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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 21:33

L’autre jour je traîne dans une librairie (oui, je traîne davantage dans les librairies que dans les magasins de chaussures ou chez les coiffeurs …) et que vois-je ?

Une couverture de BD, de toute évidence d’Hugo Pratt, que je ne connais pas. Je m’approche, quasi certain que c’est juste un nouvel emballage pour un vieux machin que j’ai déjà, et là je vois le titre et je tombe sur le cul (l’expression est peu élégante, mais elle a l’avantage de décrire parfaitement ma surprise).

Car que vois-je ? La BD s’appelle … Sandokan !

Fébrile, je veux ouvrir le bouquin prêt à découvrir une vile supercherie commerciale, pas de bol, ils sont tous emplastiqués. Je râle, je cherche, je peste et je finis par en trouver un ouvert.

J’ouvre. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Hugo Pratt avait commencé une adaptation du légendaire Sandokan, puis, dépassé par le succès de Corto, son nouveau personnage, il avait laissé les planches dans un carton, où on vient juste de les retrouver.

La BD n’est pas complète. Il en manque un bon tiers. C’est dommage bien entendu, mais c’est tellement mieux que rien.

On s’aperçoit qu’avant même le premier Corto, Hugo Pratt était déjà maltesien si l’on peut dire. Son Sandokan a des airs de Grand Diable, la Perle de Luan ressemble furieusement à certaines femmes de la vie de Corto. Et surtout, son trait est là, magique, qui fait de chaque case un tableau qu’on ne se lasse pas de contempler.

Et puis, à posteriori, c’est d’une telle évidence, Sandokan adapté par Pratt, qu’on se trouve étonné de ne pas y avoir pensé. Quoi de plus Cortien que la rébellion et le panache de Sandoka, le flegme de Yañez, et surtout l’amour fou entre Sandokan et la filleule de son ennemi ? Tout concourt à ce que ce soit un chef d’œuvre. C’en est un, inachevé.

Ce sont peut-être les plus beaux …

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 21:59

Pour commencer, pour les parisiens, une initiative des Habits Noirs les 26 et 27 septembre. Pour ce que j’ai pu en lire sur leur site ce sera noir, joyeux et éclectique.

Pour les toulousains, je vais un peu développer : Le salon des littératures loires et policières de Toulouse approche à grands pas, puisqu’il aura lieu les 9, 10 et 11 octobre.

Vous pouvez déjà lire une présentation assez complète et ludique des invités sur le blog de l’association. Vous y trouvez également la liste complète des invités, ainsi que le programme dont voici un petit aperçu pour vous allécher …

Vendredi, à 17h00 au forum de la librairie la Renaissance, venez trembler avec une projection de documentaire et une conférence de Stéphane Bourgoin, spécialiste mondial des serial killers sur … les Tueurs en série.

Samedi

  • 11h00 : Inauguration du forum.
  • 15h00 : Table ronde autour d’un des invités d’honneur : Francisco Gonzalez Ledesma.
  • 16h30 : Le roman noir espagnol, avec Alicia Gimenez Bartlett, Raul Argemi, Juan Madrid, Lorenzo Silva, Juan Bas.
  • 18h00 : Le roman policier historique espagnol, avec Alfonso Mateo-Sagasta, Jerónimo Tristante, Fernando Martinez Lainez.

Dimanche

  • 11h00 : Résultat du premier concours de nouvelles.
  • 14h30 : La guerre dans les polars français, avec Didier Daeninckx, Thierry Bourcy, Benoit Séverac et Stéfanie Delestré
  • 16h00 : Hommage à Manuel Vazquez Montalban, avec entre autres Claude Mesplède.

Il y aura aussi de la musique, l’AG de l’association 813, des expos, un lieu pour bavarder avec les auteurs et se faire dédicacer leurs bouquins, un endroit pour boire un coup …

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 21:49

Après le pavé de Leif Persson, intéressant dans le genre cérébral il fallait de l’émotion, de l’action, de l’empathie, quelque chose qui prenne aux tripes.

 

« Il y a des jours où le bord de votre lit ressemble à un précipice de cinq cent mètres de fond. Synonyme d’une répétition à l’infini de tâches qu’on n’a aucune envie d’accomplir. Lascano voudrait ne plus avoir à quitter son lit, ou alors pour se jeter dans l’abîme. A condition que ce vide soit bien réel. Mais il n’existe pas. La seule réalité c’est la douleur. […]

Il se jette dans le vide. La douche le débarrasse des restes de sommeil qui s’échappent par la bonde en hurlant. »

 

Ainsi commence L’aiguille dans une botte de foin, premier roman d’un auteur argentin, Ernesto Mallo, publié chez rivages.

