Mercredi 14 mai 2008

Voilà, ça devait arriver. C’est arrivé. J’ai été déçu par un roman de Pelecanos. Attention, relativement déçu, déçu parce que j’en attends beaucoup. Mais c’est arrivé, avec Les jardins de la mort.

1985. Le tueur au palindrome sévit à Washington, assassinant des adolescents dans les jardins. Gus Ramone et Doc Holiday, deux jeunes flics sont sur place, pour maintenir l’ordre. L’enquête est dirigée par T. C. Cook, une légendes dans le service. Les meurtres s’arrêtent seuls sans que le coupable ait été arrêté. Vingt ans plus tard, Cook est à la retraite, mais n’a jamais oublié l’affaire. Gus est toujours dans la police, au service des homicides. Doc a démissionné avant d’être mis en cause par une enquête des affaires internes. Il a monté un service de limousines. Quand le corps d’Asa est retrouvé dans un jardin, tué d’une balle dans tête, les trois hommes, chacun à sa façon, vont reprendre l’enquête.

Pelecanos continue sa chronique des quartiers populaires de Washington. Ses héros, qu’ils soient flics, privés ou anciens taulards en cours de réinsertion sont toujours des gens ordinaires, se débattant avec les problèmes ordinaires : Comment boucler les fins de mois, comment élever ses gamins sans les étouffer et en les empêchant de tomber dans la drogue ou la délinquance, comment résister au racisme, à l’intolérance, que faire face à la paupérisation et à la violence de certains quartiers … Son style est le même : sec, efficace, rythmé comme (et par) les morceaux qu’écoutent ses personnages. Si l’on veut connaître, un jour, la vie quotidienne à Washington, en dehors du strass et des paillettes médiatiques du monde politique il suffira de lire, ou relire, Pelecanos. Tout y est.

Malgré tout, ce nouveau roman est moins réussi que les autres. Peut-être parce que, prenant le risque de changer, une de fois de plus, de personnages alors même que les précédents « fonctionnaient » parfaitement, il n’a pas réussi à donner la même épaisseur à ces trois nouveaux venus. Peut-être parce qu’il y a moins d’intensité dans l’intrigue. Sans doute aussi parce qu’il est difficile de se maintenir toujours au niveau d’excellence qui est le sien. Parce que personne, même pas lui, ne peut écrire uniquement des romans ayant la force et l’impact de Un nommé Peter Karras, Hard Revolution, Soul circus ou Anacostia river blues.

Une petite baisse de régime donc, mais un polar qui se lit quand même avec plaisir et intérêt. C’est juste qu’à cause de son talent, on attend beaucoup plus de George Pelecanos. Comme disait Desproges, on ne peut être déçu que par ses amis.

George Pelecanos / Les jardins de la mort (The night gardener, 2006) Seuil/Policiers (2008). Traduit de l’américain par Etienne Menanteau.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : POLARDISES
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Lundi 12 mai 2008

En cette fin d'année 1922, Tommy Post est jeune et plein de rêves. Des rêves qui forcément, doivent se concrétiser rapidement. Tommy Post travaille depuis six mois aux studios Coronet, comme garçon de courses sur le dernier film du magicien, Theodore Harker. Quel meilleur endroit et quel meilleur travail pour réaliser ses rêves ? Rapidement Tommy saisit sa chance et devient scénariste. Hollywood, l'âge d'or du muet, les films qui transportent l'Amérique toute entière, Tommy Post fait partie de cette aventure. Sans savoir que le compte à rebours est déjà entamé, que la crise de 29, le parlant et la main mise des financiers sur les studios sont proches, tout proches.

 

Pas de détective, pas de policier, pas d'enquête ... Mais un meurtre, un vrai, celui du cinéma muet (c'est ce qu'écrivait Michel Lebrun en 1979). Et c'est exactement l'impression qui se dégage de ce roman noir à la fois flamboyant et crépusculaire (mais les crépuscules ne sont-ils pas flamboyants ?). Le lecteur fasciné assiste à un autre meurtre : celui de l'Art et des artistes, lentement mais inexorablement étranglés par les banques et les financiers.

 

L’histoire du cinéma a montré que la bataille que met ici en scène Robert Bloch continua, et continue encore ; que les artistes ont dû, doivent et devront se battre pour protéger leurs œuvres contre des financiers qui ne voient rien d'autre que le bénéfice immédiat, et que la guerre Art contre Industrie est depuis inhérente à la création cinématographique.

Robert Bloch illustre cette guerre, et le moment de la passation de pouvoir dans une scène qui, sous des dehors feutrés, est d’une très grande violence : celle où le financier du studio, prenant petit à petit le pouvoir, met en pièce l’œuvre d’art dans laquelle scénariste et metteur en scène ont mis tout leur talent et toute leur âme. Elle est d’une violence bien plus éprouvante et impitoyable que bien des scènes d’étripage ! D’autant plus violente que l’on sait que ce genre de scène se joue, partout, tous les jours. Et que, contrairement à ce qui se passe dans les mauvais polars, dans la vraie vie, la vrai méchant, castrateur, n’est pas arrêté mais récompensé.

