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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 21:42

Il y avait longtemps que je ne vous avais pas causé de mes minots …

Et puis, il y a eu là, un papier absolument, absolument … je ne trouve pas les mots pour dire l’horreur qui m’a saisie quand j’ai lu qu’on pouvait Le trouver répétitif, et même un peu vain ! Alors j’ai promis d’y aller de mon papier moi aussi.

Et puis il y a pire, il y a le film qui devrait sortir ces jours-ci.

Alors je me lâche : Nicolas, je t’aime !

Comment ? Mais non, vous êtes cons ou quoi ? Pas ce Nicolas là !!

Non le vrai, le seul, celui qui nous fait rire depuis des décennies, celui de Goscinny et Sempé. Enfin, vous n’avez quand même pas cru …

Donc depuis quelques temps je relis le Petit Nicolas sous le prétexte toujours pratique de le lire à mes minots. Et je me marre, et eux aussi. Et comme ça fait rire, c’est déjà indispensable, et donc ce n’est pas vain !

Bien sûr c’est répétitif, la structure est toujours la même (situation pré-connerie, montée de la pression ou de la mayonnaise, explosion de la connerie, conséquences de la connerie). Bien sûr, chaque fois, Nicolas présente des personnages que l’on connaît. Mais alors pourquoi on rit à chaque fois ? Pour moi cela relève, tout bêtement … du comique de répétition !

Et ça marche. Dès que Nicolas et ses copains se retrouvent pour une nouvelle activité, mes mômes disent, les yeux brillants, ça va finir par « tu veux une baffe ? » et par des « coup de poing sur le nez ». Ils frétillent (mes mômes), commencent à sourire, et éclatent de rire quand arrive la réplique attendue.

Et ils adorent qu’à chaque fois Nicolas dise : « Alceste, c’est le copain qui mange tout le temps ». Le jeu consistant à commencer la phrase, et à les laisser la terminer en chœur.

Et puis c’est vrai c’est daté. Mais c’est justement ça qui permet de mettre le doigt sur quelques évolutions de notre monde, et de montrer qu’il n’y a pas si longtemps :

Il n’y avait que des garçons dans la classe (quelle chance dixit le grand)

Les punitions c’était copier 200 fois (200 fois !!!!!)

Les mamans restaient à la maison (ben pourquoi elle va pas travailler ?)

Quand papa rentre tout est prêt (ben pourquoi il fait rien à la maison papa ?)

Les gens n’avaient pas la télé (pas la télé !!!???)

Les gamins n’avaient pas de playmobils, pas de DvD, pas de … et celui qui avait un ballon de foot était la vedette.

Etc …

Et moi, c’est l’écriture qui me fait rire, et qui me donne l’occasion de leur montrer comment l’écriture fait rire. Un exemple que j’ai retenu : Agnan se fait traiter de sale cafard en classe (normal, c’et un sale cafard cet Agnan). Et Nicolas déclare « et la maîtresse n’a pas su qui c’était sinon j’aurais eu une punition ».

Et là je leur explique que si l’auteur avait écrit « j’ai crié Agnan sale cafard mais la maîtresse n’a pas vu que c’était moi et je n’ai pas été puni » cela n’aurait pas été drôle …

C’est un des ressorts de l’humour de Goscinny, cette façon de ne révéler certains faits que de façon détournée. C’est aussi pour ça que je crains le pire pour le film. Parce que c’est un procédé purement littéraire, et que si on supprime l’écriture, il reste quand même, il faut l’avouer, des récits datés, répétitifs et laissant craindre une adaptation pachydermique.

En attendant VIVE LE PETIT NICOLAS !!!!!!!

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:30

C’est la faute à Rutés. Je persiste et signe. C’est à cause de La loi de l’ouest que j’ai fouillé dans mes DvD et que j’en ai tiré Mon nom est Personne. C’est à cause de lui que j’ai passé deux heures, un soir, à le revoir. Puis deux nouvelles heures, ce week-end, à la regarder avec mes gamins.


