Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 21:54

J’avais découvert Nury Vittachi et son énergumène, C.F. Wong il y a quelques années avec Le maître de fengshui perd le nord. Hilarant. Puis les éditeurs avaient traduit un recueil de nouvelles très décevant, et je l’avais oublié. Jusqu’à ce que j’aperçoive Le maître de fengshui est à l’ouest sur les tables de ma librairie de prédilection, et que je décide de lui redonner une chance. Bien m’en a pris !

 

VittachiLes affaires vont mal, très mal pour C. F. Wong, maître de fengshui de Singapour. Aussi, malgré son mépris et sa crainte de l'Occident est-il obligé d'accepter une mission bien inhabituelle : Arranger les salons d'un A380 plus que luxueux, destiné à devenir un véritable centre d'affaires volant et … analyser la disposition d'un certain palais de Buckingham. En effet, l'avion est en partance de Hong Kong pour Londres, et depuis quelques temps la Famille Anglaise subit de sérieux revers. Toute aide serait donc la bienvenue. Bien entendu, il serait grassement payé. Tout cela semble bel et bon, mais heureusement, très rapidement, les grains de sables vont enrayer la machine …

 

Commençons par un avertissement. Si vous cherchez dans un polar une intrigue retorse, avec des déductions savantes et une progression millimétrée, passez votre chemin. Ceux qui n’aiment pas diront sans doute que l’histoire est complètement irréaliste, incohérence, pas un poil crédible. Arbaracatrabrantesque ou quelque chose dans le genre.

 

Ceux qui aiment (dont moi), la trouveront tout simplement loufoque. Et surtout, on se marre à toutes les pages. Si Nury Vittachi n'est pas un génie de l'intrigue, c'est un magicien du dialogue et un maître es situations. La confrontation, vue par ses yeux, entre Orient et Occident est absolument hilarante, on éclate régulièrement de rire, et ça fait un bien fou. A ne rater donc sous aucun prétexte.

 

Le comique s’appuie sur une présentation burlesque très réussie de certaines actions, et surtout sur l’incompréhension totale entre Wong, vieux chinois comprenant mal l’anglais, et encore plus mal notre société, et son employée (jeune australienne gentille mais pas forcément lumineuse) et surtout les envoyés de la Queen. Ce qui donne ce genre de dialogue :

 

« au décès de la Princesse de Galles, entre autres choses.

- La Princesse de Galles est morte elle aussi ?

- Comment ça elle aussi ?

- Eh bien, Lady Diana est morte dans un accident de voiture.

- Oh, je vois, non … Il ne s’agit pas d’une autre princesse. La princesse de Galles est le titre officiel - de Lady Diana … Euh … La Princesse Diana, pour être correct.

- C’était une princesse galloise ?

- Non, une roturière anglaise. Mais elle portait le tire de Princesse de Galles

Wong estima qu’il valait mieux ne pas essayer de comprendre. »

 

Ou

 

« Les reines sont Regina. Les rois sont Rex.

En entendant cela, les sourcils du maître de fengshui se froncèrent. « Mais Joyce m’a dit que Rex voulait dire chien en Angleterre. »

Manks réfléchit. « C’est vrai, d’une certaine façon. En occident, le mot latin Rex est utiliser pour baptiser les chiens, mais cela veut aussi dire Roi. »

Wong secoua lentement la tête. Pas étonnant que la civilisation occidentale soit dans une état aussi lamentable. Aucun sens des convenances. »

 

Voilà, et des comme ça il y en a des wagons.

 

N’allez cependant pas croire que la charge est à sens unique. Si les représentants de la Royauté en particulier, et les occidentaux en général ne sont pas épargnés, Wong non plus : cupide, égoïste, rapace, férocement individualiste, bourré de préjugés … Terriblement humain, et très drôle.

 

Nuri Vittachi / La maître de fengshui est à l’ouest (Mr Wong goes west, 2008), Picquier/Poche (2010), Traduit de l’anglais (Hong Kong) par Cécile Leclère.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans polars asiatiques
commenter cet article

commentaires

Michel 18/08/2010 21:53



Il s'agit toujours de Joyce mc quelquechose, la m"moire :-((



Jean-Marc Laherrère 18/08/2010 22:13



C'est bien elle, la plaie récurente de ce pauvre Wong.



Xavier 18/08/2010 10:07



Sensible, oui, en plein dans le mille, je suis en train de déménager de Pékin à Shanghai et pour la nouvelle habitation, on préconise à droite à gauche pour être dans le bon sens du fengshui




Jean-Marc Laherrère 18/08/2010 10:59



Essaie de voir si C.F. Wong est dispo ...



Xavier 18/08/2010 07:32



Je ne connaissais pas, je mets cet auteur sur ma liste des belles découvertes alors.



Jean-Marc Laherrère 18/08/2010 09:10



Tu peux. Et tu devrais, pour des raisons évidentes, être particulièrement sensible à son propos !



Michel 17/08/2010 20:24



Non c'est un roman, assez délirant, comme les autres


avec un personnage féminin qui met le souk partout , en plus du maitre, c'est dire



Jean-Marc Laherrère 17/08/2010 22:53



Il faut donc que je me renseigne ... Et le personnage féminin qui met le souk, c'est pas son "emplyée" australienne ?



Michel 16/08/2010 20:32



Il te reste , fatal fengshui, le troisième  


j'ai également sauté dessus dès que je l'ai vu, mais il s'est enlisé dans ma PAL



Jean-Marc Laherrère 16/08/2010 21:59



Ce n'est pas le receuil de nouvelles justement le fatal fengshui ? Parce que j'ai vu qu'il y a aussi un shanghai fengshui que je n'ai pas lu.



Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact