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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 21:41

Il semble que tout blog, de temps à autre, est la cible de mauvais coucheurs, râleurs, pinailleurs, pas contents … Dans le cas des blogs littéraires, il s’agit souvent d’auteurs pas contents de ce qu’on a dit d’eux … Ou de copain d’auteur, de voisin d’auteur, de maman d’auteur … Moi j’en ai un, il est connu de certains d’entre vous.

 

Allez savoir pourquoi le sieur Thierry Marignac m’a pris en grippe. Peut-être parce qu’un jour j’ai manifesté mon désaccord avec une bordée d’injures qu’il avait lâchée quelque part sur un des rares sites qu’on fréquente tous les deux. Peut-être parce que j’aime des auteurs qu’il n’aime pas. Ou que j’aime ceux qu’il n’aime pas. Ou parce qu’il n’aime pas les toulousains … Suite à ces échanges, j’avais décidé de ne plus lire aucun de ses bouquins. J’avais bien aimé Fuyards mais je ne pensais pas trop me priver en faisant l’impasse sur les suivants.

 

J’avais oublié qu’il est aussi traducteur. Et j’ai eu le malheur d’émettre quelques réserves (au milieu d’un article au demeurant plutôt positif) sur un roman traduit par lui. Je tiens à préciser que ces réserves ne concernaient aucunement sa traduction, je sais où se situe ma limite d’incompétence. Et voilà ce que je reçois comme commentaire (j’ai gardé le texte tel quel).

 

« C'est pas très malin deparler desbouquins de Bunker, horriblement mal traduits par ce sagouin de Michalski,parce que même s'il s'agit de truands,onest dans un autre monde.
La "sécheresse",dont vous regrettez l'absence vient notamment du fait que l'anglais de Baker est un anglais jamaïcain,un anglais colonial britannique émaillée de référencesbibliques qui vous projette dans un monde de truands… mais vaudou. Nepasvoir ces qualités, prouve une fois de plus le conformisme crasse du chroniqueur depolar,qui roule sa caisse, mais crie au secours dès qu'on lui déplace ses pantoufles.
 »

 

J’avais alors répondu. Un accès de faiblesse.

 

« Le pauvre chroniqueur en pantoufle frémit d'aise de voir de le plus grand traducteur de France, qui est aussi un des auteurs de polars les plus géniaux et les plus méconnus du monde daigne jeter un œil sur son humble travail.

Le chroniqueur pas très malin reconnaît bien son style et sa classe dans sa façon de parler des "sagouins" qui osent exercer une activité dans laquelle il excelle tant que personne d'autre ne devrait s'y frotter.

Mais pour finir, le chroniqueur crasseux n'est certes pas malin, mais il n'est non plus très patient.

Alors il conseille au génial auteur/traducteur de ne pas perdre son temps à se répandre en polémique et insultes (comme il aime tant le faire ici ou là), parce que le chroniqueur est chez lui, et qu'il effacera, immédiatement, et sans le moindre scrupule, les prochains commentaires du grand homme. »

 

J’avais ensuite mis à la place qui lui revient, c'est-à-dire la poubelle, le commentaire d’insultes qui avait immanquablement suivi. Sujet clos ? Non. Il y a quelques temps je chronique un autre roman traduit par le même individu, et j’en dit du bien ! Voilà ce que je reçois :

 

« Tiens, je suis étonné. On me dit pas que ça ressemble pas assez à "Football Factory",ou une ânerie de ce genre. Vous évoluez ?

Au passage, c'est moi qui l'ai dégotté et fait publier ce livre.

Vous savez très bien, dans le polar, vous servir de mon boulot en ma crachant dessus, les conformistes. Bonne bourre… »

 

Donc, à partir d’aujourd’hui, je jure de ne plus lire aucun roman écrit ou traduit par Monsieur Thierry Marignac. Promis juré je ne me servirai plus de son travail. Je me servirai du travail des autres. Car nous sommes comme ça nous autres conformistes du polar, nous adorons nous servir du travail des autres.