 

Parce que je suis un papa consciencieux, et que je n’aurais jamais montré à mes minots un film sans m’assurer qu’ils pouvaient le voir. Ils peuvent. Ils ont adoré.


 

Sans surprise, ils ont bien entendu préféré Terence Hill, ses grimaces, son sourire, ses baffes … Avec une mention spéciale à la scène du mannequin (si vous ne voyez plus de quoi il s’agit, il est temps de le revoir). Et bien sûr, ils ont adoré l’image finale, celle du d… au c… Faut avouer qu’à 6 et 8 ans, ça fait rire.

 

 

Plus étonnant, ils ont adoré la musique, même s’ils n’y ont forcément pas perçu toutes les références à celles des westerns de Leone. Et les images de la horde sauvage au grand galop.


 

Il a fallu expliquer un peu, et accepter qu’un tas de références leurs passent loin, très loin. Pas grave, on le reverra plus tard.

 

Bon, maintenant, il faut que je revoie un certain nombre de classiques, avant de les leur montrer. Quel dur boulot que celui de père.

 

 

En parlant de cinéma, et en changeant de genre. L’autre jour ils regardaient Le roi et l’oiseau. Ce roi, nabot, mégalo, suffisant, despotique, hargneux, bête, méchant, rancunier, dangereux et ridicule m’a fait penser à quelqu’un. Mais à qui donc …

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 22:40

Dure vie du père de famille. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir Dans la brume électrique, mais j’ai vu Ponyo sur la falaise … Ce qui m’amène à parler un peu cinéma pour les mômes.

 

Suivant les excellents conseils d’un guide incontournable dont j’ai déjà causé ici, à savoir, Le guide du cinéma pour les enfants, 500 DvD pour les 4-14 ans, dès qu’ils ont eu l’âge de rester tranquille devant un écran, j’ai abreuvé mes minots de films de toute époque, de tout style, couleur, noir et blanc, parlant, muet …

 

Résultats, maintenant, plus de récrimination parce que c’est « en gris », ou que les gens ne parlent pas. Gagné !

 

Et alors direz-vous ? Et alors, ils se régalent autant aujourd’hui, à 6 et 8 ans avec le magnifique Ponyo de 2009 qu’avec le King Kong de 1933 vu déjà deux fois en DvD. Ce qui permet d’acquérir un bagage correct, et de forger son esprit critique pour quand ils choisiront tous seuls ce qu’ils veulent voir.

Gagné aussi parce qu’ils ont été aussi enthousiastes face au combat titanesque, très bricolé, mais ô combien magique de King Kong contre le tyrannosaure que devant les effets spéciaux époustouflants du Monde de Narnia. Gagné parce qu’ils comprennent, très rapidement que, comme chez Miyazaki, il n’y a pas de méchant dans King Kong, seulement des victimes. Gagné parce qu’ils ont pleuré comme des madeleines à la mort de King Kong, ce qui montre un bon degré de compréhension du film, et d’empathie, malgré le noir et blanc, et le singe de toute évidence bricolé.

 

Gagné parce qu’ils se sont vite aperçus dans Ponyo, que celui qui paraissait méchant, ne l’était pas vraiment (ce qui est une des caractéristiques remarquables des œuvres du maître japonais).

 

Gagné aussi, très égoïstement, parce que je me régale à aller au cinéma ou à regarder des DvD avec eux …

Gagné enfin parce que ça ouvre des perspectives quasi illimitées quant aux centaines et centaines de films à découvrir …

 

Ce n’est pas un combat gagné d’avance, il demande un tout petit peu de boulot pour chercher les films qui marchent, prendre le temps de s’asseoir avec eux et partager leur enthousiasme. Et surtout, c’est un combat à mener tôt, à partir d’un certain âge, la résistance à ce qui est différent, en noir et blanc, ou plus lent, ou plus complexe, devient très forte à vaincre, alors qu’elle est quasi nulle au départ. Mais après, c’est le pied.

