubler dans l’hypothèse où, sur les 40 prochaines années, la croissance serait seulement de 1% en moyenne annuelle (le gouvernement promet 2% et plus, afin de faire reculer le chômage), le PIB passerait de 2000 milliards en 2010 à 3000 milliards en 2050.

 

Pour soumettre l’énoncé suivant aux élèves, ils ont convenus que les 2000 milliards seraient représentés par un gâteau de 2000 grammes et les 3000 milliards par un gâteau de 3000 grammes.

« Aujourd’hui en 2010, dix salariés produisent un gâteau de 2000 grammes, à partager avec 4 retraités. Dans 40 ans, en 2050, dix salariés produiront un gâteau de 3000 grammes à partager avec 8 retraités.

Calculer le poids de la part de gâteau de chaque personne, en 2010 et en 2050. La part de chacun en 2050 sera-telle plus petite qu’en 2010 ? ».

 

Après corrigé des copies, il apparaît que 99% des 1000 élèves ont trouvé :

qu’en 2010, la part de chacun est de 143 g (2000 : 14)

qu’en 2050, la part de chacun sera de 167 g (3000 : 18)

qu’en conséquence, en 2050 la part de chacun aura augmenté par rapport à 2010.

 

Aucun élève de 6ème n’a donc trouvé le même résultat que Sarkozy, Fillon et Woerth au problème de partage du gâteau ! Afin de tenter de comprendre cette situation ubuesque, les professeurs de français ont décidé que le prochain sujet de rédaction qu’ils soumettraient aux élèves du lycée serait « A votre avis, pourquoi Sarkozy, Fillon et Woerth font semblant de ne pas savoir calculer ? ».

 

S’ils nous transmettent les meilleures copies, nous les publierons sur ce site.

 

Nous avons profité du débat « Quel avenir pour les retraites ? », entre Xavier Bertrand et Bernard Thibault, à Lyon le 25 septembre 2010, pour demander à Xavier Bertrand si les résultats trouvés par les 1000 élèves étaient justes ou erronés. Il nous a répondu que les résultats étaient justes, mais que l’énoncé du problème aurait du préciser que dans les 40 années à venir, une partie de l’accroissement des richesses devra être consacrée aux dépenses de santé et à celles liées à la dépendance (le 5ème risque), car elles vont encore augmenter. Nous avons donc refait les calculs, en réservant sur le gâteau de 2050 : 100 milliards de plus pour la santé et 100 milliards pour la dépendance. C’est donc comme si le gâteau de 2050 ne pesait plus que 2800 grammes.

 

Résultats du nouveau calcul :

en 2010, la part de chacun est de 143 g (2000 : 14)

en 2050, la part de chacun sera de 155 g (2800 : 18)

en conséquence, en 2050 la part de chacun aura … toujours augmenté par rapport à 2010 !

 

Les explications de Xavier Bertrand n’étant toujours pas satisfaisantes, nous invitons cette fois l’ensemble des citoyens à réfléchir à la fameuse question : « A votre avis, pourquoi Sarkozy, Fillon, Woerth, Copé et Bertrand font semblant de ne pas savoir calculer ? ».

 

Afin d’encourager cette réflexion, nous sommes prêts à publier les plus pertinentes sur ce site.

André Martin

co-fondateur du site : http://www.retraites-enjeux-debats.org/


Je reprends la main et vous propose quelques pistes de réponses, et après c’est à vous …

 

Parce que c’est Xavier Darcos qui leur a appris à faire une règle de trois.

Parce qu’ils veulent la santé du peuple et savent bien que « le travail c’est la santé ».

C’est une blague, ils veulent juste tester la veulerie des journalistes qui, à aucun moment, n’exposent au public ce petit calcul pourtant simple.

Parce qu’ils veulent donner une part toujours plus grosse du gâteau à leurs amis actionnaires.

Parce que cela permettra de privatiser un peu plus la retraite et que leurs amis actionnaires (les mêmes) pourront enfin mettre la main sur cet énorme pactole qui leur échappe en partie (comme ils sont en train de mettre la main sur ceux de l’éducation et de la santé).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 22:01

 

Les blogs consacrés (en totalité ou en partie) au polar fleurissent. Et c’est tant mieux ! En voici quelques-uns que je n’avais pas encore signalés :

 

One more blog on the ghetto, polar, ciné et rock.

