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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 02:50

C’est beau la côte patagone ! C’est même très beau.

C’est immense, c’est sauvage, on peut parcourir des centaines de kilomètres sans croiser âme qui vive, juste quelques guanacos et choiques.

Petit lexique :

Guanaco : petit lama vivant dans le sud de l’Argentine et du Chili.

Choique ou ñandu petizo : petite autruche vivant en Patagonie

Peludo : sorte de tatou

Ripio : revêtement de la route fait de gravier jeté sur de la terre. Caractéristique : si on freine ou si on braque dessus, on a droit à la même réaction que sur du verglas, droit dans le décor.

Donc, après plus d’une heure et demi sur des routes en ripio, où on a croisé deux voitures, les gardes à l’entrée du parc de la Peninsula Valdez, et quelques moutons et guanacos, premier arrêt sur la côte, à Punta Delgada où, du haut de la falaise, on a une vue plongeante et imprenable sur les quelques éléphants de mer qui n’ont pas encore filé en Antarctique. Et au moment de remonter dans la voiture, première surprise : deux Choiques qui viennent voir qui est là, et nous observent, sans crainte, pendant un bon moment.

On file à la Caleta Valdez, une langue de terre de plus de 30 km, parallèle à la péninsule, sur le point de se refermer, créant ainsi une lagune d’eau de mer qui coupée de l’océan. Un futur éco-système passionnant à étudier.

Seconde surprise, sur la parking, deux peludos se baladent, viennent renifler les arrivants, en quête de nourriture. Dire que les gamins étaient heureux est un doux euphémisme.

Et troisième surprise. A côté de ce parking se trouve le seul endroit de la Péninsule où l’on puisse se restaurer (à l’exception des estancias, plutôt huppées). Depuis quelques semaines l’un des cuistots jette ses restes à … une portée de renards gris probablement orphelins. Et ces renards, on les voit, sans peine, à moins de cinq mètres ! Magique.

Puis on descend presque sur la plage, tout près des éléphants de mer. En général, le spectacle est plutôt statique, ces bestioles étant du genre amorphe. Et là, coup de bol, un jeune mâle de près de deux tonnes sort de l’eau, « escalade » péniblement la rive, et vient se faire sa place à grand renforts de grognements et de menaces au milieu des jeunes et femelles déjà couchés là.

Au programme ensuite, pingouins, et surtout les lions de mer (ou lobos de mar, ou otaries) du côté de Puerto Piramides.

Est-il nécessaire de dire que les mômes sont revenus avec des étoiles dans les yeux ? Et les parents itou ?

Si on ajoute à cela que la plage de Puerto Madryn est immense, qu’on y croise plus de mouettes et de cormorans que de touristes, qu’on mange d’excellents poissons grillés, et du mouton fabuleux, que l’eau est à peine plus froide qu’en Bretagne, qu’il nous reste encore du temps pour aller voir les dauphins, les pingouins de Punta Tombo, le superbe musée paléontologique de Trelew, et qu’on a une copine sur place qui nous organise tout aux petits oignons, on comprendra que, bien que je vous aime tous, je ne soit pas pressé de venir vous retrouver …

Depuis que j’ai écrit ces lignes, nous avons également passé une journée spécial mômes : de 10H00 à 18H00 dans une petite estancia (à peine 5000 hectares), à aider les deux chiens à rassembler les moutons, voir un gaucho tondre la victime sur jour, caresser des guanacos que le même gaucho a élevés au biberon, monter à cheval, se balader dans l’estancia, manger un cordero asado fantastique (accompagné d’un coup de rouge pour les parents), et discuter avec le gaucho et le guide qui organise ces journées. Une journée bien remplie dans un endroit qui, bien que n’étant qu’à 20 km de la ville balnéaire, donne vraiment l’impression qu’on est au bout du monde. Il suffit de marcher 20 minutes pour ne plus voir autour de soit que la meseta de Patagonie, sèche, aride, ventée. Seul bruit le vent, seul mouvement un vautour qui plane … Impressionnant.

On comprend que le pays en ait rendu plus d’un cinglé, comme ce brave Alexandre Tounens qui se déclara un jour Roi de Patagonie.

