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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 22:14

Cela n’a échappé à personne, l’immense Donald Westlake est mort depuis ce sinistre 31 décembre. Mais nous savions qu’il restait encore des John Dortmunder à publier. En voici un (l’avant dernier) chez Rivages. Je vous en causerai demain. Mais en attendant, je vais profiter du travail de récapitulation effectué par Rivages à l’occasion de cette sortie pour faire le point sur ce qui est publié, ce qui va ressortir, ce qu’il nous reste à découvrir …

 

Pierre qui roule (The hot rock, 1970), Rivages/Noir (2007)

Bank Shot , 1972, à paraître chez Rivages/Noir en 2011

Jimmy the kid (Jimmy the kid, 1974), Rivages/Noir (2005)

Personne n’est parfait (Nobody’s perfect, 1977), Rivages/Noir (2007)

Pourquoi moi ? (Why me ?, 1983), Rivages/Noir (2006)

Bonne conduite (Good behavior, 1985), Rivages/Noir (2009)

Dégâts des eaux (Drowned hopes, 1990), Rivages/Noir (2006)

Histoire d’os (Don’t ask, 1993), Rivages/Noir (2000)

Au pire qu’est-ce qu’on risque ? (What’s the worse that could happen ?, 1996), Rivages/Noir (2004)

Mauvaises nouvelles (Bad news, 2001), Rivages/Noir (2004)

Les sentiers du désastre (The road to ruin, 2004), Rivages/Noir (2008)

Surveille tes arrières ! (Watch your back, 2006), Rivages/Thriller (2010)

What's so funny, 2007, à paraître

Get real, 2009, à paraître

Voleurs à la douzaine (Thieve’s dozen, 2007) Rivages/Thriller (2008)


Donc, outre celui dont je vous cause demain, il nous restera la réédition du second de la série, et les deux derniers … Malheur.

 

Merci au lecteur perspicace qui m'a signalé qu'il manquait What's so funny dans la liste. Rivages m'a confirmé qu'il s'agit bien d'une erreur de leur part et qu'ils restent donc bien encore deux inédits à traduire en français.

 

Je profite de l’occasion pour, comme pour folio, saluer le superbe travail d’édition qui permet à tous ceux qui n’ont pas le temps de flâner chez les bouquinistes, ou de fouiller dans le grenier du tonton fana de polars, de pouvoir facilement trouver tous ces chef-d’œuvre.

 

Voilà vous pouvez faire vos listes de cadeaux d’anniversaire, de Noël, de mariage, de fin d’année …

A demain.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands classiques
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:57

Une fois n’est pas coutume, voilà une histoire qui a commencé de façon pour le moins originale … On a l’habitude de lire, au dos de pas mal de polars publiés en France « traduit de l’américain par … » ou « traduit de l’anglais (Etats-Unis) par … ». Sachez que le recueil Noir Paris, collecté par Aurélien Masson (patron de la série noire), a été publié dans un premier temps aux US, « translated from French by … ».

 

Masson ParisL’idée d’un petit éditeur New yorkais : faire le portrait de grandes villes du monde au travers de nouvelles noires écrites par des auteurs locaux. Ils sont douze à s’y être collé, vous reconnaîtrez quelques noms pas totalement inconnus des lecteurs de polar :

Aurélien Masson présente :

 

Marc Villard / Le chauffeur

Chantal Pelletier / Le chinois

Salim Bachi / Le grand frère

Jérôme Leroy / Berthet s’en va

Laurent Martin / Comme une tragédie

Christophe Mercier / Noël

Jean-Bernard Pouy / La vengeance des loufiats

Dominique Mainard / La vie en rose

Didier Daeninckx / Rue des degrés

Patrick Pécherot / Mémoire morte

DOA / Précieuse

Hervé Prudon / No comprendo l’étranger

Douze nouvelles, douze styles, douze coins de Paris, douze belles histoires.

Comme de juste dans un tel recueil, chacun aura ses chouchous. J’ai pour ma part une préférence pour

Le chinois de Chantal Pelletier, monologue absolument réjouissant qui voit, pour une fois, une femme dans le rôle du méchant. Vision décalée, humour bien noir et bien vachard, folie assumée … Je me suis bien amusée, mais certainement pas autant qu’elle en l’écrivant.

