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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 23:34

C’est en écoutant France Culture ce matin (et oui, j’écoute FIP ou France culture le matin dans les embouteillages) que j’ai appris la mort du pianiste Hank Jones.

 

Il était indissociable dans mon esprit d’un autre grand du piano be-bop, Tommy Flanagan (mort il y a presque dix ans). Je les avais vu à Marciac en duo. Un grand souvenir, assez démoralisant quand on essaie de jouer du piano …

Comme lui, c’était un pianiste qui pouvait vous donner l’impression que jouer et improviser est facile tant son jeu était dépourvu d’effets et d’esbroufe. Ben tiens ! Aussi facile que d’écrire comme McBain ou Leonard !

 

Un jeu tout en finesse, en toucher, avec un sacré sens de l’harmonisation et du tempo il a accompagné les plus grands, Coleman Hawkins, Ella Fitzgerald, Lester Young, Charlie Parker, Milt Jackson, Cannonball Adderley … Avant de démarrer un carrière en trio.

C’était un grand monsieur, un gentleman, je ne me suis jamais lassé de l’écouter, et de le réécouter. Il va maintenant retrouver ses frères Thad et Elvin, et tous les grands avec qui il a joué. Il doit y avoir un putain d’orchestre là haut.

 

Au revoir Monsieur Hank Jones, et merci pour tout.

 

En accompagnement (si j’ai réussi ma manip, parce que c’est la première fois que je vous mets de la zique), bluesette par un de ses trios.

 

J'ai raté la manip ! si quelqu'un un peu moins naze peut m'aider, j'essaierai de vous mettre la musique !

 

Et il vous suffit de faire une petite recherche sur Gougueulle pour trouver tout un tas de vidéos …

 

 

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Musique
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 21:21

J’ai un peu tardé à lire le dernier roman de Deon Meyer. Parce que j’étais débordé, parce que j’avais un peu peur d’être déçu … Et bien, contrairement à d’autres fans de cet auteur sud africain, j’ai été aussi emballé par 13 heures que par les précédents romans.

 

Meyer05h36, une jeune fille (on apprendra par la suite qu’elle est américaine) court sur les hauteurs du Cap pour sauver sa peau.

05h37 l’inspecteur Benny Griessel est réveillé par son collègue Vusi (Vusumuzi Ndabeni) : le corps d’une jeune fille a été trouvé, égorgée.

07h02 le corps sans vie (abattu de deux balles) de Adam Barnard est découvert dans son salon. Les cris de la bonne réveillent Alexandra Barnard, qui s’est endormie la veille dans un fauteuil complètement saoule, comme tous les soirs. Fransman Dekker (un métis) est en charge de l’affaire. Avec Vusi il fait partie du groupe de jeunes recrues que Benny doit former sur le terrain.

La journée ne fait que commencer pour Benny Griessel. Elle va être éprouvante. D’autant que le soir, à 19h00, il doit revoir sa femme après six mois de séparation. Six mois pendant lesquels il a réussi à ne pas boire une goutte d’alcool.

 

On retrouve dans ce thriller lancé à toute allure Benny Griessel, flic alcoolique déjà protagoniste du Pic du Diable. Unité de temps (13 heures), unité de lieu (Le Cap), Deon Meyer restreint son champ par rapport à ses polars précédents, mais ne restreint en rien son talent.

 

La première impression, presque physique, c’est le rythme, la vitesse, l’efficacité absolue. Impossible de lâcher le bouquin, surtout passé la moitié quand la course contre la montre est clairement lancée. Cela paraît banal, et on peut lire la même chose de pas mal de thrillers tout venant publiés ici et là. Détrompez-vous, c’est du grand art, du millimétré. Avec cette trouvaille géniale de faire du protagoniste principal un « mentor » obligé de courir pendant tout le roman d’une affaire à l’autre, d’une urgence à l’autre. Je vous promets qu’on referme le bouquin aussi fatigués que Benny !

 

Mais ce n’est pas tout. Deon Meyer ne se « contente pas » d’écrire un thriller de plus, aussi efficace soit-il. Les personnages sont parfaitement définis, touchants dans leurs faiblesses, leurs peurs, leurs failles, mais aussi leur honneur et leur dignité. La ville du Cap magnifiquement décrite, bien plus que dans les précédents romans qui couvraient (du moins pour les trois derniers) tout le pays.

