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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 23:27

Et de deux !!

 

Un peu tôt pour faire un bilan, mais juste à temps pour quelques impressions à chaud.

 

Deuxième édition de TPS donc, débuté jeudi soir, avec une magnifique rencontre avec Somoza et Fajardo. Si le bilan de la suite est globalement positif, et même très positif, j’ai quand même un petit arrière goût de frustration. Commençons donc par ce qui a « moins bien marché », au moins pour moi.

 

Mis à part la grosse déception de l’absence de Massimo Carlotto (mais ça, ce n’est las faute de personne), une grosse frustration vient du fait que j’ai voulu faire trop de choses. Résultat je n’ai assisté à quasiment aucune table ronde, sauf le début de celle sur le polar italien, et celle sur la série noire que j’ai animée avec Claude Mesplède.

 

Gros regret donc d’avoir raté celle rassemblant Carlos Salem, José Carlos Somoza, Tito Topin et Pascal Dessaint. Et d’avoir raté le duo Jacques Tardi / Jean Vautrin. Mais ça, c’est mas faute …

 

Petit regret, il me semble, mais il faudra le confirmer, qu’il y a eu moins de monde que l’an dernier.

 

Dernier point, je pense qu’il y avait trop d’auteurs, et donc trop d’auteurs que nous n’avons pas pu mettre en valeur, et dont la « seule » activité durant le week-end a été d’attendre le chaland derrière leur stand. Je m’en veux un peu, je nous en veux un peu, de ne pas avoir pu ou su les mettre en valeur … Il faudra qu’on en discute pour l’an prochain.

 

Et puis il y a tout le plaisir …

 

Une rencontre a priori difficile à la bibliothèque du CE d’Air France, puisque tout le monde y attendait Massimo Carlotto. Et là, très belle surprise, l’amie Martine avait fait un énorme boulot de préparation, à l’heure du repas, une bonne trentaine de personnes s’étaient déplacées, Giovanni Zuccha, Claude Mesplède et Diana Lama ont « presque » fait oublier l’absence de maestro, les gens étaient intéressés, participaient … Un bonheur.

 

A 17h00, une autre partie de plaisir la présentation de Jean-Hugues Oppel dans une bibliothèque toulousaine. Là aussi gros travail de préparation des bibliothécaires, du monde, grands et petits, des gens intéressés, qui connaissaient ses livres, et le grand JH en pleine forme. Conteur, bateleur, charmeur … Il a tenu l’auditoire dans sa main pendant une heure et demie. Et nous a même révélé le secret de fabrication des plus grands cinéastes américains, et même de certains présidents français … l’effet Gros Nez. L’effet Gros Nez c’est ……. Ben non, vous n’aurez qu’à lui demander.

 

Un des grands plaisirs de ces salons et de rencontrer « en vrai » des gens qu’on ne connaît que par internet interposé, ou qu’on voit peu. Plaisir de discuter avec Biblio Manu et Jeanjean, mes potes de blog. Plaisir de retrouver les copains de 813. Plaisir de discuter avec Dominique Manotti, Marc Villard, Fabienne Ferrère, Hervé Le Corre, Giovanni Zuccha, Carlos Salem, Jeronimo Tristante, Marin Ledun, DOA  

 

Plaisir de découvrir le numéro 108 de la revue 813 consacré au TOP 100 de l’association (je vous en reparle dans la semaine).

 

Plaisir de faire un mini interview avec José Manuel Fajardo, de suivre celui de Christian Roux et celui du Grand Monsieur (il en a marre qu’on l’appelle grand-père …) du polar italien, à savoir Loriano Macchiavelli. Grand Monsieur vraiment, classe, drôle, modeste, chaleureux, humain … passionnant.

 

Plaisir, un matin au café, d’échanger quelques mots avec Piergiorgio Di Cara, et de s’apercevoir que ce colosse impressionnant (coupe GI, carrure de troisième ligne) est adorable. On a même eu droit au récit rocambolesque de la seule fois où il c’est fait braquer par des voleurs palermitains. Une histoire à chute qui ferait une excellente nouvelle …

 

Plaisir de jouer de la musique le samedi soir, avec des copains (musiciens) pour d’autre copains (polardeux).

