Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 19:04

Un peu d’autopromotion comme on dit …

 

Le mois de juin est traditionnellement très occupé, cette année ne dérogera pas à la règle, je vais être un peu partout dans mes différentes activités. Demandez le programme !

 

Vendredi 8 juin à 19h30, j’animerai une rencontre avec Fabienne Ferrère à la médiathèque de Labège. Fabienne Ferrère est l’auteur de quelques uns des rares polars historiques que j’arrive à lire, et avec lesquels je prends même beaucoup de plaisir.

 

Le jeudi 28 juin je ne serai que spectateur, mais je compte bien ne pas rater la venue de l’immense Tim Willocks chez Gibert à Toulouse.

 

Le lendemain, vendredi 29, dans le cadre du Marathon des Mots j’aurai le plaisir de faire l’introduction pour une lecture d’un texte d’Andrea Camilleri (qui ne sera malheureusement pas dans la salle).

 

Côté musique …

 

Jeudi 7 juin je serai au clavier du groupe jazz Comm Un Lundi aux Marins d’eau Douce à partir de 21h00. Au programme des standards du répertoire bop, swing, cool ou bossa, avec même une pincée de latin jazz et de soul …

 

Et pour finir, le 21 juin, pour la fête de la musique je serai au clavier et au chant avec Paint It Blues qui reprend les grands standards de la soul, d’Otis Reding à Tina Turner en passant par Ray Charles et les Blues Brothers, à Castanet à la Verte Prairie. Et le lendemain vendredi 22, rebelote à Péchabou.

 

Voilà, si on n’arrive pas à se croiser, c’est soit que vous habitez loin de Toulouse, soit que vous ne voulez vraiment pas me voir !

Par Jean-Marc Laherrère
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 10:02

Avis aux fans d’Erlendur, leur commissaire préféré est toujours perdu quelque part dans l’Est du pays, pas revenu de ses vacances. C’est donc un nouveau flic de l’équipe que l’on découvre dans La muraille de lave, le dernier roman d’Arnaldur Indridason.


indridason Erlendur n'est donc toujours pas revenu de ses vacances. Depuis un peu plus d'une semaine, personne n'a de ses nouvelles. Alors son équipe doit faire tourner la baraque, quitte à être submergée.


C'est le cas de Sigurdur Oli, pas le plus sympa de la bande : bourré de préjugés, ouvertement réactionnaire, il tente de faire son boulot, honnêtement, malgré les ennuis qui lui tombent dessus : il est en train de se séparer de sa femme, un de ses amis d'enfance lui demande d'aller calmer un couple de maîtres chanteurs, sa mère exige qu'il découvre qui vole le journal d'une de ses amies et un clodo insiste absolument pour lui parler !


Quand dans l'appartement où il se rend pour faire cesser le chantage (sans en avoir parlé à ses supérieurs), il trouve une jeune femme agonisante, et que l'agresseur tente de l'éliminer d'un coup de batte de baseball, les choses tournent définitivement au vinaigre.


Pas d'Erlendur donc, et comme dans La rivière de lave c'est un autre flic de l'équipe qui prend la relève. On se croirait vraiment chez Ed McBain, avec, suivant les épisodes, l'accent mis sur l'un ou l'autre des flics du 87°. Et comme à Isola, Indridason excelle à mêler plusieurs enquêtes, à faire des nœuds là ou tout pourrait être simple, pour tout démêler au final, pour le plus grand plaisir du lecteur. Etre comparé à McBain et ne pas souffrir de la comparaison, cela suffit à faire un très bon polar.


D’autant plus qu’Indridason ne choisit pas la facilité. Son flic est réac, inculte et fier de l’être, raide comme un piquet, il ne boit pas, ne fume pas, mène une vie saine et chiante, à regarder des matchs de baseball à la télé. Bref un personnage vrai, sans la moindre aspérité intéressante. Du moins en apparence. Car finalement, tout le monde a ses forces et ses failles, il suffit de prendre le temps de les découvrir. Et l’auteur prend ce temps.


En prime, ici Indridason se fait plus critique et polémiste que parfois. Il nous peint une Islande complètement affolée par l'argent facile de la bulle spéculative, avec ce que cela implique d’avidité, de folie et de perte de repères moraux. Tout cela sans perdre se finesse et son empathie dans la description des souffrances et des peines des plus fragiles.


On attend avec impatience la suite, avec l’explosion de la bulle et la crise qui en a découlé.


Arnaldur Indridason / La muraille de lave (Svörtuloft, 2009), Métailié (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars scandinaves
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 11:18

En France on a découvert BEF alias Bernardo Fernandez avec Une saison de scorpions. Hielo negro prouve que depuis il ne s’est guère calmé et carbure toujours à un mélange de noir violent mâtiné d’un zeste de Tarantino.