Le grand frère de Salim Bachi qui nous amène joliment, insensiblement, vers une chute qu’on n’a absolument pas vu venir et qui arrive à faire partager son amour de Paris et sa connaissance profonde de son histoire et de sa culture sans jamais être pédant ou didactique.

La vengeance des loufiats de l’inévitable Jean-Bernard Pouy qui, non content de faire du Pouy (cette écriture d’une confondante « facilité » qui doit en énerver plus d’un) a réussi à me sécher sur sa dernière phrase, dans la grande tradition des nouvelles à chute.

Mémoire morte de Patrick Pécherot pour la façon sensible et originale qu’il a trouvée de revenir sur une période particulièrement sombre de notre histoire. Et aussi parce qu’il arrive parfaitement à intriguer le lecteur, à le laisser en suspend, avant de le mener là où il voulait.

Et pour finir Précieuse de DOA (je sais le titre original est en russe, avec caractères cyrilliques et tout, mais j’ai la flemme …). Pour l’efficacité de l’écriture, la justesse du ton, le rythme, la jolie conclusion bien immorale …

Entendons nous bien, les autres aussi sont bonnes, c’est juste que celles-là sont mes chouchous … Au résultat, un Paris bien noir, comme on les aime.

Collectif / Noir Paris, Asphalte (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 21:45

En bon lecteur de polars, je fais partie de ceux qui ont découvert DOA à son arrivée, fracassante, à la série noire, avec Citoyens clandestins. Folio policier a eu l’excellente idée de rééditer un de ses romans antérieurs, dans lequel, tout en ayant déjà une trame policière, il flirte avec le fantastique.

 

DOA ligneMarc Launay a fini sa journée de flic. Il rentre chez lui quand il tombe sur un accident. Le SAMU est là, un motard dans le coma … Il devrait passer son chemin, mais il s’ennuie, seul, depuis que sa copine est partie, et c’est Priscille Mer, avec qui il a fait un stage qui s’occupe de l’accident. Pour lui donner un coup de main, et parce que c’est Priscille, il propose d’aller avertir Madeleine, la copine du motard. L’appartement est vide, visiblement quitté en toute hâte, et quelque chose le gène. Mais quoi ?

 

Quelques jours plus tard, la jeune femme n’est toujours pas reparue, sa meilleure amie commence à s’inquiéter. Avant l’accident, Madeleine voulait rompre. Dans le service de neurologie où le motard est suivi, d’étranges incidents se produisent. Marc et Priscille ont de plus en plus l’impression qu’il se passe quelque chose de moche, de très moche …

 

Je ne sais pas si DOA est un lecteur de John Connolly, je ne sais pas si l’irlandais l’a influencé, mais on retrouve chez lui cette pincée de fantastique qui vient pimenter une enquête policière sans pour autant tomber dans la facilité (la facilité c’est se tirer d’une affaire très obscure grâce à de prétendus pouvoirs, maléfiques de préférence). En bref, l’ensemble est parfaitement cohérent (à défaut d’être vraisemblable, mais qui se soucie de vraisemblance ?).

 

Ceci dit, influence ou pas, on a déjà la patte DOA. Avec, pour commencer, son écriture, efficace, rythmée, extrêmement visuelle. Incroyablement visuelle même, particulièrement dans les passages angoissants où le lecteur voit la scène, littéralement, perçoit les ombres, les mouvements furtifs, entend les bruits inquiétants, et tremble avec le personnage.

 

Richesse de la construction également, que l’on a vu ensuite à l’œuvre dans Citoyens Clandestins,  qui fait ici merveille et fait passer comme une lettre à la poste ce pavé de plus de 600 pages. Une construction et une écriture qui s’appuient sur une description très crédible du fonctionnement des institutions policière, judiciaire et médiatique, et un sens aigu du rythme, avec une très belle maîtrise des ruptures, des accélérations et des apaisements.

 

Bref, un vrai régal, 600 pages de plaisir bien glauque, bien sombre, à se faire peur la nuit.

 

L’édition folio mentionne que l’auteur a retouché son texte précédemment publié, je serais curieux, si quelqu’un sait ce qu’il a changé, d’en savoir un peu plus sur ces retouches.

 

DOA / La ligne de sang, Folio Policier (2010).

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 22:11

Je reviens, une dernière fois, sur le marathon des mots qui va s’ouvrir incessamment sous peu à Toulouse.

Vous trouverez le programme complet sur leur site, mais sachez que ça commence mercredi 2 juin, et que cette année Pascal Dessaint a eu carte blanche (ou noire ?) pour concocter un petit programme Polar bien alléchant.

Au cas où vous auriez la flemme de tout lire (il y en a plus de vingt pages), votre serviteur a sélectionné pour vous :

Jeudi 3 juin

20h30, Chapelle des carmélites. Lecture d’extraits de Les derniers jours d’un homme de Pascal Dessaint par Pierre Marty.

20h30, LIBRAIRIE La préface. Rencontre avec Deon Meyer et Mandla Langa.

Vendredi 4 juin

11h00, librairie Chapitre-Privat. Rencontre avec Patricia Parry, Fabienne Ferrère et Hélène Duffau, animée par Pascal Dessaint.

Vendredi 4 juin, 16h00, cave poésie. Lecture de Car voici que le jour vient de Fabienne Ferrère par Marine Collet.

Vendredi 4 juin, 16h30, Librairie Castéla. Rencontre avec Frank Thilliez, Benoit Séverac et Pascal Dessaint.

Vendredi 4 juin, 17h00, Ostal Occitania. Hommage à San-Antonio par Bernard-Pierre Donnadieu.

Vendredi 4 juin, 17h30, Cloître des jacobins. Lecture de La lionne blanche d’Henning Mankell par Sanseverino.

Vendredi 4 juin, 17h30, cave poésie. Lecture de Cinq leçons sur le crime et l’hystérie de Patricia Parry par Sylvie Maury.

Vendredi 4 juin, 19h30, TNT. Lecture de Solea de Jean-Claude Izzo par Daniel Mesguich.

Vendredi 4 juin, 19h30, cave poésie. Lecture de Le noir qui marche à pied de Louis-Ferdinand Despreez par Eric Larène.

Vendredi 4 juin, 19h30, Librairie Ombres Blanches. De la série noire à la collection blanche, rencontre avec Daniel Pennac et Tonino Benacquista.

Vendredi 4 juin, 20h30, Ostal Occitania. Lecture de 13 heures de Deon Meyer par Yann Collette.

Vendredi 4 juin, 21h00, cave poésie. Lecture de Zulu de Caryl Férey par Bruno Ruiz.

Samedi 5 juin

11h00, Librairie de la Renaissance. Portraits croisés de Jean-Claude Izzo et Thierry Jonquet par Hervé Delouche (Président de 813) et Martine Laval (critique à Télérama).

Samedi 5 juin, 17h00, Librairie de la renaissance. Rencontre avec Deon Meyer, animée par ma pomme.

Samedi 5 juin, 18h30, Librairie Ombres Blanches. Rencontre avec Jean Rouaud et Pascal Dessaint autour de leur admiration pour Robin Cook.

Samedi 5 juin, 22h00, TNT. Lecture  Moloch de Thierry Jonquet par Bernard-Pierre Donnadieu.

Voilà … Plus tout le reste. Maintenant, il va falloir choisir …

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 22:04

Enfin ! Enfin grâce à Tata rapporteuse on sait à quoi carbure Claude Mesplède. On sait ce qui le motive, on sait ce qui lui donne la force de lire et d’écrire autant. Mesdames, vous savez maintenant par où il faut passer pour être dans le Dictionnaire.

Je vous cause de Maester régulièrement. Sur son blog il nous donne l’occasion de visiter (un peu), les coulisses de son art. Avec en prime une très bonne nouvelle, un nouvel album de Sœur Marie-Thérèse est en chantier.

Encore et toujours Maester, je sais, c’est facile, mais que voulez-vous, grâce à lui j’ai commencé la journée par un éclat de rire.

Un dernier : C’est parti sur TPS. Qu’est-ce qui est parti ? La mise en ligne, petit à petit, des fiches de nos invités d’octobre prochain. On commence par Dominique Manotti.

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 00:00

Un petit nouveau chez Rivages, c’est toujours intéressant. Savemore de Sean Doolittle ne déroge pas à la règle.

 

doolittleMatt Worth est flic à Omaha. Flic de père en fils pourrait-on dire. Son père était flic, son frère aîné était flic (et a été tué en mission), alors lui aussi est flic. Mais pas franchement héroïque. Depuis qu’il s’est battu avec l’inspecteur de la criminelle avec qui son ex s’est installée (et qu’il a pris une peignée) il est à l’essai, chargé de la surveillance d’un petit supermarché Savemore. Rien de glorieux donc.

