James Grady, connu du grand public comme l’auteur des Six jours du condor (devenu Les trois jours du même piaf dans son adaptation cinématographique de Sydney Pollack avec Robert Redford et Faye Dunaway) est un des maîtres du thriller d’espionnage américain. Il revient avec ces Mad dogs.
Ils sont cinq : Victor, le narrateur, Zane, cheveux et barbes blancs, Eric
l’ingénieur de haut vol, Russell l’ancien rocker, Hailey, belle, classe et noire. Ils ont travaillé pour la CIA. Ils ont vécu l’enfer. Ils sont implacables, cinglés et gardés dans une Clinique
top secret quelque part dans le Maine. Un matin ils retrouvent le psychiatre qui s’occupe d’eux assassiné. Qui pourra faire de meilleurs coupables que ces cinq tueurs devenus fous ? C’est
pourquoi ils décident de s’évader ensemble, et de découvrir qui a tué le toubib et veut leur faire porter le chapeau. Cinq cinglés paranos et mortels lâchés dans la nature …
L’ancien espion rattrapé par son passé et qui doit sauver sa peau face à des méchants qui veulent l’éliminer … pas franchement novateur comme thématique pour un polar.
Mais. Mais relevez la sauce en prenant non pas un mais cinq espions, et choisissez d’en faire des gens franchement déséquilibrés, avec d’excellentes raisons de l’être. Ajoutez à la course contre les méchants, la course encore plus stressante contre la folie (car nos cinq cinglés n’ont plus leurs médicaments sous la main), et vous obtenez un résultat beaucoup plus original, et même franchement passionnant.
D’autant plus que James Grady imprime un rythme d’enfer à sa cavale, intercale parfaitement les retours en arrière qui expliquent la folie de chacun, réussit superbement ses scènes d’action, et nous offre quelques scènes d’anthologie. Pour compléter le tableau, il dresse, en toile de fond, une peinture pas franchement rassurante (même si elle n’est pas forcément étonnante) des actions de l’ombre des US de ces 20 dernières années, et de la paranoïa grandissante qui règne dans le petit monde de l’espionnage US depuis le 11 septembre.
On peut juste regretter que le final soit un poil en deçà de tout le reste, mais il faut dire qu’il était difficile de se maintenir à un tel niveau.
James Grady / Mad dogs, (Mad dogs, 2006) Rivages thriller (2009), traduit de l’américain par Jean Esch.
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Certains
parents, pourvu d’une imagination débordante, sont capables d’imaginer une histoire qu’ils racontent, jour après jour à leurs enfants. Pour ma part, je suis dépourvu de toute imagination. Et mes
gamins adorent les histoires.
toute sa carrière), entraînant, entre autres, la disparition de Richard Stark. Pour quelques années encore nous aurons de ses nouvelles, posthumes,
tant sa production a été riche. Voici donc avec A bout de course (titre tristement prémonitoire, mais moins que le titre original !), dernier roman traduit des aventures de
Parker.
Il y a Sweeney qui depuis un an veille sur son fils Danny, six ans, dans le coma.
Sa femme s’est suicidée, et il vient de décider de transférer Danny dans La Clinique du docteur Peck qui, avec sa fille, a déjà réussi à réveiller deux patients plongés dans un coma profond.
Sweeney a obtenu le poste de pharmacien de cet établissement très spécial de Quinsigomond, une ancienne ville industrielle en pleine décrépitude.
Noël 1915. Célestin Louise ne s’attend absolument pas à bénéficier d’une
permission. Il reçoit pourtant bien une lettre de son ancien patron à la tête de la police parisienne qui le rappelle pour dix jours loin du front. Sa précédente enquête l’a fait remarquer de
l’état-major qui le réclame pour une affaire très embarrassante : Les plans d’un nouveau char ont été volés dans le coffre-fort de l’appartement de Louis Renault. Et bien entendu, les seules
personnes à en avoir le code sont absolument insoupçonnables. Célestin revient donc à Paris et découvre le fossé qui existe, après plus d’un an de guerre, entre la vie frivole de la capitale et
l’enfer vécu par les poilus. Un fossé qui ne pourra aller qu’en grandissant.
Zone frontière Figueras rassemble huit nouvelles qui, comme leur nom
l’indique, se déroulent de part et d’autre des Pyrénées. Comme ses personnages Michel-Julien Naudy ne dit que l’essentiel, l’indispensable. Ses nouvelles sont épurées à l’extrême. Au point
de pouvoir même désarçonner parfois tant il manie l’ellipse. Mais quand ça passe, c’est du grand art.

