Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:29

L’académie Nobel met en ligne les discours des zeureux zélus. Et donc cette année, on peut aller lire le discours de Mario Vargas Llosa. On peut aller le lire en français, en espagnol, en anglais, en allemand et en suédois. Et on peut aussi le récupérer au format pdf pour l’imprimer et le lire sur papier. C’est là. Et ça commence comme ça …

 

« Éloge de la lecture et de la fiction


J’ai appris à lire à l’âge de cinq ans, dans la classe du frère Justiniano, au collège de La Salle à Cochabamba (Bolivie). C’est ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie. Presque soixante-dix ans après je me rappelle nettement comment cette magie, celle de traduire en images les mots des livres, a enrichi mon existence, brisant les barrières de l’espace et du temps en me permettant de parcourir avec le capitaine Nemo dans son sous-marin vingt mille lieues sous les mers, de lutter aux côtés de d’Artagnan, d’Athos, de Porthos et d’Aramis contre les intrigues qui menaçaient la Reine au temps du retors Richelieu, ou de me traîner dans les entrailles de Paris, devenu Jean Valjean, portant sur son dos le corps inerte de Marius. »

 

Bonne lecture.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère
commenter cet article

commentaires

Maïté 14/12/2010 09:25



Oui, merci d'avoir mis en ligne ce beau discours. 


"Ma mère me raconta que les premières choses que j’écrivais étaient les suites des histoires que je lisais, parce que j’étais triste qu’elles finissent, ou que je voulais en corriger la fin."


"j’ai pu consacrer une bonne part de mon temps à cette passion, ce vice et cette merveille : écrire, créer une vie parallèle où nous réfugier contre l’adversité, et qui rend naturel
l’extraordinaire, extraordinaire le naturel, dissipe le chaos, embellit la laideur, éternise l’instant et fait de la mort un spectacle passager."


"Flaubert m’a enseigné que le talent est une discipline tenace et une longue patience."


"Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l’esprit critique, moteur du progrès,
n’existerait même pas. Tout comme écrire, lire c’est protester contre les insuffisances de la vie. Celui qui cherche dans la fiction ce qu’il n’a pas exprime, sans nul besoin de le dire ni même
de le savoir, que la vie telle qu’elle est ne suffit pas à combler notre soif d’absolu, fondement de la condition humaine, et qu’elle devrait être meilleure."


On ne peut pas les citer toutes mais que de belles choses dans ce discours, que de belles choses...Allez, encore une.


"Quand la grande baleine blanche ensevelit Achab dans la mer, le cœur des lecteurs se serre pareillement à Tokyo, Lima ou Tombouctou. Lorsqu’Emma Bovary avale son arsenic, qu’Anna Karénine se
jette sous un train et Julien Sorel monte à l’échafaud, et quand, dans Le Sud, de Borges, le gentil docteur Juan Dahlmann sort de ce café de la pampa pour affronter au couteau un tueur,
ou quand nous réalisons que tous les habitants de Comala, ce village de Pedro Páramo, sont morts, le frisson qui nous parcourt est le même chez un lecteur qui adore Bouddha, Confucius,
le Christ, Allah ou est agnostique, qu’il porte veston et cravate, djellaba, kimono ou bombachas."


Ca fait chaud au coeur.






Jean-Marc Laherrère 14/12/2010 10:05



Je me doutais que ce discours te plairait !


Effectivement, beaucoup de belles choses qui donnent envie de continuer à lire (et à écrire je suppose pour ceux et celles qui écrivent).



Laurent 13/12/2010 22:50



Merci.



Jean-Marc Laherrère 13/12/2010 22:58



De rien.



Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact