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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:23

Après Un hiver de glace, un grand classique (surtout du cinéma) adapté en BD par Christian de Metter : Scarface, originalement écrit par Armitage Trail.


Scarface BDJe vais commencer par un aveu. Honte à moi, je ne savais pas que Scarface était un livre avant d’être un film. Je n’en connaissais que l’adaptation (géniale) d’Howard Hawks et son remake de Brian de Palma avec le magistral Al Pacino.

Donc contrairement à ce que j’ai fait subir à l’adaptation du roman de Woodrell, je ne ferai pas ici de comparaison avec le roman. Et j’avoue que mon souvenir du chef d’œuvre de Hawks est trop lointain et brumeux pour que je fasse le parallèle entre la BD et le film.


L’histoire est classique, ou plus exactement, est devenu un classique : ascension et chute d’un truand dans le Chicago de la prohibition. Avec son lot de règlements de compte, guerres pour la conquête de territoires, corruption, trahisons … Du classique donc, de l’indémodable, facilement transposable à aujourd’hui ou demain, en changeant le trafic d’alcool par le trafic de drogue.


Classique, indémodable et très efficace quand c’est bien mené. Et c’est superbement mené ici. Récit très bien adapté avec en particulier une efficacité impressionnante des planches « d’action », sans un mot, où le dessin et la dynamique de la mise en page racontent l’histoire sans l’aide de la moindre bulle. Choix parfait de tons pastels plutôt froids (essentiellement autour d’un vert plus ou moins sombre) qui mettent d’autant en avant la violence des exécutions et son lot de sang qui tranche.


Bref, c’est prenant, très beau et ça donne envie de revoir le premier film. Ceux qui veulent se faire une idée du rendu peuvent aller là.


Armitage Trail, Christian de Metter (adaptation et dessin) / Scarface, Rivages/Casterman/Noir (2011).

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 23:24

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de BD de la collection Rivages/Casterman. Et coup de chance, en voilà deux qui me tombent sous les yeux, dont l’adaptation par Romain Renard de Un hiver de glace de Daniel Woodrell.

Woodrell-BD.jpg

Les Ozarks, un coin perdu des US, un climat rude, des montagnes sévères, des gens rugueux … Jessup Dolly est attendu au tribunal dans une semaine. Or Jessup a disparu, et il a mis sa maison en caution pour quitter la prison. Ce qui veut dire que s’il ne se présente pas, Ree 17 ans, ses deux petits frères et leur mère qui a sombré dans la folie se retrouveront à la rue. Alors Ree n’a pas le choix, il faut qu’elle parte à la recherche de son père, avec l’aide de Gail, l’amie de toujours. Une tâche d’autant plus difficile que dans les Ozarks on n’aime pas trop ceux qui posent des questions …


Si je n’avais pas lu le roman de Woodrellj’aurais été totalement conquis par cette BD. Parce que Romain Renard a très bien adapté l’histoire. Parce qu’il a su rendre la rudesse, l’austérité et la violence de cette terre et de ses habitants. Parce que certaines planches sont superbes. Parce que la folie de la mère est émouvante.


Alors pourquoi cette restriction ? Il reste une chose que je n’ai pas retrouvée dans l’adaptation. C’est la tendresse de Woodrell pour certains de ses personnage, leur chaleur, leur humanité, les « rayons de soleil » qu’apportent les deux filles. Le roman original est dur, âpre. Mais il a aussi des moments de grâce, essentiellement lors des scènes entre les deux amies, ou entre Ree et ses frères. Et mis à part à la toute fin, ces moments de grâce ont disparu de l’adaptation. La rendant encore plus sombre que l’original.


Alors, même si la BD est très réussie, je préfère le roman. Il faut dire aussi que je suis difficile parce que Woodrellfait partie de mes auteurs fétiches.


Ceci dit, si le récent film (que je n’ai pas vu) et cette BD peuvent amener enfin à Daniel Woodrell le public qu’il mérite, qu’ils soient loués tous les deux !


Daniel Woodrell, Romain Renard (adaptation et dessin) / Un hiver de glace, Rivages/Casterman/Noir (2011).

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 23:29

Ca y est, le tome 2 est là. Le tome 2 de quoi ? De Blast, la BD monumentale de Larcenet. Après Grasse carcasse, voici donc Blast II, L’apocalypse selon Saint Jacky.

 

Larcenet Blast 2Je pourrais reprendre ici mot pour mot (ou presque) ma chronique consacrée au premier tome pour redire mon admiration devant ce chef d’œuvre. Le tome deux est aussi réussi que le premier, il le prolonge, le complète en parfaite cohérence, sans jamais donne l’impression de pondre des pages pour pondre des pages.

