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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 19:56
Je change de crêmerie, et je n'aurai sans doute plus de liaison net.

Bises, à dans quelques jours.
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Published by Jean-Marc Laherrère
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 02:58

Il semblerait que je n’ai pas trop de chance en ce moment avec mes bouquins. Après le Colin Harrison, que j’ai trouvé moyen, j’ai attaqué un bouquin d’un inconnu, publié chez Krakoen, maison dont j’aime bien les parutions en général. Ca s’appelle Poétique du combat (joli titre), de Cyril Gely. Et je suis mitigé. Explication.

 

gelyAxel Mars est un ancien flic, ancien boxeur, devenu privé. Il s'occupe habituellement de divorces, de fugues et d'affaires d'espionnage industriel. Là c'est autre chose. Une des voisines de sa grand-mère qui l'a élevé à la mort de ses parents a été violée et tuée avec une sauvagerie impitoyable. Axel, avec l'appui de son ancien mentor toujours flic décide d'enquêter main dans la main avec la police. Mais le meurtrier ne s'arrête pas là et quelques jours plus tard une seconde jeune femme est massacrée dans des conditions analogues. La course poursuite avec le tueur qui se moque d'eux est engagée.

 

La quatrième de couverture nous apprend que Cyril Gely est un auteur de théâtre connu et reconnu. Ce qui explique sans doute que dans son roman les dialogues sonnent juste. Ce qui est déjà beaucoup. Les personnages sont plutôt bien campés, et on suit l’histoire sans ennui. Mais.

 

Mais, une histoire de serial killer de plus. Pas moins bien faite qu'une autre. Donc elle se lit. Mais n'apportant pas non plus grand-chose de nouveau. Et une chose m’a agacé : dans le bouquin, Axel Mars a plusieurs fers au feu. Outre l’histoire principale, il est en conflit ouvert avec un ancien collègue, et il démarre une enquête sur l’espionnage industriel dans une boite internet. Et, à la fin du bouquin, il laisse ces deux histoires complètement en l’air. De deux choses l’une, soit il n’a pas su tout conclure dans les temps et espaces impartis, et il fallait couper. Soit il fait au lecteur un gros, très gros appel du pied pour qu’il achète le suivant. Dans les deux cas, ça m’agace.

 

En bref, bien sans plus. Et pour me remettre d’aplomb, j’ai décidé de revenir aux fondamentaux comme disait mon entraineur de rrrrrrruby. En l’occurrence un Dave Robicheaux que j’avais complètement raté à sa sortie en grand format. Et c’est le pied.

 

Cyril Gely / Poétique du combat, Krakoen (2010).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 02:50

C’est beau la côte patagone ! C’est même très beau.

C’est immense, c’est sauvage, on peut parcourir des centaines de kilomètres sans croiser âme qui vive, juste quelques guanacos et choiques.

Petit lexique :

Guanaco : petit lama vivant dans le sud de l’Argentine et du Chili.

Choique ou ñandu petizo : petite autruche vivant en Patagonie

Peludo : sorte de tatou

Ripio : revêtement de la route fait de gravier jeté sur de la terre. Caractéristique : si on freine ou si on braque dessus, on a droit à la même réaction que sur du verglas, droit dans le décor.

Donc, après plus d’une heure et demi sur des routes en ripio, où on a croisé deux voitures, les gardes à l’entrée du parc de la Peninsula Valdez, et quelques moutons et guanacos, premier arrêt sur la côte, à Punta Delgada où, du haut de la falaise, on a une vue plongeante et imprenable sur les quelques éléphants de mer qui n’ont pas encore filé en Antarctique. Et au moment de remonter dans la voiture, première surprise : deux Choiques qui viennent voir qui est là, et nous observent, sans crainte, pendant un bon moment.

On file à la Caleta Valdez, une langue de terre de plus de 30 km, parallèle à la péninsule, sur le point de se refermer, créant ainsi une lagune d’eau de mer qui coupée de l’océan. Un futur éco-système passionnant à étudier.

