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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 22:46

J’ai fait un très sale coup à Maïté Bernard. Avant toute chose, si elle passe par ici, je la prie de m’en excuser …


Voilà. Après le monumental Un pays à l’aube, je ne savais pas trop quoi lire qui tienne le choc. J’avais sous le coude monsieur madone, que très gentiment Maïté (croisée à l’occasion de divers festivals) m’avait fait parvenir. U roman qui, de toute évidence, n’avait rien à voir avec le Lehane : ce n’est pas un polar, il est court, il est intimiste. C’est donc elle qui a eu la lourde tâche de succéder au monument … Mon choix aurait pu lui être fatal, il n’en fut rien.


La narratrice est photographe. Elle est en deuil. Depuis 5 ans. Depuis qu'Hugo, son compagnon, s'est suicidé pour ne pas vivre l'agonie d'un cancer. Depuis elle fuit, d'un pays en guerre à un autre, coupant les ponts avec la famille d'Hugo. Aujourd'hui elle est de retour à Versailles, où elle va passer un après-midi avec Nicolas, le frère d'Hugo. Un après-midi pour marcher dans le parc, parler d'Hugo, comprendre la douleur des autres, et, peut-être, retrouver l'envie de vivre.


Maïté Bernard quitte le polar de ses débuts (Nimes Santiago et Fantômes) et donne la parole à une femme blessée. Elle le fait avec beaucoup d'humanité et de tendresse, lors d'une promenade sous la pluie qui laisse une impression à la fois douce et triste. Comme la saudade tant chantée par les portugais, les cap verdiens et les brésiliens.


Son court roman passe du bonheur des souvenirs heureux, à la douleur indicible du manque. Une douleur qui ne s'en va jamais, même si elle se fait moins vive et plus « supportable ». Elle dit très justement le refus d'être comprise par des gens qui ne peuvent pas comprendre, le refus d'être consolée d'un chagrin inconsolable. Elle dit avec beaucoup de tact l'impossibilité à partager ses sentiments, et pourtant, le partage possible avec un proche qui a connu la même perte. Et elle dit aussi l'envie de vivre, de nouveau.

Un très joli roman, plein d’émotion, de tact, de tendresse. Un bon choix après l’ampleur, le bruit et la fureur de Lehane.


Maïté Bernard / monsieur madone Le passage (2009).


PS. Juste une remarque, de casse pied pointilleux. La narratrice est photographe. Elle dit à un moment : « les photographes de presse compétents avaient un Nikon F2, F3 ou FM2, et certainement pas un appareil photo manuel … sauf, depuis son apparition en 1991, le Canon EOS ».  Petit lapsus. Les Nikon F2, F3 et FM2 sont justement des appareils manuels, et le Canon EOS est un des premiers autofocus de course.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
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commentaires

manik 08/03/2009 21:38

Très intéressant , merci à tous

Jean-Marc Laherrère 08/03/2009 22:31


De rien. Qui tous ?


M agali 02/02/2009 22:13

J'avais beaucoup aimé "Fantômes"déjà... et celui-ci est bien tentant!

Jean-Marc Laherrère 03/02/2009 09:06


Laisse-toi tenter ...


alain 20/01/2009 18:49

Je viens aussi de lire le très beau roman de Maité.

Jean-Marc Laherrère 20/01/2009 19:30


Bientôt sur ton blog donc.


jeanjean 18/01/2009 22:57

amateur de photo aussi ? ça nous fait un point commun de plus, avec le polar.
Sinon, pas facile d'enchainer après Lehane, eh oui. Pour ma part, j'ai lu Pascal Garnier, qui devrait te plaire...
PS : j'adore le FM2 ;-)

Jean-Marc Laherrère 19/01/2009 20:29


Photo, polar, musique ...
Je vais acheter le Garnier en même temps que le Winslow.


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