 

La garde à vue de Polza se poursuit, les flics n’en savent toujours pas beaucoup plus même si le récit, peu à peu, comble certains trous de leur enquête. Le lecteur apprend quelques bribes du passé de cet homme étonnant, monstrueux, tellement différent, tellement autre et pourtant tellement humain et proche de nous à sa façon.

 

Une fois de plus les planches sont absolument somptueuses, aussi belles quand elle montrent un paysage industriel dévasté, qu’un ciel d’orage ou le vol d’un hibou.

 

Dans ce volume les rapports de Polza avec les hommes commencent à être plus violents, plus conflictuels. Il côtoie parfois des monstres et le propos devient de plus en plus noir, sombre (même si cela paraissait difficile à la lecture du premier tome).

 

J’en ai bien entendu profité pour relire Grasse carcasse avant d’enchaîner. Résultat 400 pages sublimes, qui vous prennent aux tripes, vous secouent et vous emmènent très loin. Avant de conclure momentanément sur une planche magnifique, quasiment noire, silencieuse et imposante … la face en clair obscur d’un éléphant.

 

Je n’ai aucune idée de là où Polza et Larcenet veulent m’amener, je sais seulement que je ne manquerais la suite du voyage pour rien au monde.

 

Manu Larcenet / Blast, TI, L’apocalypse selon Saint Jacky, Dargaud (2011).

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:28

Je ne vous ai pas abandonnés ! C’est ma ligne télécom qui m’a lâché. Service perturbé pour les prochains jours .. En attendant de causer de l’extraordinaire Voodoo land de Nick Stone, un petit apéro :

 

Villard BD messeUn très beau livre édité par une maison dont je n’avais jamais entendu parler : les éditions matière, qui au vu de La messe est dite, nouvelle de Marc Villard illustrée par Eugénie Lavenant portent bien leur nom tant l’objet que l’on a entre les mains est fait d’une vraie belle matière de papier.

 

Dans la famille Falcone on est tueur de père en fils. Il est d’ailleurs proche le moment où Paolo, le père, va passer la main, en douceur, à Romain, le fils. Il a déjà commencé à l’initier au métier, tout en l’encourageant à poursuivre des études de commerce en parallèle. Seulement voilà, avec les études, le fils conteste, réfléchit, et décide, contre l’avis du père, qu’il y a plus lucratif dans le monde du crime que le métier de tueur. Il oublie que chez les Falcone on ne rigole pas avec les traditions, Romain sera tueur ou ne sera pas.

 

On le voit, on est ici en plein dans l’imaginaire de Marc Villard. Pas de surprise donc, si ce n’est celle que réserve la chute ... Une autre de ses marques de fabrique. Reste-t-il parmi les amateurs de polar une seule personne qui ne sache que Marc Villard est l’un des plus grands spécialistes de la nouvelle ? Non. Donc c’est une fois de plus un vrai plaisir.

 

Mais cette fois, ce plaisir ne vient pas seul. Au plaisir des mots vient d’ajouter celui des images. Des images souvent décalées qui, dans un noir et blanc très contrasté (pas de gris ici) viennent ajouter un contrechant, illustrer à contrecourant, jouer dans un silence.

 

Texte et dessins se complètent, se répondent et se retrouvent comme une chanteuse de jazz et le pianiste qui l’accompagne.

 

Encore quelque chose qui fait penser à l’univers de Marc Villard

 

Marc Villard et Eugénie Lavenant / La messe est dite, Editions Matière (2011).

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 20:19

En attendant de reprendre le rythme (avec Les yeux des morts), une petite pause BD.

 

Pagan BDEncore un Rivages/Casterman/Noir, et encore une fois une réussite éclatante. Cette fois Didier Daeninckx et Mako se sont associés pour adapter Dernière station avant l’autoroute de Hugues Pagan.

 

Il est flic de nuit. Hanté par l’image d’une gamine morte. Il est seul, dans la vie comme au boulot. Sa descente aux enfer a déjà commencé. Elle se poursuit, cadavre après cadavre, clope après clope, verre après verre … Elle l’amènera au bord de la folie, au fond du trou, au comble de la solitude.

 

Je sais, ça ne sonne pas très gai. Ben ça ne l’ai pas. Comme le dit Jeanjean dans son papier, oubliez la quatrième de couverture, qui semble avoir été rédigée par quelqu’un qui n’a pas ouvert le bouquin. On se fout comme de l’an quarante de l’histoire du sénateur et d’une prétendue disquette.

