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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 20:52

XII ° siècle dans le Nord de l’Italie.

Le méchant : Ulrich, représentant de l’empereur, hautain, perfide, méchant comme une teigne, amateur de fauconnerie.

Le gentil : Dardo, montagnard virevoltant, grand archer, qui élève son fils tout seul.

Au milieu, Francesca, ex femme de Dardo mariée avec l’affreux ; un marquis de passage, bon bretteur, qui navigue à vue pour sauvegarder au mieux ses intérêts ; Piccolo, muet, ami fidèle de Dardo, aussi virevoltant que lui ; la population …

Un jour où Ulrich vient afficher sa puissance et sa morgue en ville, Dardo tue un de ses faucons. Poursuivi il réussi à échapper aux soldats du tyran, mais celui-ci arrive à capturer son fils. Dardo rentre alors en résistance dans la forêt voisine, et n’aura de cesse qu’il n’ait débarrassé le pays de l’affreux, et récupéré son fils.

Voilà, l’intrigue est simple, elle ressemble fortement au Robin des bois avec Errol Flynn tourné un peu plus de 10 ans auparavant. Mais il s’agit de La flèche et le flambeau, de Jacques Tourneur, avec Burt Lancaster dans le rôle principal.

Première constatation, le film fascine les petits (et les grands) autant que son illustre « modèle ». Les commentaires sont sans équivoques : « Il est trop fort Dardo, regarde ce qu’il fait ! Et là !! Ouais le méchant en prend plein la tête !!! Il est malin, fort, beau, et c’est un vrai acrobate ce Dardo, et son ami Piccolo il est super aussi. »

Il faut dire que, pour peu que l’on ait gardé un minimum de fraîcheur (ce qui est possible même en lisant les romans conseillés ici), difficile de ne pas se laisser faire, et conquérir par un Lancaster éblouissant : sourire éclatant, flèche meurtrière, grande gueule, flambeur, flamboyant, mauvais garçon, courageux, picaresque, chevaleresque et surtout, surtout, en état d’apesanteur : Il saute, grimpe, vole … comme si l’attraction terrestre n’existait pas pour lui.

Et le film suit, en état de grâce, tout en légèreté, sans prétendre à autre chose qu’à ce but, en apparence si simple, et pourtant si difficile à atteindre : divertir, plaire au plus grand nombre, sans jamais tomber dans la vulgarité, la laideur ou le racolage. Sans jamais en faire trop, juste ce qu’il faut pour être bigger than life. Aristocrate, jamais parvenu. Du pur plaisir, à voir et revoir avec les minots.

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 09:47

Encore pour les kids.

Une autre série marche très fort, celle de Kate McMullan s’intitulant L’Ecole des massacreurs de dragons. Le mieux est de commencer par le premier volume de la série, Le nouvel élève (The new kid at school), qui a l’avantage, prévisible, de présenter la majorité des personnages que les lecteurs croiseront ensuite.

A savoir : Wiglaf, petit dernier d’une famille de paysans se nourrissant essentiellement de choux, sous toutes ses formes ; gentil garçon un peu poète et sensible, donc inutile chez lui. Se fiant à une affiche ventant les trésors ramenés par les élèves de la nouvelle EMD (Ecole des Massacreurs de Dragons), ses parents l’inscrivent manu militari dans cette grande école ô combien prometteuse. Premier problème, le pauvre Wiglaf pleure à la seule idée d’écraser une mouche. Deuxième problème, l’affiche est un rien mensongère, et jusque là, à part les frais d’inscription, le directeur n’a pas engrangé grand-chose …

Les autres protagonistes seront donc : Angus, grand tueur de dragons dont la phrase préférée est « j’ai p-p-p-peur ! », Eric, qui est en fait Erica, admiratrice fervente de Sir Lancelot, Zelnoc, magicien le plus calamiteux de la fantazy, Daisy, cochon de Wiglaf, qui grâce à Zelnoc parle en latin de cuisine … Plus les profs et bien entendu, quelques dragons.

Les histoires sont suffisamment bien construites pour accrocher sérieusement les enfants, qui, sensibles au suspense, tremblent pour Wiglaf, Eric et Angus. Mais l’humour est également suffisamment présent pour qu’ils ne soient pas trop tendus. Preuve que ça marche fort, ensuite, ils jouent à Wiglaf et Eric, combattent les dragons, fantômes et autres affreux, et surtout, s’éclatent à parler en latin de cuisine, à savoir : « Salutum chezum vousum, ceum billletum estum finitum ».