 

J’ai pu lire que Deon Meyer avait sacrifié le côté « sociologique » de ses romans précédents au profit d’un pur thriller. Je ne suis pas d’accord. Ce que l’auteur ne fait pas ici, contrairement aux romans précédents, c’est faire remonter les racines du mal à l’histoire du pays, à l’époque de l’apartheid. Mais, tout comme dans les précédents, quand on prend le temps de réfléchir à tête reposée (c'est-à-dire après avoir compulsivement tourné les pages jusqu’à la dernière) on s’aperçoit qu’une fois de plus, en toile de fond, on a toute la situation sociologique d’un pays qui continue, vaille que vaille, sa reconstruction au sein d’un continent écrasé de pauvreté.

 

C’est peut-être moins mis en avant que précédemment, mais c’est là, bien présent. Non décidément, toujours aussi fort ce Deon Meyer.

 

Deon Meyer / 13 heures  (13 UUR, 2008), Seuil/Policiers (2010), Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars africains
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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 22:19

Burke Pegase

Le voilà. Quoi ? Le Dave Robicheaux de l’année. Et cette année, comme l’an passé, et sans aucun doute comme l’an prochain, nous avons droit à un grand cru. Il s’appelle La descente de Pégase.

 

Une jeune étudiante à qui la vie souriait se suicide dans le jardin de son père. L'autopsie révèle qu'elle avait bu, pris de la drogue, et avait eu plusieurs rapports sexuels juste avant de se tuer. Le corps d'un vagabond a été trouvé au bord de la route. Il semble avoir été tué par un chauffard qui aurait pris la fuite. Mais il présente des lésions ne cadrent pas avec cette hypothèse. Trish Klein, belle et jeune arnaqueuse débarque en Louisiane, et prend pour cible les casinos appartenant à un truand de Miami …

 

Trois affaires en apparence totalement déconnectées les unes des autres. Mais à l'intersection on trouve toujours Bello Lujan, truand de New Iberia, violent, primaire, issu de milieux pauvres, et Whitey Bruxal, mafieux de Miami dont Dave a croisé la route vingt ans auparavant et qui est en train de prendre pied en Louisiane par le biais des casinos. La confrontation ne fait que commencer, les morts ne vont pas tarder à s'accumuler …

 

Un Dave Robicheaux pur jus, de ceux qui ne surprennent plus, mais dont on ne se lasse jamais. Dave, ses failles, son humanité, ses faiblesses, sa colère, son impuissance rageuse face à ce que les riches et puissants font subir à la Louisiane et à ses habitants les plus pauvres. Mais aussi Dave et son amour pour sa ville, pour les bayous, pour ce qui reste encore de pur, de beau, d'émouvant.

 

Et son pote Clete, sa chef Helen, sa nouvelle femme, son raton laveur boiteux … Tout ce qu'on aime dans cette série est au rendez-vous. Avec une fois de plus des descriptions magiques, des accélérations de rythme, et une histoire lentement et amoureusement mijotée qui tient en haleine.

 

Bref, on vibre, on tremble, on enrage, on sourit … et on en redemande. D'autant plus que l'épilogue conclue sur l'arrivée de Katrina, et que l'on est impatient de voir comment James Lee Burke va traiter ce traumatisme (les échos sur les sites américains parlent de chef-d’œuvre …).

 

Précision : Pour ceux qui se poseraient des questions sur le titre, il est fortement mythologique. L’un des personnages centraux, Bello Lujan, se prénomme en réalité Bellérophon Lujan. Bellérophon dompta Pégase, et grâce à lui put vaincre la Chimère. Mais, histoire connue dans la Grèce antique, se crut alors l’égal des Dieux et voulu, emporté par sa fabuleuse monture, monter jusqu’à l’Olympe. Zeus, bien évidemment, ne l’accepta pas, envoya un taon piquer Pégase, et Bello chuta. Plouf ! Voilà qui éclaire le titre, et indique, dès le début, quel sera le destin d’un des personnages … Seule différence, dans la Louisiane de Robicheaux, les Dieux sont bien petits, et leur cruauté bien mesquine. N’est pas Zeus qui veut.