 

Ce qui compte c’est de suivre le personnage pas à pas dans sa descente infernale. Et croyez-moi, on l’accompagne de près, de très près. On pense aux flics qui coulent de Marc Villard, ou aux loosers condamnés de Goodis. L’environnement est crade. La mort, la misère, les flics ripoux, les trafics d’influence, l’alcool. Souvent c’est la nuit, il pleut, c’est sombre  … et glauque.

 

Le découpage et l’adaptation sont suffisamment explicites pour que l’on suive l’histoire, suffisamment légers et elliptiques pour laisser toute sa place au dessinateur. Le dessin de Mako est superbe, ses gueules de flics au traits marqués, durs, inoubliables.

 

Les quelques rayons de soleil ne font que rendre plus sombre le désespoir de l’ensemble. Qui se conclue ainsi, au cas où vous auriez encore une envie de bluette :

« bienvenue dans le domaine des morts ».

 

A ne rater sous aucun prétexte, mais à lire un jour de soleil.

 

Hugues Pagan, Didier Daeninckx (adaptation), Mako (dessin) / Dernière station avant l’autoroute, Rivages/Casterman/Noir (2010).

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 12:10

Leonard BDRivages et Casterman continuent leur collaboration fructueuse, avec un autre géant du polar américain (après des nains comme Thompson, Lehane ou Westlake …) à savoir Elmore Leonard. C’est son Kid de l’Oklahoma qui est cette fois mis en cases et en bulles par Olivier Berlion.

 

Je ne reviendrai pas sur l’histoire originale, j’ai dit ici même, tout le bien que j’en pensais.

 

Que dire de l’adaptation … Elle ravira les amateurs de BD. L’histoire est bien adaptée, les dessins superbes, la mise en case très réussie. La couleur me va très bien d’autant plus que j’écrivais ceci  dans ma chronique sur le roman :

 

« Il se situe à une époque intermédiaire, dans les années 20-30, où les figures mythiques du crime sont des gangsters en voiture mais avec une légende, et une histoire proche de celles de frères James où d’un Sundance Kid. Bonnie et Clyde, Dillinger, autant de noms qui évoquent des images sépia »

 

Il semble qu’Olivier Berlion en ait eu la même perception, qui concentre sa palette de couleur sur les bruns, orangers, beiges … pas loin du sépia donc.

 

Reste que l’exercice est extrêmement difficile. Les amateurs d’Elmore Leonard savent à quel point son écriture est fluide, « évidente », et sans un seul mot superflu. Difficile de couper pour passer au format BD. Quasi impossible de couper dans les dialogues. Il y a donc par moment beaucoup de texte. Ce sont des moments du roman/BD où on se demande ce qu’apporte vraiment cette adaptation.

 

La question devient caduque dès qu’on aborde les scènes d’action, superbement découpées et dessinées. La confrontation finale en particulier est un petit chef-d’œuvre du genre. Qui termine d’emporter l’adhésion.

Une des belles réussites de cette collection donc, malgré la difficulté de l’exercice. Et peut-être une occasion de découvrir, d’une autre façon, l’immense auteur qu’est Elmore Leonard pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

 

Pour ma part, j’ai découvert à l’occasion les superbes dessins d’Olivier Berlion … Chacun ses lacunes !

 

Elmore Leonard, Olivier Berlion (adaptation et dessin) / Le kid de l’oklahoma, Rivages/Casterman/Noir (2010).

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:51

Voilà, en attendant que j’arrive péniblement à terminer un polar sur lequel je rame ferme (mais ce n’est pas que sa faute, j’y reviens bientôt), je me suis fait plaisir avec quelques Loisel.

 

Loisel RigeEtonnant comme cet homme peut être à l’aise dans des univers aussi différents que la campagne québécoise dans les années 20 (Magasin général avec Tripp), un grand classique de la littérature populaire (Peter Pan), ou la fantasy la plus débridée et la plus inventive, en particulier au niveau des personnages (La quête de l’oiseau du temps avec Letendre).

 

Ce qui fait l’unité de ces univers, mis à part la patte du dessinateur que l’on reconnait aisément, c’est la grande tendresse avec laquelle il aborde ses personnages. Car si on trouve quelques beaux affreux (il faut bien pour qu’il y ait du sport), il crée surtout des personnages extrêmement humains, avec leur défauts, leur côtés ridicules … mais aussi des qualités qui, le lecteur le sent bien, les font aimer par leur créateur.

