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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 21:38

maniPour épater vos copains, voici un cocktail totalement inédit. Il s’appelle Noir Océan, il a été créé par un jeune islandais étonnant dont on n’a pas fini d’entendre parler : Stefán Máni.


Ingrédients :


Saeli : Jeune père de famille, énormes dettes de jeu. Seul moyen de rembourser et de mettre sa famille à l’abri : se charger de rapporter de sa future escale au Surinam un paquet de drogue. Sinon le Démon, terreur de la pègre islandaise s’occupera de sa femme et de son jeune fils.


Jon Karl, dit le Démon : truand craint pour sa violence et sa brutalité dans tout le pays. Il est la cible d’une autre terreur qui semble pour l’instant avoir le dessus.


Président Jon : alcoolique, raciste, néo-nazi.


Asi, cuistot, Johann le Géant et Runar le mécano. Convaincus (avec Saeli) par Président Jon que la seule façon de ne pas laisser les « youpins » les mettre au chômage après une dernière traversée est de se mutiner et de prendre la bateau en otage en plein océan.


Guðmundur Berndsen : Commandant. Il sait que c’est sa dernière traversée et que l’équipage va être licencié. Il a présenté sa démission. Il se demande comment il va ensuite vivre avec sa femme qui, depuis la perte de leur fille neuf ans auparavant, sombre toujours plus profond dans la déprime et la douleur.


Jónas Bjarni Jónasson : Commandant en second. Il a tué et enterré sa femme qui le trompait quelques heures avant d’embarquer.


Le soutier : Mécano sale, drogué et inquiétant. Il vénère Cthulhu.


Mettez les ingrédients dans un immense shaker. Par exemple le Per se, cargo vieillissant, des milliers de tonnes d’acier en route vers le Surinam pour faire le plein de bauxite.


Secouez vigoureusement grâce à la mère des tempêtes. Chauffez à blanc à la folie des hommes. Puis frappez, en refroidissant violemment. Servez très noir.


Voilà. Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les polars islandais. Oubliez Indridason et son Erlendur bougon, oubliez la lenteur, la déprimer douce amère. Avec Stefán Máni on est dans le registre de la grande claque dans la figure, du coup de poing au plexus.


Après une ouverture chorale qui lui permet de nous présenter les différents protagonistes d’une façon particulièrement habile et maîtrisée, le lecteur se doute bien que la suite va être violente. Mais on se demande aussi comment il va écrire le Nième huis clos sans tomber dans le déjà vu.


Et il y arrive.


Grâce à sa maîtrise d’une construction subtile, un montage complexe mais totalement maîtrisé qui mêle les points de vue et les temps de l’action (on retourne souvent en arrière en changeant de point de vue). Un peu à la façon 21 grammes ou Babel pour ceux qui les ont vu (j’ai bien dit un peu).


Grâce à la maîtrise totale de la violence enfermée dans ce chaudron, une violence qui ne peut que mener au drame, mais qui ne tombe jamais dans le grand guignol ou le voyeurisme.


Et grâce, et c’est là qu’il fait fort, à l’intervention d’une violence venue de l’extérieur. Car l’auteur ne s’interdit rien, et s’arroge le droit de faire intervenir l’extérieur dans un huis clos, sans pourtant jamais remettre en question le fait que ce soit, justement, une histoire entre ces 9 personnages et pas un de plus. Je sais, je ne suis pas très clair, mais lisez, vous verrez que j’ai raison !


Cette violence extérieure, ce sont des hommes, ombres venues augmenter le chaos qui disparaissent immédiatement. Mais c’est surtout la violence de la nature. Et en premier lieu celle de la tempête que le lecteur ressent dans ses tripes (je vous déconseille de faire un repas trop riche avant d’entamer cette lecture). On tangue, on sent l’odeur de mazout, on entend le fracas des machines titanesques et le hurlement de la tempête …


Et une fin à la fois prévisible et totalement surprenante.


Bref, un sacré cocktail, à consommer sans modération.


Stefán Máni / Noir océan  (Skipid, 2006), Série Noire (2010), Traduit de l’islandais par Eric Boury.


PS. Je ne suis pas certain d’avoir toujours été clair … Je vais achever de vous perdre en citant une phrase des remerciements qui commence de façon très convenue par « L’auteur tient à exprimer ses remerciements aux personnes suivantes : » gnagnagnagna « Mes amis, ces chers Sartre, Lovercraft et Morrison reçoivent une amicale accolade ». Intrigués ? Alors, il faut le lire.

