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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 22:45

Décidément, la rentrée nous gâte. Après une dernière nuit à Montréal remarquée Emily St. John Mandel revient avec un autre roman étrange et intrigant : On ne joue pas avec la mort.

Mandel

Anton, jeune new yorkais, est en voyage de noce dans un village italien avec Sophie, une violoniste virtuose au caractère instable. Contre toute attente, il décide de rester et de ne pas rentrer avec elle. Et attend. A New York, une agente du FBI enquête sur Anton, ses parents et sa cousine Aria. Pourquoi avant de partir Anton avait-il été mis au ban de son entreprise ? Dans quels trafics trempe Aria ? Qu’attend Anton dans l’ile d’Ischia ? Et quel est le rôle d’Elena, son ancienne secrétaire ? Autant de questions qui ne trouveront leur réponse que petit à petit.


J’ai relu ce que j’avais dit à propos de Dernière nuit à Montréal, et je pourrais en reprendre une bonne partie ici. Une fois de plus, de façon très fine et subtile l’auteur met en scène des personnages sans attaches, sans racines, capables de quitter un lieu du jour au lendemain pour s’installer ailleurs. Un ailleurs avec lequel ils ont de nouveau des liens assez lâches.


On pourrait même dire qu’ici, les racines sont plus des freins ou des poids qu’autre chose : Ils sont en particulier la malédiction d’Anton qui veut échapper à sa famille et à ses activités, et d’Elena qui veut absolument quitter son grand nord natal.


Intéressant de voir, en opposition à des auteurs de polar traditionnellement très attachés à un lieu, une ville, une terre (on ne compte plus les couples enquêteur/ville), où les personnages se définissent en grande partie par leur appartenance à des clans, des familles, des classes sociales ou des lieux d’histoire, comme Emily St. John Mandel écrit des polars flottants comme des ballons gonflés d’hélium, dérivant au gré des vents.


Mais je vais redescendre sur terre, pour vous dire qu’au-delà de ces considérations, il convient de souligner l’habileté de la construction, la maîtrise du suspense et de l’intrigue et la finesse dans la description des personnages. Souligner également comment l’écriture jamais appuyée est en accord avec le discours, même dans les moments les plus dramatiques, et il y en a.


Une vraie réussite, qui ne ravira certes pas les amateurs de thrillers pleins d’action, de baston, de sang et de larmes, mais qui séduira certainement tous ceux qui prendront la peine de rentrer dans son monde original et envoutant.


Emily St. John Mandel / On ne joue pas avec la mort (The singer’s gun, 2010), Rivages/Thriller (2013), traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

Norbert 14/04/2014 19:19


Alors là, ça y est, je suis tombé amoureux ! Non sérieusement, j'ai commencé ce bouquin en fin d'après-midi et je l'ai lu d'une traite jusqu'à deux heures du mat ! Et ce n'est pas qu'une question
de suspense, j'ai trouvé ce roman merveilleux, comme envoûtant, avec des personnages qui crèvent le papier, une construction brillante, un suspense psychologique très fin, mais en dehors de ça,
c'est vraiment le tout, l'histoire, la manière dont elle est racontée, que j'ai A-DO-RE ! Bon sang, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un tel roman, c'est une merveille !


Et son auteure m'a remercié de ce que j'avais écrit sur Facebook à propos de son livre, et m'a confirmé que son prochain paraîtra bien en août/septembre (comme celui-là) prochain ici. (Sur sa
photo^FB, elle a raccourci ses cheveux, elle est encore plus belle...)^^

Jean-Marc Laherrère 14/04/2014 19:26



Amoureux donc ...



Bad Chili 23/10/2013 23:14


J'ai vraiment beaucoup aimé aussi. J'avais émis quelques critiques sur son premier roman (une baisse de rythme dans une seconde partie trop longue à mon goût). Avec celui-ci, aucune réserve. Je
trouve la construction mieux maîtrisée. Ca commence comme un thriller paranoïaque au sein d'une entreprise et ensuite ça bascule dans tout autre chose, un truc beaucoup plus aérien... et ça
fonctionne vachement bien. J'ai été conquis.  

Jean-Marc Laherrère 23/10/2013 23:47



Et moi itou ...



Norbert 01/10/2013 22:13


Sur le site de Rivages, en dessous des fiches présentant ses romans, il y a plusieurs vidéos-entretiens avec elle qui, en plus d'être très intéressantes, m'ont fait fondre devant le sourire et
les fossettes de la belle, qui en plus n'a visiblement pas oublié d'être intelligente. Mais ça, ses romans en étaient la preuve.


Vas-y faire un tour (google le titre et son nom), elle parle de coment elle s'est lancée dans l'écriture, et comme elle est surprise qu'on la classe dans les romans noirs, elle qui n'était pas
consciente d'écrire un "genre" spécifique de littérature.

Jean-Marc Laherrère 01/10/2013 22:32



J'irai voir, merci pour les renseignements.



Norbert 01/10/2013 21:48


Salut JM,


Est-ce que tu as une (petite) préférence entre les deux romans de cette si jolie, heu pardon... talentueuse, auteure ?

Jean-Marc Laherrère 01/10/2013 21:54



Je ne savais pas qu'elle était jolie en plus, il y en a qui ne laissent rien aux autres ...


Je préfère ce second roman, mais de peu. Et ils peuvent se lire complètement indépendamment l'un de l'autre.



Tasha 24/09/2013 20:24


Ce roman fait partie des titres que j'ai repérés pour cette rentrée. Je n'étais pas complètement enthousiaste sur le précédent, dont j'avais peu aimé la seconde moitié, mais j'avais tout de même
été conquise par cet univers, par l'écriture, par ce côté "ancré nulle part". Du coup, ton billet me donne très envie de lire celui-ci. Pour le moment, je lis Nord de Frederick Busch, qui me
plaît beaucoup.

Jean-Marc Laherrère 24/09/2013 23:06



J'en ai lu et entendu beaucoup de bien, il fait que je lui trouve un moment dans mes lectures.



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