C’est couillon, mais ça les fait rire. Annoncé à partir de 8 ans, mais ça marche dès 5/6 ans si ce sont les parents qui lisent.

Kate McMullan (auteur) Bill Basso (illustrations) / L’école des massacreurs de dragons Folio cadet. Traduction de l’américain par Vanessa Rubio.

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 22:10

Etant en train de terminer un énorme pavé dont je parlerai demain (suspense), une petite pause douceur pour inaugurer une nouvelle catégorie : lectures per le bambini ! D’où me vient donc cet italien plus qu’approximatif ? C’est juste que je vais commencer par une petite perle italienne, qui a enchanté Gabriel 7 ans, et a même intéressé, sans autant de passion mais quand même, sa soeur Ana de 5 ans.

Les deux premiers volumes de Tous Pirates viennent d’être traduits en français. Dans le plus pur style des grands feuilletonistes, tel notre Dumas national, ou le grand Salgari pour les italiens (référence obligatoire au vu de la thématique des pirates), le troisième volume est déjà annoncé à la fin du second, et j’ai même vu, sur le site de l’auteur, qu’il y en a déjà un quatrième en Italie.

Venons en au fait.

Mongard est un barbier français, provençal, qui après avoir bourlingué dans le nouveau monde, aimerait bien rentrer au pays. Timmy Kid est, comme son nom l’indique, un gamin qui a une envie, et un besoin pressants de quitter les Caraïbes. Ils embarquent donc sur le premier navire en route vers l’Europe, sans savoir qu’ils commencent ainsi une fabuleuse carrière de pirates.

Des colosses tatoués, un gamin malin, un capitaine qui aime lire, deux spadassins (un espagnol et un portugais), un étrange guerrier venu d’orient, un cuistot bougon, un quartier maître qui jure comme un vrai marin, des indiens, une belle jeune fille, des pirates, des navires anglais, français, espagnols ... Touillez le tout, jetez le en pleine mer, agitez au moyen d’une bonne tempête. Ajoutez des épices, des odeurs, un bouillon de tortue, des fruits exotiques et servez à une population bigarrée, venue des quatre coins du monde.

Résultat sans surprise, le minot ouvre grand les yeux, les oreilles, et même la bouche, au risque d’y laisser entrer quelques mouches. Mais attention, avertissez-le avant, vous ne pourrez pas tout lire d’un coup, il faudra attendre demain pour la suite. Et il y a un second tome. Et à la fin du second, la découverte d’une carte au trésor, donc une suite.

Un récit d’aventure « à l’ancienne », c’est à dire qui prend son temps, définit les personnages peu à peu, les fait se découvrir et se dévoiler, et n’hésite pas à consacrer des chapitres entier à la description de la navigation, de la beauté d’une île, de l’enchantement d’un marché ou à d’une leçon d’escrime sous la lune. Qui ne se sent pas obligé d’accumuler les péripéties, les coups de théâtres, et les hurlements hystériques. Un roman d’aventure comme on les aime, qui nous ramène en enfance, et qu’on prend donc un très grand plaisir à lire à ses pitchouns. Qui, s’en rendant compte, demandent immédiatement la suite.

Après ça, dans quelques années, il suffira de continuer avec Le corsaire noir d’Emilio Salgari, et peut-être un jour, si nous avons la chance, la traduction et/ou réédition, enfin, de sa série consacré à Sandokan, le Tigre de Malaisie.  Ou de passer au grand Alexandre. Lectures qui amènent ensuite naturellement à Paco Taibo II. Et oui, je prépare le terrain.

Sebastiano Riuz Mignone (auteur) Manuele Fior (illustrations) / Navire en vue (Tous pirates Vol1.) et A la poursuite du cracheur de feu (Tous pirates Vol2.)  (Contro tutte le bandiere et Affondate la Cacafuego !, 2007), Nathan jeunesse (2006). Traduction de l’italien par Fabienne-Andrea Costa.

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 14:27

Parmi les DvD conseillés par l’incontournable guide du cinéma pour les enfants, il y a trois opus des aventures de Sinbad, les trois produits par le géant de l’animation Ray Harryhausen.