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 18:49

J’avais été un peu déçu par Hiver arctique, je retrouve avec plaisir l’Erlendur que j’aime dans cette Hypothermie.

indridasonC’est l’automne à Reykjavik. Maria s’est pendue dans son chalet d’été, au bord d’un lac. Son amie Karen, qui devait venir se mettre au vert pour le week-end, a découvert son corps. Maria était une femme discrète, souvent déprimée, qui avait du mal à se remettre de la mort de sa mère survenue deux ans auparavant. Son mari est effondré, il lui semblait que depuis quelques temps elle commençait à aller mieux. Affaire classée. Sauf pour Karen qui ne croit pas au suicide. Elle contacte le commissaire Erlendur et lui confie une cassette où Maria a enregistré son entretien avec un médium. Erlendur qui n’a pas grand-chose sur le feu accepte de creuser un peu …

Finalement c’est comme ça que je préfère Indridason et Erlendur. Quand ils enquêtent sur l’intime, sur les failles imperceptibles, sur le malheur « ordinaire ». Comme dans la voix, et surtout dans mon préféré de la série, La femme en vert.


Certes ce n’est pas trépidant. Erlendur n’est pas un super flic qui tire comme le grand Clint, distribue les coups de tatane et démantèle à lui tout seul des réseaux internationaux de drogue (il ne résout pas non plus le théorème de Fermat, plouf plouf). Il ne « gagne » même pas à tous les coups. Non, il se déplace, parle, écoute beaucoup, rumine, observe …


Il se débat avec ses propres problèmes (avec ses enfants, avec la disparition toujours douloureuse de son frère). A ce sujet, je trouve ce dernier roman mieux réussi que le précédent. On en apprend un peu plus sur les obsessions d’Erlendur, ses relations avec sa fille évoluent.


Et surtout, surtout, il fait preuve d’empathie. Il vit plutôt seul mais il aime les gens. Il n’aime pas les foules, les fêtes, les rassemblements … Mais il comprend la douleur d’un vieillard aux portes de la mort qui n’a jamais su ce qu’il est advenu de son fils disparu subitement. Et son auteur nous fait pleinement ressentir tout ça.

Hypothermie est un roman en harmonie avec la saison durant laquelle il se déroule, l’automne. Un bien beau roman pastel et mélancolique.

Arnaldur Indridason / Hypothermie  (Arðskafi, 2007), Métailié (2010), Traduit de l’islandais par Eric Boury.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 21:35

Me revoilà, j’ai été un peu fainéant pour écrire ces derniers jours … Mais j’ai lu. Comme dans un rêve, pavé de plus de cinq cent pages de Leif GW Persson, qui se propose, excusez le peu, d’élucider ce qui reste l’une des affaires les plus célèbres au monde : L’assassinat d’Olof Palme.

 

Lars Martin Johansson, enquêteur légendaire devenu grand patron de la police suédoise en a assez d’être la cible des sarcasmes de ses pairs quand il assiste aux rencontres entre pontes policiers européens. Vingt ans après, il décide de mettre une nouvelle équipe sur l’affaire Olof Palme. Une équipe qui ne soit pas rebutée par les centaines de milliers de pages des rapports accumulés, ni par l’idée d’affronter une enquête sur laquelle des centaines de policiers ont travaillé en vain depuis plus de vingt ans. Mais Lars Martin est têtu, confiant dans sa valeur, et persuadé qu’en adoptant la bonne approche, ils peuvent y arriver.

 

Attention, ce roman n’est pas fait pour ceux qui veulent de l’action et qui ne supportent pas les polars procéduriers ! Pour eux, c’est même un véritable cauchemar. Plus de cinq cents pages consacrées à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin, ou en l’occurrence, du coupable noyé dans des tonnes, des mètres cube de rapport, même pas informatisés. Parce que la théorie de Lars Martin (et sans doute de Leif Persson), est que le coupable est là, quelque part, cité à un moment ou à un autre dans cette véritable bibliothèque de rapports.

 

Cela devrait être ennuyeux, terne, et pourtant ça marche.

 

Parce que les personnages existent, avec de vraies personnalités, dans et en dehors de l’enquête. Parce que l’écriture, et quelques touches d’humour viennent éclairer l’apparente austérité du propos. Parce qu’il est difficile de ne pas s’intéresser à l’affaire, et qu’on est avide de savoir ce qui c’est vraiment passé. Parce que la thèse développée est crédible, et qu’elle est amenée par l’auteur avec une rigueur sans faille. Parce qu’en toile de fond apparaît une critique de la société suédoise, de ses non dits, de sa façon de cacher les cadavres dans les placards, et que cette critique est universelle. Parce qu’aujourd’hui on découvre avec stupeur la haine qu’un homme comme Olof Palme a pu déclencher dans les milieux d’extrême droite, et qu’on se replonge dans une époque pourtant pas si lointaine où certains voyaient des espions de Moscou partout.

