La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l’avoir refait, c’est pas un titre ça ! Ben si, c’est celui du premier roman de Margot D. Marguerite qui, d’après la quatrième de couverture fut clown, artiste de cabaret, comédien, scénariste … entre autres. C’est aussi un roman dont on parle, en bien, sur les blogs. Sur Moisson Noire par exemple. Donc une fois de plus grâce aux vacances, je m’y suis mis.
Stan le slave est un jeune truand, spécialisé dans la prostitution et le trafic de drogue, il dépend d’un caïd, le vieux Zampierri. Princesse est une des prostituées de Stan. Quand elle veut arrêter elle s’enfuit et se réfugie chez son frère Paul Verdi, grossiste en fruits et légumes. Mais pas seulement. Il est aussi ancien commando, et petit-fils de Pauline, une grand-mère de choc, rouge parmi les rouges, ancienne combattante de tous les combats d’un XX° siècle qui n’en a pas manqué. Alors quand Stan retrouve Princesse et l’élimine, la mémé décide qu’il est tant de reprendre la castagne. Elle réactive ses vieux réseaux, et c’est parti pour un tour … particulièrement sanglant.
Les grincheux trouverons (avec raison), que le roman aurait sans doute pu être un peu plus court. Aucune longueur dans les chapitres, courts, secs et nerveux, mais dans la construction, qui se perd peut-être parfois dans des scènes pas forcément indispensables. Mais bon, c’est négligeable en regard du plaisir que l’on prend à lire ce bouquin qui, avant tout, déborde d’énergie et d’humour, comme la mémé de choc, et à l’image de certains films de Kusturica auxquels il est directement fait référence.
Tous les personnages sont magnifiques, et malgré leur grand nombre, on ne se perd jamais. Les dialogues fusent, les péripéties, passant sans transition du cocasse au tragique, s’enchaînent à un rythme d’enfer … Et le lecteur prend son pied.
Ce qui n’empêche pas l’auteur de nous infliger quelques coups du sort douloureux (oui, c’est aussi assez sombre, malgré l’humour), ou de braquer son projecteur sur les liens entre la pègre et le monde politique et financier, ou sur les multiples saloperies commises au nom de la raison d’état (si si, même dans notre beau pays ça existe).
Bref, il serait vraiment dommage de passer à côté de ce roman, et on attend avec impatience le prochain !
Encore une petite chose, ne vous laissez pas rebuter par la couverture qui n’est, pour être gentil, pas particulièrement réussie.
Margot D. Marguerite / La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l’avoir refait, La manufacture des livres (2009).