Là n'est pas le seul intérêt de ce magnifique roman. Ce n'est même pas son principal sujet. C'est une véritable déclaration d'amour au cinéma des années 20, à ses stars, à sa magie, aux rêves qu'il a fait naître chez des générations de gamins, à la passion de ses créateurs que livre Robert Bloch. Un chant d'amour pour ces hommes et ces femmes qui, contre tous les obstacles, ont crus en leurs rêves, ont cru qu'ils pouvaient en faire des œuvres, et les partager avec le monde entier. Un chant d'amour d'autant plus poignant que l'auteur, et les lecteurs, savent qu'il s'adresse, dès le début, à un condamné. Il n'en est que plus beau. Si comme moi, et comme bien d'autres, vous aviez raté ce roman à sa première publication en France, précipitez-vous, lisez-le, et remerciez les éditions Moisson rouge de nous l'offrir. Merci moisson rouge !

Qui plus est, moisson rouge qui ne fait pas les choses à moitié publie sur son site un dossier passionnant sur l’auteur.

Robert Bloch / Le crépuscule des stars  (The star-stalker, 1968). Moisson Noire (2008). Traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : POLARDISES
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Samedi 10 mai 2008

Ce sera le dernier post sur le sujet. Voici deux liens vers deux hommages à Frédéric Fajardie. Les deux revoient à des textes de Jérôme Leroy.

Le premier est en ligne directement sur le site des Moissonneuses.

Le second a été écrit pour Marianne.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : POLARDISES
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Samedi 10 mai 2008

Voilà un petit texte qui m’aurait certainement échappé sans la note que lui consacre Bastien Bonnefous sur Polar Blog. C’eut été fort dommage. Merci Bastien.

 

C'est le repas du dimanche de trop chez Bernard. Traité une fois de trop d'exsoissantuitarattardé, il explose à la figure de ses enfants (trentenaires bobos écolos gentils tendance Ségolène), et leur montre, en moins de temps qu'il n'en faut pour avaler cinq douzaines d'huîtres que l'ex attardé de 68 a encore le verbe haut, les idéaux intacts, et la fougue de le jeunesse. Une fougue que, de toute évidence, ils n'ont jamais eue.

Moins de vingt pages, explosives, jouissives, qui se dégustent comme une douzaine d'huîtres accompagnées d'un Muscadet bien frais (ou tout autre vin blanc que vous préférez avec les huîtres). C'est vif, vivifiant, intelligent, rageur, et beaucoup plus enthousiasmant, en cette période de commémorations qui ressemblent plus à des enterrements, que tout ce qu'on peut entendre ici ou là.

 

Du pur Pouy, dès le titre. Mes soixante huîtres, qui d’autre que lui aurait pu y penser ?

Jean-Bernard Pouy en a donc marre de s’entendre qualifier, par sa progéniture, et indirectement, via les média d’exsoissantuitarattardé. Il répond vertement, avec l’imagination et le verbe qu’on lui connaît. Mais finalement, ces reproches ne sont-ils pas dû, essentiellement à l’envie et la jalousie de ceux qui ont eu une jeunesse trop terne, trop raisonnable, trop lisse ? Qui regrette de ne pas avoir pu participer à une telle fête, quoique l’on puisse penser de ses suites et de ses conséquences ?

Des envieux qui sont loin d’avoir la verve de notre JB national, et qui même, de mon point de vue, s’emmêlent un peu les pinceaux. Parce qu’il faudrait savoir. Et d’un, soit on est attardé, soit on est ex. Si on est attardé, c’est qu’on est resté soixantuitard. Donc exit le ex. Et finalement attardé ça veut dire quoi ? Que 40 ans plus tard on a encore la fougue, la niaque, la rage, l’humour, l’envie de vivre ? Finalement, c’est plutôt un compliment. Ou, une fois de plus, de l’envie et de la jalousie. Car finalement, n’a-t-on pas l’âge de ses idéaux, de ses envies et de ses indignations ?

Alors, merci JB Pouy, grâce à ces quinze pages, on peut le dire, 68 n'est pas mort, car il bande encore. Je sais c'est un rien trivial et rabâché, mais c'est ce qui m'est venu spontanément à l'esprit. Désolé.

Jean-Bernard Pouy / Mes soixante huîtres  Editions folies d’encre (2008).