 

Polar, noir et blanc pour nos amis québécois.

 

Plus « exotique », le blog polar d’un français qui vit en Chine, ça s’appelle Au policier chinois.

 

Un blog qui fait un intéressant travail de fond, un auteur après l’autre, Mœurs noires.

 

Passion polar, un tout nouveau venu.

 

Pour ceux, nombreux, qui aiment le polar ET le jazz, le blog mystère jazz de Paul Maugendre.

 

Et puis pour changer, et rire pour ne pas pleurer, vous pouvez, encore et toujours, aller sur le site de Maëster. Il fait encore un portrait hurlant de vérité, et commente l’actu à son inimitable façon.

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:30

Les gobelins, Saint-Germain, Bir-Hakeim, Château d’eau, Les Halles, République, Saint-Lazare.

 

Villard intra-murosSept stations de métro. Sept histoires. Des histoires de Marc Villard. Avec Les Halles, le foot (mais aussi le hand), un tueur à gage, une contrebasse volée, le New Morning, du jazz, des immigrés, un clodo, de la drogue … Du Marc Villard en bref. Donc avec du rythme, de la poésie, des phrases qui swinguent … Et des photos, prises dans le métro par Cyrille Derouineau.

 

Mise part les illustrations, l’originalité de ces sept courts récits est leur façon de se répondre, de s’entrecroiser, de reprendre ici une silhouette aperçue là-bas, de voir de l’intérieur telle rencontre commentée dans un autre texte … L’ensemble forme une toile subtilement mais solidement tissée et fait de ces sept récits un roman impressionniste où le lecteur, outre le plaisir de chaque nouvelle, s’amuse à changer de point de vue, à percevoir les correspondances, à éclairer d’une autre lumière un recoin resté dans l’ombre.

 

J’aime les sept textes, avec un tendresse particulière pour Les Gobelins, histoire d’une rencontre ratée, qui m’a évoqué, allez savoir pourquoi, la très belle chanson Les passantes de Brassens.

 

C’est élégant, fin et tendre. Une très belle réussite. Et un beau travail d’édition avec ces sept livrets rassemblés dans leur joli coffret. Je ne sais pas s’il est facile de les trouver en librairie. Vous pouvez toujours aller voir sur le site des éditions In8.

 

Marc Villard, photos de Cyrille Derouineau / Intra Muros, In8 (2010).

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:46

Raúl Argemí n’était pas à Toulouse cette année. Mais il y était l’an dernier et m’avait dit que Patagonia Chu Chu était en cours de traduction. J’ai donc attendu près d’un an avant de l’avoir dans les mains. Ici, il est devenu Patagonia Tchou-Tchou. Et ça valait le coup d’attendre, c’est un de mes gros coups de cœur de la rentrée.

 

ArgemiAguada Requena, Patagonie. Deux hommes montent dans la Trochita, ce petit train à vapeur qui parcourt quatre cent kilomètres au milieu de nulle part, unique lien avec le reste du monde pour les gauchos qui vivent là. Ils s’appellent Butch Cassidy et Juan Battista Bairoletto et s’apprêtent à prendre le train en otage, pour délivrer Beto, le frère de Butch qui va monter un peu plus loin pour être transféré de prison. En réalité, il s’agit d’un marin et d’un conducteur de métro au chômage.  Et rien ne va se passer comme prévu. Tout sera plus compliqué, plus fou, plus grand.

 

Un roman furieusement argentin qui donne envie de partir immédiatement pour la Patagonie, même si la Trochita ne roule plus, et de se perdre dans son immensité pour rencontrer, en vrai, des personnages aussi fous, aussi généreux, aussi magiques. On sourit, on rit, on a la larme à l’œil, on s’indigne, on tremble, on s’enthousiasme avec l’équipe de bras cassés magnifiques que Raúl Argemí a inventés. Et on pleure à la fin de les laisser, on aurait bien continué ainsi, des jours durant.

 

Entre temps, on a admiré les paysages désolés mais grandioses de Patagonie, on a senti l’odeur de la viande grillée, on a vibré à un match de foot surréaliste, on a eu envie de massacrer une pourriture de sénateur en tournée de campagne électorale, on s’est ému d’amours naissantes … Bref, on a vécu intensément.