 

Et je ne lui cracherai pas dessus non plus, promis. Je vais l’oublier, complètement, totalement. En espérant que lui aussi m’oubliera, on s’en portera beaucoup mieux tous les deux.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 23:19

Donc voilà. Cela fait plusieurs jours que je rame sur Le chasseur solitaire de Whitney Terrell. C’est un peu la faute du bouquin, un peu la faute à pas de chance. Commençons par dire de quoi ça cause …

 

TerrellHabituellement, ce sont des cadavres de jeunes noirs que l’on récupère dans le Missouri en aval de Kansas City. Victimes de guerres de gangs ou de règlements de compte entre trafiquants de drogue. Ce jour là, c’est Clarissa Sayers, fille du juge, que Stan Granger sort de l’eau. Dernièrement Clarissa avait une liaison avec Booker, un jeune noir arrivé récemment, qui semblait avoir des comptes à régler avec quelques notables de la ville. Stan ne croit pas à la culpabilité du jeune homme. Mais pour la police, pas de doute, le coupable est tout trouvé. D’autant plus qu’il a disparu juste après la mort de la jeune femme.

 

J’ai été plusieurs fois à deux doigts d’abandonner, et pourtant j’ai continué et je suis allé au bout. Pour la peinture de Kansas City, ville qui semble figée dans le passé, et en particulier dans un passé où noirs et blancs étaient clairement séparés. La description de cette bourgeoisie qui tente désespérément de vivre « comme avant » est particulièrement réussie. Le fossé racial est dépeint de façon fine mais néanmoins très efficace. Et pour quelques fulgurances, quelques moments où le récit accroche, rapproche d’un personnage ou d’un autre, permet de comprendre ses failles.

 

Mais que j’ai ramé ! Pour une raison extérieure au bouquin, parce que je l’ai lu à un moment où j’étais un peu débordé, dans l’impossibilité de me mettre à lire avant très tard le soir, et fatigué, donc moins disponible.

Mais aussi parce que c’est un bouquin très lent, qui ne m’a pas donné cette envie de m’y replonger en permanence, dans les embouteillages, en attendant que les pâtes cuisent, aux c… Bref vous m’avez compris, il y a des livres qui semblent vous coller aux doigts et que vous ouvrez dès que vous avez 10 secondes. Pas celui-ci.

 

Parce que j’ai eu du mal à m’intéresser complètement aux personnages. J’ai été accroché, par moment, puis relâché, avec l’impression d’être laissé sur le bord de la route.

 

Et aussi et surtout à cause du rythme. J’aime qu’il y ait des respirations dans le texte. Elles viennent souvent des dialogues. Pas seulement. Changement de points de vue, de personnages, de lieu, de tempo … Là elles manquent. D’un point de vue très terre à terre, vous ouvrez une page, elle est noire, un bloc. Pas un retour à la ligne, pas un saut de paragraphe … Juste ce que je n’aime pas, et qui en plus est tombé à un moment où j’étais moins disponible.

 

Voilà pourquoi j’ai ramé, mais aussi pourquoi je suis allé au bout. Je suis preneur d’autres avis. Comme toujours. Et encore plus que d’habitude.

 

Whitney Terrell / Le chasseur solitaire  (The huntsman, 2001), Rivages/Thriller (2010), Traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:51

Voilà, en attendant que j’arrive péniblement à terminer un polar sur lequel je rame ferme (mais ce n’est pas que sa faute, j’y reviens bientôt), je me suis fait plaisir avec quelques Loisel.

 

Loisel RigeEtonnant comme cet homme peut être à l’aise dans des univers aussi différents que la campagne québécoise dans les années 20 (Magasin général avec Tripp), un grand classique de la littérature populaire (Peter Pan), ou la fantasy la plus débridée et la plus inventive, en particulier au niveau des personnages (La quête de l’oiseau du temps avec Letendre).

 

Ce qui fait l’unité de ces univers, mis à part la patte du dessinateur que l’on reconnait aisément, c’est la grande tendresse avec laquelle il aborde ses personnages. Car si on trouve quelques beaux affreux (il faut bien pour qu’il y ait du sport), il crée surtout des personnages extrêmement humains, avec leur défauts, leur côtés ridicules … mais aussi des qualités qui, le lecteur le sent bien, les font aimer par leur créateur.