Seconde surprise, sur la parking, deux peludos se baladent, viennent renifler les arrivants, en quête de nourriture. Dire que les gamins étaient heureux est un doux euphémisme.

Et troisième surprise. A côté de ce parking se trouve le seul endroit de la Péninsule où l’on puisse se restaurer (à l’exception des estancias, plutôt huppées). Depuis quelques semaines l’un des cuistots jette ses restes à … une portée de renards gris probablement orphelins. Et ces renards, on les voit, sans peine, à moins de cinq mètres ! Magique.

Puis on descend presque sur la plage, tout près des éléphants de mer. En général, le spectacle est plutôt statique, ces bestioles étant du genre amorphe. Et là, coup de bol, un jeune mâle de près de deux tonnes sort de l’eau, « escalade » péniblement la rive, et vient se faire sa place à grand renforts de grognements et de menaces au milieu des jeunes et femelles déjà couchés là.

Au programme ensuite, pingouins, et surtout les lions de mer (ou lobos de mar, ou otaries) du côté de Puerto Piramides.

Est-il nécessaire de dire que les mômes sont revenus avec des étoiles dans les yeux ? Et les parents itou ?

Si on ajoute à cela que la plage de Puerto Madryn est immense, qu’on y croise plus de mouettes et de cormorans que de touristes, qu’on mange d’excellents poissons grillés, et du mouton fabuleux, que l’eau est à peine plus froide qu’en Bretagne, qu’il nous reste encore du temps pour aller voir les dauphins, les pingouins de Punta Tombo, le superbe musée paléontologique de Trelew, et qu’on a une copine sur place qui nous organise tout aux petits oignons, on comprendra que, bien que je vous aime tous, je ne soit pas pressé de venir vous retrouver …

Depuis que j’ai écrit ces lignes, nous avons également passé une journée spécial mômes : de 10H00 à 18H00 dans une petite estancia (à peine 5000 hectares), à aider les deux chiens à rassembler les moutons, voir un gaucho tondre la victime sur jour, caresser des guanacos que le même gaucho a élevés au biberon, monter à cheval, se balader dans l’estancia, manger un cordero asado fantastique (accompagné d’un coup de rouge pour les parents), et discuter avec le gaucho et le guide qui organise ces journées. Une journée bien remplie dans un endroit qui, bien que n’étant qu’à 20 km de la ville balnéaire, donne vraiment l’impression qu’on est au bout du monde. Il suffit de marcher 20 minutes pour ne plus voir autour de soit que la meseta de Patagonie, sèche, aride, ventée. Seul bruit le vent, seul mouvement un vautour qui plane … Impressionnant.

On comprend que le pays en ait rendu plus d’un cinglé, comme ce brave Alexandre Tounens qui se déclara un jour Roi de Patagonie.

Pour les photos, comme je suis un dinosaure et que travaille encore en diapo, il faudra attendre mon retour en terres toulousaines. Et demain, promis, je vous cause bouquin, même si, de ce côté-là, c’est moins la joie.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 02:35

En général, les thrillers c’est pas mon truc. Mais bon, disons que là j’avais une occase, alors j’ai essayé. Un auteur dont on lit du bien à droite et à gauche. Le new yorkais Colin Harrison, dont le dernier roman s’intitule (nous y reviendrons) La nuit descend sur Manhattan.

HarrisonUne nuit, sur un parking de Brooklyn, la voiture dans laquelle se trouvaient deux jeunes mexicaines travaillant pour une société de nettoyage est noyée sous la merde, littéralement. Les deux femmes meurent. Mais c'était la troisième personne qui se trouvait avec elles quelques minutes auparavant qui était visée : Jin Li, jeune chinoise, gérante de la société, qui profite de son travail pour envoyer de fort juteuses informations à son frère, un investisseur agressif de Shanghai. Jin Li témoin du meurtre fuit, et se retrouve recherchée par la mafia et la police. Son frère débarque immédiatement à New York et oblige par la menace Ray Grant, ancien amant de la jeune femme, à la retrouver. Ray, fils de flic, pompier survivant du 11 septembre se met alors en chasse.

