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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 19:36

J’annonçais il y a peu, qu’un bonheur n’arrive jamais seul et voici donc l’année deux du jubilatoire Transmetropolitan de Warren Ellis et Darick Roberston.

 

transmetro 03

Cette fois c’est du sérieux. Plus question de glandouiller à couvrir les conventions des nouvelles religions ou l’instrumentalisation politique et économique des nouvelles modes. Là, on rentre dans le dur comme on dit. Ce sont les élections aux US. Avec les primaires, le fric, les conventions, les trahisons et toutes les saloperies permises. Bien entendu, Spider Jerusalem ne peut pas encaisser le Président en exercice qu’il a surnommé La Bête, mais Le Sourire, son challenger, vaut-il mieux ? Ce qui est certain, c’est que ça va saigner.


Damned, l’année 1 c’était déjà bon, mais là, avec cette plongée dans le monde de la politique américaine vu par Ellis c’est encore meilleur ! Quelle putain d’énergie, quel patate, quelle méchanceté ! Certes les grincheux vont me dire que c’est exagéré, outré, outrancier même. Mais l’est-ce vraiment tant que ça ? Et pour dénoncer la corruption de tout un système que vaut-il mieux faire ? Ecrire de articles sérieux, documentés et politiquement corrects ou se lâcher, ne rien s’interdire et emporter tout dans un tourbillon de mauvais goût assumé ? Chacun choisira ce qu’il préfère, moi je vote Spider Jerusalem !

 

Warren Ellis (scénario) et Darick Robertson / Transmetropolitan (année 2) (Transmetropolitan, 1998 à 2000), Vertigo/Urban Comics (2014), traduit de l’anglais par Jérémie Manesse.

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 22:57

Que mes lecteurs soient remerciés, que leur descendance soit bénie jusqu’à la 5° génération ! Grace à vous, géniaux lecteurs, j’ai découvert Transmetropolitan du génial scénariste Warren Ellis. Quel pied, mais quel pied ! Encore mille fois merci.

transmetro 01

Spider Jerusalem vit en ermite depuis cinq ans, quand il est obligé de reprendre du collier, lui le journaliste le plus suivi, craint et haï de la ville. Le revoilà donc sur le sentier de la guerre, à la recherche, coute que coute, de la Vérité. Et gare à tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin, politiques, religieux, pourris de toutes sortes. Ne pensez pourtant pas qu’il a de la pitié pour les victimes. Pour lui les victimes sont des moutons bêlants qui méritent leur sort. Alors attention les oreilles, ça va saigner.


« A ouais ? ah ouais ? Mais viens ! Viens ! T’aurais mieux fait de sécher sur les cuisses de ta mère » Ca c’est quand Spider est poli et de bonne humeur. Quel pied ! C’est fou furieux, complètement barré, anti politiquement correct, grossier, ordurier et ça dégage une énergie absolument démente.


Le dessin est à la hauteur de ces courtes histoires aussi survoltées que le « héros », débordant de bruit, de couleur et de fureur. Ca gueule, ça gicle, ça saigne, ça castagne et sa éructe. Wouaw !


Un autre petit extrait pour voir un peu ce que Spider pense des religions de tous poils qui éclosent dans la ville comme les œufs de tortues sur les plages de Guyane :

« Ouais ? Je qualifie ta « foi » de merde ? Ce type a besoin d’aide médicale s’il ne peut pas s’en sortir dans la vie sans croire à un truc invisible. » « Des putains de vampires qui sucez la volonté des gens dont le seul crime est d’être fatigués et d’avoir peur ! »

 

transmetro 02


Voilà, sachez qu’il pousse le bon goût jusqu’à avoir un flingue qui vous file une chiasse de compétition, qu’il aime bien son assistante fort gironde (mais ne la ménage pas pour autant) et qu’il est en guerre contre le Président, entre autres.


Bref un vrai délice, et comme un bonheur n’arrive pas seul, au dos ils annoncent l’année 2, donc la suite pour ce mois-ci. Ouais !!!