 

BEF

Au Mexique les gangs de narcos ne rigolent pas. Douze gardiens d’une société privée viennent d’être découpés et/ou criblés de balles par un groupe de rigolos en costume de singes. Accessoirement un énorme stock de produits pharmaceutiques servant à fabriquer des sirops contre la toux, mais pouvant aussi se transformer en pilules qui font rêver a été volé. Andrea Mijangos, flic, tireur d’élite, trop grande et grosse à son goût se fait immédiatement retirer l’affaire par les « federales », ce qui ne va pas l’empêcher de mener sa guerre contre Lizzy Zubiaga, reine d’un des cartels les plus dangereux du moment.


Revoilà donc Lizzy la cinglée, croisée dans le roman précédent, qui a repris en main les affaires de son père. Au passage les lecteurs attentifs reconnaîtront un chapitre publié séparément dans le Mexico Noir


Pour le reste, le constat ne change pas : police corrompue, cartels tout puissants et sans pitié, ville tentaculaire, tueurs, rythme survolté et écriture au scalpel. Tout est cohérent, court, sec et sanglant avec en permanence un zeste d’humour, une référence BD ou ciné qui pimentent le texte et font passer la pilule (sans jeu de mots).

 

Du coup, sans crier au génie, le lecteur prend un grand plaisir à cette lecture.


Bernardo Fernandez / Hielo negro (Hielo negro, 2011), J’ai Lu (2012), traduit du mexicain par Marianne Millon.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars latino-américains
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 23:27

J’avais lu le premier James Carlos Blake traduit en France, l’excellent Les amis de Pancho Villa, mais cela faisait un moment que je ne m’étais pas replongé dans l’univers de cet écrivain atypique, spécialisé dans les épopées historiques et sanglantes. L’occasion faisant le larron, c’est la sortie de Red Grass River qui m’a permis de constater qu’il n’a rien perdu de son talent.

blake Pendant douze ans, de 1912 à 1924, la famille Ashley, maîtresse incontestée des Everglades en Floride défie la police locale. Distillation clandestine, contrebande d’alcool, braquages, racket des concurrents … seul Bobby Baker, shérif de Palm Beach qui a des comptes personnels a régler avec John Ashley, le fils le plus entreprenant de la famille se dresse face à eux. Avec des méthodes qui font dire aux témoins que cela devient une guerre entre le gang Ashley et le gang Baker. Mais la lutte est inégale et, comme le reste du pays, ce coin de marécages ne pourra faire autrement que d’accepter la loi et la « civilisation ».


Après l’ouest américain et le Mexique James Carlos Blake s’intéresse ici à la partie la plus sauvage de la Floride. Avec une thématique récurrente dans les grands westerns : le moment où la loi rattrape la frontière, celui où les pionniers, ceux qui vivaient hors la loi (parce qu’elle n’était pas arrivée) doivent s’y soumettre, de gré ou de force. Souffle épique, force de l’écriture, belles descriptions d’une nature encore sauvage, violence des rapports humains …


Tout ce qui a fait la beauté des précédents romans de l’auteur se retrouve ici pour cette fresque passionnante pleine de bruit et de fureur. Un affrontement de légende entre deux forces, entre deux modes de vie, l’un finissant, l’autre en pleine expansion. Un affrontement dans lequel l’auteur ne prend pas parti : pas de bons et de méchants ici, pas de blanc et de noir, les membres du clan Ashley, à commencer par leur patriarche sont sanguinaires, violents, sans pitié, le clan d’en face, sensé représenter la loi ne la respecte pas davantage et sait aussi se montrer d’une infinie cruauté.


Cela n’empêche pas le lecteur, pris dans ce maelstrom, de ressentir de la tendresse pour tel ou tel, et de souhaiter par moment la victoire du camp qui, on le sait depuis le début, est par avance condamné par la marche du temps.


Un très beau roman, comme le dit aussi très bien l’ami Yan.


James Carlos Blake / Red Grass River (Red Grass River : a legend, 1998), Rivages/Thriller  (2012), traduit de l’américain par Emmanuel Pailler.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars américains
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 22:21

 

Pour une fois un peu de pub, mais pas pour des toulousains :

 

La librairie Page et Plume et le caviste L'Hydropathe organisent

 

  • le samedi 16 juin
  • à Limoges l
  • la 1ère rencontre polar et vin, baptisée Vins Noirs.

 

10 auteurs et 10 vignerons réunis en 10 binômes sous des tentes, type barnums, dans une rue piétonne du centre-ville.