 

Voyez la suite de La quête de l’oiseau du temps. Une princesse un poil égoïste, mais si belle, un jeune Loisel magasin 1homme en quête de gloire un peu tout fou, un peu hâbleur, un peu grande gueule, mais qui s’humanise, se patine, devient de plus en plus attachant. Des seconds rôles avec des trognes, souvent faibles, parfois tricheurs, râleurs, voleurs … mais qui se révèlent toujours dans les moments critiques. Le dernier tome en date, La voie du Rige, est en outre parfaitement cadencé, avec ce personnage mythique, sorte de samouraï à la silhouette impressionnante, dont on entend parler longtemps … avant qu’il n’apparaisse enfin, de façon spectaculaire et dramatique, à l’image de sa légende. Bref, une réussite qui ne se dément pas, même après huit albums.

 

Mais c’est dans la série Magasin général que sa tendresse et son humanité sont les plus flagrantes. Une village paumé, où tout le monde connaît tout le monde, sait tout de tout le monde, où le curé est la figure de l’autorité, où la religion et la nature dictent toutes les conduites … Un village coupé du reste du monde … Avec un tel point de départ, Jim Thompson, Harry Crews et quelques autres ont écrit des chef-d’œuvre du roman noir. Des romans sombres, désespérés, poignants … Pueblo chico, infierno grande disent les espagnols.

 

Loisel magasin 5Loisel et Tripp ont choisi, à partir du même matériau, de nous offrir une chronique tendre, douce amère, belle … humaine. Sans pour autant cacher les travers, le poids de la religion, la connerie, l’ignorance, la jalousie … Juste en faisant toujours (ou presque) pencher la balance du « bon » côté au moment de résoudre les conflits. Les personnages ne sont pas des anges, ce sont même les même ou presque que chez Thompson et Crews, à peine un peu moins égoïstes, à peine un peu moins cupides. Et c’est ce à peine qui fait tout basculer.

 

Une très belle série, qui fait du bien et redonne le sourire, avant de replonger …

 

Loisel et Tripp / Magasin général Tomes I à V, Casterman.

 

Loisel et Letendre / La quête de l’oiseau du temps / La voie du Rige (Tome 8), Dargaud (2010)

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 16:18

Un petit billet pour signaler que Lionel Besnier, qui dirige Folio policier depuis quelques années, va changer de crèmerie très prochainement pour aller chez Phébus.

 

Très discret, il est peu connu des lecteurs, mais il faut saluer son travail. Sous sa direction Folio Policier est devenu une véritable référence, au même titre que Rivages/Noir.

 

La collection s’est développée suivant trois axes :

Partenariat systématique avec la série noire, pour publier en poche les titres parus en grand format. On a ces derniers jours par exemple la parution en poche de Zulu, Tranchecaille, Tonton clarinette, Le bonhomme de neige

Gros travail de réédition de grand classiques devenus difficiles à trouver (travail très complémentaire de celui de Rivages/Noir, encore), avec des titres de Simenon, Thompson, Chase etc …

Edition en poche d’auteurs déjà parus chez des éditeurs n’ayant pas de collection de poche. Avec entre autres, les auteurs de polars scandinaves de chez Gaia, mais également des auteurs comme Graham Hurley, Olen Steinhauer, certains titres de Lansdale etc …


En plus de toutes ces bonnes, très bonnes choses, sous sa direction folio policier s’est attaché à redonner vie à des titres peu connus (ou moins connus) d’auteurs qui ont fini par se faire un nom, à la série noire ou ailleurs. On pense aux premiers titres de Marcus Malte, ou, récemment à la réédition de Ligne de sang de DOA.

Voilà, bon vent et merci donc à Lionel Besnier et bonne chance à celui (ou celle) qui va lui succéder.

 

Une dernière petite chose, parmi ses dernières décisions, celle de réédité, à prix plus abordable, l’excellente série mexicaine de Gabriel Trujillo Muñoz, en commençant par Tijuana city blues.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 21:55

Comme je suis un dinosaure de l’argentique, pour pouvoir mettre les diapos (oui en plus je fais de la diapo) en ligne, il faut que je trouve le temps, et la force, de les scanner.

 

C’est en grande partie chose faite et j’ai donc commencé à les mettre sur Picasa.