Plaisir de voir les amis venir sur le salon, de pouvoir leur présenter les auteurs qu’on aime, et de les voir repartir les bras alourdis par les bouquins.

 

Plaisir d’animer une rencontre au côté de Claude Mesplède. D’entendre les « nouvelles voix » de la série noire (DOA, Marin Ledun et Ingrid Astier), et d’admirer DOA dans un exercice très anglo-saxon : l’art de l’esquive face à quelqu’un qui veut absolument lui faire dire qu’il est un auteur « engagé ». Je fais le malin, mais c’est juste que je m’y suis cassé les dents deux ou trois fois, avec des anglo-saxons … Et si vous lisez bien DOA … il ne propose certainement pas de réponses, mais pose des questions, et pas n’importe lesquelles …

 

Voilà, et maintenant plaisir, aussi, de retourner au calme … La page est tournée, jusqu’à l’an prochain. Cet avis, ce ressenti, sont bien entendu très, très subjectifs. Si vous étiez là, auteur, lecteur, passant ordinaire, votre avis m’intéresse.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 09:38

Commençons par les mauvaises nouvelles …

 

Grosse déception aujourd’hui, nous apprenons que Massimo Carlotto ne pourra pas être des nôtres. Miles Hyman non plus … Coup dur.

 

Mais … Mais le bonheur de retrouver les copains de la Noirode, de saluer Loriano Macchiavelli, de voir, enfin, en chair et en os, un alter ego italien en la personne de Giovanni Zucca (qui a entrepris la tâche titanesque de sortir une version italienne du dico de Maître Claude Mesplède), de retrouver le collègue de 813, Fred Prilleux, grand spécialiste de la BD ...

 

Et puis cette rencontre à L’instituo Cervantes avec José Manuel Fajardo et José Carlos Somoza ! Grandiose. Sans aucune exagération, j’ai posé 3 questions, demandé un commentaire sur le Nobel de Vargas Llosa, et juste fait une dernière relance, à chacun. Résultat, une rencontre de plus d’une heure et demi !!! Amis libraires et bibliothécaires, si vous pouvez, invitez-les tous les deux. Et prévoyez un bon traducteur.

 

Le pied, le feu d’artifice, sur la littérature de genre, notre fascination pour la cruauté, la place de l’amitié, ce que le mot communisme peut vouloir dire, pour un fils de républicain antifranquiste, et pour un roumain ayant vécu sous Ceausescu, sur la fraternité entre écrivains, sur la psychiatrie, sur l’art, sur l’émotion, sur la façon d’écrire un personnage, sur … Tout cela avec passion, humour, intelligence et générosité. Un vrai plaisir.

 

A propos, mes deux interlocuteurs, et moi-même sommes enchantés du prix donné à Vargas Llosa. Parce que c’est un des grands écrivains acuels. Parce que depuis Garcia Marquez ça faisait quand même un moment qu’aucun écrivain latinos n’avait eu le prix. Parce La ville et les chiens, ou La fête au bouc sont des romans monumentaux.

 

Bref, malgré les mauvaises nouvelles, un festival qui démarre sous les meilleurs auspices, d’ailleurs je vous laisse, faut que j’y retourne …

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 21:31

Enfin, on y est, après un an de boulot, ça commence demain ! Qu’est-ce qui commence ? Ca.

TPS 2010

Donc, au risque de me répéter, sur le blog de l’association tous les portraits des auteurs, et la possibilité de télécharger le programme.

 

Pour ma part, je mets ce blog en veille jusqu’à dimanche soir mais j’espère vous voir d’ici là. Je serai :

 

Jeudi à 18h30, à l’instituto Cervantes, pour animer la rencontre avec Fajardo et Somoza (en castellano y/o en français …).

A la bibliothèque du CE d’Air France vendredi midi pour animer la rencontre avec Carlotto.

