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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 23:17

C’est le printemps ! C’est donc la saison du nouveau Craig Johnson. Par contre dans le Wyoming de Molosses, c’est l’hiver, et quel hiver !

Johnson

Ca commence par Grandpa Stewart aperçu par un automobiliste, tracté au bout d’une corde derrière une vieille voiture. Comme tout est gelé, il semble très bien glisser sur la route. Ca continue avec un bout de pouce trouvé dans une glacière, au côté de quelques bouteilles de bière … La routine pour Walt Longmire, et ses adjoints la belle Vic et Sancho qui se remet mal de l’agression dont il a été victime quelques semaines auparavant. Mais, alors que le coin est bloqué par la tempête, les cadavres commencent à s’accumuler autour de l’étrange famille Stewart.


Est-ce que Craig Johnson a vraiment conscience de rendre les gens heureux ? Sait-il combien de lecteurs se réjouissent de retrouver Walt, Henry Standing Bear, le chien, Vic et tous les habitants de ce coin de Wyoming ? Sait-il qu’il suffit d’ouvrir un de ses romans pour qu’un sourire de contentement apparaisse ?


Il y a quelques années, avant qu’il n’y ait des autoroutes partout, la tradition voulait qu’on s’arrête toujours, au retour des Pyrénées, dans un restaurant en plein Gers, où deux mamies nous servaient invariablement le même plat : le magret cocotte. Et quand elles arrivaient et soulevaient le couvercle de la cocotte en fonte noire, quand on entendait le grésillement des patates et des oignons frémissant sous les magrets cuits à point, quand le fumet arrivait à nos naseaux, immanquablement, des sourires béats fleurissaient sur toutes les lèvres. Craig Johnson, c’est le magret cocotte du polar !


Et ce nouvel épisode ne déroge pas à la règle. On y retrouve nos héros préférés, on y retrouve l’humour de l’auteur, ses dialogues qui claquent. On y retrouve des histoires qui sont trop incroyables pour ne pas être vraies. On y retrouve un regard humaniste sur ce coin perdu de l’Amérique. Humaniste mais ni naïf, ni niais. Et on y retrouve cette nature si présente, si belle mais également si dangereuse qui caractérise ses romans.


Petit à petit, l’air de rien, Craig Johnson est en train d’écrire les chroniques du XXI° siècle du Wyoming, et il le fait de très belle manière. Vivement l’an prochain pour retrouver nos potes et voir comment ils auront survécu à la fin de cet hiver.


Craig Johnson / Molosses (Junkyard dogs, 2010), Gallmeister (2014), traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 19:01

Asphalte continue avec bonheur son exploration des nouvelles voix latino-américaines. Bienvenu au Chili de Boris Quercia avec Les rues de Santiago.

 

Quercia

Ce matin-là, Santiago Quiñones flic à Santiago du Chili n’a aucune envie de tuer quelqu’un. « Il fait froid, il est six heures vingt-trois du matin, on est tout juste mardi et je n’ai pas envie de tuer qui que ce soit. » Il va pourtant le faire, et c’est un gamin de quinze ans qui va mourir. Pour se remettre, pour oublier, Santiago commence une errance dans les rues de sa ville qui lui fera croiser la belle Ema. Ema qu’il va suivre, sans savoir qu’il met ainsi le pied dans une fourmilière.


Voilà une preuve de plus qu’il n’est pas indispensable d’assommer le lecteur avec des pavés survoltés de 600 pages pour raconter une histoire, faire vivre (et mourir) des personnages et faire partager l’amour pour une ville et ses habitants. En quelques 150 pages ce « petit » roman y arrive très bien.


Alors certes, Quercia ne s’attarde guère sur la procédure policière, ni même sur ce après quoi courent les personnages (appliquant la fameuse théorie du MacGuffin de tonton Alfred). Mais il utilise très bien ce prétexte pour nous entrainer dans les rues de sa ville, et nous faire rencontrer quelques uns de ses habitants. Pas des héros, pas non plus d’abominables salauds, juste des fragments d’humanité, que son flic classe entre gentils et méchants avec des critères assez lâches, très subjectifs mais qui se résument finalement à ceci : ils s’intéressent un peu, ou pas du tout à leurs semblables.