 

Donc si vous voulez aller voir quelques photos prises en Patagonie en février il suffit de suivre le gentil guanaco.

 

Arg Estancia 27

 

Les photos sans légende ont été prises dans une « estancia » à savoir … ferme ( ??) de 5 000 hectares à 20 km de Puerto Madryn. Vous verrez la végétation, c’est tout de l’élevage de mouton, et vous comprendrez qua dans la province de Chubut, 5000 hectares, c’est une petite, toute petite exploitation.

 

D’ici peu je rajouterai quelques photos de … Pingouins.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 21:19

Disons le tout net, Les 2001 nuits n’est pas le meilleur Rolo Diez. Voilà c’est dit. Mais c’est très bon quand même.

 

Diez 2001Kaluf a tout pour être heureux. Ce mexicain d’origine (lointaine) libanaise est un heureux mari, un heureux père et l’heureux propriétaire d’un boulangerie qui marche plutôt bien. Il est sur le point d’être élu Président de l’association La Media Luna qui rassemble une partie de la communauté libanaise de Mexico. Jusqu’au grain de sable … Le 11 septembre 2001, au matin, Kaluf se trouve dans un avion New York - Mexico …Un « arabe » dans un avion partant de New York le 11 septembre 2001, il n’en faut pas plus pour que la vie de Kaluf devienne un enfer totalement surréaliste.

 

Si on ne retrouve pas la noirceur qui prend aux tripes de Lune d’écarlate ou de Vladimir Illitch contre les uniformes, ni la tendresse ironique et nostalgique des romans mettant en scène des exilés argentins, on a quand même la patte et surtout l’humour grinçant de l’auteur. Un humour qui fait merveille pour dépeindre l’absurdité, l’arbitraire total des réactions post 11 septembre. Une absurdité et un arbitraire qui ne pouvait pas épargner le Mexique, « si loin de Dieu, si près des Etats-Unis ! ».

 

L’engrenage imbécile qui va broyer Kaluf est implacable. Le pauvre « héros » ne comprend rien, mais la lecteur lui peut en goûter toute la logique absurde, voir comment un point de départ totalement déraisonnable (au sens de dépourvu de raison) peut ensuite, de façon implacablement logique, déclencher la chaîne de catastrophes.

 

Point de départ double : Un : tout « arabe » venant de New York le 11 septembre est forcément suspect. Deux : il faut absolument plaire à Bush et : « les gringos ont procédé à plus de deux cent arrestations. Même au Guatemala on a capturé deux suspects. Il est inadmissible que le Mexique soit en reste. […] On en a attrapé un autre en Allemagne. Partout on arrête des Arabes terroristes sauf à Mexico. Que suis-je censé faire ? Vous féliciter pour votre efficacité ? »

 

Comme, pour arranger le tout, le flic ainsi harangué et sommé de redonner au Mexique sa fierté en arrêtant, enfin, son Arabe, est un superflic de supermarché, bas de front mais persuadé d’être un aigle que l’auteur croque d’une façon absolument impitoyable, la suite ne peut être que rocambolesque.

 

Bref, même si c’est un Rolo Diez assez atypique, c’est aussi une lecture absolument recommandable.

 

Rolo Diez / Les 2001 nuits  (Las dos mil y una noches, 2010), Rivages/Noir (2010), Traduit de l’espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco-Rahal.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 23:13

Revoici donc Caryl Férey et Sophie Couronne qui récidivent après leur forfait poulpesque (D’amour et dope fraiche). Ils se retrouvent ici pour un travail beaucoup moins coordonné, puisque Fond de cale se « contente » de rassembler quatre textes, deux de chaque. Quatre textes qui permettent de confirmer le talent de Sophie Couronne, et de découvrir une nouvelle facette de celui de Caryl Férey.

 

Fond de cale : Une jeune femme de 19 ans revient à Brest, tenter de retrouver son premier et seul amour, FEREY-COURONNEPierrot. Mais Pierrot est parti, ne laissant que quelques peintures colées à l’intérieur de l’ancienne prison. Alors elle va s’enfermer et s’acharner, pour trouver un sens à ces œuvres, pour trouver le message qu’il lui a forcément laissé avant de s’envoler … Un Caryl Férey intimiste qui voyage aux portes de la folie. Si on retrouve sa plume rageuse, le propos est nouveau, ses « héros » habituels n’ayant pas, en général, tendance à s’isoler du monde comme le fait sa narratrice. Une belle et triste première nouvelle.