 

Voyez la suite de La quête de l’oiseau du temps. Une princesse un poil égoïste, mais si belle, un jeune Loisel magasin 1homme en quête de gloire un peu tout fou, un peu hâbleur, un peu grande gueule, mais qui s’humanise, se patine, devient de plus en plus attachant. Des seconds rôles avec des trognes, souvent faibles, parfois tricheurs, râleurs, voleurs … mais qui se révèlent toujours dans les moments critiques. Le dernier tome en date, La voie du Rige, est en outre parfaitement cadencé, avec ce personnage mythique, sorte de samouraï à la silhouette impressionnante, dont on entend parler longtemps … avant qu’il n’apparaisse enfin, de façon spectaculaire et dramatique, à l’image de sa légende. Bref, une réussite qui ne se dément pas, même après huit albums.

 

Mais c’est dans la série Magasin général que sa tendresse et son humanité sont les plus flagrantes. Une village paumé, où tout le monde connaît tout le monde, sait tout de tout le monde, où le curé est la figure de l’autorité, où la religion et la nature dictent toutes les conduites … Un village coupé du reste du monde … Avec un tel point de départ, Jim Thompson, Harry Crews et quelques autres ont écrit des chef-d’œuvre du roman noir. Des romans sombres, désespérés, poignants … Pueblo chico, infierno grande disent les espagnols.

 

Loisel magasin 5Loisel et Tripp ont choisi, à partir du même matériau, de nous offrir une chronique tendre, douce amère, belle … humaine. Sans pour autant cacher les travers, le poids de la religion, la connerie, l’ignorance, la jalousie … Juste en faisant toujours (ou presque) pencher la balance du « bon » côté au moment de résoudre les conflits. Les personnages ne sont pas des anges, ce sont même les même ou presque que chez Thompson et Crews, à peine un peu moins égoïstes, à peine un peu moins cupides. Et c’est ce à peine qui fait tout basculer.

 

Une très belle série, qui fait du bien et redonne le sourire, avant de replonger …

 

Loisel et Tripp / Magasin général Tomes I à V, Casterman.

 

Loisel et Letendre / La quête de l’oiseau du temps / La voie du Rige (Tome 8), Dargaud (2010)

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 21:40

C’est très certainement la dernière grosse gifle de l’année (c’est vrai qu’il reste peu de temps). C’est aussi la BD qui m’a le plus remué depuis … Maus.

Manu Larcenet avait déjà fait fort avec son Combat Ordinaire, chronique d’une vie qui touchait droit au cœur et aux tripes. Ce n’est rien par rapport à ce premier volume de Blast, son nouveau projet, qui le voit passer encore un cran.

Larcenet BlastPolza Mancini, 38 ans, obèse. Il a été arrêté, pour ce qu’il a fait à Carole. Les deux flics ont l’air de savoir, mais ils veulent comprendre. Et pour cela, il va falloir qu’ils acceptent le rythme de Polza. Qui va leur raconter son histoire, depuis le début, quand à la mort de son père, il décide de partir, de vivre seul, clochard dans la forêt …

Blast est une énorme gifle. Chaque planche, chaque case touche direct au tripes. Un noir et blanc, ou plutôt un gris magistral, qui vous laisse en arrêt devant de nombreuses planches. L’histoire ? Du noir pur. Si le polar est le roman de la rupture, aucune BD n’est plus polar que celle là. On sent le déchirement de Polza, on suffoque avec lui, on transpire avec lui, et surtout, on sombre avec lui.

Les flics, en face, sont totalement débordés par cette masse pensante, qui les dégoute, les effraie sans doute un peu, et les met (et nous avec) face à leurs contradictions, à leur regard sur les humains, face même à ce qui fait notre humanité.

Les dialogues sont aussi puissants que les dessins, ce qui n’est pas peu dire. Tout fait mouche. Un gros plan impressionnant sur les yeux de Polza, ses visions, une double planche éblouissante de beauté sur l’envol d’un héron. La mise case montre le personnage tour à tour emplissant totalement le cadre, au risque de le faire exploser, ou au contraire tout petit, écrasé à son tour par la forêt ou par ses visions.

Tout est magistral, époustouflant dans cette BD qui se conclue, provisoirement (car on ne fait que commencer l’histoire de Polza) sur cette phrase, jetée aux deux flics : « La vérité est plus facile à dire qu’à entendre ».

Pour vous faire une petite idée, vous pouvez aller voir la bande annonce sur le site de Manu Larcenet. Et s’il y a une BD à acheter cette année, pas de doute, c’est celle-là.

Manu Larcenet / Blast, TI, Grasse carcasse, Dargaud (2009).