A la bibliothèque Saint-Exupéry (métro Bagatelle) vendredi à 17h30 pour animer la rencontre avec Oppel,

A la librairie de la Renaissance samedi et dimanche pour tout le reste du programme …


Une dernière fois, voici la liste des interventions en bibliothèque.

Et une dernière fois aussi, la liste des tables rondes.

A bientôt à ceux qui pourront venir, à dimanche soir pour les autres …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 23:35

 

De temps en temps, cela fait du bien de se retourner vers les valeurs sures du polar anglais fait main. On a alors le choix, Nottingham ou Portsmouth, John Harvey, ou Graham Hurley. Ce coup-ci, c’est Portsmouth avec Du sang et du miel, de Graham Hurley.

 

Sur l’île de Wight, en face de Portsmouth un corps sans tête est rejeté sur le rivage. L’inspecteur Faraday, de la Hurleysection des crimes graves se retrouve en charge de l’enquête. Très rapidement les soupçons se portent sur Pelly, ancien soldat en poste en Bosnie, homme solitaire craint pour ses accès de violence et maintenant propriétaire d’une maison de retraite.

 

A Portsmouth, l’inspecteur Winter, connu pour ses méthodes peu orthodoxes s’attaque à un réseau de drogue s’adressant à quelques membres de la haute qui se pensent au-dessus des lois et fait connaissance de Maddox, une call-girl qu’il a du mal à cerner. Dans le même temps, il se débat avec une santé de plus en plus défaillante.

 

Du Graham Hurley comme on l’aime. Belle intrigue, solide et documentée (ou plutôt plusieurs intrigues qui se croisent), des personnages que l’on apprend à connaître de roman en roman, une magnifique galerie de personnages secondaires, tous fouillés avec la même attention … Rien qu’avec cela, on est assuré de le suivre avec grand plaisir tout au long de ses quelques 500 pages.

 

En prime, ces histoires servent toujours de toile de fond pour décrire la société anglaise, et plus précisément celle de Portsmouth, et ici de l’île de Wight. Impunité et arrogance des riches, traumatismes des dernières guerres (même si elles n’ont pas lieu sur le sol anglais), parallèle avec les traumatismes de toutes les guerres. Et pour illuminer une histoire bien sombre, de superbe pages sur une lumière de ciel d’orage, ou sur les oiseaux qu’observe Faraday.

 

Bref du cousu main, comme son frère littéraire John Harvey, vivement le prochain …

 

Graham Hurley / Du sang et du miel (Blood and honey, 2006), Folio/policier (2010), traduit de l’anglais par Philippe Rouard.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 17:17

Un sacré grand écart. Je suis passé de l’hiver tranquille d’une petite ville du nord-ouest de l’Islande à l’agitation frénétique de Libreville avec La bouche qui mange ne parle pas de Janis Otsiemi. Voyage sans escale et sans une seule journée de repos pour me remettre du décalage horaire et du décalage culturel.

 

otsiemiLibreville, Gabon. Solo sort de prison, sans un rond et n’a d’autre solution que de replonger dans différents trafics avec son cousin Tito ou son pote de toujours Kenzo. Arnaques, deal, chantages, braquages … Mais cette fois, ce que propose Tito est vraiment trop moche. « En face », côté police, c’est aussi magouilles, corruption, chantage, torture …Quand en plus on approche du pouvoir politique, les petits truands et les petits flics ne pèsent pas lourd et leur vie ne tient plus qu’à un fil.

 

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, un ou deux chapitres avant de me faire à la frénésie, et surtout à la langue, très imagée, très parlée, et donc émaillée d’expressions souvent facilement compréhensibles … mais pas toujours.

 

Puis, une fois acclimaté, je me suis immergé complètement dans cette chronique (car c’est plus un chronique qu’un polar au sens strict du terme). Des vies qui se croisent plus qu’une intrigue léchée, fragments d’existences qui se percutent, souvent pour le pire, pas vraiment d’enquête, pas de police scientifique, pas de brillantes déductions ...  Juste des indics, et des mandales bien appliquées. Il faut se laisser emporter par le tourbillon.