Rien à redire de particulier, c'est plutôt bien fichu, même si certains passages sont un peu lourdement explicatifs. L'auteur sait raconter une histoire, et ménager un suspense. Il nous balade dans New York. Il y a de l’action, des méchants bien identifiés …

Mais ça ne va guère plus loin. Le fait de remplacer le privé de service, ancien du Vietnam en permanence entre une cuite et une prise de coca par un pompier, rescapé du 11 septembre, puis volontaire humanitaire dans tous les points chauds du globe ne suffit pas à en faire un roman original. D’autant plus que, de mon point de vue, ce personnage « marche » moins bien : L’auteur nous dit qu’il est meurtri, mais le lecteur ne le sent à aucun moment. Le personnage est un peu trop propre sur lui pour être un hard boiled borderline comme on les aime. Et franchement, même s’il est censé être hanté par les horreurs qu’il a vues et vécues, l’auteur n’arrive pas à faire passer les fantômes.

Et puis il y a deux choses qui m’agacent prodigieusement.

Premièrement et surtout, la quatrième de couverture qui reprend un avis du New York Times disant "Harrison est à New York ce que Chandler et Ellroy sont à Los Angeles". Soit l’éditeur français (ou anglais) invente sans scrupule un avis d’ayant jamais été émis, soit le critique polar du New York Times écrive n’importe quoi sans lire les bouquins. Parce que comparer cet honnête polar avec deux monstres qui, chacun à sa façon, ont révolutionné le genre, c’est plus que gonflé ! Nombreux sont les auteurs, dans le monde entier, qui se disent influencés par Chandler ou Ellroy (ou Montalban, ou Taibo, ou Manchette, ou Simenon, ou Camilleri ou …). Je n’en ai encore vu aucun influencé par Harrison. Et à New York il y a quand même quelques pointures, style Himes, Block, Westlake, McBain … Sans parler du monument Necropolis !

La deuxième est un détail, le titre français. Cela n’aura échappé à personne, il n’a rien à voir avec le titre original. Je précise qu’il n’a rien non plus à voir avec le sujet du roman …

Bref tout cela pour dire que s’il vous l’avez sous la main, vous pouvez le lire pour passer un bon moment de lecture, à la plage ou dans le train, vite lu, vite oublié. Sinon, ce n’est peut-être pas la peine de faire le déplacement.

Colin Harrison / La nuit descend sur Manhattan  (The finder, 2008), Belfond (2009), Traduit de l’américain par Renaud Morin.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 02:46

Avec La variante Istanbul, Olen Steinhauer poursuit son excellente chronique de la vie du côté du Pacte de Varsovie entre 1946 et la fin des années 70.

 

steinhauer1975. L'avion est parti de la Capitale, en direction d'Istanbul. Quatre arméniens le détournent, pour qu'on reconnaisse enfin le génocide de 1915. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et l'un des pirates fait exploser la bombe qui se trouve en soute. A bord se trouvait Libarid, membre de la brigade criminelle de Brano Sev. Dans un contexte de guerre froide exacerbée, de groupuscules d'extrême gauche un peu partout en Europe, de luttes d'influences, cet incident va être le détonateur d'une série d'explosions en chaine dont l'origine se situe sept ans plus tôt, en 1968, à Prague.

 

Nous retrouvons ici Brano Sev, environ dix ans après 36, Boulevard Yalta. Nous retrouvons aussi quelques uns de ses collègues. Mais l'aire de jeu s'est agrandie, la partie est plus que jamais internationale, et les événements du monde entier ont leur importance.

 

Pour autant, Olen Steinhauer ne perd pas son souci du détail, sa capacité à décrire la vie quotidienne de l'autre côté, celui du Pacte de Varsovie. On y découvre des flics finalement pas très différents des nôtres, qui doivent lutter contre des crimes dont les motivations sont, comme de l'autre côté, le pouvoir, le sexe, la jalousie …

 

En outre, ce volume offre un beau portrait d’Istanbul, vu à travers les yeux d’étrangers, étrangers de multiples façons. Etrangers en tant que communistes dans un pays qui ne l’est pas ; étrangers par la culture ; étrangers par la religion ; encore plus étrangère cette policière qui n’a pas l’habitude d’avoir chez elle le même regard envers les femmes …

 

En bref, la digne conclusion d'une série particulièrement originale.