Et finalement, on aurait bien tendance à le suivre et à pardonner bien des entorses à la loi, bien des lâchetés, bien des pas de côté pour un geste, un sourire, un attention. Il résulte de cette démarche une tendresse pour les paumés et un attachement aux habitants de Santiago qui donne envie de partir tout de suite se perdre dans la ville avec Quiñones … ou Boris Quercia.


Boris Quercia / Les rues de Santiago (Santiago Quiñones, tira, 2010), Asphalte (2014), traduit de l’espagnol (Chili) par Baptiste Chardon.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 19:50

J’ai raté les derniers romans de Xiaolong Qiu. Par hasard et parce que j’avais été déçu par un épisode. Je suis tombé sur Dragon bleu, tigre blanc. J’y ai retrouvé le plaisir et l’intérêt des premiers.

qiu

Coup de tonnerre à Shanghai, l’inspecteur Chen est muté, sous couvert de promotion, vers un poste qui ressemble fort à un placard. Plus grave, il est très vite victime d’un traquenard qui aurait pu le mettre définitivement hors jeu. Le problème est que, dans une ville et un pays en pleine mutation où les luttes pour la prise du pouvoir sont féroces, Chen n’arrive pas à comprendre qui veut sa peau. Une course contre la montre, très encadrée par le pouvoir politique, s’engage …


Je m’étais donc arrêté il y a quelques années avec La danseuse de Mao qui m’avait déçu. Et puis j’avais un peu laissé tomber Xiaolong Qiu. Mais j’ai bien fait d’y revenir.


Alors certes, les aventures en l’inspecteur Chen ne sont pas les plus Rock and Roll de la planète polar, et l’action n’avance pas à un rythme trépidant. Mais une fois de plus, à Shanghai comme à Belfast ou Paris, le polar se révèle le genre littéraire le plus à même de mettre en lumière les disfonctionnements d’une société.


C’est ici la corruption des ex cadres politiques, devenus puissances économiques qui est mise en lumière. Une corruption contre laquelle il est d’autant plus difficile de se battre qu’elle s’appuie, comme ailleurs, sur la force de nuisance de l’argent qui peut tout acheter (ou presque), mais également sur une structure politique qui, c’est un doux euphémisme, a une certaine habitude et efficacité dans la mise au pas des récalcitrants.


La nasse dans laquelle se trouve pris notre héros semble parfaite, et le lecteur se demande tout le long du roman comment il va s’en dépêtrer. Cela redonne une vigueur à l’intrigue, mais n’enlève rien à la qualité d’évocation de l’auteur qui nous fait toujours ressentir l’odeur d’un jasmin (ou du tofu fermenté !), la saveur du thé vert et des multiples petits plats consommés, ou le calme d’un jardin.


Un vrai plaisir retrouvé pour moi que ce retour aux aventures de l’inspecteur Chen, que je vais de nouveau mettre dans la liste des personnages à suivre.


Xiaolong Qiu / Dragon bleu, tigre blanc (Shanghai redemption, 2013), Liana Levi (2014), traduit de l’américain par Adélaïde Pralon.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 00:08

Suite et fin du monumental Blast du génial Manu Larcenet. Ce tome 4 intitulé Pourvu que les bouddhistes se trompent clôt magistralement la série.

 

blast4

On y arrive donc à cette fin, à ce meurtre de Carole pour lequel les flics ont arrêté Polza Mancini. Ici s’achèvera le récit très troublant de cet homme qui a choisi de se retirer hors de la société et hors de la norme … Et suite à ce récit, un final en guise de conclusion donne la version des enquêteurs. Je n’en dirait pas plus, sinon que ce final est à la hauteur de l’ensemble ; magistral.

 

Dernier volume impeccable, avec toute la noirceur et la poésie des trois précédents. On se fait embarquer dans la folie de Polza, et dans celles de ceux qui l’entourent. Le final est particulièrement éprouvant. La première image, pleine page, magnifique et sans pitié … Et pourtant, comme dans les précédents, des images d’une beauté inouïe, des moments où l’on se sent si proche d’un homme dont tout nous éloigne. L’humanité du mal, le côté sombre de chacun, la folie, le mensonge, la rage et des éclairs très fugaces mais aveuglants de paix et de bonheur.

 

Vraiment l’ensemble forme une des œuvres littéraires, toutes formes confondues qui m’a le plus marquée dans ces dernières années. Je ne saurai en dire plus. Lisez Blast.