 

Le tableau qui ressort de tout ça est sombre, très sombre : corruption à tous les étages, impunités des riches, tortures systématiques comme moyen d’investigation, mépris de la vie humaine … On meurt pour pas cher à Libreville. En même temps, et malgré la noirceur du propos et du constat, il se dégage de ces pages une telle vitalité qu’on ne sombre pas dans le désespoir ou la dépression. Sans pour autant laisser le moindre espoir que la situation s’améliore … Juste pour vous faire une idée, voici la conclusion :

 

« Un os jeté au peuple pour préparer les élections législatives en perspective. Comme quoi, la politique est l’art de couper le sifflet aux grognons. »

 

Une conclusion, bien évidemment gabonaise, qui ne pourrait en aucun cas s’appliquer à une démocratie modèle comme la nôtre …

 

Janis Otsiemi / La bouche qui mange ne parle pas, Jigal (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars africains
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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 23:08

Jeudi soir (le 30 septembre) donc, rencontre avec Arni Thorarinsson à Ombres Blanches. Ce qui frappe d’entrée dès qu’on le voit, et surtout dès qu’il commence à parler, c’est qu’il est aussi flegmatique que son personnage, et, rapidement qu’il manie le même humour pince sans rire. Au fil de la rencontre, l’homme se révèle sympathique, chaleureux … et content d’être là, à rencontrer des gens.

 

La question qui se pose immédiatement face à un auteur de polars islandais est … Mais pourquoi des polars en Islande. Thorarinsson n’a pas vraiment de réponse, sinon : « Certes pourquoi ? Mais pourquoi pas ? ». Il nous a raconté que, journaliste, il a eu un jour l’envie d’écrire un polar islandais, qu’il s’y est mis, sans en parler à personne, et qu’un soir, dans un bar, son pote Arnaldur Indridason (ils étaient déjà copains) lui a confié qu’il était en train d’écrire … un polar islandais ! Il faut croire que le pays, ses écrivains et ses lecteurs étaient mûrs pour cela.

 

C’est en lisant un roman de Ross McDonald, de la série Lew Archer que Thorarinsson a eu envie de se mettre à l’écriture (comme Gunnar Staalesen d’ailleurs, lui aussi directement influencé par McDonald). Son personnage ne pouvait évidemment pas être un privé (pas de privés en Islande), il fut donc journaliste, comme son auteur. Un journaliste hard-boiled, qui au cours de ses aventures est devenu de plus en plus soft-boiled.

 

Alors certes, ce fut difficile au début d’écrire des polars dans un pays de 300 000 habitants qui compte … 2 meurtres par an, dont un lors d’une bagarre entre deux ivrognes, l’un tombant sur le couteau de l’autre … Mais avec un peu d’imagination …

 

Sur l’humour. Thorarinsson, comme son personnage est un gentil. Un gentil qui décrit des horreurs : haines, jalousie, vengeances, meurtres, drogue … Sans l’humour il ne sentirait pas capable de d’écrire tout cela. Cet humour, il en a fait une des caractéristiques d’Einar, son personnage, qui lui ressemble par bien des aspects.

Autre caractéristique commune à l’auteur et à son personnage : Ils ne jugent pas, jamais. Même les pires « assholes » selon les mots même de l’auteur. Ils décrivent ce qu’ils font, essaient de comprendre comment et pourquoi ils en arrivent là. Attention, comprendre, pas excuser, pas d’angélisme non plus …

 

Ceux qui connaissent ses romans savent que la musique y est très présente. Tout d’abord parce que, quand adolescent il écoutait du rock, ses parents lui disaient que c’était de la « sous-musique », et que très longtemps on lui a aussi dit que le polar était de la « sous-littérature », le rock de la littérature … Mais surtout parce que c’est un bon moyen de définir un personnage, de créer une ambiance autour de lui, de lui donner plus de chair.