 

Reste quand même une légère frustration : on ne comprend pas vraiment les motivations de l’assassin (oui on trouve l’assassin). C’est logique, elles n’ont pas de raison de se trouver dans les rapports, et plus de vingt ans plus tard sont depuis longtemps oubliées par tous, sauf par le coupable à qui l’on ne donne pas la parole. Logique, mais frustrant.

 

Reste aussi la question incontournable dans ce genre de polar : Quelle est la part de vérité et quelle est la part d’imaginaire …

 

Leif GW Persson / Comme dans un rêve, (Faller fritt som i en dröm, 2007) Rivages/Thriller (2009), traduit du suédois par Esther Sermage.

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 23:28

Je ne sais pas si c’est la pluie persistante, un coup de blues passager, une lassitude … ou si je suis simplement de mauvais poil, grognon, grincheux, … mais voilà encore une petite déception avec Chasseurs de tête de mon scandinave préféré, Jo Nesbø.

 

Roger Brown est le meilleur chasseur de têtes du pays. C’est simple, il n’a jamais vu une seule entreprise dire non à un candidat choisi par ses soins. Roger Brown est cynique, manipulateur et très content de lui. Il gagne très bien sa vie, mais pas assez, car il dépense encore plus, ne serait-ce que pour garder l’amour de sa femme Diana. Alors, pour arrondir ses fins de mois, Roger Brown vole des tableaux chez les candidats qui lui passent entre les pattes.

 

Jusqu’à Clas Greve. Ancien militaire, cadre de haut vol, il est le candidat parfait pour une entreprise qui vient de contacter Roger Brown. Miracle supplémentaire, il possède un Rubens ! De quoi se mettre définitivement à l’abri du besoin. Sauf que, bien entendu, c’est là que ça dérape, et que Roger Brown de chasseur, va devenir gibier. Et pour le coup, c’est sa tête, au sens littéral du terme, qui sera en jeu.

 

Jo Nesbø délaisse donc Harry Hole pour ce thriller moins ambitieux que ses romans précédents. Qu’en dire ? Pas grand-chose de très original. Pour un thriller, c’est du haut de gamme. Pour un Nesbø, c’est un poil décevant.

 

On ne s’ennuie pas un instant même si, comme moi, on se fiche un peu de savoir si l’insupportable personnage principal va s’en sortir ou s’il va passer à la trappe. C’est parfaitement huilé, les surprises et renversements  tombent là où il faut, et arrivent à nous surprendre. Le style est impeccable, d’une efficacité sans faille. Un thriller haut de gamme donc. Le moins que l’on puisse attendre de l’auteur du Bonhomme de neige !

 

Mais on avait aussi l’habitude de trembler, de s’émouvoir, de s’indigner, de déprimer, de se foutre en rogne avec Harry Hole … Et on attend beaucoup de son auteur. Là on a juste la forme (impeccable), mais il manque le fond que l’on trouve habituellement chez Nesbø.

 

Alors voilà, malgré ses qualités, je suis déçu. C’est sans doute injuste, je suis peut-être grognon, mais c’est comme ça. Du coup je me suis lancé dans un pavé de SF, le dernier roman de l’immense Norman Spinrad. Va falloir attendre un peu pour en avoir des nouvelles. Vous trouverez un avis plus indulgent sur Moisson Noire.

 

Jo Nesbø / Chasseurs de tête, (Hodejegerne, 2008) Série Noire (2009), traduit du norvégien par Alex Fouillet.

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 21:28

Actu-du-noir et le polar européens soufflent le chaud et le froid. Après la canicule sicilienne d’un été ardent, voici l’Hiver arctique, cinquième épisode de la saga islandaise d’Arnaldur Indridason.


L’hiver est tombé sur Reykjavik, chacun se calfeutre chez lui. C’est peut-être pour cela que personne n’a rien vu quand Elias, 12 ans, a été tué d’un coup de couteau en bas de chez lui au moment où il rentrait de l’école. La maman du gamin est thaïlandaise, la presse évoque immédiatement la possibilité d’un crime raciste. Pour Erlendur et son équipe, aucune piste n’est privilégiée. Autour de la famille, personne ne comprend, Elias était un petit garçon adorable.


Si l’on prolonge le parallèle climatique avec Camilleri et son Montalbano, je dirais qu’Indridason s’en sort moins bien, au moins pour cet épisode. Je m’explique.