 

Sinbad.jpg Mes deux gamins sont maintenant des habitués des « vieux films », avec effets spéciaux kitsch, éventuellement en noir et blanc, et même parfois muets. Mais je commençais à me dire qu’ils devaient être des extraterrestres comparés à leurs copains nourris aux Spiderman, Batman, Disney survoltés, et autres super héros plus ou moins manganisés.

 

Samedi, test grandeur nature avec un copain de Gaby, 6 ans comme lui. Mon grand choisi Le voyage fantastique de Sinbad, réalisé en 1974. Avec, outre le beau Sinbad et ses chemises largement ouvertes sur des pectoraux bien dessinés, alias John Pillip Law, un petit monstre volant, de la magie, une figure de proue animée qui se bat contre Sinbad et ses copains, un oracle au look vaguement hellénique, et en vedette, une statue de Kali qui armée de six sabres leur donne du fil à retordre, et surtout un centaure cyclope qui, après s’être battu contre une sorte d’aigle/lion sera, bien entendu, défait par le valeureux Sinbad.Sinbad-girl-01.jpg

 

Je serais hypocrite de ne pas citer également pour le plaisir des papas, l’héroïne de service, alias Caroline Munro, qui maîtrise parfaitement ses deux expression (« j’ai peur » et « qu’il est beau Sinbad », avec une variante, « j’ai peur mais qu’il est beau Sinbad »), et surtout revêt des tenues superbes qui, si elle ne sont pas forcément adaptées à l’aventure en milieu hostile, permettent de mettre superbement en valeur ses meilleurs atouts. Je signale pour ne pas être taxé de machisme que Sinbad est là pour le plaisir des mamans, et que son jeu non plus ne brille pas par son inventivité.

 

Résultat : deux gamins complètement scotchés devant l’écran, absolument insensibles bien entendu au côté kitsch, sans parler de la présence de divinités indiennes en pleine Méditerranée, mais angoissés juste ce qu’il faut pour avoir peur, mais pas trop, et enthousiasmés par les prouesses au sabre de Sinbad (pourtant très, très éloignées des chorégraphies à la Jet Li, et c’est peu de le dire).

 Simbad-Kali.jpg

Et surtout deux minots finalement bien contents que je vienne avec eux pour le dernier quart d’heure, après l’apparition de l’effrayant cyclope/centaure (ce qui m’a permis d’apprécier une fois de plus le jeu délicat de la belle Caroline).

 

Parce qu’à cet âge, un monstre est un monstre, qu’il soit animé avec les dernières technos 3D, ou que ce soit une bonne vieille marionnette animée à la main, et projetée en transparence. Parce que le monde est encore magique, et que si le héros à l’air inquiet, c’est forcément qu’il y a des raisons de l’être. Et surtout parce qu’ils ont envie d’y croire.

 

Moins blasés que leurs aînés, certainement beaucoup plus sensibles au premier degré de la narration, et aussi et surtout beaucoup plus ouverts à toutes les possibilités de l’imagination, ils ont tremblé, espéré, applaudi. Moralité, montrez très jeunes de vieux films à vos gamins, des films qui sollicitent encore leur imagination et leur fantaisie. Plus tard, il sera trop tard, ils auront perdu une certaine faculté d’émerveillement que je suis en train de retrouver avec un immense plaisir.

sinbad-centaur1.jpg 

Vive Sinbad, vive Ray, vive le cinéma.

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 19:49

Suivant les recommandations du l’excellent bouquin dont j’ai déjà parlé il y a quelques jours (Voir la catégorie cinéma), nous avons monté une expédition ciné samedi dernier avec 5 minots, entre 3 et 6 ans, pour aller voir Le roi et l’oiseau de Paul Grimault et Jacques Prévert.

 

Je n’avais qu’un souvenir assez vague de ce dessin animé vu à la télé, il y a bien longtemps. Une conclusion s’impose : Il marche, il marche même très fort.

 

Tout d’abord pour les adultes qui perçoivent l’humour (j’avais complètement oublié ce brave Charles cinq et trois font huit et huit font seize), la charge cinglante contre toute forme de dictature, la poésie, la beauté de la musique …

 

Mais ça marche également très très fort avec les gamins. Pas un bruit (sauf quelques questions), pas un mouvement d’impatience pendant une heure et demi.