 

Manu Larcenet / Blast, TIV, Pourvu que les bouddhistes se trompent, Dargaud (2014).

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 22:52

Un premier roman argentin, ça ne se rate pas. Du moins pas ici. C’est Le jardin de bronze de Gustavo Malajovich.

Malajovich

Fabian, Lila et la petite Moira quatre ans forment une famille sans histoires. Jusqu’au jour où Moira disparaît avec sa nounou, entre son domicile et la fête d’anniversaire où elles se rendaient. La police sur les dents n’avance pas, les failles qui commençaient à apparaître dans le couple s’élargissent, et c’est finalement Fabian qui cherchera, des années durant, sans jamais abandonner malgré une police corrompue, des médias charognards … Jusqu’au fin fond du pays.


Commençons par tordre le cou à ce qui me semble une fois de plus une exagération de la quatrième de couverture. Non le Buenos Aires décrit dans le roman n’est pas gothique, il ressemble beaucoup à la réalité. Du moins à une partie de la réalité. Que le final (très fort), dans la moiteur de la province d’Entre Rios soit qualifié de gothique, soit, mais pas le Buenos Aires. Bref, ce n’est pas le plus important.


 Le plus important est que l’on a là un excellent roman. Lent, qui prend son temps, qui installe son histoire et son atmosphère. Ce qui ne l’empêche pas d’être très efficace dans les scènes les plus violentes. Un roman qui sait présenter des personnages, leur donne chair, les rends proche, compréhensibles. Un roman qui sait alterner les points de vue.


Un roman qui sait aussi présenter deux mondes de la réalité Argentine : un capitale trépidante, moderne, Buenos aires, et une province (ici Entre Rios) qui semble vivre dans un autre temps, une autre géographie, un autre pays. Un pays moderne, avec tout ce que cela comporte de frénésie dans la capitale, et un autre, où un Kurtz (et là je suis d’accord avec la quatrième) a encore sa place.


Un roman étonnant, qui vaut le coup que l’on s’attarde à le découvrir.


Gustavo Malajovich / Le jardin de bronze (El jardin de bronze, 2011), Actes Sud (2014), traduit de l’argentin par Claude Fell.

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 09:50

Deux rencontres polar à Ombres Blanches ces jours-ci.

 

Demain, samedi, à 15h30, on discutera polar avec le directeur de la série noire Aurélien Masson. Tout ce que vous voulez savoir sur la vénérable dame, son évolution, les choix de son directeur …

 

Mercredi prochain, le 19, à partir de 20h00, Xiaolong Qiu sera là pour parler de son dernier roman, Dragon bleu, tigre blanc.

 

A bientôt ?

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 23:40

J’adore les romans d’Ayerdhal. Je l’ai déjà dit et . Et bien je recommence. Je me suis régalé avec Bastards.

 

Ayerdhal

Alexander Byrd est un écrivain new-yorkais, marqué par le 11 septembre. Après un roman acclamé par la critique, le voilà complètement bloqué. En panne, il cherche de l’aide auprès de ses pairs, et c’est Colum McCann qui attire son attention sur un étrange fait divers : Armée d’un vulgaire outil de jardinage, et d’un chat qu’elle gardait dans son cabas, une mamie octogénaire laissé trois jeunes agresseurs sur le carreau. Morts. La police ne semble pas pressée de faire la lumière sur cette affaire et quand Alexander se décide à rechercher la redoutable mamie, il se retrouve dans des filets dont il ne soupçonnait pas l’ampleur … Il lui faudra toute l’aide de ses deux amis écrivains Jérôme Charyn et Norman Spinrad pour se sortir d’un conflit qui le dépasse, et de beaucoup.


Du pur Ayerdhal, avec donc, des complots compliqués, des implications politiques, des femmes de caractères qu’il vaut mieux ne pas trop chercher, de l’action, des scènes de castagne d’anthologie, des personnages hors du commun …


Ca c’est le minimum syndical ayerdhalien, et tout y est, plutôt deux fois qu’une.


En prime cette fois, un bel hommage à une flopée d’auteur new yorkais, avec une mention spéciale à Charyn et Spinrad (on peut choisir pire comme auteurs à qui rendre hommage !). Une belle description de New-York post 11 septembre. Un mélange très réussi de thriller survolté, de SF et de … je n’en dirai pas plus pour ne rien déflorer de l’intrigue, mais j’y ai aussi vu un clin d’œil à une très grand de la BD.