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Essais
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Vendredi 9 mai 2008

Madrid, 1614. Isidoro Montemayor, ancien combattant en Flandres est au service de don Francisco Robles. Il surveille son tripot, où une partie de la Cour vient se faire plumer par les tricheurs de tout poil ; il est également correcteur car Francisco Robles est aussi libraire et éditeur. C’est à ce titre qu’il le charge d’une enquête délicate : Alors qu’il a déjà payé Cervantès pour écrire la deuxième partie très attendue de son Don Quichotte, un imposteur vient de sortir une suite qui insulte gravement l’auteur, mais surtout, et beaucoup plus grave, fait perdre de l’argent à Robles. Isidoro commence alors une enquête dangereuse dans un monde sans pitié : celui des poètes, écrivains, et de leurs protecteurs, les Grands de la Cour d’Espagne. Un monde où les mots peuvent tuer, mais où l’on risque aussi une bonne bastonnade ou un coup d’épée.

 

Ce gros roman a les défauts de ses qualités : Il est extrêmement érudit, documenté et intelligent. Malheureusement toute cette érudition porte sur un sujet assez peu connu des lecteurs français. Qui en effet connaît assez bien les œuvres de Cervantes, Lope de Vega, Quevedo, ainsi que les méandres de l’histoire espagnole de l’époque ? Pas moi. J’ai lu Don Quichotte, il y a bien longtemps, mais c’est tout. Cela pourrait seulement être frustrant si les allusions érudites étaient seulement un plus, un degré de lecture supplémentaire. Malheureusement, par moment, des chapitres entiers reposent sur l’analyse des œuvres, et donnent des clés pour avancer dans l’enquête. Ces clés sont suffisamment explicites pour que le lecteur ignare suive quand même l’intrigue, mais cela ralentit beaucoup le rythme.

 

Ceci dit, même avec ces restrictions, le roman reste passionnant. Pour sa peinture de ce début de 17° siècle à Madrid en premier lieu : vie quotidienne, crasse, odeurs, sons, goûts, misère, arrogance des grands, violence sociale, violence judiciaire, poids de l’église et de son bras armé terrifiant, l’Inquisition … Tout cela est superbement restitué, dans un style alerte et, le qualificatif s’impose … picaresque. Certaines scènes resteront gravées dans ma mémoire de lecteur, en particulier celle d’une visite éprouvante chez un dentiste. Que ceux qui ont du mal à supporter la scène de la roulette dans Marathon man sautent les lignes suivantes, voici un petit extrait :

« Quand il fut prêt, Ximenet se plaça derrière lui, lui cala un coin de bois entre les dents et le prit par le menton. Il introduisit ensuite dans la molaire cariée un petit tube d’argent en forme d’entonnoir, le centra, appuya de toutes ses forces pour l’ajuster aux contours de la dent et glissa à l’intérieur une de ses baguettes portées au rouge. »

De plus, vers la fin du roman, le rythme s’accélère, il y a moins de digressions littéraires, et on est de nouveau accroché, jusqu’au final.

Pour finir, Voleurs d’encre est également extrêmement intéressant si on le compare à deux romans de SF/Fantazy se déroulant en France et en Angleterre à peu près à la même époque (L’énigme du cadran solaire de Mary Gentle et Les lames du cardinal de Pierre Pével). On mesure alors le poids de l’Inquisition en Espagne, la chape morale qu’elle fait peser, la peur qu’elle suscite. On comprend également comment l’Espagne, malgré, ou à cause, des richesses immenses qu’elle commence à tirer d’Amérique est en train de s’enfoncer dans un déclin qui durera quelques siècles.

Au final, un roman certainement passionnant pour les spécialistes de l’Age d’or espagnol, et très intéressant pour les autres, s’ils acceptent de mesurer la profondeur de leur ignorance au long de quelques chapitres.

Alfonso Mateo-Sagasta / Voleurs d’encre (Ladrones de tinta, 2004). Rivages/Thriller (2008). Traduit de l’espagnol par Denise Laroutis.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars espagnols communauté : POLARDISES
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Jeudi 8 mai 2008

Suite et fin de la rencontre, avec une fin un peu frustrante que je regrette autant, sinon plus, que vous ...

 

Jean-Marc Laherrère : Passons à autre chose. Sur ton site il y a une chronique intitulée Les écrivains sont mes copains, tu y parles de tes références littéraire. Pourrais-tu en dire quelques mots ?


Pascal Dessaint : Oui, les écrivains sont mes copains. Même les écrivains morts sont comme des proches, des amis. C’est une émotion qui dure depuis mon adolescence. J’ai lu à cet age des écrivains déterminants qui m’ont donné envie d’écrire. Ce sont surtout des américains qui ont une puissance narrative qui m’a toujours laissé admiratif. C’est Bukowski, c’est Henry Miller, c’est Hubert Selby Junior, et puis un français pour son humeur vagabonde, son art de voyager et de réinventer le monde dans une époque assez trouble et assez folle, c’est Blaise Cendrars.

