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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 12:07

Après son premier roman très remarqué, Victor del Arbol revient avec La maison des chagrins. Moins historique (quoique …), mais toujours aussi dense.

Del Arbol

Eduardo est un homme détruit. Peintre de renom, il a tout perdu quand un chauffard a percuté sa voiture, tuant sa femme et sa fille. Après des semaines à l’hôpital, il a retrouvé l’homme et l’a tué. Ce qui lui a valu quatorze ans de prison. Il survit maintenant, entre l’alcool, les médicaments que lui prescrit sa psychiatre, et quelques peintures de commande. Jusqu’au jour où la galeriste qui le maintient vaguement à flot lui transmet une étrange demande : Une femme, violoniste célèbre, veut qu’il peigne le portrait de l’homme qui a tué son fils dans un accident de voiture. Sans trop savoir pourquoi Eduardo accepte et ouvre la boite de Pandore. L’ouragan de haine et de vengeance qui s’en échappe emportera tout sur son passage.


Victor del Arbol confirme avec ce roman les belles qualités de son roman précédent. Sans révolutionner le genre il livre un solide roman noir. Un roman très dense, long sans jamais tirer à la ligne, pas le genre qui se lit par petits bouts en étant interrompu tout le temps, ou en pensant à autre chose, mais le petit effort consenti est amplement récompensé.


Une fois de plus, tous ses personnages sont lacérés par la vie et prêt à basculer dans la folie ou l’horreur, quand ce n’est pas déjà fait. Si le contexte historique est un peu moins présent que dans la Tristesse du samouraï, il est quand même là, en toile de fond, et ce sont bien les violences de l’histoire (de la guerre d’Algérie à la seconde guerre mondiale, en passant par les dictatures sud américaines) qui, dans bien des cas, ont fait des personnages ce qu’ils sont.


Au delà de ce contexte, la construction est remarquable. Une spirale de haine et de vengeance, un tourbillon que le lecteur découvre peu à peu, un labyrinthe qui ramène finalement tout le monde au point de départ. La construction est vraiment étonnante, virtuose, et réserve au lecteur quelques coups de théâtre que je me garderai bien de révéler.


Un auteur à suivre décidément, que les lecteurs toulousains pourront venir rencontrer dans les jours qui viennent (je vous en reparle, promis).


Victor del Arbol / La maison des chagrins (Respirar por la herida, 2013), Actes Noirs (2013), traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
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commentaires

Norbert 21/08/2014 00:52


Wow, wow, wow... J'avais entendu tout le bien qui avait été dit de La tristesse du samouraï, et donc à la rentrée dernière, après quelques confirmations comme ta chronique, j'avais acheté ce
second roman de Victor del Arbol. Je l'ai commencé il y a deux ou trois jours maximum, et je peux te dire que je suis en train de prendre une monstrueuse claque ! Dès les premières pages, j'ai
été intéressé et fasciné, très vite ce roman m'a passionné et de plus en plus, et depuis, à chaque nouveau chapitre, je suis encore un peu plus impressionné et remué qu'avant : c'est dire ! Ses
personnages sont magnifiques, l'humanité dans toute sa douleur et son horreur, son écriture est superbe, puissante et poétique, et son intrigue est tout simplement d'une construction
vertigineuse. Je ne l'ai pas encore terminé (je ne me presse pas, au contraire, et pourtant les pages défilent vite malgré tout, j'ai attaqué le dernier tiers), mais bon sang, quel roman, quelle
noirceur, et pourtant, quelle beauté !!

Jean-Marc Laherrère 21/08/2014 07:43



Enchanté que cela te plaise. J'ai de mon côté beaucoup aimé le Nicolas Mathieu, chornique à venir.



michelle hervé 03/11/2013 22:24


des personnages  que j'aurai du mal à oublier, un roman surprenant, magnifique.

BMR 30/09/2013 07:30


De la tristesse du samouraï j'avais trouvé l’intrigue un peu too much et Victor del Arbol victime de son ambition : à trop vouloir se faire entrecroiser les destins tourmentés de ses
nombreux personnages, il finissait par nous lasser en chemin à force de trop d’artifices.


À te lire, je n'ai pas l'impression que celui-ci s'épargne les travers de celui-là ...
Mais je note quand même : une seconde tentative de lecture est souvent nécessaire.

Jean-Marc Laherrère 30/09/2013 08:15



Si tu as trouvé qu'il en faisait trop côté intrigue, tu vas avoir le même ressenti cette fois, car là aussi, c'est vrai, il en met pas mal ... De mon côté cela ne m'a pas géné, mais on retrouve
effectivement cette caractéristique.



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