 

On a aussi réfléchi sur cette région à part, terre d’anarchistes et d’indiens, terre d’utopies et de répressions sanglantes, terre qui attire les fous, comme ce gascon qui se déclara Roi de Patagonie, terre pour se perdre, ou se retrouver, terre de violence et de solidarité. Un décor hors norme, pour des histoires hors du commun.

 

Merci à Raúl Argemí de nous régaler ici avec une de ces histoires, vaste et lumineuse comme le ciel de Patagonie, triste et tendre comme un tango, qu’on termine avec un nœud dans la gorge et le sourire aux lèvres.

 

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la Trochita (en français), et sur Juan Battista Bairoletto (en espagnol). Je ne vous ferai pas l’injure de vous renvoyer à des liens sur Butch Cassidy …

 

Une fois de plus, nous sommes d’accord avec Jeanjean

 

Raúl Argemí / Patagonia Tchou-Tchou (Patagonia Chu Chu, 2005), Rivages/Noir (2010), traduit de l’espagnol (Argentine) par Jean-François Gérault.

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:39

Parmi les invités de TPS version 2010, il y avait un auteur qui avait marqué le salon 2009, l’inoubliable Carlos Salem. Coup de chance, son second roman traduit en français venait juste de sortir : Nager sans se mouiller. Après le délirant mais très cohérent Aller simple, ses lecteurs l’attendait au tournant. Mais ils n’étaient pas au bon tournant ! Loin du délire contrôlé du premier roman, ils ont droit ici à un polar pur jus, dans les règles (des règles un peu revues quand même).

 

SalemJe m'appelle Juanito Perez Perez. Et je suis représentant en papier hygiénique. Quoi de plus banal ? Quoi de plus ennuyeux ? C'est l'identité que connaissent mon ex femme, et mes deux enfants. Pour l'Entreprise, je suis Numéro 3. Je prends mes ordre de Numéro 2. Et j'ai quinze morts à mon actif. Mais là, je compte bien partir en vacances avec mes deux enfants, que mon ex me laisse, exceptionnellement, pour être seule avec son nouveau Jules.

 

Malheureusement, Numéro 2 me confie une nouvelle mission, compatible avec les vacances prévues. Soi-disant. L'ennui est que je dois loger près de la cible. Dans un camp de nudiste. Et que la cible n'est autre que mon ex. Pour comble, sur place je tombe sur mon ami d'enfance, perdu de vue depuis bien longtemps. Trop, beaucoup trop de coïncidences …

 

Contrairement à ce que cet embryon de résumé pourrait laisser croire, Carlos Salem s'est assagi. Si, si ! Disons assagi par rapport à Aller simple. Si la situation de départ (et les rebondissements nombreux) sont inattendus, voire rocambolesques, le récit suit par ailleurs une trame relativement classique, parfaitement maîtrisée, et laissant peu (voire pas) de place à l'improvisation. Après tout, on suit une histoire classique dans le polar, celle du tueur aspirant à la retraite poursuivi par ses anciens employeurs.

 

Trame classique donc, mais revisitée par Carlos Salem. Alors on n'est pas un procédural anglo-saxon, il y a du cul (disons les choses comme elles sont), c'est souvent drôle, mais aussi très souvent émouvant, parfois profond, toujours humain. L’auteur multiplie les références : un des personnages est un vieux monsieur très classe nommé … Camilleri, le tueur, pour s’occuper, lit … Aller simple, il y a un juge dont le nom fait furieusement penser à Baltasar Garzon … Bref du Carlos Salem.

 

Et il y a ce tueur. Loin des psychopathes de service, loin des supermen surentraînés, c’est juste un homme qui fait son boulot. Sans passion mais sans ennui, sans émotion. Un peu comme quelqu’un qui construirait des missiles vendus au Pakistan ou qui mettrait au point des aditifs qui rendent accro à la clope ou à une boisson gazeuse … Rien de personnel, juste un boulot.

 

Finalement, c’est l’auteur qui parle le mieux de son roman dans les remerciements où il écrit « Tous ceux-là et beaucoup d’autres que j’oublie (pardon) m’aident à poursuivre l’écriture de ces histoires tristes qui font rire les lecteurs ». Je ne saurais mieux dire.