 

James Lee Burke / La descente de Pégase  (Pegasus descending, 2006), Rivages/Thriller (2010), Traduit de l’américain Patricia Christian.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:38

Je pourrais (une fois de plus), vous renvoyer simplement vers le papier de Yan sur Moisson Noire. Je pense tout pareil. Mais comme je suis consciencieux, je vais quand même essayer de vous écrire quelque chose sur Mississipi blues de Nathan Singer.

 

Eli et Jessie, un des couples talentueux de New York. Il est peintre, elle est danseuse, ils ont du succès … SingerLa vie leur sourit. Le jour de la première représentation de son nouveau spectacle, Jessie est tuée net par la chute d’une poulie. Eli fou de douleur se perd dans la ville … Et reprend conscience en 1938, dans un bled du Mississipi. Le choc passé, il tente de survivre, et trouve même son compte dans un lieu et une époque où il peut voir et entendre certaines de ses idoles, des gens comme Robert Johnson ou Howling Wolf. Mais la vie est dure dans le sud raciste pour un blanc excentrique qui aime le blues et fut marié avec une femme noire, et la police du temps est sur ses traces …

 

Prière pour Dawn, le premier roman traduit de Nathan Singer (déjà publié chez Moisson Rouge) faisait déjà preuve d’ambition, d’imagination, de puissance et offrait une belle variété de styles et de tons. Le tout manquait quand même un peu de contrôle et partait parfois dans tous les sens. Voilà ce que j’en pensais : « c’est un roman sacrément gonflé, plein de bruit, de fureur, de rage, de sanglots et d’éclats de rire désespérés. Un peu trop plein parfois. L’auteur, consciemment ou non, c’est laissé déborder par ses émotions, ses cris, et n’a pas réussi à les contenir, les mettre en forme, les faire rentrer dans son roman.»

 

Et là, bingo. Sans rien lâcher de sa puissance, de sa vivacité, de son inventivité, Nathan Singer arrive à maîtriser la bête, à la canaliser. A tape en plein dans le mille. Certes, il ne faut pas chercher absolument à avoir toutes les explications rationnelles. Ni à ranger son roman dans une case. SF ? pas vraiment dans le sens où rien de vient « expliquer » le voyage dans le temps ; polar ? pas vraiment non plus dans le sens où il n’y a pas vraiment d’intrigue, plutôt une chronique noire qui, on le sent, va mal finir ; roman historique ? En partie seulement …

 

Mississipi blues est à prendre tel quel : une approche originale et une langue qui claque au service d’une magnifique balade dans le sud profond, et profondément raciste, des années 30, avec une mise en abime historique intéressante qui rapproche cette période historique avec le début des émeutes de Watts en 1965 et, brièvement, l’époque actuelle.

 

Ajoutez de très belles pages sur la musique, et vous aurez toutes les raisons de ne pas laisser passer cet objet littéraire étrange mais fascinant.

 

Nathan Singer / Mississipi blues  (Chasing the wolf, 2006), Moisson rouge (2010), Traduit de l’américain par Laure Manceau.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:07

Qui a dit que la vieillesse est un naufrage ? Certainement pas Jean-Paul Jody qui, avec Vingt mille  vieux sur les nerfs nous mitonne un poulpe qui donne envie de vieillir !

 

JODY-PoulpeC’est la crise. Chéryl n’a plus de temps pour la gaudriole, elle passe son temps à « s’informer » en regardant la télé pour pouvoir discuter dans son salon ; et Gérard, dont le bistro est envahi par des cadres encravatés, ne sert plus de pieds de porc, parce que sa nouvelle clientèle n’en veut pas. Mais Gabriel ne s’avoue pas vaincu. Qui mange encore des pieds de porc ? Les vieux. Il va donc faire le tour des maisons de retraite pour rameuter les anciens amis de ses défunts parents. Il n’imagine pas qu’en rassemblant ainsi autant d’anciens de tous les combats (guerre d’Espagne, résistance, guerre d’Algérie, mouvements sociaux …) il joue avec le feu. Que dis-je le feu ? la dynamite. Et d’ailleurs, peu après, ça commence à péter.