Et toujours ce talent de conteur qui fait qu’une fois le livre ouvert les pages tournent toutes seules. Et toujours cette rage et cette colère intactes contre les injustices d’un monde auxquelles l’auteur, et ses personnages, ne se résignent jamais.


Donc en plus d’être excitant à lire, c’est jouissif, et ça fait du bien de ne pas se sentir seul à enrager contre quelques enfoirés qui nous prennent vraiment pour des cons. Pardon je m’emporte, mais c’est la faute d’Ayerdhal qui résiste, encore et toujours aux sirènes qui nous vendent que la loi du marché est aussi incontournable que la gravité et que tout va pour le mieux dans le meilleur des systèmes possibles.


A lire donc.


Ayerdhal / Bastards, Au Diable Vauvert (2014).

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 20:32

L’histoire vraie du Robin de bois hongrois, mais un Robin des bois qui ne commet ses braquages que rond comme une queue de pelle, chargé au whisky, voilà qui est tentant. C’est La ballade du voleur au whisky, de Julian Rubinstein.

Rubinstein

Attila Ambrus fait partie de la minorité hongroise de Transylvanie (Roumanie) opprimée (c’est à dire encore plus opprimée que les autres) par le charmant régime de Ceausescu. En 1988 il arrive à fuir son pays et débarque à Budapest où il va devenir l’un des pires goals de l’histoire du hockey sur glace hongrois, ainsi que concierge et homme à tout faire de la patinoire. Il reste un paria et un espion en puissance pour les autorités locales. La chute du mur et le passage au capitalisme le plus débridé ne changent rien pour lui. Il décide alors, devant la corruption généralisée et l’état pitoyable de la police locale de se servir. Il réalisera prêt de 30 braquages en moins de dix ans, et dilapidera tout l’argent volé au casino, en fêtes, voyages luxueux et, bien entendu, bouteilles de whisky. Car Attila ne commet ses braquages que correctement imbibés !


Je suis entièrement d’accord avec l’ami Yan d’encore du noir. Pas grand-chose à voir avec le mélange de Mesrine et de Panthère rose annoncé en quatrième. Par contre oui, c’est l’histoire du passage du communisme au capitalisme le plus sauvage, du pillage par les anciens maîtres politique des ressources du pays, de la corruption généralisée, de la destruction des services publics … Tout cela au travers d’une histoire vraie haute en couleur.


Et je suis encore d’accord avec lui quand il évoque les frères Coen, car c’est bien à leurs équipes de bras cassés qu’Attila et ses complices ponctuels font penser. Avec un côté désespéré et déprimé qui colle avec la situation ubuesque du pays : flics sans expérience, sans matériel, sans budget, politiques et media totalement corrompus, peuple résigné, une fois de plus, à en être réduit à la survie.


L’histoire des personnages se mêle à l’histoire du pays de façon fluide, l’auteur ne donne jamais l’impression de recracher ce qu’il a appris lors de ses recherches. Bref, sans être un chef d’œuvre, un très bon roman qui permet de s’instruire en s’amusant.


Julian Rubinstein / La ballade du voleur au whisky (Ballad of the whiskey robber, 20042), Sonatine (2014), traduit de l’américain par Clément Baude.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:21

Tant que je suis dans le bizarre, autant continuer, même si je change de style. En avant donc pour les aventures de la mamie la plus indigne de la littérature belge, et même de la littérature tout court. Vous avez deviné, il s’agit de la suite des aventures de Mémé Cornemuse, l’infâme vieille de Nadine Monfils, celle auprès de qui Carmen Cru et Tatie Danielle font figure de Pom Pom girls. Et cette fois, Mémé goes to Hollywood.

Monfils

Ce n’est un secret pour personne, mémé en pince pour JCVD, le grand Jean-Claude, le belge le plus anglophone de Belgique. Mais son héros vit à Hollywood. Qu’à cela ne tienne, rien n’arrête une femme amoureuse et gare à quiconque se mettrait en travers de son chemin. On se doute bien que Cornemuse n’arrivera pas à L.A., mais avec mémé, ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage.