 

Nous avons aussi évoqué l’Islande, et sa marche forcée vers une uniformisation consumériste. Arni Thorarinsson nous dit que, si les anciennes valeurs islandaises ne sont pas mortes, elles sont sacrément en sommeil. Parmi ces valeurs la langue (dont la maîtrise se perd d’après l’auteur), mais aussi une certaine solidarité et le sentiment, autrefois partagé, qu’un islandais en vaut un autre, qu’ils étaient tous égaux, indépendamment de toute considération de pouvoir ou de richesse (sans doute parce qu’il y avait beaucoup moins d’écarts de pouvoir et de richesse). Et à son avis (que je partage !) outre les histories et intrigues immédiates, les trois romans traduits en français racontent aussi la lente dégradation du lien social, la perte de valeurs traditionnelles (pas jugées très sexy ou très cool dans le monde d’internet), et même, a-t-il dit, le fait que les islandais sont en train de se perdre eux-mêmes. Et tout cela, avant même le choc de la crise financière qui vient de dévaster le pays.

 

A propos de cette crise, à noter que certaines réactions islandaises font quand même rêver au pays de Bettancourt, Woerth et autres Sarkozy : Le parlement islandais s’apprête à faire passer en jugement le premier ministre qui a appuyé les privatisations des banques et la fuite en avant dans la bulle financière qui a abouti à la catastrophe qu’on connait. Et les patrons et gestionnaires des banques qui ont mis la population sur la paille ont quitté l’île, et n’osent plus y retourner. Un exemple à méditer …

 

Dernier point, si Einar voyage, quitte Reykjavík pour les petites villes de province c’est parce que cela donne à l’auteur l’occasion de connaître son pays et ses compatriotes.

 

Bref une rencontre très agréable, avec un grand bonhomme flegmatique et souriant qui ne se prend pas le chou, ne joue pas l’Artiste, aime ses romans, ses personnages et, de façon générale, les gens. Un plaisir.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Interviews et rencontres
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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 23:33

Just in time … Toujours la tête sous l’eau, avec les queues de poussée de mon problème avec les nuisibles (voir il y a quelques jours), le sprint final de TPS,  avec la préparation des différentes rencontres (voir là), et l’organisation de la série de mini-interviews que nous ferons entre les tables rondes. Bref, j’ai fini Le septième fils d’Arni Thorarinssonjust in time (je parle comme les jeunes islandais) pour la rencontre de tout à l’heure.

 

ThorarinssonEinar, journaliste, ex alcoolique, se trouvait déjà exilé à Akureyri, bien loin de Reykjavik. Ses déboires ne sont pourtant pas terminés, et son rédacteur en chef l’envoie enquêter sur la situation économique du port d’Isafjördur, « capitale » des fjords de l’ouest, en pleine de récession depuis que l’industrie de la pêche c’est déplacée. De longues, très longues soirées en perspective …

 

Sauf qu’Einar semble attirer les ennuis comme le miel attire les mouches … Dès son arrivée, une vieille maison brûle, le camping car flambant neuf de deux touristes lituaniens est volé, un joueur de foot de l’équipe nationale en virée est porté disparu avec son meilleur pote … Il ne manque plus que la mort suspecte d’un député, valeur montante de la gauche islandaise. Décidément, dès qu’Einar apparaît, les choses s’animent.

 

On retrouve avec plaisir Einar, son humour, sa nonchalance, son flegme … Avec lui Arni Thorinsson nous amène à l’extrême nord-ouest de l’Islande, dans une zone touchée de plein fouet par les restrictions sur la pêche. Une région qui, malgré son isolement géographique, subit (ou recherche) comme le reste du pays, la mondialisation : arrivée d’immigrés, ouverture (invasion ?) aux autres cultures, uniformisation de la consommation et des loisirs …

 

Selon les personnages croisés par le flegmatique journaliste, cette fin de la spécificité islandaise est perçue comme une chance, ou une catastrophe. L’intrigue avance à son rythme, mais ce n’est pas pour elle qu’on aime ce roman. Amateurs de thrillers dopés à l’adrénaline, Le septième fils n’est pas pour vous.