Voilà pour les écrivains fondateurs. Ensuite il y a ceux que j’ai découvert ensuite, qui sont aussi devenu des « amis ». Et c’est encore mieux parce qu’ils sont toujours là, vivants, et parfois on a même la chance de les rencontrer. C’est Jim Harrison, c’est Rick Bass, c’est Dan O Brien, c’est Russell Banks. Ce sont des gens à la cheville desquels je n’arriverai jamais. Et leur existence est plus que réconfortante. Ce sont des étoiles. Je mets des barreaux à l’échelle en sachant que je n’arriverai jamais aux étoiles, mais je continue quand même, j’essaie.

Mes grands bonheur, ce sont les sorties du nouveau Jim Harrison, du nouveau Russel Banks. Donc ces écrivains sont mes copains. Et il se trouve que la plupart sont très sensibles aux questions d’environnement. Etant américains, ils ont beaucoup de mal à se faire entendre.

Dan O Brien fait en ce moment une expérience extraordinaire. Dans son coin où il n’y a que des vaches qui ont tout détruit, tout fait disparaître, il réinstalle des bisons. Il faut lire son bouquin, Les bisons du cœur brisé, c’est un livre extraordinaire. C’est une expérience écologiste éclairante. En plus ce sont des écrivains utiles. Contrairement à ce qu’on coirt, les livres peuvent être utiles.

Ce mois-ci j’ai lu le dernier livre de Barbara Kingsolver qui s’appelle Un jardin dans les Appalaches. C’est une écologiste qui a décidé de faire une expérience extrême avec sa famille. Ils sont devenus locavores. Ils ne consomment que ce qui se crée localement. Elle ne mange rien qui vienne de plus de 50 km. Elle a un immense jardin, et elle vit avec ses produits et ceux des producteurs locaux. Et c’est une expérience américaine. Certes les américains sont en train de foutre en l’air la planète, mais il y a aussi chez eux des gens qui font des choses extraordinaires, et, petit à petit, finissent par convaincre d’autres personnes. Elle raconte ça. Je ne sais pas si je vais changer concrètement quelque chose tout de suite. Mais ça a renforcé mes convictions. Et je vais être encore plus vigilant.

Voilà un livre utile, qu’on a envie d’offrir à dix personnes … Quand on sait qu’autour de soi des gens vivent des choses comme ça, ça renforce l’envie de militer et d’espérer.

 

La rencontre ne s’est pas terminée là. C’est par contre là que j’ai été trahi par la technologie, et plus particulièrement les batteries de mon enregistreur. Nous avons ensuite parlé d’Edward Abbey, auteur du jubilatoire Gang de la clé à molette, puis avons évoqué le cinéma, et l’adaptation de Cruelles Natures, qui est en cours. Malheureusement, par la faute de ces p… de batteries, vous n’en saurez pas plus …

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Interviews communauté : POLARDISES
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Mercredi 7 mai 2008

Un peu partout dans la presse, les hommages fleurissent. Ils ne varient guère d’un journal à l’autre. Ils attirent, partout sur les sites, une majorité de commentaires chaleureux, émus, malheureux de lecteurs désolés et reconnaissants. Et leurs scories de commentaires imbéciles de grincheux minables qui critiquent sans avoir lu sous prétexte que l’homme était trop de gauche, trop anar, trop populaire … C’est inévitable, et méprisable. Ils attirent aussi leur lot de commentaires tout aussi grincheux et idiots qui prennent prétexte de ce malheur pour déclarer que le polar français est maintenant mort, et que tous les autres font de la merde. Je n’invente rien, j’en ai lu.

Vous trouverez tout seul ces hommages sur les sites des journaux. Je vous signalerai si, ici ou là, apparaît un texte plus personnel qui sorte un peu de ce minimum syndical au demeurant respectable.

N‘ayant jamais croisé Fajardie, je vais juste revenir sur mes impressions de lecteur.

 

La première, la plus évidente pour moi, est qu’il me ramenait au temps magique de mes lectures d’enfance et d’adolescence, qu’il me faisait retrouver mon émerveillement de môme devant les exploits de d’Artagnan, d’Ivanhoé ou du dernier des Mohicans. Ses personnages sont plus grands, plus beaux, plus romantiques, plus forts, plus fidèles, plus amoureux, plus intelligents, plus élégants, plus impitoyables, plus nobles … Ce sont de vrais héros. Et quoi de plus difficile que de camper un vrai héros, un chevalier blanc avec armure étincelante, panache et belle dame, sans se casser la gueule, sans prêter à sourire, sans tomber dans la caricature.

 

Fajardie y arrivait. Qu’ils soient flics (avec la série Padovani), anciens militaires désoeuvrés (La nuit des chats bottés, Brouillards d’automne), chevaux de course (Sous le regard des élégantes), ou chien de résistants (Des lendemains enchanteurs), les personnages de Fajardie sont tous la déclinaison du héros, paladin des temps moderne, défenseur des pauvres et des opprimés, pourfendeurs de méchants, de médiocres, d’oppresseurs et de cons. Et ça fait un bien fou. Parce qu’ils nous vengent. Avec élégance et panache ils balancent des grands coups de tatane dans les burnes des cons, médiocres, affreux, sales et méchants qui nous pourrissent la vie, à nous et surtout aux plus faibles.

Fajardie faisait de la vraie littérature populaire (et surtout pas populiste), intelligente, généreuse, élégante. Il la

faisait à fond, au premier degré, sans jamais se moquer ni du lecteur ni du genre. Comme ses personnages son style était, en premier lieu, élégant. Ensuite, comme ses héros, vif, efficace, au besoin implacable.

 

Au moment où je redécouvre le cinéma d’aventure avec mes gamins, le lien me semble évident. Fajardie pour moi c’est Errol Flynn dans Robin des Bois, Jean Marais dans Le capitan, Gérard Philippe dans Fanfan la tulipe, Gary Cooper dans Vera Cruz, Tyrone Power dans le Cygne noir. Biger than life comme ils disent de l’autre côté de l’Atlantique. C’est marrant, je voulais dire les héros de Fajardie, et j’ai écrit Fajardie. Parce qu’on sent tant d’amour, de rage et de sincérité dans ce qu’il écrivait qu’on imagine mal qu’il ait pu être très différent de ses personnages.

C’est tellement dommage que dans la vie il y ait si peu de personnages fajardiens. Les héros bien entendu, les autres, les cons, il y en a pléthore.

 

Il avait aussi un côté plus sombre, plus polar classique, dans lequel il excellait également, Gentil Faty en est peut-être le meilleur exemple. Mais ce n’est pas cela que je garderai de lui. Si je ne gade qu’une image en tête, ce sera celle de Steph et Paul faisant sauter le Sacré Cœur pour l’amour de Jeanne.

 

Et bien entendu, Fajardie était de gauche, la vraie, pas la rose saumon. Sa Chronique d’une liquidation politique est un réquisitoire implacable contre la destruction de la gauche par Mitterrand. Au-delà de cet engagement et de ses écrits politiques tous ceux qui ont gardé un tout petit peu de leur fraîcheur de minot, peuvent se retrouver dans Padovani, Steph, Paul, Tanz et les autres.

Un très bel article, très loin des nécros citées ci-dessus, sur le blog de Bastien Bonnefous.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars français communauté : POLARDISES
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Mercredi 7 mai 2008

Le prix mystère de la critique a été attribué. Il récompense deux œuvres, une française, une étrangère, publiées en 2007.

Nous allons faire durer le suspense, c’est la moindre des choses sur un site polar :

9° ex aequo : Stieg Larsson (la reine dans le Palais des Courants d’air) et Ian Rankin (Cicatrices)

7° ex aequo : DOA (Citoyens clandestins) et Patrick Pécherot (Soleil noir)

5° ex aequo : David Peace (Tokyo année zéro) et James Sallis (Cripple Creek)

3° ex aequo : Cormac McCarthy (non ce n’est pas pour le vieil homme) et George Pelecanos (Drama City)

2° : Marcus Malte (Garden of love)

Prix Mystère 2008 du meilleur roman étranger : Daniel Woodrell (Un hiver de glace)

Prix Mystère 2008 de la Critique : Pascal Dessaint (Cruelles natures)

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : POLARDISES
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Lundi 5 mai 2008
Je viens de l'apprendre, après une journée de balade, en allant musarder sur les blogs. C'est vraiment un très mauvaise nouvelle, un coup qui fait mal.

D'autres le connaissais beaucoup mieux que moi qui étais seulement un fan de ses romans et de son univers. J'essaierai de vous signaler les papiers qui valent la peine.
par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : POLARDISES
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Samedi 3 mai 2008

Comme promis, voici un interview réalisé par mail en 2004, publié dans le revue 813, puis sur mauvaisgenres.

 

Ramón Díaz Eterovic est Chilien, né le 15 juillet 1956 à Punta Arenas à l’extrême sud du pays, dans une famille ouvrière. En 1974, il entre à l’Université du Chili, à Santiago, où il fait des études de Sciences Politiques et Administratives et milite au Parti Communiste chilien qu’il quitte en 1989. Ses activités politiques et culturelles lui valent d’être séquestré par la police politique de Pinochet en 1977. En 1985 il participe à un mouvement politique, Movimiento Democrático Popular (Mouvement Démocratique Populaire), dont le but est de mettre fin à la dictature de Pinochet et de restaurer la démocratie. Il devient également un membre actif de l’organisation des écrivains chiliens, dont il sera le président de 1991 à 1993. Il a, à ce jour, consacré neuf romans au détective privé de Santiago, Heredia et à son chat, Simenon, depuis La ciudad está triste, publié en 1987. Deux de ces romans ont été traduits en français, et publiés chez Métailié. L’interview retranscrit ci-dessous a été réalisé par mail.