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:34

Vous connaissez tous, bien entendu, les délicieux racontars de Jørn Riel. Mads Madsen, William le Noir, Lasselille, Herbert et Le Comte sont quelque part dans votre caboche, en train de boire un canon aux côtés d’Harry Bosch, Sughrue, D’Artagnan, Aureliano Buendia, Dalva, Pepe Carvalho, Mario Conde, Nick Stefanos, Angela Genaro et bien d’autres …

RielDu moins j’espère. Si par le plus grand des hasards, vous ne les connaissiez pas, je vous fais, là, gratuitement, le plus beau des cadeaux de Noël : ruez–vous dans une librairie ouverte, et achetez tous les bouquins de Jørn Riel qui s’intitulent Blablabla et autres racontars. Vous me remercierez.

Tous ceux, nombreux, qui connaissent, ont bien entendu imaginé cette bande d’énergumènes. Ils vont pouvoir maintenant vérifier si  La vierge froide et autres racontars adaptée par Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle correspond à leurs attentes. Pour ma part j’ai été comblé.

J’ai retrouvé intacts le plaisir de lecture, l’impression de dépaysement rafraîchissant (sans jeu de mots), la poésie des nouvelles. J’ai retrouvé ce mélange unique de légèreté joyeuse associée à un fond qui peut être très sombre et extrêmement dur. J’ai retrouvé cette jubilation qu’il y a à écouter des cinglés expliquer avec beaucoup d’humanité, de naturel et de tendresse comment et pourquoi ils ont dézingué un casse-bonbons.

Et Hervé Tanquerelle leur a dessiné des trognes absolument géniales. Alors certes, le découpage, la mise en page ne révolutionnent pas la BD. Mais les récits de Riel ne révolutionnent pas non plus la littérature. Mais quel plaisir ! Un plaisir d’autant plus fort que je ne pensais pas le retrouver, maintenant que l’affreux Riel a osé mettre fin à ses racontars en fermant les concessions de chasse de la côte est du Groenland !

Quoique je me sois laissé dire qu’on vient de traduire le tout dernier volume …

Bref, ne ratez pas cette BD. Il est encore temps de vous faire un très joli cadeau.

Jørn Riel, Gwen de Bonneval (adaptation) et Hervé Tanquerelle (dessin) / La vierge froide et autres racontars, Sarbacane (2009).

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 21:44

Cela faisait un petit moment que je ne suivais plus la collection de BD de Rivages et Casterman. Le petit film sur Westlake où l’on voit Christian Lax m’a donné envie de lire l’adaptation de Pierre qui roule, et j’en ai profité pour me procurer également celle de Coronado de Lehane.

Commençons par Pierre qui roule, le premier John Dortmunder, adapté donc par Christian Lax. Je n’avais pas voulu l’acheter parce que je trouvais que le John Dortmunder de Lax était trop beau, avait l’air trop dur, trop énergique. Pas assez abattu par les tuiles à répétition qui lui tombent dessus. Il avait un petit quelques chose de Parker qui ne collait pas avec ma vision du personnage.

Que dire de l’adaptation : Je pense que Christian Lax a fait le maximum et qu’on ne pourrait guère faire mieux. Cette histoire abracadabrante d’un objet que John est obligé de voler cinq fois reste compréhensible, les ressorts de l’intrigue (avec leur comique) sont là, et ce n’était pas gagné. Le rythme surtout, le sens du mouvement, de la fuite, de la rapidité d’exécution sont très bien rendus par le dessin.

Le problème est que l’essentiel du comique de Westlake est ailleurs. Dans les détails sans importance (comme les scènes dans le bar où ils se rencontrent), dans le décalage entre ce qui est dit, et ce qu’on doit imaginer, dans les à côtés qui ne servent pas l’intrigue. Or la BD ne peut pas garder tout ça. Donc j’ai bien aimé, mais je n’ai jamais ri. Ce qui, au moins pour moi, est quand même gênant concernant un Westlake.

Coronado adapté par Loustal maintenant. Là j’ai bien apprécié. Finalement, ce genre d’adaptation va bien aux longues nouvelles (ou romans très courts). Le choix de successions de tableaux fait par Loustal qui, si j’ai bien lu à droite et à gauche, n’a pas plu à tout le monde m’a convaincu.

Le côté statique qu’il donne, les ellipses qu’il oblige à faire, collent avec la nouvelle et permettent de rendre plus perceptible l’accélération brutale du final.

Il me reste à lire l’adaptation de La guitare de Bo Diddley de Marc Villard.

Donald Westlake , Christian Lax (adaptation et dessin) / Pierre qui roule, Rivages/Casterman/Noir (2008).

Dennis Lehane , Loustal (adaptation et dessin) / Coronado, Rivages/Casterman/Noir (2009).

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