Je ne vais pas prétendre qu’on a là une intrigue tricotée au millimètre, que le suspense vous scotchera à votre fauteuil ou que l’angoisse vous empêchera de dormir. Par contre c’est vous qui risquez d’empêcher votre voisin de lit / train / salle d’attente de dormir tranquille tant vous éclaterez de rire.


Si Mémé n’est ni Sherlock ni Miss Marple elle est la championne toutes catégories en vannes qui tuent, mauvaise foi, méchanceté et énergie. Quelle rigolade, quelle galerie de personnages tous plus absurdes les uns que les autres !


Et au milieu de cette absurdité, quelques phrases qui font bien plaisir. Petit florilège :


« La vraie vulgarité, c’est pas de causer comme une marchand de loques, mais de débiter des âneries en étant contre le mariage pour tous. »


Conseil de mémé à une gamine qui rêve du Prince Charmant :

« Alors si un jour tu vois un mirage qui te fait penser à un prince, change de trottoir, va au sex-shop et achète-toi un gode. T’auras moins d’emmerdes. »


et pour finir ce dialogue définitif avec un scout pris en stop :

-       « Tu t’appelles comment ?

-       Belette sautillante et vous ?

-       Gazelle pipeuse. »


On pourrait en remplir des pages. Et c’est d’ailleurs ce que fait Nadine Monfils !


Nadine Monfils / Mémé goes to Hollywood, Belfond (2014). 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars Bénélux
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:19

On a découvert Frank Bill l’an dernier avec Chiennes de vie, un recueil de nouvelles qui secouait. Comme un roman était annoncé pour cette année, c’est peu de dire que je l’attendais avec impatience. Par rapport au peu qu’on pouvait connaître de l’auteur au travers de son recueil, Donnybrook surprend, mais ne déçoit pas.

 

Bill

Quelque part dans l’Amérique des petits blancs, le chômage fait des ravages, l’alcool et les cristaux de met bon marché n’aident pas. Au milieu de ce nulle part sinistré, un margoulin organise tous les ans des combats clandestins : Vingt combattants, mains nues, et le dernier qui reste debout gagne. Au bout de quelques jours de ce régime, les différents vainqueurs se rencontrent pour la finale. C’est le Donnybrook. C’est là que vont converger : Marine, un pugiliste surdoué et complètement fauché qui doit gagner pour faire manger ses gamins, Angus La Découpe, légende des combats retiré depuis quelques temps qui veut récupérer la dope qu’on lui a volée, Liz, sa sœur, décidée à trahir tout le monde et à butter ceux qui se mettent en travers de son chemin, et quelques autres tout aussi recommandables. La rencontre promet d’être explosive.


Faut r’connaître … C’est du brutal.


Si je suis surpris c’est qu’à la lecture des nouvelles précédemment publiées je m’attendais à un roman très sombre, brutal, et désespérant. C’est certes brutal, très sombre si on regarde sous le vernis, mais pas désespérant du tout tant l’auteur joue la carte de l’outrance. On est plus dans le style Machete, ou de certaines scènes de Kill Bill que dans le social qui tire des larmes.


Alors avertissement, si vous n’aimez pas trop la castagne, le sang et les tripes, les dents qui volent, passez votre chemin. Sinon, ça déménage tellement, les personnages ont une résistance aux gnons tellement absurde, que ça en devient drôle, ou au moins jouissif. On se demande où Frank Bill va s’arrêter, et … Ben il ne semble pas avoir de limites. C’est là que ça devient jouissif. Mieux, le final laisse entrevoir une suite. OUAIS !!!!!!!!!!!!!!!! Comme braillent les gaulois avec fairplay à l’entrée d’Astérix dans l’arène.


Alors certes c’est pas ce qui s’écrit de plus fin, ni de plus nuancé, mais quelle énergie ! Et mine de rien, sous le vernis à la testostérone, la peinture d’une Amérique blanche, pauvre, campagnarde et inculte, qui noie son désespoir dans l’alcool, la drogue et la violence. Une Amérique qui n’a plus d’autre valeur que l’appât du gain et la satisfaction individuelle.


C’est particulier, mais moi je me suis régalé. Et j’attends la suite avec impatience.


Frank Bill / Donnybrook (Donybrook, 2012), Série Noire (2014), traduit de l’américain par Antoine Chainas.

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