 

Jean-Marc Laherrère : Pourquoi avoir choisi le polar, et particulièrement par le personnage d’un détective privé, pour décrire le Chili actuel ?

 

Ramón Díaz-Eterovic : Le choix du polar vient tout simplement de mon goût pour ce genre, qui m’a attiré dès mes débuts de lecteur, ainsi que de l’envie de témoigner de certaines situations marginales et délictueuses, au travers d’un personnage d’antihéros désabusé, mais qui aurait gardé des valeurs et une éthique suffisantes pour regarder la réalité sans concessions. En cherchant une voie pour mes textes, je suis arrivé à penser que mes inquiétudes pouvaient être abordées par le biais du polar. Grâce au roman policier, et plus particulièrement au roman noir, j’ai trouvé les codes pour explorer la relation crime-politique-violence, si brutale et tristement commune aux pays latino américains. Il s’agissait en définitive d’aborder une littérature aux accents réalistes, au travers d’un genre qui remue la crasse qui se cache habituellement sous les tapis, et qui permette également de raconter des histoires vraisemblables, pour que le lecteur y reconnaisse son environnement et les mécanismes qui l’animent, de telle façon que le monde qui lui est proposé paraisse vrai, ou au moins possible. Tout ça sans abandonner le défi de la création littéraire au travers d’un genre narratif qui me passionne et qui offre de très nombreuses possibilités pour raconter des histoires, et les faire partager.

 

JML : Les lecteurs français ne peuvent pour l’instant lire que deux des neuf romans de la série. Pourriez-vous nous parler un peu de ce personnage Heredia …

 

RDE : Heredia est un détective privé qui vit dans un des plus vieux quartiers de Santiago. C’est un endroit plein de vie et de couleur le jour, dangereux la nuit, empli de marchés, boutiques, bars et restaurants. Dans les années 20 et 30, c’était le point de rendez-vous de la bohème littéraire, et Pablo Neruda, Juvencio Valle et Diego Muñoz, entre autres, faisaient partie des jeunes provinciaux récemment arrivés à la capitale qui s’y retrouvaient. Heredia, est apparu en 1987, dans La ciudad está triste, (mot à mot : la ville est triste), dans lequel transparaît le portrait de Santiago sous la dictature. Il aime cette ville, ses vieux quartiers, et les gens qui y habitent. C’est un grand amateur de lecture, et de citations littéraires, deux héritages de Don Quichotte. C’est un personnage sensible, mélancolique, témoin des blessures d’un pays maltraité par des années de dictature.

Doté d’un esprit critique et d’un humour très noir, il aime déambuler dans les rues tristes et grises de Santiago. Sa principale compagnie est un gros chat blanc, appelé Simenon.

 

JML : … Et de son confident, Simenon ?

 

RDE : Le chat Simenon est arrivé dans le deuxième roman, Solo en la oscuridad, publié à Buenos Aires en 1992. Il doit son nom au fait qu’en arrivant dans le bureau d’Heredia, il est allé s’installer pour dormir sur les œuvres complètes de Simenon, qui sont une des lectures de mon personnage. Au début, Heredia n’imagine pas que Simenon puisse parler, mais petit à petit, ils commencent à discuter, leurs dialogues prennent de l’importance, et deviennent un des moments d’humour et d’ironie que recherchent certains lecteurs. Ils permettent également de donner de la profondeur à la description psychologique d’Heredia.

 

JML : Le nom de Simenon n’a bien entendu pas été choisi au hasard, et vos romans sont truffés de références littéraires, en particulier par le biais des citations qu’affectionne Heredia. Quels sont les auteurs qui vous ont donné envie d’écrire, et plus particulièrement d’écrire des polars ? Et quels sont ceux que vous appréciez actuellement ?

 

RDE : Il y en a beaucoup, et il est difficile de ne garder que quelques noms. Quand j’étais enfant, j’ai lu avec passion Jack London, Francisco Coloane1, Alexandre Dumas, Emilio Salgari2. Ensuite j’ai été un admirateur d’écrivains comme Julio Cortázar, Manuel Rojas, Ernest Hemingway, Juan Carlos Onetti, Charles Dickens, Honoré de Balzac. Dans le domaine policier, j’ai commencé par des classiques comme Conan Doyle, et Ellery Queen, mais mes auteurs favoris sont Georges Simenon, Osvaldo Soriano et Raymond Chandler. De Chandler j’ai appris le sens éthique du polar ; de Soriano, la possibilité de transgresser les codes du genre pour faire une littérature aux accents et aux saveurs latino-américains ; et de Simenon, j’ai appris que l’essence du roman policier n’est pas dans l’intrigue, mais dans la capacité à créer des personnages convaincants, et à évoquer des ambiances qui donnent une couleur et une vraisemblance aux histoires. En général, j’arrive à me tenir au courant de la production actuelle, chilienne et étrangère, et mes auteurs favoris sont Ed MacBain, Vásquez Montalbán, Luis Sepúlveda, James Ellroy, Juan Madrid, Leonardo Padura, Tony Hillerman, David Goodis,  et Elmore Leonard.