Pour les photos, comme je suis un dinosaure et que travaille encore en diapo, il faudra attendre mon retour en terres toulousaines. Et demain, promis, je vous cause bouquin, même si, de ce côté-là, c’est moins la joie.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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commentaires

Georges F. 03/03/2010 00:05


Connaissant asez bien l'Argentine (j'y suis allé une douzaine de fois), je suis avec intérêt votre périple : vous le racontez bien, en vous arrêtant aux points essentiels, qui ne sont pas forcément
les plus évidents.
A ce propos, vous a-t-on expliqué, lors de votre passage à Peninsula Valdes, le système du deuxième pingouin ? En gros : les parents pingouins ont généralement deux petits. Mais, en nourrir deux,
c'est difficile ; ils choisissent donc le plus costaud, et le nourrissent en priorité. Le second, le plus chétif, n'a droit qu'aux restes des repas et de l'affection. Il finit généralement par
périr, il était programmé pour ça. Mais, lorsqu'il survit, le deuxième pingouin devient un individu dont il faut se méfier, un mauvais coucheur agressif aux coups tordus. Bref, la terreur du
quartier.
Je me suis toujours demandé s'il n'y avait pas des applications sociologiques à tirer de ce système du deuxième pingouin. Beau sujet de nouvelle, peut-être même de roman...


Jean-Marc Laherrère 03/03/2010 15:11


Non, je ne connaissais pas cette histoire ...
Par contre on nous en a raconté une autre, sociologiquement intéressante également.
Les nids se situent plus ou moins près (ou loin) de la mer. Ils peuvent parfois être assez éloignés.
En septembre octobre, ce sont les mâles qui arrivent les premiers, pour préparer le nid pour la femelle.
Normalement, ils reprennent le nid de l'année précédente, sauf s'ils se font expulser par plus fort qu'eux.
Quant à la femelle, elle revient elle au même nid, systématiquement, quitte à changer de conjoints, et à se mettre en ménage avec le costaud qui a viré son ex ...
Je n'en tirerai bien entendu aucune conclusion, et ça a déjà été le sujet de maintes nouvelles ...


Jean-Claude Ramdam 26/02/2010 12:40


Ouhhh! jeanjean ,la mauvaise foi! il est vrai qu'avec le numérique l'on peut procéder comme tu dis: tir en rafales, détection du sourire, pas de cadrage etc...mais pour qui a le souci du travail
bien fait il suffit de s'équiper d'un appareil de moins de 300€ et l'on peut cadrer , corriger l'exposition' stabiliser le zoom , travailler avec flash, sans flash etc etc et stocker ses photos sur
une clé usb de 4 GB qui te permettra de stocker tes photos Argentine + Chili et Ouups transfert direct sur Picasa. . Non mais sans blague!


Jean-Marc Laherrère 26/02/2010 19:53


Vous avez raison tous les deux, mais c'est vrai que le numérique incline à la facilité, justement parce qu'on a l'impression qu'on peut tout corriger ensuite.


Judith 25/02/2010 22:50


Je note... Possible que je descende dans le Sud aussi en mars, avant que ça caille vraiment, histoire de revoir des pingouins.
Ici, plus de déluge depuis lundi, une chaleur très raisonnable (on tolère même un petit pull le soir), et une baisse sensible de l'humidité ambiante. Un maté dans le patio du Cabildo pour fêter le
printemps (ah nan, l'automne).
Bonnes vacances !


Jean-Marc Laherrère 26/02/2010 01:15


Renseignes-toi avant pour savoir jusqu'à quand il y a des pingouins ! Les éléphants de mer sont presque tous partis et fin février les poussins pingouins changent de plumes ce qui veut surement
dire qu'ils ne vont pas tarder à lever l'ancre eux aussi.
Aujourd'hui, c'était plage, demain un tour en bateau voir des dauphins et des otaries.


jeanjean 25/02/2010 19:19


Bon voyage JM,
et tiens bon sur l'argentique ! ;-) Le numérique c'est pratique, ok, mais c'est du joujou. Un bon vieil argentique et de la pelloch', y a que ça de vrai, plutôt que du tir en rafale à l'aveugle !
Bon j'exagère un peu, mais on devient fainéant avec le numérique, on réfléchit plus à sa photo, on fait n'importe quoi avec l'exposition et... et... je m'arrête là.


Jean-Marc Laherrère 25/02/2010 20:06


C'est bien aussi ça qui me fait résister ...
Mais il est vrai qu'il est de plus en plus difficile de trouver des labos qui bossent bien en argentique. A Toulouse il en reste un. En tout et pour tout.


Laurent 25/02/2010 12:06


Espèce d'enfoi... Je ne suis pas d'un naturel jaloux mais là, quand même bon...


Jean-Marc Laherrère 25/02/2010 19:01


Je te pardonne mon fils.


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