Pour la première fois, je trouve qu’il a du mal à écrire son personnage récurrent. Il se heurte au problème inévitable du genre : Comment en dire assez pour que le roman soit compréhensible pour quelqu’un qui n’a pas lu les épisodes précédents, et ne pas en dire trop pour ne pas agacer les habitués.


En général, les auteurs choisissent de privilégier les fidèles. Donald Westlake était passé maître dans l’art du sous-entendu et du clin d’œil au fan. Les scènes dans le O.J. Bar & Grill de la série Dortmunder en sont une des illustrations les plus parfaites, on comprend tout à demi mot. Andrea Camilleri pour en revenir à lui pratique aussi cet exercice avec brio : pas une explication superflue par exemple dans le dernier roman sur les relations entre Salvo et Livia.


C’est un choix risqué (l’auteur peut perdre un lecteur occasionnel s’il se sent trop « exclu ») mais extrêmement jouissif quand ça marche. Pour la première fois dans la série Erlendur, j’ai très nettement ressenti qu’Indridason faisait le choix inverse. On a donc droit, de nouveau, à de longues explications sur la disparition de son frère, sans que la compréhension de cet événement n’avance d’un poil. Idem sur ses relations avec ses enfants. C’est peut-être subjectif, mais j’ai trouvé que cela alourdissait considérablement la première partie du récit, et ça m’a agacé.


Ensuite, ça décolle, et on retrouve les qualités des épisodes précédents : une intrigue fouillée et méticuleuse qui évite le spectaculaire tout en ménageant quelques surprises ; des personnages, Erlendur en tête, que l’on a plaisir à retrouver ; et la peinture toute en petites touches de la société islandaise. La fin, cinglante et totalement … imprévisible, vient renforcer la noirceur du roman compense heureusement les lourdeurs du début.


Cette peinture qui s’enrichit de roman en roman met cette fois en lumière l’influence d’un climat rude sur l’isolement dans lequel vivent les islandais. Isolement du reste du monde, mais également isolement de chaque cellule familiale. Et comment cela conditionne les réactions, généreuse ou racistes suivant les individus, face à l’arrivée d’étrangers dans une population qui avait jusque là été coupée du monde.


On voit là, d’ailleurs, que c’est en parlant de cas bien particuliers comme celui de l’Islande que l’on touche à la nature humaine la plus universelle. Les réactions xénophobes islandaises ressemblent étrangement à ce que l’on peut voir et entendre un peu partout dans le monde.


Reste maintenant à voir comment Indridason va, à l’avenir, se tirer du piège Erlendur …

 

Arnaldur Indridason / Hiver arctique (Vetrardorgin, 2005), Métailié (2009), traduit de l'islandais par Eric Boury



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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 10:50

Après Le temps de la sorcière, revoilà Einar, journaliste et ancien alcoolique, envoyé dans le nord de l’Islande par son journal. La petite ville où il est exilé connaît son week-end de folie, la grande fête des commerçants, beuverie ininterrompue de quelques jours où l’on accourt de tout le pays. Cette année, il y a une attraction supplémentaire : Hollywood et deux de ses stars débarquent, pour préparer le tournage d’une série télévisée. Au lendemain de la fête, le constat est le même, sinon pire que celui de l’année suivante : des tonnes de déchets, agressions, violences, viols … Plus un meurtre, celui d’une jeune fille, retrouvée dans la maison abandonnée qui doit servir de lieu de tournage à la série. Einar s’intéresse de près à cette affaire, aiguillonné par une mystérieuse correspondante qui semble en savoir long sur ce qu’il c’est passé …

Le temps de la sorcière ne m’avait pas totalement convaincu. Voilà ce que j’ai dans mes notes à propos du roman précédent d’Arni Thorarinsson : On va forcément comparer avec Indridason. Et c’est là que le bât blesse. Thorarinsson n’évite pas certaines longueurs, maîtrise moins bien que son compatriote le rythme du récit, et d’un autre côté, n’arrive pas à rendre ses personnages aussi émouvants que ceux d’Indridason. Du coup, par moment, l’attention se relâche, et on n’est pas vraiment touché par ce qui arrive aux personnages.

Toutes ces réserves tombent avec Le dresseur d’insectes. C’est toujours lent, Thorarinsson prend toujours le temps d’installer son histoire, ses personnages, mais il n’y a pas de longueurs et on ne s’ennuie jamais. L’humour du journaliste fait mouche. Les personnages que ce soit Einar, ses collègues ou le commissaire de la ville, prennent de l’épaisseur. Et surtout, les nouveaux venus sont très présents et très attachants. Le destin des deux victimes (oui vous verrez il y a deux victimes) est décrit avec une humanité qui le rend poignant.