 

L’âge de pierre au ton autobiographique (mais l’est-il vraiment ?) évoque les relations entre un narrateur chétif et son grand frère, brute de sport, en permanence en rage contre le monde et la mauvaise fortune, supporter systématique de sportifs et de clubs qui perdent. Et c’est très drôle ! Ce qui est plutôt nouveau dans l’œuvre de Caryl Férey qui jusque là ne prêtait guère à rire (sauf son poulpe).

 

Et puis Caryl Férey invite Sophie Couronne. Elle nous offre deux textes qui ont la même narratrice (qui lui ressemble ?).

 

La décalcomanie s’ouvre sur la mort de Zita, suicidée à 15 ans. Une mère atroce, aucune attache, une sensibilité et une intelligence qui ne trouvent de confidents que dans les livres. Alors Zita se suicide … Mais elle se rate, c’est pourquoi elle raconte. Malgré la thématique a priori déprimante le ton est alerte, la plume vive et acérée, les coups de griffes implacables et le portrait de la mère (sorte de Folcoche) réjouissant.

 

Dans Djeddah, on retrouve Zita quelques années plus tard, elle est ingénieur du son (comme l’auteur) et décroche un contrat pour une fête exclusivement féminine en Arabie Saoudite. Là aussi la plume fait merveille, l’équipée est belle, les personnages vite et bien croqués, les conséquences kafkaïennes de la religion bien décrites, la chute fort jolie. Un beau diptyque enlevé et réjouissant.

 

En bref, un recueil plus que recommandable, pour se faire plaisir avant de repasser à du sombre bien sombre. Moisson noire aussi le recommande.

 

Caryl Férey et Sophie Couronne / Fond de cale, Après la lune (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 22:47

Quand j’ai appris, en musardant sur les blogs, qu’il y avait un nouveau Tim Willocks chez Sonatine, je me suis précipité. Il s’avère qu’il s’agit de Green River, le premier roman de l’anglais givré. Un coup d’essai, et déjà un « presque » coup de maître.

 

WillocksRay Klein, ancien médecin condamné pour un viol qu'il n'a pas commis se retrouve à purger sa peine à Green River, prison de haute sécurité au Texas. Le directeur, John Hobbes, certain qu'il a une mission, sombre peu à peu dans la démence et finit par déclencher une émeute raciale la veille de la libération de Klein. Alors que ce dernier n'a qu'une idée en tête, rester le plus possible à l'écart des événements, il ne peut s'empêcher de se trouver entièrement impliqué quand une partie des émeutiers s'en prend à l'infirmerie où se trouvent les malades qu'il a traité durant sa captivité, et Juliette Devlin, médecin psychiatre dont il est tombé amoureux. Qu'il le veuille ou non Ray va devoir plonger dans la mêlée, au cœur même de l'enfer.

 

Le principe du roman est simple, il relève de la thermodynamique la plus élémentaire : prenez un gaz, confinez le dans un récipient hermétique et rigide, élevez la température, la pression augmente. Prenez donc une population à fort pourcentage de psychopathes, enfermez-les, augmentez la température en exaspérant les antagonismes et, tout simplement, en coupant la clim … La pression augmente, jusqu’à l’explosion. Simple et imparable.

 

Si je n’avais encore rien lu de Tim Willocks j’aurais sans aucun doute été totalement enthousiaste. Mais ce n’est pas le cas. Et lire, après Bad city blues, Les rois écarlates et La religion ce premier roman montre tout le chemin parcouru, même si ces débuts étaient déjà très impressionnants.

 

On y trouve déjà les thèmes que l’on retrouvera par la suite : folie, violence extrême, relation à Dieu (pour le prier ou le nier), manipulation … Ils sont déjà là et bien là. Déjà l’auteur arrive à manipuler la dynamite sans qu’elle lui explose à la figure, à savoir nous plonger au cœur d’une violence éprouvante sans jamais faire de la surenchère gratuite ni nous donner l’impression d’être des voyeurs. Tout est justifié, à sa place, nécessaire au propos et à la structure narrative. Et ça secoue.