 

Si, par contre, vous êtes intéressés par la description d’une région peu connue, si vous voulez ressentir l’hiver islandais, les pieds gelés d’avoir marché entre les congères, si vous voulez vous plonger dans une société en pleine mutation, où les plus jeunes parlent un mélange d’islandais et d’anglais, et où les plus anciens roumèguent (expression toulousaine intraduisible, en islandais comme en français) contre la perte de valeurs et de repères, pour ne pas dire contre la perte d’une certaine islanditude (expression barbare non toulousaine, non française, non islandaise).

 

Surtout, si vous aimez qu’un auteur aime ses personnages, tous ses personnages, « héros » comme seconds, voire troisième rôles, qu’il leur accorde à tous son attention, sa tendresse, qu’il leur donne à tous épaisseur et humanité. Et qu’il le fasse, enfin, avec humour. Alors ce septième fils est pour vous.

 

Arni Thorarinsson / Le septième fils (Sjöundi sonurinn, 2008), Métailié (2010), traduit de l’islandais par Eric Boury.

 

PS. Je rentre juste de la rencontre avec l’auteur. Adorable. Je vous en cause … dès que je trouve une minute.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 23:40

Ca se confirme !! They are back !!! Qui ça ? Patrick et Angela.

 

Dans un gros mois aux US, en patois, certainement très bientôt chez nous. Le roman semble être une « suite » de Gone baby gone.

 

Reste plus qu’à ronger son frein … Ou à l’acheter en anglais pour ceux qui maîtrisent.

 

Comment ? Ah oui, ça s’appelle Moonlight Mile.

 

Je n’ai pas dit de qui c’est ? Devinez, c’est une question bleue de Jean-Marc de Toulouse …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 19:18

Une dernière info sur David Peace.          

A partir de ce que nous nous étions dit à Ombres Blanches, j’ai réalisé une petite interview de David Peace par mail, pour Bibliosurf. Si cela vous intéresse, c’est en ligne là.

 

Et jeudi soir c’est Arni Thorarinsson, toujours à Ombres Blanches, Toulouse.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Interviews et rencontres
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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 15:35

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais j’avais été déçu par le dernier Elmore Leonard, Hitler’s day. Road dogs prouve de façon éclatante que ce ne fut qu’un accident de parcours, un tout petit accident dans un immense parcours.

 

Leonard roadJack Foley, la braqueur de banque, tombeur de ces dames … est tombé. Le voilà en prison en Floride, enfermé pour 30 ans. La fin d'une belle carrière ? Non, grâce à Cundo Rey, truand cubain plein de fric qui se prend d'amitié pour lui, et va jusqu'à lui payer les services de son avocate, une as du barreau, qui réussit à faire réduire sa peine. Résultat, Jack se retrouve dehors avant son bienfaiteur, qui lui demande d'aller l'attendre à Venice Beach, Los Angeles Californie.

 

C'est là que Jack fait la connaissance de Dawn Navarro, maîtresse de Cundo, voyante, arnaqueuse … et pressée de mettre la main sur la magot du petit cubain. Celle-ci voit en Foley le parfait partenaire pour cette opération … Mais Jack peut-il lui faire confiance ? Et comment savoir ce que Cundo Rey a derrière la tête ? Qui mène vraiment la danse dans cette histoire ? Heureusement Jack Foley est cool et il a de la ressource.

 

Du pur Elmore Leonard au mieux de sa forme. Un personnage principal elmorien en diable (on peut dire elmorien ?). Cool comme ce n'est pas permis, maître de lui et de toutes les situations, même les plus tendues. Des dialogues époustouflants, une maîtrise de l'intrigue et de l'écriture magistrale … Bref tout ce qu'on aime.

Ajoutez quelques clins d’œil, des références à des romans passés, et vous avez ce Road Dogs, variation du Maître sur le thème archi-connu de la femme fatale et du triangle amoureux. Une variation qui prouve que, finalement, le talent change en or les clichés les plus rebattus.

 

Continuez le plus longtemps possible monsieur Leonard.

 

Elmore Leonard / Road Dogs  (Road dogs, 2009), Rivages/Thriller (2010), traduit de l’américain par Johanne Le Ray.

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