Le tableau d’une Islande complexée face à l’étranger, et surtout face aux US est à la fois drôle et émouvant, les luttes entre les forces du fric et les quelques journalistes qui ont encore un minimum de morale sont parfaitement rendues, et le tableau de la ville submergée par des hordes alcoolisées est criant de vérité (et vous pouvez en croire un ex habitué des fêtes de Bayonne !). Bref, on a là un très bon roman noir qui dégage une véritable émotion.

Arni Thorarinsson / Le dresseur d’insectes (Dauði trúðsins, 2007), Métailié/Noir (2008), traduit de l’isalndais par Eric Boury.

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 21:55

Décidément le polar scandinave est riche. Voici un petit nouveau, découvert par Rivages : Theodor Kallifatides, que la quatrième de couverture présente comme un écrivain et poète suédois d’origine grecque, écrit avec Juste un crime, son premier polar.

Dans un lac proche de Stockholm, un sac plastique contenant le corps d’une jeune femme est trouvé par deux pêcheurs à la fonte de la glace. Kristina Vendel en charge de l’enquête avec sa petite équipe, n’a pas grand-chose à quoi se raccrocher. Aucune disparition n’a été signalée, et la morte n’a rien sur elle qui permette de l’identifier. Juste une croix orthodoxe autour du cou. Alors crime lié à la nouvelle mafia des pays de l’est ? Vengeance ? Crime passionnel ?

La quatrième de couverture en appelle aux glorieux anciens, Maj Sjöwall et Per Wahlöö. Et c’est vrai que leur héritage est sensible. C’est un policier procédural, mettant en scène d’une petite équipe de flics dont l’auteur décrit autant la vie quotidienne que le travail, qui utilise la trame policière comme un prétexte pour dépeindre la réalité sociale (ou une part de la réalité sociale) du pays. On sent que l’on a là, potentiellement, le début d’une série.

Mais s’il est prometteur et pas désagréable à lire, ce premier polar n’est pas totalement convainquant. L’intrigue souffre d’approximations et de coïncidences un peu trop flagrantes pour le genre (car le style procédural requiert, pour être crédible, une grande rigueur dans le déroulement de la narration et de l’enquête policière). Mais surtout, on se demande par moment ce qu’il apporte de plus, par rapport aux nombreux ouvrages déjà construits sur ce modèle. Les personnages sont bien trouvés, mais pas toujours exploités autant qu’ils le pourraient. La peinture de la société suédoise survole un certain nombre de problèmes sans vraiment aller au fond d’aucun. Le lecteur s’intéresse aux personnages, sans réellement arriver à se passionner à leur sort …

Bref, si on ne s’ennuie pas, ce n’est pas non plus l’enthousiasme. Un impression mitigée revue à la hausse à la fin du roman grâce à un final bien ficelé qui arrive à faire monter la tension et l’émotion. Reste à voir, si c’est bien le début d’une série, comment elle va évoluer. Je serais curieux de lire d’autres avis …

Theofor Kallifatides / Juste un crime (Ett enkett brott, 2004), Rivages/Thriller (2008), traduit du suédois par Benjamin Guérif.

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 23:54

Voilà donc le deuxième volet de Millenium. Bizarrement, ceux qui ont résisté à la milleliumania l’ont en général trouvé moins bon, l’effet de surprise émoussé, ils ont commencé à s’ennuyer. Les fans le jugent souvent plus nerveux, plus thriller.

Quant à moi, je l’ai trouvé assez semblable au premier, avec les mêmes défauts et les mêmes qualités : Il faut encore presque 300 pages (la moitié) pour qu’on soit vraiment pris par la traque et la course de vitesse entre la police, Mikael, Lesbeth et les tueurs, ensuite, on a envie d’aller au bout, pour savoir. La fin, malheureusement, est d’un grand guignol ahurissant, j’y reviens plus loin.

 

Je voudrais tout d’abord revenir sur une certaine lourdeur du style qui m’avait gênée dans le premier, et commence à m’agacer sérieusement au bout d’un bon millier de pages. Voici un exemple type de ce qui m’agace. Page 107, Larsson parle de la thèse de la criminologue bientôt changée en viande froide :

« Le titre était pour le moins ironique – bons baisers de Russie, allusion évidente au 007 classique d’Ian Flemming. »

Pourquoi est-ce que cela m’agace ? Tout simplement parce que je n’ai pas besoin que l’on m’explique que « bons baisers de Russie » est le titre d’un James Bond. J’ai l’impression d’être dans une série télé avec rires enregistrés pour m’expliquer ce qu’il y a de drôle. De deux choses l’une, soit Stieg Larsson prend son lecteur pour un analphabète inculte, soit il est tellement content de son astuce (qui n’est quand même pas le summum de l’humour) qu’il se croit obligé de l’expliquer, pour nous montrer comme il est drôle et cultivé. Que ce soit l’un ou l’autre, ça m’agace.