Warren Ellis (scénario) et Darick Robertson / Transmetropolitan (année 1) (Transmetropolitan, 2009 pour le recueil), Vertigo/Urban Comics (2014), traduit de l’anglais par Jérémie Manesse.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 00:08

Suite et fin du monumental Blast du génial Manu Larcenet. Ce tome 4 intitulé Pourvu que les bouddhistes se trompent clôt magistralement la série.

 

blast4

On y arrive donc à cette fin, à ce meurtre de Carole pour lequel les flics ont arrêté Polza Mancini. Ici s’achèvera le récit très troublant de cet homme qui a choisi de se retirer hors de la société et hors de la norme … Et suite à ce récit, un final en guise de conclusion donne la version des enquêteurs. Je n’en dirait pas plus, sinon que ce final est à la hauteur de l’ensemble ; magistral.

 

Dernier volume impeccable, avec toute la noirceur et la poésie des trois précédents. On se fait embarquer dans la folie de Polza, et dans celles de ceux qui l’entourent. Le final est particulièrement éprouvant. La première image, pleine page, magnifique et sans pitié … Et pourtant, comme dans les précédents, des images d’une beauté inouïe, des moments où l’on se sent si proche d’un homme dont tout nous éloigne. L’humanité du mal, le côté sombre de chacun, la folie, le mensonge, la rage et des éclairs très fugaces mais aveuglants de paix et de bonheur.

 

Vraiment l’ensemble forme une des œuvres littéraires, toutes formes confondues qui m’a le plus marquée dans ces dernières années. Je ne saurai en dire plus. Lisez Blast.

 

Manu Larcenet / Blast, TIV, Pourvu que les bouddhistes se trompent, Dargaud (2014).

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 19:40

J’ai découvert Etienne Davodeau grâce à des copains avec son album Les ignorants. Et j’ai beaucoup aimé. C’est pourquoi j’avais demandé au Père Noël sa dernière BD, Le chien qui louche. Et je l’ai eue.

 

Davodeau

Fabien est gardien au Louvre. Toute la journée il arpente les salles, surveille, renseigne les touristes … Le soir il retrouve Mathilde. Et ce week-end, il va faire connaissance de sa famille. Les Benions, qui sont dans le meuble. Et qui vont demander à l’expert parisien ce que vaut la croute peinte par un lointain aïeul. Fabien est gentil, il ne veut pas vexer. Et c’est comme ça que les Benions se persuadent que la croute est digne de rentrer au Louvre, et que c’est Fabien qui va se charger des démarches …


Les ignorants est fin, intelligent, humaniste et instructif. Le chien qui louche est fin, intelligent, humaniste et drôle. Et aussi un peu instructif puisqu’il nous convie à une belle promenade dans le Louvre.


Etienne Davodeau arrive à décrire et dessiner la famille Benion avec une lucidité teintée de tendresse. C’est qu’ils sont un peu cons les Benion (comme le dit leur sœur d’ailleurs). Ils sont lourdingues, uniquement intéressés par leurs meubles, par leur réussite de province. Elle est complètement ridicule leur ambition de faire entrer une croute abominable au Louvre. Et pourtant … Et pourtant ils sont capables d’être généreux, et d’être touchés par l’art, une fois qu’ils ont passé le rejet apeuré de celui qui pense que ce n’est pas pour lui. Et combien de gens n’entreront jamais au Louvre (ou dans une librairie, ou dans une salle de concert ou …) juste parce que toute la société leur crie que ce n’est pas pour eux ? A quel point sommes-nous tous des Benions ?


C’est en ça que cette BD est fine, intelligente, humaniste et drôle. Un vrai régal de scénario et d’étude de caractère servi par un dessin et une mise en case qui montrent en deux planches ce qu’il faudrait décrire en cinquante pages.


Etienne Davodeau / Le chien qui louche, Futuropolis (2013).

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 19:19

Je suis gentil avec vous, je vais vous faire une autre proposition de cadeau de Noël. Un album absolument magnifique, à la hauteur du roman monumental qui l’a inspiré. Les plus perspicaces d’entre vous auront deviné qu’il s’agit de la BD dessinée par Miles Hyman, sur un scénario de Matz et David Fincher, d’après le chef d’œuvre de James Ellroy : Le dahlia noir.

