Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
« Il fut un temps, lointain, où j’allais régulièrement au ciné. Jusqu’à une à deux fois par semaines. Ce temps est révolu et je suis content maintenant quand je trouve le temps d’y aller … deux fois par an. » Voilà ce que j’écrivais en août dernier. Et cela se confirme.
Onze mois plus tard, je retourne enfin au cinéma pour voir autre chose que Harry Potter VII ou Pirates des caraïbes IV avec les minots.
Heureusement, comme l’an dernier bonne pioche avec le jubilatoire La part des anges de Ken Loach.
A droite et à gauche les critiques varient entre : « excellent » et « certes on rit mais c’est un petit Ken Loach. »
Ben non. On rit ET c’est un grand Ken Loach. Quelle manie de vouloir à tout prix rabaisser un film (ou un livre), sous prétexte qu’il est accessible et surtout drôle. Comme écrivait le grand Desproges à un critique imbécile qui disait d’un film qu’il n’avait d’autre ambition que celle de faire rire, mais elle est immense l’ambition de faire rire.
Et que dire d’un film comme celui-ci qui arrive à faire rire intelligemment, sans aucun mépris pour personne, avec une vraie compréhension des personnages, sans misérabilisme mais sans angélisme, un film capable de vous faire passer d’une scène qui vous tord les tripes a un vrai éclat de rire ? Ben on dit que c’est un grand film.
Un grand film magnifiquement joué. Un grand film qui vous redonne un peu de confiance dans l’humanité, qui met en avant la notion de solidarité, d’amitié, qui ne cache aucune difficulté et dit que ça vaut quand même la peine d’essayer. Un grand film qui montre toute la dureté de la vie des paumés, sans pour autant tomber dans le cynisme, le pessimisme dandy, ou la haine de l’autre.
Et qui ose un happy end. Et en plus, scandale des scandales pour les pisse-froids, la rédemption passe par le plaisir ! Non ? Si ! A mais ça, ça va pas du tout, merde, il faut souffrir pour réussir ! Et ben non, là on réussit et on s’en sort (miraculeusement) grâce au partage d’un immense plaisir.
Bref d’hésitez pas un instant, vous voulez tester votre anglais ? (je vous mets au défi de comprendre ce que racontent ces prolos de Glasgow), vous voulez frémir et rire ? Vous voulez visiter une distillerie derrière une hôtesse gironde et enthousiaste ? Vous voulez assister à une belle arnaque ? Allez voir La part des anges.
Je ne suis pas inquiet, dès la géniale première scène vous serez conquis.
PS. Je sais je n’ai rien raconté de l’histoire, mais le film est sorti depuis assez longtemps pour que tout le monde la connaisse …