Lisez Ken Bruen par exemple. Ses romans R&B sont très courts et percutants. L’affreux Brant a un chien qu’il appelle Meyer Meyer. Ken Bruen n’écrirait jamais une phrase pour expliquer que Meyer Meyer est un personnage du 87° district de McBain. Par contre, Brant pourra l’expliquer à un curieux au détour d’une phrase. Cela semble un détail, mais cela fait la différence entre un journaliste qui a une histoire mais ne sait pas vraiment la raconter, et un véritable écrivain.

Autre exemple. Quand Mikael va voir un flic ripoux qu’il s’apprête à dénoncer, ce dernier lui propose un marché en échange de son silence. Voilà ce qu’écrit Larsson :

« Il n’avait pas l’intention de marchander avec Björck et, quoi qu’il arrive, il le dénoncerait. Par contre, Mikael se savait suffisamment dépourvu de scrupules pour jouer double jeu et passer un accord avec Björck. Il ne ressentait aucune mauvaise conscience. Björk était un pourri. S’il connaissait le nom d’un meurtrier possible, son boulot était d’intervenir – pas d’utiliser cette information pour un marchandage à son profit. Mikael n’avait aucun problème à laisser Björck espérer qu’il ait une voie de sortie s’il livrait des informations sur un autre pourri. »

Voilà, un paragraphe entier pour expliquer ce que va faire Mikael, et justifier cette action. Si l’auteur, au bout de 1000 pages, est encore obligé d’expliquer ainsi une action de son personnage principal c’est qu’il y a un problème quelque part. Qu’il l’a mal décrit avant, qu’il ne fait pas confiance à son lecteur, ou que, d’une certaine façon, il sent qu’il y a un manque de cohérence dans ce personnage. Une fois de plus, Ken Bruen dans la même situation n’aurait eu aucun besoin d’expliciter une réaction de Brant, elle aurait été évidente pour le lecteur.

Pas étonnant, avec toutes ces redondances et explications inutiles qu’ensuite les romans soient épais …

 

Revenons au final maintenant et à SuperLisbeth. Dans le premier Lisbeth est déjà un sacré numéro : super intelligente, super hacker. Dans le deux, elle dégomme, avec ses 42 kg, deux malabars rompus à la castagne, et vient même à bout d’un monstre de 2 m et 120 kg insensible à la douleur et d’un ex super agent du super KGB. James Bond et Luke Skywalker n’ont qu’à bien se tenir ! Accessoirement Dark Vador, pardon, le méchant du KGB est son père et le monstre son demi-frère.

Avant de les castagner, elle a battu tous les champions d’échec de Suède les yeux fermés, et, au moment même où elle menait l’assaut de la ferme où se trouve les méchants, d’un coup, a résolu le théorème de Fermat. Si si, elle peut le faire. Bon comme Stieg Larsson n’est pas aussi intelligent qu’elle, il ne nous donne pas l’explication. Dommage.

Pour finir, la fin est d’une incohérence totale : Lisbeth, super génie ayant travaillé pour un boite de sécurité et ayant truffé son appartement de caméras ne se doute pas un instant que son cher papa, pourtant super espion, a truffé, lui aussi, sa ferme de détecteurs et autres senseurs. Donc elle se fait gauler. Et son super espion/tueur de père lui flanque trois balles dans le corps, puis, pas très pro, l’enterre sans même vérifier si elle est morte. Ensuite avec quand même une balle dans le crâne, elle se déterre, revient à la ferme, décanille son papa chéri à coup de hache, et fait fuir le monstre rien que sur sa sale tronche.

Je vous jure, je n’invente rien, je résume. Bon, je crois que je vais rater le 3, où on va sans doute découvrir qu’en fait elle a battu plusieurs fois Bobby Fisher aux échecs, ce qui explique sa déprime et sa folie, et qu’en se battant à mains nue contre des moines du shaolin elle a découvert où se cachait la matière manquante de l’univers, le tout sans même bouger les oreilles.

Je me demande bien comment Tarantino a pu la rater pour Kill Bill. Ciao, Jean-Marc un peu fumasse.