 

Mais il y a Gwen, la caissière. Gwen et ses yeux gris. Mais aussi Gwen et se bleus, ses cocards, ses foulures, trop, bien trop fréquents … L’occasion peut-être pour Matt de devenir un héros. Où de se retrouver plongé dans la mouise jusqu’au cou …

 

Rien de révolutionnaire ici, mais de la belle ouvrage, soignée, bien construite et bien finie. Dans le genre After Hours. Avec :

 

Un beau perdant comme le polar les aime. Une succession de catastrophes en chaîne, où chaque mouvement pour se sortir d’affaire ne fait qu’enfoncer un peu plus les personnages. De jolis portraits, deux flics bien ripoux dans la tradition, de l’humour, de la noirceur, une ambiance de petite ville submergée par l’hiver très bien rendue, de l’émotion. Une intrigue qui fonctionne au quart de poil avec quelques morceaux de bravoure très réussis.

 

Que vous faut-il de plus ?

 

Sean Doolittle / Savemore  (The cleanup (Dodd and Head), 2008), Rivages/Noir (2010), Traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 18:29

Vous voulez vous mettre au vert le temps d’une lecture ? Vous voulez croiser de beaux personnages ? Essayez Lo cro do diable de Serge Vacher.

 

Lo Cro do Diable, au bord du plateau de mille vaches, en pleine campagne … Normalement un coin assez peu Vacherfréquenté, surtout en pleine nuit. C'est pourtant là qu'un couple de poivrots trouve la mort, aux alentours de minuit. Que venaient-ils faire là, fin saouls, à cette heure ? Et qui ont-ils pu bien déranger ? Bastien Lenoir, le flic, et Max Léobon, le journaliste, vont débarquer de Limoges pour essayer de comprendre ce qu'il se passe. Et trouver de nouveaux cadavres …

 

Ce cro do diable aurait pu faire un bon poulpe. Il fait un bon polar, gouleyant, qui se lit comme on boit un vin de soif (à ce propos, les personnages ont souvent soif ici, très soif). L'intrigue n'est pas franchement essentielle, malgré sa dénonciation des magouilles politico-industrielles d'un coin de France un peu oublié. Cela contribue d’ailleurs à lui donner son allure de poulpe sans Gabriel.

 

C'est la qualité des descriptions du paysage, de la splendeur parfois intimidante de la nature sauvage, et surtout ses personnages truculents auxquels l'auteur donne vie qui font de ce court roman un vrai moment de plaisir. A déguster sans modération, car l’abus de bon polars ne nuit pas à la santé, bien au contraire.

 

Serge Vacher / Lo cro do diable, Après la lune (2010).

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 15:17

Toulouse à la fête ce week-end, mais pas seulement ! Après la déferlante rouge et noire, une autre, toute noire cette fois, se prépare. Le second festival de TPS bien sûr, en octobre prochain.

Vous trouverez la liste complète des invités .

Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, les invités d’honneurs seront :

L’italien Loriano Macchiavelli.

Et les français Jean Vautrin et son compère Tardi !

On parlera aussi de la série noire.

Et en attendant cet événement, dans le cadre du Marathon des mots, j’aurai l’honneur et le plaisir d’animer une rencontre avec Deon Meyer le samedi 5 juin à 17h00 à l librairie de la Renaissance.

Tout le programme du marathon des mots .

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 22:18

Quand j’ai vu annoncé dans les programmes des éditions Métailié un roman d’un certain Liam McIlvnney, j’ai fait un bond (un petit bond, mais un bond). Et je me suis précipité sur internet pour voir s’il avait un lien de parenté avec le grand (et trop méconnu) William McIlvanney. Il en a un, c’est son fils. C’est alors avec impatience que j’ai attendu Les couleurs de la ville, son premier roman traduit. Vous allez voir que, si le fils, à mon avis, ne vaut pas encore le père, ses débuts sont très prometteurs.