 

En voilà un poulpe réjouissant, à défaut d’un poulpe réjoui. Le pauvre Gabriel, complètement dépassé par les événements, n’est ici qu’un détonateur, et tout juste le témoin du raz-le bol des anciens. Il observe, il subit, et même Chéryl lui refuse le repos du guerrier (ce qui donne lieu à quelques effets de comique de répétition assez réussis).

 

Ils sont beaux ces papis mamies. Ils sont beaux, ils sont enragés, ils ont décidé, une dernière fois, de combattre la saloperie et la connerie. Et ils ont bien raison merde ! Ils n’ont quand même pas risqué leur vie sur tous les fronts pour voir leurs idées et leurs valeurs à ce point foulées au pieds.

 

De toute évidence Jean-Paul Jody s’amuse à les mettre en scène et à leur faire dézinguer quelques uns des nuisibles qui nous pourrissent la vie. Alors ça ne fait peut-être pas avancer les choses (quoique, ce serait bien aussi que la peur change un peu de camp), mais qu’est-ce que ça fait du bien ! A se demander même comment ce n’est pas encore venu à l’esprit de quelques-uns.

 

Allez, courage, plus que 30-35 ans à patienter et …

 

Jean-Paul Jody / Vingt mille vieux sur les nerfs, Baleine/Poulpe (2010).

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 21:09

En réponse à une question (de Travis) : Oui Folio Policier publiera La vierge de cuir de Joe Lansdale, mais pas tout de suite. Ce sera courant 2011.

 

Un lien intéressant en ce mois de mai sinistre pour la Louisiane : sur Télérama l’interview de James Lee Burke (j’allais écrire de Dave Robicheaux !). Il y parle de la Louisiane et de ses livres. Il n’est pas tendre avec les politiques, et pas franchement optimiste le grand Burke. Mais cela n’étonnera pas ses lecteurs …

 

Et pour finir, pour les hispanophones, une note très drôle de Raúl Argemí sur son blog, qui se termine de jolie manière : « Es lo que tiene Internet. Hace historia de la ficción y hace ficción de la realidad. »

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 22:50

J’avais été déçu par le dernier roman, déjà écrit à quatre mains, de Massimo Carlotto. Il revient en grande forme, cette fois avec la complicité de Francesco Abate (que je ne connaissais pas). J’ai confiance en toi est un roman qui risque de vous couper l’appétit …

 

CarlottoGigi Vianello n’est pas un personnage très recommandable. Ancien dealer, ayant fuit la Vénétie après avoir trahi ses associés, il s’est installé en Sardaigne et a ouvert un restaurant haut de gamme. Un restaurant auquel il ne vend surtout pas les produits qu’il commercialise et qui lui rapportent une fortune : poulets infectés chinois, tomates aux insecticides espagnoles, produits de beauté cancérigènes français, blé pollué du Canada … Dans ses filières tout est reconditionné, parfumé, reconstitué … et vendu comme des produits sains dans toute l’Italie. La vie est belle pour Gigi. Jusqu’à ce qu’il rencontre la belle Mariuccia. La très belle Mariuccia. Très belle mais cinglée, et mariée avec quelqu’un qui compte à Cagliari. Et les emmerdes commencent à pleuvoir dru …

 

Finalement, Carlotto n’est jamais aussi bon que lorsqu’il crée de vrais pourris. Si Padana City était décevant, il a retrouvé avec Gigi Vianello un affreux absolument irrésistible. Egoïste, uniquement préoccupé par sa petite personne, dépourvu du moindre sens moral, lâche mais retors, capable de tout pour préserver son confort … Une vraie vérole. Un vrai plaisir de lecture.

 

Qui donne d’autant plus de force à la dénonciation. Pour Gigi et ses associés tout est bon pour faire du fric, tout. Seule restriction, il ne faut pas trop empoisonner les clients, pour ne pas qu’il meurent trop vite, ni trop nombreux. Il ne faut ni tuer la poule aux œufs d’or, ni attirer l’attention du pouvoir.

