Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
Parfois ici et là on vous parle d’OLNI, les Objets Littéraires Non Identifiés. Ben j’an ai croisé un, d’origine italienne contrôlée. C’est L’année-lumière de Giuseppe Genna.
Milan, une entreprise de télécom italienne est la cible de l'attaque d'une concurrente anglaise qui veut la bouffer. Guerre de fric, guerre de capitaux mais aussi guerre d'hommes. Côté italien, un des généraux est Mental. Froid, calculateur, il est certain d'avoir tous les atouts pour contre-attaquer. Mais au moment le plus critique, sa femme tombe dans un coma incompréhensible. Les médecins ne savent que faire … Dans l'ombre l'Affairiste prépare la mise à mort de Mental.
Résumé comme ça, on pourrait croire qu'on a là un thriller financier high tech. Froid, calculateur, mathématique … le genre de bouquin qui, en général m’indiffère profondément parce que je l’avoue, les guéguerres entre les pseudos prédateurs du monde des affaires je m’en tamponne. Après tout, que ce soit une société italienne ou anglaise qui nous tonde la laine sur le dos ne change pas grand-chose à l’affaire.
Mais là, point du tout. On n’est pas dans un thriller financier, on est Ailleurs. Je ne connaissais pas Giuseppe Genna, mais s'il ressemble un tant soit peu à son roman il doit être sacrément allumé.
Ca part dans tous les sens, on a droit à des théories sur les quadras et l’expansion de l'univers, le rôle de l'église dans le voyage dans l'espace et la prédation en milieu professionnel …Le tout dans une langue baroque, explosive, inventive.
Alors certes ça part parfois trop dans tous les sens et il m'est arrivé de sauter des passages, le final traîne un peu en longueur, bref le roman est bourré de défauts. Mais il a aussi des fulgurances, des moments de pure grâce et de pure folie.
Un OLNI, un vrai. Qu’il vous faudra lire pour vous faire une idée.
Giuseppe Genna / L’année-lumière (L’anno luce, 2005), Métailié (2012), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.