Stieg Larsson / La fille qui rêvait d’une bidon d’essence et d’une allumette (Millenium II)  (Flickan som lekte med elden, 2006), Actes Sud/Actes noirs (2006). Traduction du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 21:55

Et voilà, enfin, je m’attaque au pavé Millenium. J’avais laissé passer le train du premier volume, puis débordé, du second. Ensuite trop tard pour se lacer dans un monstre de 2000 pages ! Mais bon, comme on me l’a offert, et que tous les copains qui savent que j’aime le polar me regardent avec des yeux ronds quand je dis que je ne l’ai pas lu, j’ai profité du calme estival pour me lancer.

Comme tout le monde en a parlé mille fois, je m’évite le boulot de résumer l’intrigue. Et avant de démarrer j’ajoute une petite précision. Heureusement que l’excellente Corinne de La Noir Rôde m’avait averti : Il ne se passe rien pendant les 200 premières pages, après on est pris. Sinon, je crois bien que j’aurais abandonné avant la page 100.

Ceci précisé, ne faisons pas durer le suspense. Oui c’est un bon polar, non je ne suis pas Milleniumaniaque, loin de là.

Bons points : Quand il se décide à démarrer, en fait environ après la moitié du bouquin, Stieg Larsson accroche bien le lecteur, qui a envie d’aller au bout ... la prose, bien que parfois un peu lourde, est dans l’ensemble fluide, et en bon journaliste, Stieg Larsson sait parfaitement exposer les résultats d’une recherche, avec efficacité, sans lasser et faisant bien avancer son histoire. Résultat, une intrigue très bien construite et bien exposée, ce qui n’est déjà pas mal pour un polar.

Autre bon point, le personnage de Lisbeth Salander qui apporte un peu de folie et d’imprévu au roman qui sinon serait plutôt plan plan.

Dernier bon point, de façon pas forcément facile à analyser, on referme le bouquin pas trop mécontent, et plutôt disposé à lire le suivant. Sans doute parce que grâce à une intrigue soignée on ne s’est finalement pas ennuyé, et qu’on a passé un moment agréable, sans trop se torturer la tête.

Mais, mais ...

C’est quand même long. Il en faut du temps pour que ça démarre. Et il y en a des paragraphes inutiles qui décrivent les documents étudiés, la biographie de personnages secondaires (qui au final n’a aucune importance pour l’intrigue et qu’on ne verra plus), l’arbre généalogique de la famille Vanger ...

Et c’est quand même mou. A part Lisbeth, pas grand monde de passionné, et de passionnant là-dedans. Et surtout pas ce bon Mikael, raisonnable à en être fade, et qui, de façon absolument incompréhensible finit par coucher avec toutes les femmes qu’il croise. Que Marlowe, incarné par Bogart les tombe toutes dans le Grand sommeil, ça se comprend. Mais là ! A croire que le mâle suédois est soit un infâme salopar qui ne prend son pied qu’en battant et violant, soit un ectoplasme avec le sex-appeal d’une méduse déshydratée.

Ma chronique pourrait s’arrêter là, sur un constat mitigé, et une formule réductrice : un bon polar pour la plage (Formule qu’en fait je déteste, bien entendu).

Mais Millenium pose quand même une question : Pourquoi un tel succès pour un roman agréable mais somme toute assez tiède ? Voici peut-être quelques éléments d’explication :

A la base, comme écrit plus haut, c’est bien raconté.

Mais surtout, c’est très rassurant. Les méchants sont punis, le gentil intègre gagne, les méchants capitalistes ne sont pas méchants parce qu’ils sont capitalistes et que le système le leur permet et les y pousse, mais parce qu’ils sont méchants. D’ailleurs, grâce aux gentils capitalistes, ils sont punis. La société suédoise n’est pas parfaite, mais les hommes qui maltraitent les femmes sont tous punis, et à part les journalistes économiques (sauf ce bon vieux Mikael) personne n’est mis sur la sellette. Et imaginer que dans nos sociétés, seuls les journalistes économiques (et encore suédois) sont des salauds ou des incapables, c’est quand même rassurant.

Même Lisbeth est rassurante. J’explique. Quand Nick Stefanos, Harry Hole, Jack Taylor ou Matt Scudder se prennent une cuite, le lecteur la ressent dans ses tripes, dans sa tête, il est malade avec eux, a envie d’un verre avec eux, craint le prochain verre et ses conséquences avec eux. Quand Lisbeth prend une cuite, elle dit « j’ai la gueule de bois ». Point final. Indolore pour le lecteur.

