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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 21:25

Je ne connaissais pas Jacques-Olivier Bosco, mais j’ai vu fleurir sur les blogs des avis très positifs, enthousiastes même sur son dernier roman Loupo. Donc j’ai essayé.

Bosco

Loupo, Kangou et Le Chat se sont connus à l’assistance publique. Le Chat a trouvé un boulot qui lui donne accès à des infos intéressantes. Il les refile à ses amis qui réalisent les braquages. Pour l’instant tout roule. Jusqu’à ce bureau de poste où Loupo tire sur un môme qu’il n’avait pas vu. A partir de là, de braqueurs ils deviennent meurtriers et la course poursuite se déclenche, avec les flics, mais également les bandes qui, les croyant affaiblis décident de s’emparer de leur territoire. Une course poursuite forcément sanglante, et qui ne pourra que mal finir.


J’ai essayé, je vois les quelques défauts, des qualités, mais au final, ce n’est pas mon truc …


Autant se débarrasser des défauts tout de suite … l’auteur nous met dans la peau de son personnage Loupo. Mais à mon goût, il y laisse trop de Jacques-Olivier Bosco et ne fait peut-être pas assez confiance à son lecteur. Je m’explique. Au détour d’une phrase, d’une réflexion, Loupo jeune homme sans éducation, qu’on ne voit jamais s’intéresser au monde a des réflexions politiques (au sens réel du terme) avec lesquelles je suis au demeurant d’accord, mais qui ne cadrent pas avec le personnage. Je sais c’est un détail, mais c’est parfois le genre de détails qui me font un peu décrocher. De même l’explication du « traumatisme » originel à la fin du bouquin m’a parue artificielle, comme si l’auteur n’avait pas trouvé comment la caser avant. Encore un détail me direz-vous, que je n’aurais certainement pas remarqué si j’avais été emballé par le reste.


Le reste ce sont les qualités du roman, mais qui malheureusement font aussi que je n’ai pas été emballé.


Ca va vite, très vite, avec une vraie énergie. Et j’aime cette énergie, mais pas forcément son rythme. J’ai lu quelque part que l’auteur voulait mettre en scène la jeunesse, au travers d’un style très rapide qui rappelle le jeu vidéo. C’est certainement réussi. Il se trouve que rien ne m’emmerde plus que le jeu vidéo, et que la rapidité (l’hystérie si on est méchant) d’un certain cinéma actuel qui veut, justement, faire comme le jeu vidéo m’insupporte. Donc c’est voulu, c’est réussi, mais je n’aime pas.

L’écriture très travaillée regarde (me semble-t-il) du côté du rap et du slam. Et c’est réussi. Manque de chance, j’ai eu beau essayer, je n’aime ni le rap, ni le slam. Donc là encore gagné, mais c’est moi qui ne suis pas le bon lecteur pour ça. Côté style, comme je l’ai dit il y a peu, je m’aperçois que de plus en plus je me sens « leonardien » quand il disait : « La plus importante de mes règles résume toutes les autres. Si ça a l’air écrit, je réécris ».


Pour finir le personnage central du braqueur ne m’intéresse que très rarement. Il faut qu’il sonne vrai comme chez Bunker ou Benotman (je sais ce n’est pas un hasard), drôle ou implacable comme chez Westlake ou Stark (je sais c’est le même). Si je réfléchis (ça m’arrive, rarement mais ça m’arrive) plus peut-être qu’avec d’autres thématiques, il faut que je sois emporté par l’écriture. Et là, plus pour des raisons de goût personnel que de qualité de l’auteur, je ne marche pas.


Pour résumer, un roman avec de vraies qualités, mais qui ne me touchent pas, ce qui fait que j’ai été sans doute exagérément sensible à ses défauts …


Jacques-Olivier Bosco / Loupo, Jigal (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Yv 09/10/2013 17:43


Bonjour


je ne suis pourtant pas fan du genre qui va très très vite, mais j'aime bien les polars de JO Bosco, le langage sans doute et plein de choses et d'autres. Je reconnais qu'il y a des maladresses,
des incohérences, mais chez moi, elles passent assez bien, prises dans le rythme. J'ai donc aimé aussi ce Loupo après Le cramé


 

Jean-Marc Laherrère 09/10/2013 23:31



J'ai remarqué que quand on adhère à un bouquin, on est beaucoup plus indulgent envers les défauts, et qu'on en voit que ça quand on ne se laisse pas embarquer.



holden 06/10/2013 22:30


oui a  part que lui il va prendre une fessée ^^


bon fais un article, c'es bien que sur le site on est des aticles differents


m'enfin 

Jean-Marc Laherrère 06/10/2013 22:44



Je vous laisse régler ça entre vous ...



wollanup 05/10/2013 11:24


Bonjour Jean Marc,


J'ai la même opinion concernant ce roman.Trop d'action tue l'action?


C'est peut-être aussi une question d'âge,de génération,d'état d'esprit du moment,de période dans l'année...?Je suis aussi resté,malgré ses qualités, à côté de ce roman.


Amicalement.


Wollanup


 

Jean-Marc Laherrère 05/10/2013 12:40



On est donc quelques uns à ne pas être touchés par ce roman.



holden 04/10/2013 09:19


ah pas mis les pies dedans encore, j'ai besoin de leger en ce moment, preston, child, nocturnes de connolly, besoin de souffler ^^


je reprendrai avec la fille de la pluie de pierri guittraud


sinon lisez " et parfois j'ai comme une grande idée" de l'auteur de vol u dessus d'un nid de coucou, chez toussaintl'ouverture, un futur classique


 


bonne lecture mon ami

Jean-Marc Laherrère 04/10/2013 10:30



Je note ton futur classique. Et je m'aperçois que je ne me souviens plus si j'ai lu Vol au dessus ... Le souvenir du film écrase tout le reste !



holden 03/10/2013 20:02


mais fort heuresement qu'on n'aipe pas tous la m^me chose, mon dieu que ce serait triste, en plus on aurait un ego demesuré ^^


oi j'ai adoré, mais ta chronique est belle et franche, et ca, c'est rare

Jean-Marc Laherrère 03/10/2013 21:04



Merci, et j'avais bien vu que tu avais aimé.


Je suis dans l'autre chair, pour l'instant j'aime beaucoup, et je n'ai pas la moindre idée d'où il veut aller.



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