 

Dernière satisfaction en date, la semaine dernière, Le signe de Zorro, avec Tyrone Power, en noir et blanc, et en VO ! J’ai fait un peu de traduction, mais c’est tout. Je me suis régalé, mon fils et son copain aussi, et en plus ils ont reconnu, que Zorro, c’était le même que Jamie Boy dans Le cygne noir, et que le méchant était le même méchant que dans Les aventures de Robin des bois (à savoir Basil Rathbone) et que le curé était le même qui faisait frère Tuck dans le même Robin des Bois.

 

Vive moi, vive les minots, vive le cinéma, de 1933 à 2009.

 

 

Pour en finir avec les minots, côté bouquins, le volume 5 de Tous Pirates, La pyramide maudite est sorti.

 

 

Pour les grands, dimanche ou lundi je vous cause du nouveau roman, impressionnant d’Hervé Le Corre.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:08

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas causé des minots. Un petit mot en passant entre deux billets bien noirs …


Il y a déjà quelques temps j’avais mentionné ici une excellente série italienne : Tous Pirates, de Sebastiano Ruiz Mignone, illustrée par Manuele Fior.


Et bien elle continue, et c’est toujours aussi bien. Les auteurs ne sacrifient toujours pas à la mode hystérique et gesticulante (surtout cinématographique il est vrai). Ils prennent leur temps, décrivent la vie à bord ou dans les différents ports où nos pirates font escale, et osent même, quelle audace, en profiter pour étoffer la culture de nos minots en causant de la mythologie grecque, de la culture japonaise, ou le monde des pirates et des corsaires.


La série s’enrichit de nouveaux personnages, et offre une magnifique occasion de jeter un œil sur les cartes pour suivre les pérégrinations de Mongard, Volver, Puccio et Timmy Kid, d’Indonésie en Méditerranée, en passant par Madgascar et les Canaries.


Ces deux nouveaux volumes vont voir nos pirates préférés récupérer d’immenses statues en or du côté de l’Indonésie et affronter de terribles pirates chinois dans Les sept dormants d’or, puis changer complètement de cap pour aller voler Le Trésor du grand sultan à Constantinople où ils auront maille à partir avec les janissaires. Dépaysement, péripéties, abordages, batailles, humour, jurons, leçons d’escrime … et une bonne nouvelle, il y aura une suite, du côté des pyramides ! (vérification faite, il y a déjà deux autres volumes en italien).


Juste une petite précision. J’ai lu ici ou là que les auteurs surfaient sur la mode Pirates des Caraïbes. Peut-être, mais pas sûr. Il ne faut pas oublier qu’ils sont italiens, et qu’à ce titre ils ont été élevés avec Salgari, Sandokan, Le corsaire noir et tutti quanti ! Ce n’est donc pas un hasard si c’est d’Italie que nous vient cette excellente série, c’est une filiation directe.


Sebastiano Ruiz Mignone (auteur) Manuele Fior (illustrations) / Les sept dormants d’or (Tous pirates Vol3.) et Le trésor du grand sultan (Tous pirates Vol4.)  (I sette dormienti d’oro et Il tesoro del Gran Sultano, 2007), Nathan jeunesse (2008 et 2009). Traduction de l’italien par Fabienne-Andrea Costa.

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 13:57

Il était une fois un petit oiseau, qui adorait voler et voyager. Il n’aimait rien tant que rencontre les oiseaux d’autres pays. Et rien ne le mettait plus en rage que de voir ces pauvres oiseaux exploités par d’affreux vautours et aigles royaux.


El Cheruvicha, car c’est ainsi que s’appelle notre héros, ne pouvait s’empêcher de combattre l’injustice partout où il allait. Acquérir de l’argent ne l’intéressait absolument pas, par contre, il tenait une vertu comme essentielle, l’honnêteté.