 

Olen Steinhauer / La variante Istanbul  (Liberation movements, 2006), Folio/Policier (2010), Traduit de l’américain par William Olivier Desmond.

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 03:05

Ben voilà, même les pingouins sont équipés GPS et Wifi ! Donc je n’ai guère d’excuse pour ne pas vous causer. Sinon la fatigue.

Manque de bol, hier, à 16H30, à l’heure où nous devions nous envoler vers Trelew, province de Chubut, le déluge s’abattait sur Buenos Aires. Le déluge, le vrai, celui de Noé, celui qui transforme les rues en canaux (regardez sur internet, il y a des gens qui ont traversé la rue Santa Fe en canot pneumatique), les parcs en lacs, et les aéroports en ports …

Et sur le coup de 20h30, nous apprenons que notre vol est annulé, avec quelques autres.

Ensuite il faut, trouver un vol de remplacement, récupérer ses bagages (alors que des centaines de gens font la même chose), et trouver un moyen de quitter l’aéroport alors que tout est inondé et que les taxis n’arrivent pas à passer …

Tout ça pour se réveiller à 5h00 le lendemain (aujourd’hui) pour essayer de prendre le seul vol où il reste des places.

Mais on l’a fait ! On a quitté les 31 ° 95% d’humidité de Buenos Aires, et cet après-midi on était sur la plage de Puerto Madryn, 21°, un peu de vent, un ciel fabuleux, et demain on file voir les otaries et les éléphants de mer.

A partir de demain également je rempile avec le dernier Olen Steinhauer repris chez folio (très bien comme toujours), et un thriller d’un auteur que je connaissais pas du tout, Colin Harrison, publié chez Belfond (du thriller tout venant dont on peut se passer).

Hasta mañana.

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 15:32

Lobos petit

Le blog se met en pause pour quelques jours.

Les copains rencontrés l’an dernier du côté de Puerto Madryn, Punta Tombo et Peninsula Valdez nous ont appelé pour savoir si nous irions les voir cette année.

Pingunos petit

Pinguinos, guanacos, lobos marinos nous attendent donc et il est hors de question de les décevoir.

Il y aura peut-être des endroits avec possibilité de connexion … J’aurais peut-être un peu de temps … Mais le plus probable est que vous n’ayez guère de mes nouvelles d’ici début mars.

Guanaco001-ptt.jpg

Hasta pronto.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 14:41

Je ne suis pas un fan des romans à énigme. Ni un grand admirateur de Holmes, Rouletabille, et autres Poirot, même s’ils m’ont offert de belles heures de lecture il y a bien des années. Mais de temps en temps … Et puis là, il s’agissait d’un auteur japonais, traduit pour la première fois en France. De quoi exciter notre curiosité. Voici donc, en provenance du pays du soleil levant, Tokyo Zodiac Murders de Soji Shimada.

 

shimadaLes Holmes et Watson japonais se nomment Mitarai et Ishioka. Mitarai est un dilettante. Astrologue, détective déductif, aimant par-dessus tout la tranquillité … Il est interpelé par une affaire vieille de plus de quarante ans : En 1936, Heikichi Umezawa, vieux peintre misanthrope est assassiné dans son atelier. Un atelier dont la porte est fermée de l'intérieur et dont les fenêtres sont protégées par des grilles. Près du cadavre, un texte, où la victime décrivait son fantasme : fabriquer en suivant les principes astrologiques Azoth, la femme idéale. Pour les morceaux, facile, les filles vivant sous son toit les fourniraient. Quelques jours plus tard, la fille aîné de sa seconde femme est violée et tuée chez elle. Puis ce sont les cadavres incomplets des six filles sensées composer Azoth qui sont trouvés, un peu partout dans le pays. L'affaire du tueur du zodiac est née. Elle va passionner le Japon jusqu'à cette année 1979 où une femme vient apporter un document inédit à Mitarai …

 

Je ne suis toujours pas un fan de ce style de roman, et je n’en lirais pas tous les jours. Mais je me suis quand même bien amusé. Parce que l’auteur, tout en écrivant un roman dans la grande tradition, a réussi également à écrire un roman totalement original.