 

Carlos Salem / Nager sans se mouiller (Matar y guardar la ropa, 2008), Actes Sud (2010), traduit de l’espagnol par Danielle Schramm.

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 19:41

 

Pour me « détendre » après TPS, et avant d’attaquer une série hispanique, en partie achetée au salon, j’avais besoin d’un coup de raide. Du bien noir, bien serré. Du qui gifle, qui réveille. « Une boisson d’hommes » comme dirait l’autre, avec de la pomme, mais aussi de la poire … En l’occurrence plutôt de l’orge … Il s’agit de En ce sanctuaire, dernier Jack Taylor, le privé irlandais de Ken Bruen.

 

Jack Taylor va mal. Ce qui n’est pas nouveau. Il avait son billet pour l’Amérique quand Ridge, la garda avec qui il entretient Bruen-sanctuaireun relation amicale toute en piquants (et en piques) lui a annoncé qu’elle était atteinte d’un cancer. Alors Jack est resté à Galway. Où il reçoit la lettre d’un fou furieux lui annonçant la mort prochaine de deux flics, un juge, une nonne … et un enfant. Bien entendu, la police lui rit au nez et, une fois de plus, il devra enquêter, bien contre son gré, dans cette Irlande qu’il reconnaît de moins en moins.

 

Un Jack Taylor pur noir … Jack toujours aussi désespéré, aussi cinglant, aussi hargneux … aussi humain sous la carapace. Galway toujours méconnaissable, transformée par l’incroyable richesse tombée d’un coup sur quelques uns, laissant les autres plus pauvres que jamais. Une intrigue … prétexte. Prétexte à sonder les âmes en peine, à toucher le fond du désespoir. Et l’écriture de Ken Bruen. Limpide, tranchante, chantante, référencée … Bref, tout ce que j’aime, qui bouleverse, fait rager, pleurer, sourire, rire même parfois.

 

Allez, quelques extraits, juste pour retrouver l’humeur agréable de ce vieux Jack :

 

« M’étais permis le geste puéril de claquer la porte derrière moi ?

Y a intérêt. »

Et là, vous avez tout Jack :

« L’amabilité me déstabilise. Je suis tellement habitué aux échanges acerbes que la gentillesse authentique me trouble. Je lui retournai mon plus beau sourire en espérant qu’il ne ressemblait pas trop à une grimace »

 

Voilà, venez pour une virée désespérée et magnifique dans l’Irlande d’aujourd’hui.

 

Ken Bruen / En ce sanctuaire (Sanctuary, 2008), Série Noire (2010), traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre Bondil.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 22:46

813-Top-100Ca y est, il est sorti ! Quoi ? Le numéro 108 de la revue 813 consacré au TOP 100 des membres de cette vénérable mais dynamique association.

 

Je ne vais pas faire mon modeste, c’est moi qui avait lancé l’idée. Mais je ne vais pas non plus faire mon malin, je n’ai fait que coordonner les différents intervenants.

 

Voilà comment c’est parti (je reprends ici le petit texte d’intro du numéro) : « En 2008 sortait Le guide des 100 polars incontournables d’Hélène Amalric chez Librio. Difficile de ne pas être intéressé, ou pour le moins curieux. Pour, ensuite, être frustré. Frustré par l’absence de certains auteurs qu’on considère, nous, comme incontournables, frustrés aussi par le format très succinct de l’ouvrage.

Pour faire passer ma frustration, la solution la plus évidente m’a parue être faire ma propre liste, puis, naturellement, solliciter celles de ceux qui se sont rassemblés en association justement pour défendre cette littérature qui leur tient à cœur, à savoir les membres de 813. ».

 

Plus de 1000 auteurs ont été cités, vous pouvez avoir une idée des cent gardés en allant là.

 

Un quarantaine de personnes ont participé à l’élaboration de ce numéro, rédigeant une, deux … ou une dizaine de fiches. L’ami Jeanjean fut de l’aventure. Claude Mesplède aussi, bien entendu. Clémentine Thiebault de Noir comme polar, Corinne et Black Jack de la Noirôde, Julien Védrenne de K-Libre

 

Des traducteurs parlent de romanciers qu’ils ont traduit, comme Jean-Paul Gratias avec Robert Bloch, Jean-Jacques Fleury et Francisco Gonzalez Ledesma ou Nathalie Beunat et Dashiell Hammet.