Un jour, sur une île magnifique, il réussit à convaincre tous les oiseaux de se rebeller. La bataille contre les aigles royaux fut terrible, mais ils la gagnèrent. Et cela donna à notre Cheruvicha l’idée d’organiser tous les oiseaux du monde.


Et comme el Cheruvicha était foncièrement honnête, il fit ce qu’il disait, et parcourut la planète pour organiser les oiseaux, comme ceux de l’île. Jusqu’à ce que, malade et affaibli, il soit rattrapé par les vautours qui le tuèrent à coups de bec.

Ils croyaient en avoir fini avec lui, ils se trompaient. Car aujourd’hui encore, partout où des oiseaux se rebellent contre une injustice, le chant et le visage del Cheruvicha sont là.


Certes, ce n’est pas d’une grande subtilité, mais ce petit conte pour enfants à l’avantage de l’efficacité. Les miens ont trouvé que les aigles et les vautours étaient boludos y malos et le papa a rajouté, pas trop fort, hijos de la grandisima puta.


Et comme l’adversaire matraque en permanence avec des moyens qui ne brillent pas eux non plus par leur subtilité, un peu de contre propagande guevariste ne peut pas faire de mal.


Si un éditeur français passe par ici … Les illustrations sont très réussies.


Mempo Giardinelli illustrations de Alejandro Agdamus / El Cheruvicha, Un parajo honesto, Ediciones continente (Buenos, Aires, 2007).

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 23:17

Je fais habituellement une confiance aveugle à la cinémathèque toulousaine dans sa programmation pour les gamins. Une fois de plus, bien m’en a pris. Ce week-end, au programme, Gunga Din film d’aventure de 1939 se déroulant en Inde. J’y vais.


Les cinéphiles, les vrais, se gausseront, mais dès le générique, je jubilais. Scénariste, Ben Hecht, d’après Kipling, avec Cary Grant, Douglas Fairbanks Jr et Victor Mclagen ! Waouw !


Bon, pour ceux qui sont encore moins cinéphiles que moi, Ben Hecht, fut un des grands scénaristes de l’âge d’or d’Hollywood, Cary Grant, tout le monde connaît, Douglas Fairbanks Jr c’est avec Errol Flynn le grand grand des films d’aventure et de cape et épées, et Victor Mclagen, c’est la brute, l’éternel sous-of des films avec John Wayne (Rio Grande ou La charge héroïque par exemple), son ennemi dans L’homme tranquille, le second rôle incontournable, le Noël Roquevert américain quoi (mais en général avec des rôles plus sympathiques) !


Deux heures de pied. Bon certes, il faut passer sur une idéologie colonialiste … d’époque. Comme toujours chez Kipling, comme dans les premiers Tarzan.


Une fois passé ce petit écueil, c’est le pied. Le charme de Fairbanks, les pitreries de Grant et McLagen, des bagarres, des batailles en veux-tu en voilà, des éléphants, des charges de lanciers, des méchants étrangleurs très méchants, des cobras, un temple en or, Shiva, les montagnes, des passerelles qui ne tiennent qu’à un fil …


Et la légèreté du cinéma américain de cette époque, son sens de l’espace, du rythme, du grandiose … Même si ce n’est pas Ford, puisque c’est réalisé par George Stevens, c’est du grand spectacle qui ne prend jamais les spectateurs pour des poires, mais ne se prend pas non plus au sérieux.


Et sous les dehors de la farce menée tambour battant par un Cary Grant en grande forme, il y a de vrais moments d’émotion, de suspense, de souffle épique …


Gabriel 7 ans c’est éclaté, et son papa … aussi. Et tant qu’à amener ses mômes au ciné, franchement, je préfère ça que Madagascar 2 et ses animaux totalement hystériques (j’ai vu le 1, je vais essayer de passer au travers du 2).


