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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:24

Marcus Malte est un grand. Un très grand. Ceux qui ont lu Intérieur Nord savent déjà qu’il est aussi à l’aise dans le format novella (ces longues nouvelles ou courts romans) que dans celui du roman classique. Avec Cannisses il le confirme de façon éclatante.

 

Malte CanissesDans un de ces lotissements ou toutes les maisons se ressemblent, un homme souffre. Il vient de perdre sa femme, cancer, et se retrouve seul à élever deux jeunes enfants. En face, de l’autre côté de la rue, il observe à travers les cannisses une autre famille, heureuse. L’autre a toujours sa femme, la gamine a toujours sa mère. Pourquoi ? Pourquoi le malheur s’est-il abattu sur lui et pas sur eux ? Quelle justice en a décidé ainsi ? Est-ce qu’ils ne lui ont pas volé quelque chose ? 


Dès le premier chapitre Marcus Malte vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher. Certaines religions, certains moralistes essaient de nous faire croire que la douleur peut rendre meilleur, plus compatissant ou plus fort. Conneries. La douleur rend méchant, la douleur rend égare, la douleur rend fou. Et les victimes ont vite fait de se transformer en bourreaux.

 

C’est ce glissement vers la folie auquel on assiste ici. On sent bien le début de la fêlure dès les premiers mots de la narration à la première personne. Et on la voit s’élargir, devenir fissure puis crevasse. Avec une apparence de normalité, une écriture « plate », sans grande envolée rageuse ou hystérique, une écriture qui colle parfaitement à cette apparence de normalité.

 

Un texte à la fois bouleversant et glaçant.  


Marcus Malte / Cannisses, In8/Novella (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

clément 28/03/2012 22:43


pour le 1er point oui pour le 2ème un peu moins.


n'empêche je l'aurai bien voulu en court roman (200 pages) comme le fait Joseph Incardona (remington, 220 volts). 75 pages c'est trop court quand c'est si réussi !

clément 28/03/2012 22:28


j'ai pu lire Canisses grâce aux éditions l'Atelier in8 et ma "critique" est en ligne !


Encore une superbe nouvelle de Marcus Malte.


En points négatifs on ne sait pas ce qu'il fait des corps et surtout on dirait que dans la rue il n'y a que ces deux maisons là, personne d'autre pour remarquer ses allées venues ...


http://polars-addict.e-monsite.com/polars/populaires/malte-marcus.html

Jean-Marc Laherrère 28/03/2012 22:38



C'est de mon point de vue la force du texte. Rien de concret n'est décrit, ni les meurtres ni ce qui suit. Et pour le narrateur rien d'autre n'existe au mone que l'injustice là, en face, sous son
nez ...



Carine-Laure Desguin 20/03/2012 09:11


Depuis peu, je tombe en amour pour les romans noirs. C'est très très lumineux, un roman noir...

Jean-Marc Laherrère 20/03/2012 09:27



Parfois très lumineux effectivement, mais il y en a aussi de la famille des trous noirs, dont aucune lumière, la plus ténue soit-elle ne peut ressortir.



Carine-Laure Desguin 20/03/2012 07:07


Sur ma lancée, dans la série des Garnier, je viens d'attaquer "la théorie du panda"; j'aime; le personnage de Gabriel, un personnage intriguant, on se demande qui il est d'où il vient ...

Jean-Marc Laherrère 20/03/2012 08:48



Hihi, je n'en dis pas plus. Un magnifique roman de Pascal Garnier.



clément 18/03/2012 21:10


J'avais adoré Intérieur Nord, moins "Les harmoniques", énormément "Le lac des singes", etc.


Je vais essayer de ne pas louper celui-là !

Jean-Marc Laherrère 19/03/2012 09:03



Si tu as aimé intérieur nord celui-là devrait te plaire.



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