 

De la tradition nous avons tous les éléments : un détective génial, son assistant faire-valoir, un meurtre en chambre close, un soupçon d'astrologie (pour rire), des déductions, des schémas, un final avec présentation de la solution devant les intéressés …

 

Totalement original à plus d’un titre : Tout d'abord nous ne sommes pas en Angleterre mais au Japon, un pays décrit dans son évolution de 1936 à la fin des années 70. Egalement parce qu’aux mystères « classiques » l’auteur associe le thème moderne du serial killer. Son détective est totalement décalé, hors norme. Non pas qu’il soit cocaïnomane, alcoolique … ou autre, de ceux là, on en a des wagons. Non il est bien plus étrange, surtout pour un japonais : figurez-vous que moins il travaille, moins il est connu, plus il est content. Il déteste avoir des obligations, devoir se lever alors qu’il a envie de rester au lit, et gagner de l’argent l’indiffère totalement. Travailler moins pour vivre mieux en quelque sorte.

 

Autre originalité, l’auteur interpelle directement le lecteur, le mettant au défi :

 

« Défi lancé au lecteur […] Il va sans dire que vous êtes désormais en possession de tous les éléments nécessaires. N’oubliez pas que la clé de l’énigme est limpide et qu’elle se trouve juste sous votre nez » (page 282).

 

Et plus loin : « Le second défi […] Nous avons maintenant un indice grossier […] Je suis pourtant sûr qu’un grand nombre de lecteurs restent encore dans l’incompréhension […] C’est pourquoi je lance mon second défi : qui est donc ,%%µ**** ? » (page 298).

 

Pour finir, la liberté de ton, en particulier dans les dialogues, est très moderne, ce qui crée un contraste plaisant avec la thématique. Pour vous donner un exemple, voici comment Mitarai l’iconoclaste ose parler de son illustrissime prédécesseur : « Holmes nous est présenté comme le roi du déguisement. Une perruque et des sourcils blancs, une ombrelle et le voilà qui traverse la ville déguisé en vieille femme. Tu sais combien mesurait Holmes ? Plus de six pieds, soit quasiment un mètre quatre-vingt-dix ! Tu imagines des gens qui se disent : « Tiens, voilà une petite vieille d’un mètre quatre-vingt-dix » ? Un monstre, oui ! En fait les gens devaient se dire : « Tiens, voilà ce pitre de Holmes, encore déguisé en bonne femme ! » Seul Watson se laissait avoir. »

 

En bref, une excellente récréation pour les amateurs de logique qui ne dédaignent pas une pointe d’humour et un filet d’exotisme.

 

L’avis de l’ami Jeanjean sur moisson noire, même s’il m’énerve parce qu’il a trouvé le titre parfait pour cette chronique.

 

Soji Shimada / Tokyo Zodiac Murders  (Senseijutsu satsujinjiken, 1987), Rivages/Thriller (2010), Traduit du japonais par Daniel Hadida.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans polars asiatiques
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 14:58

Piergiorgio Di Cara n’est plus un inconnu pour les lecteurs français. Trois romans ayant pour personnage principal le flic anti mafia Salvo Riccobono ont déjà été publiés chez Métailié. Avec Hollywood Palerme il crée un nouveau personnage, qui croise à l’occasion la route de Salvo.

Di CaraPippo Randazzo pourrait presque vivre de ses rentes. Il aurait aussi pu faire de belles et longues études. Il a choisi d’être flic à la Brigade Criminelle de Palerme. Ce soir là, alors qu’il se préparait pour un repas en amoureux, il est appelé sur le lieu d’une crime : Laura Ludovico, mère de famille sans histoires a été sauvagement assassinée chez elle. Rapidement les soupçons se portent sur le mari, mais Pippo et son équipe ont du mal à obtenir les moyens dont ils ont besoin pour leur enquête : A Palerme, c’est l’anti mafia qui a, systématiquement, la priorité.