Et puis, chez Larsson, le mal est lui aussi rassurant, et presque indolore : Quand Nazutti de Chainas affronte le mal, et est contaminé par lui, le lecteur ressent une partie de ses émotions. Quand Patrick Kenzie affronte les pédophiles dans Gone, baby Gone de Dennis Lehane, on tremble de peur et de rage avec lui. Quand Mikael affronte le méchant (qui est quand même un serial killer des plus infects), ou rencontre sa plus ancienne victime, on compatit, un peu, beaucoup, mais ça ne fait pas mal !

Quand on s’attaque à un mal de cette ampleur chez Lehane, Connolly, Chainas, Férey, Ellroy ... ça laisse des traces. Des traces aux les personnages, définitivement marqués, mais également au lecteur, sonné, écoeuré, secoué, effrayé, qui met du temps à récupérer. Là rien. Mikael a juste quelques doutes sur la conduite à tenir, puis il rentre chez lui, régler sa petite vendetta et boire le champagne avec ses potes. Et le lecteur se réjouit avec lui, pas plus perturbé que ça. Même pas mal.

Plus j’y pense, plus je vois ce que ce roman a de rassurant, au risque, pour l’amateur de noir bien noir, de laisser une impression d’incohérence diffuse qui est révélée quand on se met à y réfléchir sérieusement.

J’arrête donc les frais et je résume : Agréable sans plus. Finalement, pour pousser un peu le bouchon, c’est de l’eau tiède. C’est très bien l’eau tiède, j’adore ça, quand je me douche. Et pourquoi pas quand je lis, de temps en temps. Mais en littérature, en général, je préfère l’eau glacée, bouillante, trouble, démontée, voire épicée. D’ici peu, le volume 2 ...

Dernier point. Je ne voudrais pas que quelqu’un lisant ce post se méprenne. Malgré les apparences, je ne trouve pas anormal ou indigne d’aimer ce roman (de quel droit d’ailleurs, pourrais-je porter un tel jugement ?). Au contraire, malgré ses défauts, j’ai finalement passé un bon moment. Ce qui m’interpelle c’est son succès, et l’enthousiasme qu’il déclenche. Enthousiasme que je ne partage pas.

Stieg Larsson / Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Millenium I)  (Män som batar kvinnor, 2005), Actes Sud/Actes noirs (2006). Traduction du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 19:52

Oslo, au mois de novembre. La première neige tombe. Birte Becker disparaît de chez elle dans la nuit, ne laissant pour trace qu’une écharpe rose, offerte par son fils, autour du cou du bonhomme de neige que quelqu’un avait érigé dans le jardin dans le courant de l’après-midi. Quelques jours auparavant, Harry Hole, a reçu une lettre l’informant que le Bonhomme de Neige allait frapper de nouveau. Il s’aperçoit alors que depuis une vingtaine d’années beaucoup trop de femmes, mariées et mères de famille ont disparu, sans laisser de traces, le jour de la première neige …

Avertissement au lecteur : Ce roman est un thriller à l’efficacité redoutable qui risque d’entraîner chez le lecteur certains troubles du comportement : Indifférence à son entourage, surdité partielle, manque d’appétit, perte du sommeil. Ces troubles ne se dissiperont totalement que quelques temps après la lecture de la dernière ligne de la dernière page. La durée des troubles dépend essentiellement de la vitesse de lecture du sujet.

Pendant quelques jours après la fin de la lecture, le sujet peut développer une phobie de la neige, des bonhommes de neige, des carottes et des congélateurs. Il existe également un risque d’hypersensibilité aux bruits et de manies diverses et variées amenant, entre autres, le sujet à vérifier dix fois qu’il a bien refermé portes et fenêtres avant d’aller dormir. Si les symptômes persistent, consulter un médecin, et porter plainte contre la série noire.

En conséquence de quoi, il est fortement recommandé de lire Le bonhomme de neige en ce moment (mois de mai/juin), où la probabilité de chutes de neige est particulièrement faible. Attention quand même, Nesbo est également capable de faire très peur avec une trace de pieds mouillés ou le bruit du vent dans un mobile.

Il semblerait, si l’analyse de votre serviteur est pertinente, qu’à l’avenir Jo Nesbo et Harry Hole puissent être à l’origine d’une phobie particulièrement tenace des moisissures. Car sachez-le, chez Nesbo, les intrigues viennent de loin, se construisent petit à petit, de roman en roman, sans que l’on s’en rende compte. Alors gare, l’enfer futur est certainement déjà là, tapi entre les lignes, attendant son heure.

Jo Nesbo / Le bonhomme de neige  (Snømannen, 2007), Série noire (2008). Traduction du norvégien par Alex Fouillet

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