 

JML : La ville de Santiago est très présente dans vos romans. La considérez-vous comme un simple décor, ou comme un personnage à part entière de vos histoires ?

 

RDE : Quand j’ai commencé à écrire les romans sur de la série Heredia, j’ai pensé que la ville de Santiago était très peu présente dans la littérature chilienne, et je me suis proposé de l’incorporer à mes romans comme un personnage significatif.  Santiago, et spécialement le quartier où vit Heredia, est un endroit plein de vie, de couleurs, et de personnages singuliers. En parlant de Santiago dans mes romans, j’essaie de contribuer à la mémoire urbaine d’une ville qui change tous les jours. Ensuite, la présence de Santiago dans mes romans leur donne un intérêt spécifique pour les lecteurs, du moins les Chiliens, en leur permettant de retrouver des endroits qu’ils connaissent et qui font partie de leur vie. Pour finir, j’aime cette ville. Je partage le sentiment d’Heredia qui dit : “J’aime ses bars qui prolongent la nuit de leurs lumières et de la promesse de rencontres inespérées. L’architecture démocratique de leurs tables en formica, où s’appuient également les tristesses de l’employé de bureau, de la vendeuse de grand magasin, des ouvriers et des secrétaires en uniforme. J’aime la douceur d’un verre de vin rouge pendant qu’une jeune serveuse sourit avec légèreté. J’aime ces espaces où mes yeux remarquent les visages d’êtres anonymes et où, les nuits de bonne fortune, je rencontre les filles les plus seules et les plus tendres de la ville” (note : désolé pour la traduction bien maladroite !).

 

JML : Vous avez dans La Mort se lève tôt (Angeles y solitarios) une vision très pessimiste du Chili : l’armée y reste le véritable maître du pays, et les anciens tortionnaires sont toujours aux commandes. Vous avez écrit ce livre en 1995, est-ce qu’aujourd’hui quelque chose a changé, particulièrement après l’affaire Pinochet / Garzón?

 

RDE : Nous continuons à vivre dans une démocratie déficiente, dans laquelle perdurent beaucoup d’aspects autoritaires hérités de la dictature de Pinochet. Il n’y a pas de véritable participation des citoyens, et nous sommes toujours régis par une constitution pleine de restrictions dictatoriales. De ce point de vue, la vision que donne ce roman est toujours d’actualité aujourd’hui.

Quant à l’affaire Garzón, elle n’a fait qu’accentuer l’impression de respect et d’impunité dont jouit Pinochet dans la société chilienne. Avec la complicité de la majorité des secteurs politiques chiliens, on a monté un show pour faire croire au monde que Pinochet pouvait être jugé au Chili. Il ne l’a pas été, et ne le sera jamais. Le seul jugement possible sera celui que rendra l’histoire, et celui qui est dans les consciences de ceux qui ont souffert de sa dictature.

 

JML : Dans les deux romans traduits, Heredia enquête sur des scandales internationaux qui mettent en cause l’état : trafic d’armes, fabrication d’armes chimiques et corruption pour permettre des constructions dangereuses pour l’environnement et les populations. Comment choisissez-vous les thèmes que vous traitez ? Ces deux là en particuliers sont-ils tirés de cas réels ?

 

RDE : Ce sont des thèmes qui ont été dans l’air dans la société chilienne. Des situations réelles, mais pas sous la forme que je leur ai donnée. Le début de La Mort se lève tôt, est relié à la mort d’un journaliste anglais à Santiago, mais à part ce détail, tout le reste est inventé. Au-delà de faits ponctuels réels dont je me suis inspiré, que m’aperçois que dans la série Heredia, consciemment ou inconsciemment, j’ai tracé une sorte de chronologie de l’histoire chilienne de ces 20 ou 30 dernières années, que Heredia a été un témoin de cette histoire, un aiguillon qui a fouillé quelques-uns uns des thèmes les plus sensibles de la réalité sociale chilienne, comme la répression politique, le drame des disparus, le trafic de drogue, la contrebande d’armes, la trahison politique, l’intolérance raciale ou les catastrophes écologiques.

 

JML : Heredia appartient à la grande famille des enquêteurs hispanophones qui ont à cœur de ne pas oublier le passé. Vous reconnaissez-vous dans cette famille, auprès d’écrivains comme Montalbán, González Ledesma ou Taibo II ?