Voici donc un nouveau personnage tout aussi intéressant que Salvo. Comme les grands maîtres du roman procédural, Di Cara ne se contente pas de décrire ses enquêtes mais le fait vivre sous nos yeux, amours naissantes, relations avec une famille complexe, amitiés de toujours, sorties au cinéma ... Un vrai personnage de chair, de sentiments, que l’on aura plaisir à retrouver.

Autour de ce nouveau personnage il nous offre un polar savoureux, une très belle peinture de Palerme et de ses habitants, des personnages bien campés, et une intrigue qui tient la route.

Contrairement à l’âme à l’épaule, dont il n’a pas l’intensité, la mafia et la peur qu’elle suscite ne sont pas ici au centre du propos. Mais elle pèse quand même sur le roman. Même si elle n’a rien à voir avec l’intrigue, son ombre est présente, en permanence, dans l’architecture du bâtiment des flics qui ressemble à un château fort, dans la tension toujours palpable, dans les conversations entre flics, dans l’aura de ceux qui luttent contre elle …

Palerme, Pippo Randazzo, Salvo Riccobono … avec ça, Piergiorgio Di Cara a matière à nous offrir encore quelques beaux romans.

Piergiorgio Di Cara / Hollywood Palerme  (Hollywood, Palermo, 2005), Métailié (2010), Traduit de l’italien par Hervé Denès.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 15:43

J’avais lu lors de sa sortie le premier roman de Michael Koryta, mettant déjà en scène son privé de Cleveland Lincoln Perry. J’en avais gardé le souvenir d’un roman assez classique, sans grande originalité mais très efficace. La tombe accueillante, qui est, si je ne m’abuse, le troisième de la série, confirme cette impression.

korytaLincoln Perry, après avoir été renvoyé de la police de Cleveland, gagne sa vie comme privé. Une nuit d’octobre, l’homme qu’il hait le plus dans la ville, l’avocat Alex Jefferson est torturé et assassiné. Alex a épousé la fiancée de Lincoln il y a trois ans, et il l’avait alors rossé à la sortie d’une boite de nuit (ce qui lui avait valu son renvoi de la police). Il fait immédiatement partie des suspects, même si l’inspecteur en charge de l’affaire ne pense pas, dans un premier temps, qu’il puisse être coupable. Perry est alors contacté par Karen, son ex fiancée maintenant veuve pour retrouver le fils d’Alex, avec qui il n’a pas eu de contact depuis plus de cinq ans. Parce qu’elle paie bien, Lincoln accepte, sans se douter qu’il met le doigt dans une engrenage infernal qui pourrait bien le mener durablement derrière les barreaux.

Comme le précédent roman que j’avais lu, de la belle ouvrage comme savent si bien en produire les américains. Tout fonctionne bien, tout est parfaitement huilé, on tourne les pages, on ne lâche pas le bouquin jusqu’à la dernière page. Puis on l’oubli presque aussi rapidement qu’on l’a lu …

Parce que, justement, c’est peut-être un peu trop bien fait. La recette est bonne, le chef la suit à la lettre, rien à reprocher. Il y a ce qu’il faut de tension, de suspense, de castagne, la situation du héros va en empirant, de plus en plus inextricable … jusqu’à ce qu’il s’en sorte quand même. Même si Michale Koryta est jeune, il a déjà du métier et mène bien son affaire.

Il manque juste ce petit quelque chose, cette fêlure, cette émotion, cette implication qui fait qu’un bouquin reste dans la mémoire. Un bon roman si on veut passer un moment sans trop se casser la tête. Ce qui n’est déjà pas mal. Mais rien de plus.

Michael Koryta / Une tombe accueillante  (A welcome grave, 2007), Le seuil (2009), Traduit de l’américain par Mireille Vignol.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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