 

« Perro » Lascano est un flic atypique : Il essaie de faire honnêtement son boulot, chose pratiquement impossible à Buenos Aires en pleine guerre sale, quand les militaires sèment les cadavres partout dans la ville. C’est sûrement pour deux nouvelles victimes de la junte qu’il a été appelé dans un quartier déshérité. En arrivant, il découvre un troisième cadavre, différent des deux premiers qui ont été de toute évidence jetés là par les militaires : Plus âgé, visiblement tué ailleurs pour être jeté là, il intrigue Lascano qui décide d’enquêter, même s’il sait que cela ne peut lui apporter que des ennuis.

Je voulais de l’émotion, j’ai été servi !

Ici, pas d’enquête classique, le lecteur en sait vite plus que le policier, et ce n’est pas sa démarche déductive qui intéresse Ernesto Mallo. Non l’intérêt réside dans tout le reste.

A commencer par ce personnage désespéré qui remue les tripes. Le blues de Lascano suinte de toutes les pages, servi par une écriture belle et déchirante … comme un tango (je sais, c’est un poil cliché pour un roman argentin, mais c’est bien ça que l’on ressent). On rentre dans la peau de Lascano, on partage son désespoir, sa fatigue, son dégoût de ce qu’il voit tous les jours.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ils participent de façon active ou passive à la folie macabre de cette sale période dans laquelle on rentre de plein pied et qu’on prend en pleine poire. Jusque là seul le magnifique et méconnu Vladimir illitch contre les uniformes de Rolo Diez m’avait autant fait ressentir l’impunité des brutes galonnées, l’envie de hurler de rage, et la trouille permanente, viscérale, paralysante.

Et parce qu’on est en Argentine, il y a quand même quelques échappées, quelques belles pages sur l’amitié, le maté partagé, un repas avec un ami, un amour naissant, et, inévitables, les citations de quelques auteurs aimés … Un magnifique roman profondément touchant. Et un auteur à découvrir.

Ernesto Mallo / L’aiguille dans une botte de foin, (La aguja en el pajar, 2005) Rivages/Noir (2009), traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 21:38

Pour les hispanophones, quelques nouvelles du blog assez allumé Diez Negritos.

Nouvelle n°1 : les douze (bientôt ou déjà 13) auteurs du blog ont décidé de démarrer un roman commun, chacun son chapitre, ça s’appelle Un cadaver asqueroso, soit Un cadavre dégoûtant (voire dégueulasse), et c’est Carlos Salem qui s’y colle. Je vous tiendrai au courant de la suite.

Nouvelle n°2 : Un peu plus haut (un peu plus récent donc), un article de l’incontournable et infatigable Paco Ignacio Taibo II sur Robin des Bois. Un papier plein de verve, comme il se doit qui se termine ainsi :

« Pero más importante aún, las historias de Robin Hood y sus alegres muchachos de los bosques de Sherwood siguen siendo vistas y leídas por millones de adolescentes que se suman a los millones de adultos que piensan que hay algo profundamente moral en robarle a los ricos para dárselo a los pobres.

Ce qu’on peut traduire, à la grosse, par :

« Mais plus important encore, les histoires de Robin des Bois et de ses joyeux compagnons des bois de Sherwood continuent à être vues et lues par des millions d’adolescents qui s’ajoutent aux millions d’adultes qui pensent qu’il y a quelques chose de profondément moral à voler aux riches pour donner aux pauvres. »

Allez savoir pourquoi j’aime tant Taibo …

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 21:35

Me revoilà, j’ai été un peu fainéant pour écrire ces derniers jours … Mais j’ai lu. Comme dans un rêve, pavé de plus de cinq cent pages de Leif GW Persson, qui se propose, excusez le peu, d’élucider ce qui reste l’une des affaires les plus célèbres au monde : L’assassinat d’Olof Palme.