 

Premier commentaire « C’était génial ». Et à la question que je pose souvent « Qu’est-ce que tu as préféré dans le film », les réponses ont bien montré que, même sans s’en rendre compte consciemment, les pitchouns sont sensibles à ce qu’il y a de plus profond dans le film : l’un a préféré les moments où le musicien aveugle joue de la musique, pour apporter un peu de joie dans la terrible ville basse, ou pour charmer les fauves, un autre m’a dit avoir préféré la dernière image, quand l’espèce d’immense robot écrase du poing la cage dont il vient de faire sortir l’oisillon.

 

Ils ont tout compris. Si vous le trouvez en DvD, ou s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas. Ca changera des Disney.

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 18:32

En ce moment, j’accumule les mauvaises pioches dans la pile des « à lire ». Comme je n’aime pas parler de ce qui me déplait, je profite de cette mauvaise série pour conseiller un bouquin totalement différent.

 

La chronique qui suit s’adresse à ceux qui ont des enfants entre 4 et 14 ans (ou éventuellement, à ceux qui, comme moi, sont restés de grands gamins).

 

Prêts ?

 

Voilà, sous une couverture rose/fuchsia du plus mauvais goût, se cache un livre qui va vous devenir indispensable. Il s’agit du :

Guide du cinéma pour les enfants / 500 DvD pour les 4-14 ans,

D’Isabelle Brokman et Géraldine De Thoré

L’introduction pose parfaitement la question angoissante de tout parent cinéphile qui voudrait bien refiler sa maladie à ses rejetons : « Mon fils regarde Le roi lion en boucle, quel film pourrais-je lui offrir pour qu’il passe à autre chose ? »

 

Les commentaires des 500 films proposés s’appuient sur le visionnage par plus de 300 minots entre 4 et 14 ans de plus de 700 films. Mon expérience, plus modestement, ne se réfère qu’aux réactions de Gabriel 6 ans et Ana 4 ans.

 

Je dois avouer que je n’ai pas découvert grand-chose, je connaissais quasiment tous les films cités, mais je n’y pensais plus. Lire les titres et les résumés m’a fait m’exclamer « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

 

Exemple : Les deux premiers Tarzan, avec Johnny (le champion olympique de natation, pas le chanteur Suisso-belge Sarkolâtre) : Ils ont beaucoup vieilli, ils enfilent les invraisemblances (Ah Jane se levant, le matin dans son arbre, le brushing impeccable), sont racistes à un point impensable (avec l’inévitable porteur noir qui tombe de la falaise, après que son pote se soit fait bouffer par un croco) … Mais je vous jure qu’au premier Ahahahahahahahahah, les mômes sont scotchés.

 

De la même époque, mais qui n’a pas pris une ride : Les aventures de Robin des Bois, de Michael Curtiz avec Errol Flynn, rayonnant, virevoltant, aérien … Je l’ai vu, revu, encore et encore, depuis le début, juste la fin, juste le tournoi de tir à l’arc, juste l’arrivée de Richard …

 

Tout aussi aérien et virevoltant, rayonnant et enchanteur, Gérard Philippe fait battre les cœurs, génération après génération, dans Fanfan la Tulipe, bien entendu. Celui-là aussi, je l’ai vu, revu, pour Fanfan, mais aussi, il faut bien l’avouer, pour Gina …

 

Puis il y a les Jean Marais (Le bossu, mais également Le Capitan, Le Capitaine Fracasse), et puis Scaramouche … Parce que le risque financier est là : une fois que le bouquin vous a donné une piste, il n’y a plus qu’à la suivre, et à acheter DvD après DvD.

 

Et puis il y en a plein d’autres, La guerre des boutons, La belle et la bête, les films de Jerry Lewis, Barbe noire, Le signe de Zorro … Puis une fois qu’on a compris, on peut continuer, hors conseils du bouquin (Le cygne noir, film de pirates génial avec Tyrone Power, Anthony Quinn et Maureen O’Hara ; Ivanhoé, Simbad le Marin …).

 

Maintenant que j’ai épuisé les suggestions 4-6 ans, j’attends, avec une grande impatience un an pour attaquer les westerns. Dès que le grand a 8 ans, je vais avoir un prétexte pour revoir La rivière sans retour, Le fils du désert, et très vite après Rio Bravo, Rio Grande, Vera Cruz

 

Seul motif d’inquiétude, après deux ans d’Errol Flynn et Jean Marais, Gabriel a démarré l’escrime, j’espère que John Wayne et Burt Lancaster ne le transformeront pas en un fervent supporter de la National Riffle Association …

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