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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 21:47

Le travail de réédition effectué par les éditions Rivages est une vraie bénédiction pour les amateurs. Ceux qui avaient lu les textes dans leurs premières éditions peuvent découvrir des traductions plus fidèles, compléter leurs collections ou découvrir des romans à côté desquels ils étaient passés. Les nouveaux venus dans le monde du polar peuvent facilement découvrir les grands auteurs. Après le boulot réalisé sur les séries Dortmunder/Parker de Westlake/Stark, voici un bijou noir d’un des plus grands maîtres du genre, L’échappée de Jim Thompson, un vrai bonheur d’autant plus que je ne connaissais pas ce roman.

thompson

A peine sorti de prison, Doc McCoy et sa femme Carol préparent, avec un troisième complice, le braquage d’une banque qui leur permettra de se retirer, riches. Le coup se déroule comme prévu, mais c’est ensuite que les ennuis commencent. Et si Doc a toujours l’air d’un gentleman souriant et sympathique, s’y fier serait une grave erreur. Doc est un truand, un vrai, prêt à écarter par tous les moyens quiconque se met en travers de son chemin. Ce qui a commencé comme un holdup parfaitement programmé tourne au jeu de massacre.

Les amateurs de Jim Thompson se doutent bien que la cavale de Doc et Carol ne va pas être pavée de roses, et que le récit risque fort de ne pas prêter à rire … C’est que le grand Jim n’était pas connu pour son optimisme et qu’il ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine.


Cela se vérifie une fois de plus dans ce récit impeccable, millimétré et glaçant. Le personnage de Doc est particulièrement marquant. Sous des dehors bonhomme et une allure de gentleman flegmatique se cache un tueur sans pitié, une vraie machine qui pourrait préfigurer Parker de Richard Stark. Comme lui il ne tue pas par plaisir, mais n’hésite jamais à le faire si tuer est la solution la plus simple.


Mais là où Stark/Westlake s’amuse à accumuler les obstacles pour avoir à inventer des solutions plus ingénieuses les unes que les autres, chez Thompson les obstacles sont prétextes à révéler chaque fois un peu plus la part de folie et de noirceur de l’âme de ses personnages.


Et je ne vous parle même pas du final, absolument hallucinant. Vraiment un grand roman à (re)découvrir.


Jim Thompson / L’échappée (The Getaway, 1958), Rivages/noir (2012), traduit de l’américain par Pierre Bondil.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands classiques
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commentaires

Bad Chili 16/12/2012 22:33


Je viens de le lire et le premier qualificatif qui me vient en tête c'est : brutal. Pas étonnant que Peckinpah s'y soit intéressé. Sinon, les scènes avec Carol (celles de la grotte et de la gare)
sont juste flippantes à souhait. Et la dernière partie, tellement étonnante et singulière que je me demande encore si je l'ai rêvée.

Jean-Marc Laherrère 16/12/2012 22:45



J'ai acheté le film, je le regarderai donc un de ces jours. Et je comprends que le final ait été coupé par Peckinpah, trop étrange, trop peu hollywoodien.



pierre Bondil 09/12/2012 21:30


Dans le texte Gallimard, il y avait 5% de coupes (dont la toute fin, soit plus d'une page) et cependant le texte était plus long que celui de L'Échappée à cause de redondances et
d'ajouts inutiles. J'ai revu deux fois le film de Peckinpah et je trouve que l'adaptation est plus qu'honorable. La fin est un peu plus ouverte que celle du livre, c'est vrai, mais le camion à
ordures pour remplacer la grotte, notamment, est une belle trouvaille. Ce qui concerne le train est très réussi également. Un grand bonjour, Jean-Marc.

Jean-Marc Laherrère 10/12/2012 07:24



Bonjour et bravo pour la traduction.


Il faut absoluement que je vois ce film. Comme Noël approche, c'est une bonne occasion de me faire un cadeau ...



francois brondel 04/12/2012 07:51


Peut-être que Rivages corrigera pour le prochain tirage ...

Jean-Marc Laherrère 04/12/2012 09:43



Si prochain tirage il y a. Ce qui serait une excellente nouvelle.



francois brondel 03/12/2012 20:12


j'ai commencé aussi à relire Thompson, en commencant par l'autre nouvelle traduction : "L'assassin qui est en moi" (The killer inside me) - pour moi au meme niveau que 1275 ames. Juste deux
petites coquilles pour gater le plaisir : le titre original de l'échappée (The geteway au lieu de The getaway), et le titre indiqué pour la traduction série noire du Killer, qui était Le démon
dans ma peau (et pas dans LA peau). Titre qui était malheureusement bien loin du coté "factuel" du titre original "The killer inside me".

Jean-Marc Laherrère 03/12/2012 22:44



Je corrige, merci.



Laurent V 03/12/2012 10:46


Le film avec Mc Queen est vraiment sympa mais Peckinpah a du édulcoré la fin à cause des producteurs. Mise à part ça le film est réussi et reste un de mes favoris de Sam.


Quant au livre c'est pour moi l'un des meilleurs de Thompson et dans cette version, Pierre Bondil à fait un excellent travail de traduction.

Jean-Marc Laherrère 03/12/2012 22:40



J'imagine bien que la fin du bouquin était inadmissible pour l'industrie du cinéma américain.



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