 

Lars Martin Johansson, enquêteur légendaire devenu grand patron de la police suédoise en a assez d’être la cible des sarcasmes de ses pairs quand il assiste aux rencontres entre pontes policiers européens. Vingt ans après, il décide de mettre une nouvelle équipe sur l’affaire Olof Palme. Une équipe qui ne soit pas rebutée par les centaines de milliers de pages des rapports accumulés, ni par l’idée d’affronter une enquête sur laquelle des centaines de policiers ont travaillé en vain depuis plus de vingt ans. Mais Lars Martin est têtu, confiant dans sa valeur, et persuadé qu’en adoptant la bonne approche, ils peuvent y arriver.

 

Attention, ce roman n’est pas fait pour ceux qui veulent de l’action et qui ne supportent pas les polars procéduriers ! Pour eux, c’est même un véritable cauchemar. Plus de cinq cents pages consacrées à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin, ou en l’occurrence, du coupable noyé dans des tonnes, des mètres cube de rapport, même pas informatisés. Parce que la théorie de Lars Martin (et sans doute de Leif Persson), est que le coupable est là, quelque part, cité à un moment ou à un autre dans cette véritable bibliothèque de rapports.

 

Cela devrait être ennuyeux, terne, et pourtant ça marche.

 

Parce que les personnages existent, avec de vraies personnalités, dans et en dehors de l’enquête. Parce que l’écriture, et quelques touches d’humour viennent éclairer l’apparente austérité du propos. Parce qu’il est difficile de ne pas s’intéresser à l’affaire, et qu’on est avide de savoir ce qui c’est vraiment passé. Parce que la thèse développée est crédible, et qu’elle est amenée par l’auteur avec une rigueur sans faille. Parce qu’en toile de fond apparaît une critique de la société suédoise, de ses non dits, de sa façon de cacher les cadavres dans les placards, et que cette critique est universelle. Parce qu’aujourd’hui on découvre avec stupeur la haine qu’un homme comme Olof Palme a pu déclencher dans les milieux d’extrême droite, et qu’on se replonge dans une époque pourtant pas si lointaine où certains voyaient des espions de Moscou partout.

 

Reste quand même une légère frustration : on ne comprend pas vraiment les motivations de l’assassin (oui on trouve l’assassin). C’est logique, elles n’ont pas de raison de se trouver dans les rapports, et plus de vingt ans plus tard sont depuis longtemps oubliées par tous, sauf par le coupable à qui l’on ne donne pas la parole. Logique, mais frustrant.

 

Reste aussi la question incontournable dans ce genre de polar : Quelle est la part de vérité et quelle est la part d’imaginaire …

 

Leif GW Persson / Comme dans un rêve, (Faller fritt som i en dröm, 2007) Rivages/Thriller (2009), traduit du suédois par Esther Sermage.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 21:42

Mercredi rentrée des nains et premier coup de sang.

Le soir, comme tous les parents d’élèves du primaire, je me retrouve avec des tonnes de papiers à remplir, étiquettes à coller … Et les livres à couvrir. Comme ça ne me passionne pas, je mets The Healer, rencontre magique entre Carlos Santana et John Lee Hooker et je commence à couvrir les deux livres de math (CP et CE2), tout baigne. Et là coup de sang.

Les deux sont des livres dans lesquels l’élève écrit, qui sont donc en même temps livre et cahier d’exercice. C’est sûr, c’est joli, il y a de belles couleurs, des petits Mickeys qui avec un grand sourire leur disent que c’est super les maths … Mais.

Mais à la fin de l’année, on les jette, et pour les élèves de l’année suivante il faut en racheter d’autres. A Monsieur Bordas, à Monsieur Nathan, à Monsieur Hachette …

Il y a, à vue de nez, 6 millions d’élèves en primaire (je vous laisse vérifier). Un marché captif de six millions de livres à renouveler, non pas tous les 5 ou 6 ans quand le programme change, mais TOUS LES ANS ! A coup, sans doute, d’une dizaine d’euros le cahier de math.

Et qui c’est qui se fait des roupettes en or sur le dos des contribuables ? Monsieur Bordas, Monsieur Nathan et Monsieur Hachette (et leurs actionnaires).

Ainsi, grâce à quelques têtes pensantes de notre belle éducation nationale, on a transposé aux fournitures scolaires le principe Monsanto : Je vous vends des graines OGM pas chères, miracle … mais stériles ; au lieu de replanter ce que vous avez gardé d’une année sur l’autre, vous devez venir racheter chez moi tous les ans.

Je dois être un mauvais père pour ne pas vouloir ce qu’il y a de mieux pour mes minots. Et un vilain français parce que je ne veux pas soutenir la relance en achetant un truc pour le jeter quelques mois plus tard.

En plus, je vois peut-être le mal partout, mais je me dis qu’il doit bien y avoir quelques avantages à être en position de décider à qui on attribue un tel pactole. Faut sans doute que j’arrête de lire des polars, ça rend suspicieux.

Et en rogne. En rogne parce qu’on nous bassine qu’il manque d’argent pour payer des profs, des instits, des infirmières scolaires, des psychologues scolaires etc … Mais qu’on en trouve pour les donner à ces margoulins.

Vive la rentrée !

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 22:13

Et voici donc la seconde douceur pour faire passer La route. Cette fois ce sont des nouvelles d’Elmore Leonard, rassemblées dans le recueil Quand les femmes sortent pour danser chez Rivages.

 

On y retrouve les femmes plutôt cool, pas victimes pour un sou, et qu’il vaut mieux d’ailleurs ne pas trop agresser si on ne veut se retrouver sous quelques pieds de béton, ou avec un balle dans la peau. Des femmes souvent plus entreprenantes, dignes et volontaires que les hommes auxquels elles ont affaire. On y trouve aussi un cascadeur, ancien cow-boy de rodéo et petit fils de Carl, le marshal du Kid de l’Oklahoma, un vétéran noir de la guerre hispano-américaine de Cuba qui se heurte au racisme d’une petite ville de l’ouest, un ancien joueur de base-ball pas vraiment vaillant qui cherche un boulot pas fatigant, et bien entendu des truands bas de front, bêtes comme leurs pieds, racistes et méchants comme des teignes, qui se font toujours mettre au tapis par des héros leonardiens cool en diable.

 

Vous connaissez tous les amandes enrobées de chocolat noir, ces tentations terribles qu’on ne peut s’empêcher de croquer, l’une après l’autre, sans s’arrêter, jusqu’à épuisement de la boite ? Et bien les nouvelles d’Elmore Leonard c’est tout pareil. Elles fondent sous la langue et craquent sous la dent, et on vient juste d’en finir une qu’on attaque la suivante, pour arriver à la dernière beaucoup trop vite. On retourne alors le bouquin dans tous les sens, on secoue, on tente de couper les pages en deux, mais rien à faire, yana plus.

 

Un recueil remarquable dans le sens où il couvre tout le spectre de l’œuvre du maître, de ses westerns très sombres à ses comédies les plus délirantes, et qu’apparaît alors de façon éclatante la cohérence de cette œuvre. Des personnages croqués en quelques lignes et qui prennent instantanément vie, des dialogues inimitables qui font mouche à tous le coups, une apparente simplicité et facilité, un auteur qui n’écrit jamais un mot de trop et s’efface toujours derrière ses personnages et les histoires qu’il raconte … Du grand art qui pousse la modestie, et le talent, jusqu’à paraître un simple artisanat.

 

Bref, un vrai plaisir, à avoir sous la main pour les coups de blues. C’est quand le prochain recueil ?

 

Elmore Leonard / Quand les femmes sortent pour danser, (When the women come out to dance, 2003) Rivages/Noir (2009), traduit de l’américain par Dominique Wattwiller.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 21:17

J’ai décidé, chaque mois, de vous livrer une petite compil des aiguillages gougueulle les plus croquignolesques à atterrir ici. Voici donc pour le mois d’août :

 

Tout d’abord « mange merde de gauche » : incroyable, avec cette recherche, je sors premier avec mon papier d’humeur sur l’entrée du petit Mythe errant au gouvernement.

 

Plus habituel, « mamaelles hallucinantes » a renvoyé le pôvre internaute tout d’abord vers un salon de l’agriculture (logique), et ensuite vers un papier ou pour faire passer une de mes nombreuses mauvaises humeurs je reprenais … Hécatombe de Brassens !

 

 « récits érotiques bizutage nue forcée » a fait atterrir un lecteur frustré (ou une lectrice frustrée après tout) sur mon papier sur le roman de Solenn Colléter. Raté.

 

« peinture russe bouledogue français » est arrivé aussi chez moi ?????????????? En fait c’est grâce à la citation du dernier baiser, et le papier sur Russell James. Etonnant

 

« voir un vampire entrin de boir de san » sic et hips ! Et tout ça pour tomber sur Les dents de l’amour de Christopher Moore. Bah un peu de lecture améliorera peut-être l’aurtôgraffe.