 

Dahlia 01

Est-il besoins de rappeler l’histoire ? Fin des années 40, deux flics du LAPD : Fire and Ice. Deux anciens boxeurs, Lee Blanchard, le feu et Bucky Bleichert, la glace sont coéquipiers. Pour le meilleur et pour le pire. Leur vie change quand les flics trouvent le cadavre d’une inconnue. Elle a été torturée, éviscérée et balancée dans un terrain vague. Elle s’appelait Betty Short, la presse la surnomme rapidement le Dahlia Noir. Elle va devenir l’obsession des deux partenaires.


Un des grands romans de James Ellroy (et il y en a eu quelques uns !). Avec une police violente et corrompue, des femmes fatales, avec le mensonge, l’obsession morbide, une ville de Los Angeles et en particulier un monde d’Hollywood complètement pourri … Et des personnages en quête de rédemption, des dialogues au couteau. Un pavé absolument inadaptable en BD.


Erreur. Ils ont réussi. Parce que Matz a pris le parti de garder un maximum de dialogues, qu’il a retraduit directement de la VO et qui sonnent comme dans le roman. Parce qu’avec David Fincher ils ont réussi à épurer pour tenir dans le format BD (plus de 160 pages quand même), tout en gardant l’esprit, le rythme et la musique du grand James. Parce que Miles Hyman est un magicien et que chaque case est une pure merveille.


Matz et Miles Hyman avait déjà réussi une superbe adaptation d’un autre chef d’œuvre, Nuit de fureur de Jim Thompson. Ils rééditent ici avec cet album que vous devez absolument offrir ou vous faire offrir, ou les deux.


James Ellroy, Matz, David Fincher et Miles Hyman / Le Dahlia Noir Casterman/Rivages (2013).

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 22:29

En remontant le temps sur le blog je me suis aperçu avec horreur que je n’avais jamais parlé de BlackSad des deux espagnols Canales et Guarnido ! Pourtant qu’est-ce que j’aime cette série, une des rares que je guette impatiemment. Et enfin le tome 5 est sorti, toujours aussi beau, il s’appelle Amarillo.

 

Y-a-t-il ici des gens qui ne connaissent pas BlackSad ? Cela me paraît improbable. Au cas où, sachez que le matou (car c’est un matou) est un privé à la Bogart, dans le plus pur style des hardboiled de la grande époque. Il évolue dans un monde animalier et dans les US de l’époque du McCarthysme, du racisme affiché, en bref, dans les années 50 américaines.

blacksad couv


Comme toujours, encore plus que d’habitude même, ce n’est pas vraiment l’intrigue qui est le point fort de cet épisode. L’histoire est un poil légère et essentiellement prétexte à un road comic dans le sud des US.


Non, une fois de plus les trois points forts de cet épisode sont :


Le rendu d’une époque et d’un lieu, cette fois les années cinquante dans le sud des US, dans un monde d’artistes plus ou moins ratés et frustrés, et parmi des saltimbanques qui peinent à survivre.


Les personnages, absolument extraordinaire, avec bien entendu notre matou préféré et son acolyte, la fouine journaliste, ici moins présente que dans les épisodes précédents. C’est fou comme ils ont réussi en quelques coups de crayons (ô combien talentueux) à saisir l’essence même du privé tel que l’aiment les amateurs de romans et de films noirs. Et sous les traits d’un chat.

blacksad 1


Mais aussi avec comme chaque fois d’extraordinaires galeries de personnages secondaires, des femmes fatales et souvent félines, ou cet agent/avocat véreux criant de vérité sous les traits d’une hyène.


Et puis bien entendu le dessin somptueux, une fois de plus au rendez-vous. On ne se lasse pas de feuilleter l’album, et on revient immanquablement aux précédents.

blacksad 2


Bref, une nouvelle réussite pour le BlackSad 5, il ne nous reste plus qu’à prendre notre mal en patience en attente du 6 !


Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido / Blacksad / Amarillo, Dargaud (2013), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Ruiz.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 10:47

Après le pessimisme de David Vann, cela fait du bien de reprendre un peu confiance dans l’être humain. Et pour ça c’est bien d’avoir des copains. Surtout des copains qui vous passent des bouquins que vous n’auriez jamais ouverts sans eux. C’est ce qui vient de se passer avec Les ignorants d’Etienne Davodeau.

Davodeau

« Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée, il ne sait pas grand-chose du monde du vin.

Richard Leroy est vigneron, il n’a quasiment jamais lu de bande dessinée. »


Tout est dit dans la quatrième de couverture. Etienne va passer un an chez Richard et participer à un an de travail de la vigne et du vin. En parallèle il initie son ami à la BD. Et dessine. Le résultat de ce travail, mis à part les bouteilles que malheureusement je n’ai pas gouttées c’est cette BD, Les ignorants.


C’est certain je n’aurais jamais acheté, ou même emprunté cette BD si elle ne m’avait pas été conseillée. Et j’aurais eu tort. Je l’ai trouvé passionnante. Pour deux raisons très simples : j’aime la BD et le processus de création qui l’entoure m’intéresse, et j’aime le vin et le processus bla bla bla …


A partir de là je crois que tout est dit. Si vous aimez la BD (et même plus généralement la littérature) et le vin, cet ouvrage est pour vous.


Bien entendu, derrière cette boutade il y a bien plus. A commencer par les deux personnages, l’auteur et le vigneron, qui existent charnellement dans le dessin et le textes. Ensuite on sent le travail, le vent, la pluie, mais aussi les discussions sur le choix d’une couleur pour une planche, les visites aux autres vignerons et aux autres auteurs …


Et puis il y a l’humour, la légèreté et ce bonheur de voir deux artistes qui font leur métier avec tout le sérieux du monde … mais ne se prennent pas trop au sérieux eux-mêmes. Le perfectionnisme, une certaine forme d’intransigeance fort bienvenue en ce monde où on essaie de nous dire que tout se vaut, que tout est relatif, et en même temps une grande ouverture, une humanité et une humilité, et le sens de l’humour.


Bref, même si le dessin n’est pas de ceux qui vous accrochent immédiatement, dès qu’on ouvre le bouquin on ne peut plus le lâcher. On finit avec envie de découvrir des auteurs qu’on ne connait pas, et de boire les bouteilles de Richard Leroy … Et on retrouve confiance en l’être humain, du moins en certains êtres humains.


Etienne Davodeau / Les ignorants, Futuropolis (2011). 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 22:32

Nous voici arrivés au Tome 3 de Blast du génial Manu Larcenet. Après Grasse carcasse, et L’apocalypse selon Saint Jacky, voici La tête la première.


Blast IIINous retrouvons la masse imposante de Polza, toujours en garde à vue chez les flics. Des flics qui commencent à perdre patience, Polza leur parlant de tout, de sa vie, sans jamais aborder le thème qui les intéresse : Comment a-t-il trucidé Carole ? Une future victime qui fait, enfin, son apparition dans le récit de Polza, confronté de nouveau à sa folie et à la violence des hommes.


S’il faut vraiment chercher la petite bête, je dirais que ce troisième volume est un tout petit peu moins intense que les deux premiers. Juste un tout petit peu. Mais c’est pas grave …


On retrouve le dessin noir et blanc, tout en nuance de gris, magnifique, le silence, le calme et, de temps en temps, les explosions de couleur, de violence qui n’en sont que plus marquantes.


On retrouve l’empathie de Larcenet, son traitement subtil et très émouvant de la folie, de la différence, de la douleur … Et puis on sent que l’histoire arrive à un tournant, avec la victime annoncée qui fait son apparition et amorce le suspense qui grandira sans aucun doute dans les albums à venir.


Indispensable, comme les deux premiers. Il ne reste plus qu’à attendre, avec impatience la suite de cette série hors norme, comme son protagoniste principal.


Si vous voulez vous faire une idée de l’objet, vous pouvez aller feuilleter, virtuellement, les premières pages sur le site de l’éditeur.


