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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 19:01

Asphalte continue avec bonheur son exploration des nouvelles voix latino-américaines. Bienvenu au Chili de Boris Quercia avec Les rues de Santiago.

 

Quercia

Ce matin-là, Santiago Quiñones flic à Santiago du Chili n’a aucune envie de tuer quelqu’un. « Il fait froid, il est six heures vingt-trois du matin, on est tout juste mardi et je n’ai pas envie de tuer qui que ce soit. » Il va pourtant le faire, et c’est un gamin de quinze ans qui va mourir. Pour se remettre, pour oublier, Santiago commence une errance dans les rues de sa ville qui lui fera croiser la belle Ema. Ema qu’il va suivre, sans savoir qu’il met ainsi le pied dans une fourmilière.


Voilà une preuve de plus qu’il n’est pas indispensable d’assommer le lecteur avec des pavés survoltés de 600 pages pour raconter une histoire, faire vivre (et mourir) des personnages et faire partager l’amour pour une ville et ses habitants. En quelques 150 pages ce « petit » roman y arrive très bien.


Alors certes, Quercia ne s’attarde guère sur la procédure policière, ni même sur ce après quoi courent les personnages (appliquant la fameuse théorie du MacGuffin de tonton Alfred). Mais il utilise très bien ce prétexte pour nous entrainer dans les rues de sa ville, et nous faire rencontrer quelques uns de ses habitants. Pas des héros, pas non plus d’abominables salauds, juste des fragments d’humanité, que son flic classe entre gentils et méchants avec des critères assez lâches, très subjectifs mais qui se résument finalement à ceci : ils s’intéressent un peu, ou pas du tout à leurs semblables.


Et finalement, on aurait bien tendance à le suivre et à pardonner bien des entorses à la loi, bien des lâchetés, bien des pas de côté pour un geste, un sourire, un attention. Il résulte de cette démarche une tendresse pour les paumés et un attachement aux habitants de Santiago qui donne envie de partir tout de suite se perdre dans la ville avec Quiñones … ou Boris Quercia.


Boris Quercia / Les rues de Santiago (Santiago Quiñones, tira, 2010), Asphalte (2014), traduit de l’espagnol (Chili) par Baptiste Chardon.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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commentaires

Norbert 03/04/2014 22:19


J'ai justement entamé L'Hiver du commissaire Ricciardi, et j'accompagne ça d'une bonne nouvelle nouvelle : son Eté paraîtra début juin ! Il y a même un fan-club français de Maurizio de Giovanni
que j'ai découvert sur Facebook (https://www.facebook.com/MaurizioDeGiovanniFanClubOfficielFrance?fref=ts), et que l'on peut contacter via l'adresse
mail : degiovanni.fanclub@gmail.com.


Pour revenir au sujet, j'ai beaucoup aimé aussi Santiago Quinones et ces rues de Santiago, je languis déjà la suite : d'ailleurs l'auteur disait dans un entretien avec Unwalkers qu'il allait
(enfin !!) écrire une suite, et c'est tout le mal que je lui souhaite; bien que sachant que ce premier roman date de 2010, j'espère qu'il va mettre un coup d'accélérateur à son projet ! ;)

Jean-Marc Laherrère 03/04/2014 22:34



J'ai vu pour Quiñones. Et bonne nouvelle pour le Ricciardi.



Maïté Bernard 27/03/2014 11:44


Un autre auteur chilien que Ramon Diaz Eterovic?  Intéressant.  Moi, côté Amérique du sud, je viens de finir "Petits combattants" de Raquel Robles.  J'étais très émue à la fin et
j'avais besoin de me changer les idées, donc j'ai enchaîné sur le tome 1 de "43 rue du vieux cilmetière : trépassez votre chemin" de Kate Klise (destiné à l'âge de ta fille),  super marrant
et super charmant, et..."Le printemps du commissaire Ricciardi"  Décidément, qu'est-ce que c'est bien écrit!

Jean-Marc Laherrère 27/03/2014 14:09



Je ne connais pas les deux premiers, mais j'aime beaucoup Ricciardi, à la fois sombre et mélancolique, plein de vie et tendre, tout ça dans une période pas franchement rose.



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