 

Le plus inquiétant : « tache de sang sur du béton » ! Arghh, un tueur qui cherche comment effacer les preuves de son crime et atterrit sur le papier sur le bouquin de Williamson

 

C’est tout pour ce mois ci.
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 21:12

Un petit billet pour signaler cette excellente initiative des amis de la Noirode.

 

Non contents d’évangéliser une région pas toujours très portée sur la culture contestataire (et le polar est souvent contestataire), poussant le dévouement et le don de soi jusqu’à faire lire Chainas, Crumley et Carlotto aux mamies emperlousées de la Croisette et de la Promenade des anglais, poussant le vice jusqu’à demander à un toulousain mal embouché (c’est moi) d’intervenir parfois dans l’émission radio qu’ils ont montées avec leur petites mains, leur amour et leur abnégation, Corinne et Black Jack viennent d’avoir une idée géniale :

 

Je leur laisse la parole :

 

« Comment donner envie de lire un livre?

En en parlant bien sûr ou bien en donnant la parole à son auteur.

Souvent, quelques phrases suffisent, un rythme, une musique.

Voilà pourquoi dans cette rubrique, vous pourrez écouter des extraits de romans lus par leur auteur lorsqu'ils acceptent, mais aussi par des personnes qui ont aimé ce roman.

Nous avons voulu garder la musique "originale" et nous vous proposons donc les lectures en V.O. d'abord puis en V.F. »

 

Vous trouverez déjà en ligne des extraits de bouquins de Don Winslow (lu par lui-même !), Jan Thirion, Marcus Malte et Marc Villard.

 

Allez-y voir, c’est une initiative qui mérite qu’on s’y intéresse.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 22:05

Après La route, il fallait bien trouver un petit quelque chose pour me détendre. J’en ai trouvé deux. Un délicieux recueil de nouvelles d’Elmore Leonard dont je vous causerai très bientôt, et ce machin inclassable : Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus, d’Eduardo Mendoza (rien que le titre déjà !)

 

Pomponius Flatus est un chercheur, un philosophe doublé d’un scientifique. Il croit en l’expérimentation. Ayant entendu parler d’un fleuve dont les eaux miraculeuses rendent sage, il parcourt les provinces de l’empire romain à sa recherche. A ce jour il n’a récolté qu’une diarrhée persistante et salement handicapante. Pour comble, il est sans le sou. C’est pourquoi il accepte la proposition du petit Jésus, gamin déluré qui lui demande, en échange de quelques sous, de prouver que son charpentier de père est innocent du meurtre d’un riche marchand de Nazareth dont on l’accuse.

 

N’ayez crainte, je ne me suis pas converti aux Davincicoderies, ni à la recherche du Graal ou du trésor des templiers. Ceux qui connaissent Eduardo Mendoza savent qu’il y a deux sortes de romans dans son œuvre : les sérieux comme La ville des prodiges, La vérité sur l’affaire Savolta ou L’année du déluge, et les moins sérieux, comme Sans nouvelles de Gurb ou Le Mystère de la crypte ensorcelée. Les moins sérieux étant en général complètement loufoques.

 

Devinez à quelle catégorie appartient celui-ci ? Gagné.

 

Même si certains personnages et situations sont historiques, ne cherchez pas ici un roman à clés ésotérique, de grandes révélations sur la naissance du christianisme, ou un roman historique archi documenté. Non, vous avez un peu de plus de 200 pages de franche rigolade, qui ne respecte rien ni personne, et surtout pas la religion (ou plutôt, les religions), et encore moins les prêtres de toutes obédiences.

 

Mendoza s’amuse, fait paraître bien des personnages que nous connaissons tous, s’amuse à les faire discourir de façon pompeuse et ridicule, passe du style conte philosophique à celui du roman de détection, toujours avec un sourire en coin. Mendoza s’amuse de tout, et nous avec.

 

Et c’est très bien comme ça, même (et surtout) si ça va sans doute faire grincer les dents des pisse-froid, raidis du culte, fanatiques de la Sainte Sandale, adorateurs de la Relique Miraculeuse et autres censeurs.

 

Eduardo Mendoza / Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus, (El asombroso viaje de Pomponio Flato, 2008) Seuil (2009), traduit de l’espagnol par François Maspero.

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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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