 

Un petit exemple, parmi tant d’autres ? Voilà : « Le producteur était un de mes clients. Tous les mois, je lui fournissais plusieurs quintaux d’ovoproduits. En provenance d’une entreprise de recyclage des déchets des environs de Turin qui, au lieu d’écouler les œufs pourris, cassés, infestés de parasites, en nettoyait la putrescine et la cadavérine et les transformait en une bouillie conditionnée dans de commodes petits bidons de cinq litres, prêts à être versés dans les pétrisseuses des confiseries industrielles. »

 

Pour couronner le tout, Massimo Carlotto et Francesco Abate, par la voix de leur narrateur, font preuve d’un humour cynique, et d’une lucidité et d’une méchancetés impitoyables quand ils décrivent les travers et le ridicule de la « haute société » de Sardaigne. Un plaisir de plus pour le lecteur.

 

On ne peut donc s’empêcher de sourire, tout en étant effaré. Heureusement que cela ne se passe qu’en Italie, et que des gens comme l’affreux Gigi n’existent pas dans notre beau pays ! Buon apetito !

 

Massimo Carlotto et Francesco Abate / J’ai confiance en toi  (Me fido di te, 2007), Métailié (2010), Traduit de l’italien par Laurent Lombard.

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 11:56

Les fans de TM ayant de toute évidence du temps à perdre, ils ont commencé à inonder ce modeste blog de commentaires d'une bêtise et d'une inutilité rares.

 

Comme je commence à être un peu fatigué de les effacer les uns après les autres, à partir d'aujourd'hui les commentaires seront modérés.

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 00:07

Ca devient une habitude. Il y en a de mauvaises, voire détestables, comme le beaujolais nouveau. Il y en a d’excellentes, comme le Chainas nouveau. 2010 est un grand crû. Un de plus. Il a petit nom : Une histoire d’amour radioactive.

 

ChainasDRH est cadre, et content de l’être. Il bosse comme un con, ne connaît plus son fils, de moins en moins sa femme. DRH s’investit à fond dans un boulot qui consiste à manipuler des chiffres qui se transformeront, quelque part, en employés virés. DRH est malade, mais il ne le sait pas encore. DRH va rencontrer une mystérieuse artiste qui va lui révéler sa maladie. Et le vide de sa vie.

 

Le capitaine Javier, et le lieutenant Gérard Plancher sont flics, et amoureux. Comme l’homosexualité se porte mal dans le police, ils cachent leur amour. Ils enquêtent sur une vague de suicides. Des hommes aisés, en phase terminale, qui ont choisi de se donner la mort plutôt que de souffrir jusqu’au bout. Tous avaient, juste avant leur maladie, rencontré une artiste … mystérieuse.

 

Notre société va mal, très mal. De nombreux auteurs de polar le disent. Aucun ne le dit comme Antoine Chainas. Difficile de rendre de façon plus éblouissante le vide, l’inutilité, l’inhumanité d’une vie « moderne » et aisée. Difficile d’écrire de façon aussi évidente le refus du corps, de l’organique, de l’humain, l’aliénation par le travail mais aussi par toutes les « valeurs » qui nous sont assénées, matraquées, au point de nous les faire percevoir comme évidentes. Difficile de rendre plus palpable la maladie, la trouille de la souffrance, la peur de tout ce qui suinte, de ce qui nous bouffe.

 

Et tout ça au service d’une histoire d’amour flamboyante, racontée avec un sens du rythme impeccable (à ce propos, l’accélération des changements de points de vue dans le final est magistrale).

 

C’est donc le nouveau Chainas, différent parce que c’est une histoire d’amour, parce qu’il n’avait jamais jusque là autant suscité l’empathie du lecteur pour un personnage. Mais pas si différent tant on retrouve ses thématiques. Rapport au corps, au sexe, à la douleur, interrogations sur la déliquescence de notre société. Et ses « procédés » : encore un flic, encore une ville sans repère, sans nom, délocalisée, encore une enquête aux marges de la société …

 

Un bouquin qu’on referme sonné, secoué, ému, très ému, pleins de questions, sans aucune réponse.

 

Antoine Chainas / Une histoire d’amour radioactive, Série Noire (2010).

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 21:46

Une petite piqure de rappel à propos du concours de nouvelles Thierry Jonquet organisé par TPS.

 

Deux catégories :

Le concours junior qui planchera sur le thème « risotto ou cassoulet »

Le concours adulte qui lui devra traiter « e pericoloso sporgersi »

Vous avez jusqu’au 15 juin.

 

Le règlement complet du concours se trouve ici.

 

Demain je vous cause du dernier Antoine Chainas. Encore une réussite. Et de quatre.

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Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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