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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 16:37

« Il faut savoir s’exprimer pour arriver à quelque chose. Moi, je dois réfléchir un moment avant de parler, mais dans l’intervalle la conversation a suivi son cours, comme on dit, et plus moyen de rattraper le coup. Cette difficulté m’a accompagné toute ma vie, avec de fâcheuses conséquences. »

 

callisto.gifOdell Deefus n’est pas une lumière. Pas complètement idiot non plus, juste un peu lent. Son mètre quatre vingt-dix attire toujours les regards, puis sa lenteur pousse souvent les gens à se moquer de lui. Ce qui peut se révéler une erreur car si Odell est plutôt gentil, il peut aussi être dangereux quand il a acquis la certitude qu’on se moque de lui, ou qu’il est en danger. Il est en route vers le centre de recrutement de Callisto. Maintenant que l’armée américaine manque de volontaires pour aller en Irak, plus besoin d’avoir un diplôme, et il faut bien que quelqu’un aille mettre fin aux agissements de « ces enragés d’islamistes ». Alors pourquoi pas Odell. Malheureusement, sa voiture le lâche à quelques kilomètres du but, et il va demander de l’aide chez Dean Lowry, jeune homme paumé et agressif. Il ne sait pas qu’il n’arrivera jamais au centre de recrutement et qu’une succession invraisemblable d’évènements fera de lui un dangereux terroriste aux yeux de l’opinion et de l’armée américaine.

 

Odell est le narrateur de Callisto. Comme le gamin de Fantasia chez les Ploucs, ou le shérif de 1275 âmes, il pose un regard décalé et naïf (plus ou moins naïf) sur ce qui lui arrive, et sur le pays où il vit. Si l’on sourit souvent au début, la fin poignante vient changer le regard que l’on a sur lui, victime d’une Amérique devenue totalement folle, déboussolée par les conséquences du 11 septembre, par la folie sécuritaire qui a suivi, et par l’emprise croissante des groupes religieux les plus fondamentalistes. Dans sa naïveté, Odell met à nu toutes les absurdités du système.

 

Quand on veut lui faire dire qu’il veut renverser l’Amérique et son système de valeurs, ses réponses d’une simplicité enfantine ne peuvent que désarçonner ses tortionnaires :

 

-          « A supposer que vous soyez Président, quels changements institueriez-vous ?

 

-          Et bien, tout d’abord, j’organiserais ma libération. […]

 

-          Et en d’autres domaines ? La foi, la justice sociale, ce genre de questions.

 

-          Et bien je ferais en sorte que le passage de pubs à la télé aille contre la loi. Il y aurait une chaîne pour ça, la chaîne commerciale, que pourraient regarder ceux qui ont envie de voir les pubs. Je crois que ça ferait un bon audimat. »

 

On ne sait visiblement pas qui est Torsten Krol, l’auteur. Ce qui est certain c’est que Callisto est bien parti pour être de ces livres qui deviennent des références pour un public de plus en plus nombreux, comme La conjuration des imbéciles, Dalva ou Le seigneur des porcheries. Bienvenu au club des fans d’Odell Deefus.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
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commentaires

marido 27/12/2007 09:59

en effet, intrigant auteur qu'on a envie de gouter pour oublier la volaille de Noël.
ce serait utile de noter l'éditeur dans les chroniques.
merci pour ces conseils toujours avisés.

Jean-Marc Laherrère 27/12/2007 10:45

Merci. je rajouterai, à l'avenir, l'éditeur. Ici il s'agit de Buchet-Chastel.

michel 24/12/2007 16:42

Bonnes Fêtes !

Je note cet intriguant auteur

Jean-Marc Laherrère 24/12/2007 23:22

Bonnes fêtes également. Et pleins de bouquins enthousiasmants sous le sapin.

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