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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 21:06

Cela faisait un moment que j’avais abandonné mes oubliés du TOP 100. En voici un de plus. Je n’ai pas grand-chose sur Henry Porter qui est apparu, assez récemment, sur la scène des grands écrivains d’espionnage. Pour dire, il n’est pas dans le DILIPO ! On peut aller sur son site, mais on n’y trouve que peu de renseignements biographiques (il vit à Londres, est écrivain et journaliste, il écrit dans l’observer).

Je n’ai même pas lu tous ses romans traduits, seulement deux, mais ils m’ont marqué, par leur construction, leur intelligence et leur suspense. Tout pour faire d’Henry Porter le digne héritier du grand Le Carré.

Nom de code : Axiom day commence à Londres, à 19h30. Stan Lindow, irlandais, récemment revenu pour prendre un poste à l'Imperial College après une brillante carrière au MIT attend son frère Eammon dans Clarence Street quand le bus qui approchait explose. Aussitôt c'est l'enfer. Stan est blessé et amené à l'hôpital. Au moment de sortir, il est embarqué par deux policiers, et apprend avec stupéfaction qu'il est considéré comme suspect. Interrogé sans relâche, il ne craque pas, mais apprend qu'Eammon qui était dans le bus est très grièvement blessé, et est soupçonné d'être son complice. Le commissaire Foyle, en charge de l'enquête, est presque sûr que les deux frères sont innocents, et après la garde à vue réglementaire, fait libérer Stan. Mais Foyle est aussitôt désavoué par sa hiérarchie, et les services secrets font pression pour le faire évincer. Pourquoi ? Qu'est-ce qui pousse tous ces hauts personnages à insister sur la culpabilité d'un innocent ? Qui protège t'ils ainsi ? Quel secret inavouable ?

Tout est réussit dans ce pavé qui se lit d'une traite, de préférence pendant les vacances pour ne pas devoir perdre du temps au travail : Les personnages sont très convaincants, bien construits, complexes, humains, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs ambitions, leur noblesse mais aussi leurs côtés moins ragoûtants. Le contexte est bien rendu, autour de la question irlandaise, et des difficultés qu'il y a à construire la paix, après tant d'années de guerre, et d'enchaînement aveugle attentat / répression. Pour finir, la construction prend son temps, met bien les choses en place, accroche le lecteur, pour accélérer et finir en apothéose dans un suspense parfait qui empêche de lâcher le bouquin une fois entré dans la dernière ligne droite.

Empire state, pour sa part, traite du terrorisme islamiste. Malgré la vigilance des services secrets anglais, un conseiller spécial du président des Etats-Unis est assassiné lors de son arrivée à Londres où il devait rencontrer le premier ministre. Au même moment, à l’aéroport d’Heathrow, Isis Herrick, chargée de la filature d’un libraire musulman, remarque un étrange manège parfaitement coordonné, qui conduit à un échange d’identité entre une douzaine de passagers. Immédiatement, une cellule de crise se met en place, craignant que quelque chose de très gros ne se prépare …

Henry Porter confirme ici qu’il est bien un des très grands du roman d’espionnage, dans la lignée de l’incontournable John Le Carré. En plus de cinq cent pages, il réussit à passionner le lecteur pris dans un suspense implacable, à décortiquer le fonctionnement des services secrets occidentaux, noyés dans la technologie et les quantités inextricables de données qu’ils recueillent, gangrenés par les rivalités internes, et à décrire de façon extrêmement documentée et crédible la nébuleuse du terrorisme islamiste, ses méthodes, ses réseaux financiers, ses façons de préparer ses gros coups … Il se montre aussi à l’aise dans les scènes d’actions spectaculaires, que dans la description du travail routinier d’espion, et donne à ses personnages une vraie épaisseur. Ils sont humains, complexes, parfois tenaillés par le doute, non exempts de faiblesses et de failles, bref extrêmement attachants. Un autre réussite éclatante.

Il y a deux autres romans d’Henry Porter traduits en français (Une vie d’espion et Brandebourg).

Nom de code : Axiom Day  (Remembrance Day, 1999) Folio policier (2005). Traduit de l’anglais par Jean-François Chaix. Empire state (Empire state, 2003) Folio policier (2007). Traduit de l’anglais par Jean-François Chaix.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

Xavier 29/08/2010 03:54



J'ai le temps, je n'ai pas le temps. Tout est une question de choix ou de priorité, n'est-ce pas? 


Je viens de finir Brandebourg et je suis tout de louanges, voir http://aupolicierchinois.over-blog.com/article-brandebourg-d-henry-porter-56131709.html



Jean-Marc Laherrère 29/08/2010 22:56



Absolument ! Mais la rentrée est là et bien là, et j'ai oublié Porter dans mes devoirs de vacances.


Je vais aller lire tes louanges de ce pas.



. 27/08/2010 04:36



Je suis à la moitié de Brandebourg et le roman est vraiment excellent grâce à une construction au millimètre près, des personnages travaillés et attachants, j'ai peur pour la vie du
professeur. Je n'ai encore fini certes mais je le trouve bien au-dessus des deux autres romans cités. A suivre...



Jean-Marc Laherrère 27/08/2010 09:04



Il faut donc que je le lise. Mais quand trouver le temps ?



Hannibal le lecteur 28/03/2009 13:49

J'avais déjà signalé cette info dans un autre commentaire mais je la répète ici puisqu'on parle de l'auteur concerné.
Le magazine LiRE a élu Brandebourg d'Henry Porter meilleur polar 2008.
La chronique se termine sur ces mots : "Après Empire State sur l'Amérique post-11 Septembre et Nom de code: Axiom Day sur l'Ira, le voici installé au sommet du roman d'espionnage."

Le lien : http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=53029/idR=200

Je n'ai personnellement pas encore eu l'occasion de lire cet auteur.

Jean-Marc Laherrère 28/03/2009 15:55


Merci pour l'info (qui est effectivement à sa place ici).


Pascale 28/03/2009 02:35

Moi je n'ai rien à dire sur Harry Potter, heu... Henry Porter, mais je suis toujours en train de lire Peindre au noir de Russell James et c'est juste super.

Jean-Marc Laherrère 28/03/2009 11:40


Il ne reste plus qu'à attaquer Porter après Russell ...


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