Manu Larcenet / Blast, TIII, La tête la première, Dargaud (2012).

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 21:16

Voici venir les premiers commentaires sur des bouquins achetés au salon TPS du week-end dernier. En commençant par la vraie découverte pour moi, le superbe carnet de voyage Viva la vida de Jean-Marc Troub’s et Edmond Baudoin.


Viva la vidaCiudad Juarez. Depuis 1993 des centaines de femmes ont été violées, torturées et tuées, en toute impunité. On peut se faire une idée de l’affaire en allant voir le web documentaire de Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal, ou en lisant leur bouquin. On peut aussi lire le roman très dur (et très fort) de Patrick Bard, La frontière.


Jean-Marc Troub’set Edmond Baudoin ont choisi une autre approche. Ils sont parti à Ciudad Juarez avec leurs carnets à dessins, leurs crayons et pinceaux, et ont proposé un marché aux gens qu’ils croisaient dans la rue, dans les bars, dans les bus, dans les maquiladoras : Ils faisaient leur portrait, le leur offrait et leur demandait en échange quel était leur rêve. Le soir, à partir d’esquisses et de photos, dessin et rédaction du carnet de voyage. Et c’est ce carnet que vous avez dans les mains.


Le résultat est étonnant. Très beau pour commencer avec ses planches qui alternent portraits serrés et vues d’ensemble, images de rues et paysages désolés, scènes de vie intenses dans un bar, une classe ou une fête et désolation de la mort quand ils relaient les gros titres des journaux …


Très émouvant aussi dans cette permanente coexistence d’un environnement incroyablement violent où la mort frappe quotidiennement en toute impunité et d’une vitalité et d’une « normalité » étonnantes. Etonnant (ou pas) de voir comme les rêves des habitants de Ciudad Juarez sont les mêmes que les nôtres, comme on peut profiter de la moindre éclaircie pour voir des amis, aimer, faire de la musique, lutter, espérer …


Le parfait complément des romans et essais précités, salué à juste titre par Taibo le week-end dernier comme une œuvre éminemment politique, au sens noble du terme, dans sa façon unique de donner la parole à ceux qui souffrent sans jamais imposer au lecteur (et aux témoins interrogés) le moindre discours, ni moralisateur, ni compassionnel ; encore moins condescendant.


A noter la préface signée … Paco Ignacio Taibo II. Et vous pouvez aller sur le blog que les auteurs ont dédié à Viva la vida.


Edmond Baudoin et Jean-Marc Troub’s / Viva la vida, L’association (2011).

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 22:34

Rivages et Casterman continuent la mise en bulles des œuvres du fond Rivages. Chauzy adapte Rouge est ma couleur de Marc Villard.

 

Villard Chauzy

Barbès. Lors d’une intervention de routine, le coéquipier de David Nolane est abattu sous ses yeux. Et David plonge, déprime et picole. Jusqu’à ce que sa fille débarque, avec sa vitalité, sa musique et ses problèmes de came. Il décide alors de traquer l’assassin, un dealer surnommé Big Brother. Le problème est qu’il semble insaisissable et surtout protégé, très protégé … Il se pourrait même que ce soit un flic … Et il commence à faire le vide autour de Nolane et à approcher sa fille.


Flics pourris, Barbès, came, déprime, musique, la nuit … Pas de doute on est bien chez Marc Villard. Cette ambiance nocturne, de dérive et de déprime Chauzy fait le choix original de ne pas l’illustrer par des planches sombres, grises et à dominantes noires. Au contraire, ce sont les lumières artificielles de la nuit qu’il montre. Rouge des gyrophares des flics, vert des néons, bleu des écrans, jaune des lampadaires … Ca claque, ça flashe et on gagne en couleurs et en ruptures chromatiques ce qu’on perd forcément en simplifiant et en coupant la prose inimitable de Marc Villard.


Et le final, quasi sans parole est superbe, vraiment. Une très belle adaptation donc, une de plus dans cette collection.


Marc Villard, Chauzy (dessin) / Rouge est ma couleur, Rivages/Casterman/Noir (2010).

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