Pour ceux qui l’ont raté ce week-end à Toulouse, ça doit bien exister en DvD, et surement passer, un jour ou l’autre, sur l’une des mille chaînes que l’on reçoit maintenant. N’hésitez pas, montrez-le aux pitchouns, éclatez-vous avec eux, avant qu’il ne soit trop tard, et qu’ils refusent de voir un film sous prétexte qu’il est « gris ».


Dernier plaisir pour les grands, je me suis aperçu à la toute fin que le début d’un de mes films fétiches, à savoir la Party avec le génialissime Peter Sellers est un hommage à la fin de Gunga Din. Je me coucherai moins bête ce soir.


Pour les toulousains, 2009 commencera très fort à la cinémathèque avec l’incontournable Invanhoé.

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 16:51

Une petite chronique pour les minots pour changer, avec cette superbe série qui les a passionné : C’est devenu un film depuis (je ne l’ai pas vu), ça s’appelle Les chroniques de Spiderwick, de Holly Black, illustrées (magnifiquement) par Tony di Terlizzi.


Commençons par un détail, qui a son importance quand on parle de bouquins pour les enfants. J’ai lu quelque part « A partir de 10 ans ». Peut-être pour qu’ils le lisent tous seuls. Mais lu par les parents, je vous garanti que Ana (5 ans et demi) et Gaby (7 ans) ont été scotchés, et attendaient impatiemment la suite chaque fois que je m’interrompais. Donc si vos gamins ont déjà l’habitude d’écouter des histoires « à suivre », car il y a quand même cinq volumes assez conséquents, vous pouvez y aller.


Venons-en à l’essentiel. La famille Grace, ou du moins ce qu’il en reste depuis que le papa s’est fait la malle, s’installe à la cambrouse, dans un vieux manoir décrépit. Simon et Jared, 9 ans et Mallory, 13 ans, championne d’escrime ne sont pas enchantés mais … Mais très vite ils s’aperçoivent qu’il se passe d’étranges choses dans cette maison, et de bien plus étranges encore dans la forêt voisine. Ils vont alors découvrir un monde étrange, peuplé de lutins, trolls, elfes, gobelins … Lesquels sont, au mieux, particulièrement irritants, au pire, mortels. Et bien entendu, inutile d’en parler aux adultes autour d’eux …


Par quoi commencer ? Ce qui marche, bien entendu, c’est de prendre des enfants pour héros. Mieux encore, des enfants incompris par les adultes. Ca c’est déjà bingo. Là où Holly Black fait fort, c’est qu’elle construit une véritable histoire, avec suspense et rebondissements, et surtout, crée de vrais méchants, immondes, atroces, violents, sans pitié et sans remords. Pas des méchants pour rire qui se révèlent finalement gentils, ni des méchants dont on se moque. Non, des vrais croque-mitaines, qui font peur. Du coup, on y croit et on a envie, et peur, de connaître la suite.


Ensuite, les enfants ont des réactions d’enfants. Ils ont très peur, doutent, tremblent, rient … Comme des mômes. Et surtout, quand ils sont confrontés à la mort (et encore plus quand ils sont obligés de tuer pour sauver leur peau), ils sont choqués, secoués, bouleversés. De ce point de vue là l’histoire n’est pas édulcorée.


Le vocabulaire très riche, et demande parfois quelques explications ; et c’est très bien ainsi. Et on rit aussi, avec en particulier Tête-de-lard, le bien nommé, personnage mal embouché dont les diatribes sont d’une verdeur très … Haddokienne (ça se dit ça ?), même si elles sont sur un autre registre.


Exemple : « Faces de crapauds ! continua-t-il. Quadruple buses ! Têtes de crânes ! Bouillie de cervelle moisie ! » ou « Pour toi ce sera Monsieur Hobgobelin, mollusque d’eau sale, restifia Tête-de-lard ». Et ça, ça plait beaucoup !