 

Des universitaires parlent de leur auteur de prédilection, comme George Tyras et Manuel Vazquez Montalban, Sébastien Rutés et Paco Ignacio Taibo II ou Stéfanie Delestré et Jean Amila.

 

Des auteurs parlent de ceux qu’ils aiment lire, et de ceux qui leur ont donné envie d’écrire, Jérôme Leroy, Magali Duru, Jeanne Desaubry, Max Obione, Marie Vindy, François Guérif, Thomas Bauduret, Dominique Sylvain, Stéphane Michaka … Et puis il y a la foule des passionnés de 813.

 

Résultat : « Les fiches sont savantes, drôles, émouvantes, admiratives, descriptives, analytiques … Elles sont toujours passionnées. »

Ce numéro a été tiré à plus d’exemplaires que d’habitude. Vous devriez pouvoir le trouver dans certaines librairies et maisons de la presse (ou bien sûr le recevoir si vous faites partie de 813). Sinon, tentez votre chance sur le site de 813.

 

En espérant qu’il vous plaira et vous donnera des envies de lecture.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 22:38

Ce fut le dernier bouquin avant le week-end de folie de TPS … Un bon thriller bien construit, intelligent et qui vous fiche les jetons … C’est une nouveauté de chez Rivages, Un monde sous surveillance de Peter Temple (dont un roman a déjà été traduit à la série noire, Séquelles, totalement différent).

 

TempleConstantine Niemand est garde du corps à Johannesburg. Jusqu’au jour où, malgré sa vigilance, le couple qu’il devait protéger est abattu par deux voleurs. Il réussit à tuer les assassins et se retrouve en possession d’une cassette. Une cassette qui vaut de l’or. C’est pourquoi il part pour Londres l’échanger contre une forte, une très forte somme. Il a juste sous-estimé la détermination de ceux qu’il veut faire chanter … et leur pouvoir de nuisance.

 

A Hambourg, John Anselm, ancien journaliste, jamais remis d’avoir été retenu en otage durant de longues semaines au Liban travaille maintenant dans une société qui fournit des renseignements. Sur tous, pour n’importe quel client … et très cher. Il ne sait pas, quand on lui demande de retrouver la trace d’un homme d’affaire sud-africain à Londres, que le passé va lui sauter à la figure.

 

Commençons par une mise en garde. Si vous avez une tendance à la paranoïa, si vous êtes persuadé qu’on peut, à tout instant, vous suivre à la trace, si vous avez la sensation tenace d’être surveillé à tout moment … Evitez de lire ce roman, il ne peut qu’aggraver votre cas. Parce que vous avez en partie raison …

 

Outre les saloperies commises au nom de la lutte contre le communisme en Afrique (guère plus, ni guère moins ragoutantes que toutes celles commises dans le monde entier), qui servent de prétexte à l’intrigue (c’est le fameux Mc Guffin de Tonton Alfred) c’est bien cela le sujet du roman. Effectivement, si l’on a de l’argent, beaucoup d’argent, et que l’on veut vous suivre à la trace, c’est possible, techniquement, et des sociétés sont prêtes à le faire, sans le moindre état d’âme. Voilà pour le fond.

 

La forme est parfaitement adaptée. Un thriller très efficace qui démarre sur les chapeaux de roues,  du suspense, de l’action, des coups de théâtre … Et de beaux personnages. Même si le mercenaire est un poil cliché (mais un cliché bien construit, donc un cliché qui marche), le journaliste est, à mon goût, parfaitement réussi, dans la veine connue mais toujours efficace des héros fragilisés par un passé traumatisant. Et dans ce style, c’est la première fois que je « rencontre » un ancien otage, la première fois que je vois un personnage rendre aussi cohérentes les failles, les terreurs et les blessures dues à un tel traumatisme.

 

Tout pour plaire donc … sauf si vous êtes parano.

 

Peter Temple / Un monde sous surveillance (In the evil day, 2002), Rivages/Thriller (2010), traduit de l’anglais (Australie) par Simon Baril.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars des antipodes
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