 

Sa seule faiblesse par rapport aux romans à venir réside dans quelques temps morts sous la forme de digressions un poil trop explicatives qui viennent (très légèrement, vraiment très légèrement) faire retomber le soufflet par moment. Encore une fois, venant d’un autre, je n’aurais aucune restriction. Mais j’attends maintenant beaucoup, énormément de Tim Willocks, et il est presque rassurant de vérifier qu’il n’a pas été immédiatement, dès son premier roman, totalement niveau des monuments à venir.

 

Ceci dit, ils sont nombreux ceux qui tueraient pour écrire un premier roman ayant une telle puissance.

 

Tim Willocks / Green river  (Green river rising, 1994), Sonatine (2010), Traduit de l’anglais par Pierre Grandjouan.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 00:16

Je sais, je vous délaisse. C’est que je délaisse aussi mes chers bouquins, le temps de quelques vacances avec les gamins et les amis.

Donc j’ai dans la liste des « à faire » une chronique sur la suite des Gentlemen extraordinaires du génial Alan Moore, la découverte tardive, toujours en BD, du Magasin général de Loisel, et en cours de lecture l’éprouvant Green River de Tim Willocks.

Mais je ne perds pas mon temps pour autant (rime riche).

Je lis Tom Sawyer aux gamins, je vais voir Dragons (bof) et Fantastic Mister Fox (pas mal) avec eux.

Et je passe une soirée jouissive qui me fait dire que, même dans notre monde de vendus (ou de prêts à se vendre), il reste quand même des choses qui ne s’achètent pas.

Parmi lesquelles, une superbe bouteille, Noblesse du temps d’Henri Ramonteu, du domaine de Cauhapé en Jurançon.

Ce gentilhomme, héritier direct d’Athos (né pas très loin de là), nous a accueilli chez lui, nous a fait goûter ce qu’il fait de meilleur, et, à notre départ, nous a offert un cadeau … sans prix. Une bouteille somptueuse, fruit d’une récolte faite avec patience, science et amour fin novembre 95, soit au siècle dernier. Il va sans dire qu’une telle bouteille ne se boit qu’avec des amis, des vrais.

Et vous pensez bien qu’après une telle entame, accompagnée obligatoirement d’un foie gras, nous n’avons pas bu de l’eau. Donc Green River et Alan Moore vont encore attendre un peu. Désolé. D’ici deux jours je reprends le boulot, et le rythme de lecture …

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Published by Jean-Marc Laherrère
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 23:20

Une idée de sortie pour les toulousains (terme générique à prendre a sens le plus large du terme, géographiquement parlant).

Ca s’appelle Le pays des traces, et ça se trouve en Ariège, à Saint-Lizier, à côté de Saint Girons, à moins d’une heure et demi de Toulouse.

Pour commencer, les gens qui s’en occupent sont absolument adorables et feront tout pour que la visite soit en vrai plaisir pour les gamins et les parents.

Et puis connaissez-vous beaucoup d’endroits où , en un après-midi, les gamins pourront :

  • Faire les gypaètes barbus et lâcher du haut d’un tyrolienne des os sur des cailloux,
  • Faire des fouilles archéologiques pour retrouver os, dents et outils préhistoriques,
  • Descendre en rappel dans une grotte
  • Faire des moulages de traces
  • Apprendre à reconnaître une trace d’ours, de lion des cavernes, de loup de blaireau

… Le tout accompagné d’explications claires mais jamais simplistes, données par des animateurs passionnés et donc passionnants.

Promis juré, les mômes sont revenus avec une seule idée en tête, revenir le plus vite possible pour faire tout ce qu’on avait dû laisser de côté.

L’âge ? Ce qui est certain c’est que ça marche très bien avec des 6-9 ans. Avant, certaines explications risquent de passer un peu haut, après 11-12 ans, je n’ai pas l’expérience, mais il y a le risque de rentrer dans l’âge « bof ».

Pour les détails pratiques (où ? quand ? etc), suivez le lien donné en début de note.

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Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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