Pour finir, les livres (du moins dans l’édition originale en cinq volumes) sont de magnifiques objets, avec papier somptueux et pages non massicotées, ce qui donne un rendu « magique » et les illustrations en noir et blanc de Tony di Terlizzi sont superbes.


Holly Black (texte) et Tony Di Terlizzi (illustrations) / Les chroniques de Spiderwick (The Spiderwick chronicles, 2003-2004), Pocket/Jeunesse (2004-2005), traduit de l’américain par Bertrand Ferrier.

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 20:53

Un peu de douceur (et d’intelligence) dans ce monde de brutes. Et une autre série qui marche très fort chez les minots (du moins, chez les miens). Il s’agit des P’tites poules de Christian Jolibois (histoire) et Christian Heinrich (illustrations).

Cela se passe dans un temps pas vraiment déterminé (mais plus ou moins situé entre la fin du moyen âge et la fin du XVIII ° ?) autour d’un poulailler en forme d’œuf où habitent une bande de p’tites poules, leurs frères et copains, les p’tits coqs, un rien bagarreurs, et deux potes, à savoir un bélier et un cormoran (que fait le cormoran là ? Mystère, mais c’est pas grave).

Toute cette volaille bataille ferme, et vit des aventures qui les amèneront à rencontrer, dans le désordre, et sans prétention à l’exhaustivité : Christophe Colomb, Jean de la Fontaine, le Minotaure, le Chat Botté, un descendant d’Esope, Lancelot … Cela parle de l’importance des histoires, de l’amitié, de la superstition, de la bêtise, de la famille … Sans jamais se prendre au sérieux, mais en faisant toujours le boulot très sérieusement !

C’est très drôle, autant au niveau des histoires, des inventions des noms, que des dessins. Les enfants adorent, et les parents prennent un grand plaisir à les lire (je dois même avouer avoir lu, pour moi tout seul, le dernier épisode acheté, avant de le lire à mes affreux, juste pour le plaisir). Les références historiques et mythiques entraînent inévitablement des questions, qui permettent de rebondir sur d’autres textes et d’autres histoires. Donc ça rend curieux. Et ça fait réfléchir. Et rire.

Autre avantage, tout en étant suffisamment développé et complexe pour plaire aux parents, c’est suffisamment court pour qu’un gamin de 7-8 ans, qui commence à maîtriser la lecture, puisse le lire tout seul (ou le lire à un petit frère ou petite sœur de 4-5 ans).

Vive les Poulettes ! Promis, demain, retour au noir.

Christian Jolibois (auteur) et Christian Heinrich (illustrateur) chez Pocket Jeunesse. Un poulailler dans les étoiles, La petite poule qui voulait voir la mer, Sauve qui poule, Charivari chez les p’tites poules, Jean qui dort et Jean qui lit, Les p’tites poules, la bête et le chevalier, Nom d’une poule, on a volé le soleil !, Le jour où mon frère viendra.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 22:24

Ce blog se revendique, haut et fort, un lieu de culture populaire. A ce titre, je ne pouvais faire l’impasse sur un monument de la culture mondialisée, diffusée par un des fleurons de la propagande yanki, qui a déformé les cerveaux malléables des minots dans le monde entier et ce, depuis des décennies.

Vous ne voyez pas ? Je vous donne un indice :

Un cavalier qui surgit hors de la nuit,

Court vers l’aventure au galop

Son nom, il le signe à la pointe de l’épée,

D’un Z qui veut dire …



Ou bien

Out of the night, when the full moon is bright,

Comes the horseman known as Z....

This bold renegade carves a Z with his blade,

A Z that stands for ...

Ou encore

En su corcel, Cuando sale la luna,

Aparece el bravo Z...

Al hombre del mal, el sabrá castigar,

Marcando la "Zeta" de …

C’est bon ?