 

RDE : De fait, le roman policier ibérico-américain est un monde que nous sommes en train de construire entre de nombreux auteurs. Paco Ignacio Taibo II est une des principales références de ce genre, et son grand défenseur et diffuseur au travers de la Semana Negra de Gijón en Espagne. Manuel Vázquez Montalbán a été un maître incontesté pour tous ceux qui, comme moi, écrivent des romans policiers en espagnol. Nous avons appris grâce à son travail, nous avons aimé ses romans, et aujourd’hui nous nous lamentons de voir Pepe Carvalho orphelin, après cette mort triste et inattendue. Je me sens membre de ce groupe, du néopolar ibérico américain, et je suis très heureux de partager des visions narratives avec des auteurs et amis aussi valeureux que Mempo Giardinelli, Luis Sepúlveda, Leonardo Padura, Fernando López, Juan Madrid, entre beaucoup d’autres que je continue à lire avec enthousiasme.

    

JML : Heredia est un idéaliste, militant de gauche qui refuse de renoncer à ses idéaux. Au travers de ce personnage, vous apparaissez vous-même comme un auteur de gauche, et un auteur militant. Est-ce que cela vous paraît une bonne définition ?

 

RDE : Cela me paraît une bonne définition. Je suis un auteur de gauche, sans autre parti que sa conscience et je crois en la nécessité de construire des relations humaines plus justes que celles que l’on a actuellement. Je suis devenu de gauche quand j’étais très jeune, sous le gouvernement de Salvador Allende, qui fut une référence très importante pour beaucoup de jeunes à cette époque. Nous nous sentions attirés par son projet de changements sociaux, qui étaient nécessaires et le sont toujours pour la société chilienne.

 

JML : Heredia se plaint de vivre dans un monde égoïste, où chacun ne se préoccupe que de lui, de gagner plus d’argent, de paraître, sans aucune conscience politique ou sociale. Est-ce toujours votre vision ? Ne vous semble-t-il pas, par exemple, que les mouvements altermondialistes, où l’on trouve beaucoup de jeunes, sont la forme de la nouvelle génération d’exprimer, d’une autre manière, les mêmes intérêts et les mêmes inquiétudes que ceux qui étaient les vôtres ?

 

RDE : Cette plainte vient du fait que la société chilienne est très installée dans l’individualisme. La majorité des gens se sont laissé gagner par le conformisme, l’immobilité, et le consumérisme. Je dis habituellement, qu’en plus de divertir, j’espère que mes romans apportent aux gens qui les lisent une vision critique de la société dans laquelle ils vivent. Et effectivement, je me rends compte que la plainte d’Heredia répond à une vision générationnelle, et qu’aujourd’hui, il y a de nombreux jeunes qui voient la réalité, et agissent d’une façon différente. Des groupes écologistes, antiglobalisation et anarchistes ont commencé à émerger et à prendre de la force ces dernières années. Mais il est également certain qu’une grande majorité de jeunes ne s’intéresse pas à la politique. Une enquête publiée ces derniers jours, signale que seulement 16,3 % des jeunes chiliens entre 18 et 25 ans sont inscrits sur les listes électorales. Il faut retrouver ici un intérêt pour la politique qui s’est totalement perdu.

 

JML : Pour finir, savez-vous si nous allons pouvoir découvrir en France les autres aventures d’Heredia ?

 

RDE : Métailié a acheté les droits pour quatre romans. Les sept fils de Simenon (Los siete hijos de Simenon) et La Mort se lève tôt (Angeles y solitarios) ont déjà été traduits. El ojo del alma et El color de la piel devraient être traduits et publiés dans les années à venir. Ainsi, grâce à Anne-Marie Métailé, les aventures d’Heredia continueront à arriver en France, ce qui me fait très plaisir, et ajoute une motivation pour continuer à écrire des histoires.

 

Nota : Ca y est, ils ont tous été traduits et publiés. Et maintenant ?

 

BIBLIOGRAPHIE FRANCAISE

 

La Mort se lève tôt (Angeles y solitarios, 1995) Métailié (2004) ; Les Sept Fils de Simenon (Los siete hijos de Simenon, 2000) , Métailié (2001) ; Les yeux du coeur (El ojo del alma, 2001) , Métailié (2007) ; La couleur de la peau (El color de la piel, 2003) , Métailié (2008)

 

1 Auteur chilien, mort récemment, appelé tardivement le Jack London chilien, qui a écrit pour la jeunesse des récits d’aventures, se passant souvent en Patagonie, sur mer et sur terre, mais a également écrit de très belles nouvelles, très sombres, également sur le sud de son pays. Deux très beaux recueils (Tierre de fuego et Cap Horn) sont publiés chez Phébus.

2 Auteur italien créateur de Sandokan, le tigre de Malaisie, qui combat sur son bateau pirate l’envahisseur anglais. Ses personnages ont été souvent repris par Paco Ignacio Taibo II, entre autres dans A Quatre Mains.

 

 

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Interviews communauté : POLARDISES
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