 

McIlvanneyGerry Conway est responsable de la rubrique politique au Tribune on Sunday, le journal de référence à Glasgow. Depuis quelques années il a misé sur Peter Lyons, jeune homme prometteur, déjà ministre de la justice et sur le point de devenir premier ministre. Mis quand un anonyme lui révèle des liens entre Lyons et les mouvements terroristes protestants d'Ulster, Gerry Conway voit l'occasion de marquer un grand coup et d'assurer son poste dans un journal en pleine restructuration. Son enquête va le mener jusqu'à Belfast, où même après des années de cesser le feu, la guerre est présente dans tous les esprits. Entre Glasgow et Belfast bien des surprises et bien des déconvenues attendent Gerry.

 

Débuts très prometteurs donc, même si j’ai une petite réserve. D’ailleurs commençons par là.

 

Je ne sais pas vraiment dire pourquoi, mais j'ai ressenti une certaine insatisfaction durant les deux premiers tiers du roman. Le genre de gêne difficile à décrire mais qui fait qu’on n’est pas forcément pressé de se remettre à la lecture, et qu’on se trouve, au moment d’ouvrir le bouquin, tout un tas de petites choses à faire (choses qu’on ignore complètement si, par exemple, on est plongé dans le dernier Deon Meyer, ou Antoine Chainas …). Peut-être un manque de profondeur des personnages secondaires, une certaine indifférence à ce qui leur arrive, une difficulté, parfois, à s'y retrouver dans leurs rôles à chacun, un certain flou dans la direction de l’histoire …

 

Fin de la réserve. Parce qu’à part cela, ce roman est très prometteur, comme annoncé plus haut.

 

Le fond est passionnant, surtout pour quelqu'un comme moi (et sans doute la plupart des lecteurs français) qui ne savais rien, ou pas grand-chose, des liens entre l'Ecosse et l'Irlande du nord, et des répercussions dans le vie politique écossaise de la guerre entre l'IRA et les paramilitaires unionistes. Le roman est bien construit, les informations arrivent de façon naturelle, sans que jamais l'auteur ne donne l'impression de faire un exposé, et sans jamais non plus perdre un lecteur peu au fait de cette histoire récente. On découvre tout un monde d’intolérance, de rancœurs, de guerres sourdes par procuration. On découvre qu’à Glasgow aussi il y a des querelles (pour ne pas dire plus) entre catholiques et protestants, que comme il y avait des circuits de trafic d’armes des US vers l’IRA il y en avait du Canada et d’Ecosse vers les unionistes …

 

Outre cette découverte, les séquelles physiques et psychologiques de la guerre d’Irlande du Nord sont palpables, comme dans certains romans de Ken Bruen et surtout d’Adrian McKinty, ce qui donne une vraie épaisseur au récit.

 

Pour les personnages, si certains, secondaires, sont peut-être un peu « bâchés », le personnage principal est bien campé et on sent que l’auteur connaît bien le fonctionnement des journaux, et en particulier de leur rubrique politique.

 

Dernier point positif, et non des moindres, la fin fait oublier les réserves et emporte tout dans une superbe succession de coups de théâtre (comme par hasard, je l’ai terminé d’un trait, sans pouvoir le refermer).

 

Un bon roman donc, très intéressant, auquel il manque peu de choses pour être une réussite totale.

 

Liam McIlvanney / Les couleurs de la ville  (All the colours of the town, 2009), Métailié (2010), Traduit de l’anglais (Ecosse) par David Fauquemberg.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:03

Le prix mystère de la critique est tombé, c’est Rivages qui rafle la mise :

Prix mystère 2010 de la critique : Hervé Le Corre pour Les cœurs déchiquetés

Prix mystère 2010 du meilleur roman étranger : Jack O’Connell pour Dans les limbes

 

Je suis bien entendu très content pour le roman d’Hervé Le Corre, qui commence à avoir une belle collection de prix, et encore plus content (j’espère qu’Hervé ne m’en voudra pas) pour le prix de Jack O’Connell plus inattendu mais tout autant mérité.

Plus de soixante titres ont été cités, et on trouve juste derrière Un pays à l’aube de Dennis Lehane, Souvenez-vous de moi de Richard Price, Anaithêsia d’Antoine Chainas, Vendetta de R.J. Ellory, Le quartier de la fabrique de Gianni Pirozzi, L’hiver de Frankie Machine de Don Winslow, Le serpent aux mille coupures de DOA, La nuit descend sur Manhattan de Colin Harrison, Little Bird de Craig Johnson et Le testament syriaque de Barouk Salamé.

Une bonne cuvée donc, et un beau palmarès.

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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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