Rien de grave, je viens juste d’acquérir les 16h00 de la seconde saison de Zorro, de Disney avec Guy Williams. Et ce soir, on a commencé à regarder ! On, c’est Gaby, 7 ans, Ana, 5 ans, et moi, un certain age, parce que je ne peux pas laisser ces pauvres enfants sans défense regarder n’importe quoi s’en m’assurer qu’ils ne voient rien qui soit dommageable à leur santé mentale.

Dès le premier épisode de cette seconde saison, une surprise de taille, parmi les méchants qui vois-je ? Lee Van Cleef ! Ce qui m’a donné envie de revoir pour quelques dollars de plus …

A part ça, comme pour la première saison ces peigne-culs ont osé coloriser la série ! Un vrai crime de lèse-majesté.

C’est le seul défaut de ces DvD. Sinon la magie opère encore. Don Diego est beau (dixit Ana), Zorro c’est le meilleur, qu’il monte Tornado ou Fantôme (dixit les deux), mais la vraie star, celui qu’ils attendent, qu’ils espèrent, qu’ils appellent de leurs vœux c’est, bien entendu l’incontournable (au sens propre du terme) Sergent Garcia. On a déjà vu les 39 épisodes de la saison 1 au moins 4 fois chacun, et on est bien partis pour la saison 2.

Ensuite, on pourra revoir, l’excellent La marque de Zorro, avec Tyrone Powell dans le rôle titre. Un Tyrone Powell dont le sourire éclatant vaut bien celui de Guy Williams.

Après pour les plus grands, on passera à la version Antonio Banderas

Allez je vais me regarder quelques épisodes de plus.

PS. Si un des membres de l’association des Habits Noirs passe par ici, j’espère qu’il appréciera la pub déguisée.

PPS. Que celui qui lit ce billet sans fredonner « Zorro, Zorro, renard rusé qui fait sa loi, Zorro, Zorro, vainqueur tu l’es à chaque fois » ose me le dire !

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 19:29

C’est donc comme ça qu’on a élu …

Je divague.

Les classiques ne vieillissent pas. Grâce à la cinémathèque de Toulouse, j’ai revu pour la ?ème fois l’immarcescible (ouah ! C’est grâce à JB Pouy qui m’a traité un jour que je suis allé voir dans le Robert ce que ça veut dire), l’immarcescible donc Guerre des Boutons. Chef d’œuvre cinématographique d’Yves Robert, tiré du non moins chef d’œuvre littéraire de Louis Pergaud (que j’ai dû lire au moins cinq fois à partir du CM1).

La salle était pleine de minots, et de parents et grands-parents enchantés d’avoir une excuse pour revoir le film.

Les gamins adorent, et sortent tous le la salle en chantant « Mon pantalon, est décousu … ». Les parents se marrent (je les ai entendu, et moi-même …

Mais la vision du film, une fois adulte, se révèle bien plus sombre  que ce dont je me souvenais enfant. Les adultes sont atroces, avec une mention spéciale à Jean Richard, absolument effrayant, d’une violence explosive impressionnante. Les autres, mis à part l’instit, ne sont pas mal non plus. De Dufilho, Galabru, Tchernia … Violents, alcolos, bas de front …

Intéressant de voir les réactions des enfants d’aujourd’hui, qui ne comprennent pas la violence du film, car elle leur parait inconcevable. Intéressante aussi la réaction d’Ana, 5 ans, choquée que dans la bande, Marie, la seule fille, fasse tout le boulot (ménage, raccommodage …).

Et puis il y a P’tit Gibus, toujours aussi craquant, et des scènes et des dialogues d’anthologie. De l’explication de « couilles molles », à P’tit Gibus buvant sa goutte, en passant par la soûlerie des pères sur le champ, et, bien entendu, l’attaque de l’ennemi dans le plus simple appareil.

A la sortie, personne n’a dit « Si j’aurais su, j’aurais pas venu ».


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