Rencontres, dédicaces, dégustations, animations la journée et le soir apéro-débat littéraire animé par Christophe Dupuis et Laurent Bourdelas.

 

Vin et polar, voilà qui devrait être sympathique. Je ne sais pas s’ils ont eu du mal à trouver des vignerons pour lire des polars, mais je suis certains qu’ils n’ont eu aucun mal à trouver des polardeux pour goûter le vin.

Donc si vous êtes à Limoges aux alentours du 16 juin …

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars divers
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 16:38

taibo Sandokan

Je savais depuis longtemps que Paco Ignacio Taibo II avait en train sa version de la suite des aventures de Sandokan. Ceux qui trainent ici savent que je suis un inconditionnel du parrain du polar latino-américain, et un fan de Sandokan (découvert justement chez Taibo) sous toutes ses formes. J’avais acheté la VO lors d’un passage chez les copains de Negra y Criminal à Barcelone. Le premier chapitre était prometteur, mais j’avais eu la flemme de poursuivre en espagnol.

 


Vous imaginez donc ma fébrilité quand la traduction est enfin sortie en français … Mais j’ai réussi à attendre, à patienter, à le laisser trôner sur ma table de chevet … Et puis j’ai craqué. Voici donc Le retour des Tigres de Malaisie, plus anti-impérialistes que jamais.


Sandokan et Yañez, les fameux Tigres de Malaisie se sont fait oublier. Depuis de nombreuses années, plus personne n’a entendu parler d’eux, bien qu’ils aient été signalés en Amérique du Sud, à Paris, en Chine … Mais voilà que leur réseau se réveille, qu’ils sont appelés par de vieux amis recasés, et qu’il semble qu’on menace leurs vie et leurs bien. Un groupe, une sorte de secte, semble bien décidé à les supprimer. Amis assassinés, comptes secrets confisqués, articles mensongers dans les journaux …


Taibo tigres Les Tigres ne sont peut-être plus jeunes, mais celui qui croit qu’on peut leur tirer les moustaches sans risque se trompe lourdement. L’aventure recommence, qui va leur faire croiser un nain amical, échanger des lettres avec Engels, croiser Kipling, recueillir une amie de Louise Michel … et affronter un certain Moriarty. Entre autres choses.


C’est bien la suite des aventures de Sandokan, dans la lignée Salgari : rebondissements, combats, paysages exotiques, fureur de Sandokan, pièges, jungles mystérieuses, animaux féroces (qui ici, au lieu de se battre ont une activité plus … taiboesque). Mais c’est aussi et surtout du Taibo II. Parce que chez Salgari, Sandokan ne parle pas comme ça :


« Les religions rendent les hommes stupides, et quand elles se prétendent universelles c’est pire, elles les rendent universellement stupides, dit Sandokan »


Que les Tigres ont une philosophie de vie très PIT, celui qui ne se rend jamais et déclare qu’il aime les perdants flamboyants :


« Mais quelles que fussent leurs formes de croyance, tous les membres de l’équipage de La Mentirosa étaient adeptes d’une religion supérieure, la religion des Tigres de Malaisie, qui n’acceptait ni compromis ni négociations, un code d’honneur sur la façon de vivre et surtout sur la façon de mourir, qui ne souffrait pas d’exceptions. »


Et surtout, on n’imagine par ceci chez Salgari : Yañez, le Tigre blanc : « les gros mots n’existent pas. Seulement les mots. Les mots servent à nommer les choses, à exprimer les émotions. Et parfois, ils doivent être forts. Si les Espagnols sont si friands de l’expression « con ! », qui dénote la plus grande surprise, cela n’a rien à voir avec le réceptacle féminin que nous sommes quelques-uns à adorer, mon cher Germain puritain. Mais c’est par contre un gros mot de mal utiliser le mot liberté en le prostituant et en l’associant à « commerce » quand cela signifie en réalité spoliation, abus, pillage. Toutes choses pour lesquelles l’expression « merde de singe » est beaucoup plus adaptée. »


Double plaisir donc : Retrouver des personnages mythiques, retrouver l’exubérance, le baroque des aventures kitch, le pur plaisir de mômes. Et en même temps, avoir l’écriture de Paco Taibo, son énergie, son humour, son engagement déclaré et porté comme un étendard.


Jouissif de la première à la dernière ligne


Paco Ignacio Taibo II / Le retour des Tigres de Malaisie, plus anti-impérialistes que jamais (El retorno de los Tigres de Malasia, 2010), Métailié (2012), traduit du mexicain par René Solis.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Western et aventure
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 18:58

Les éditions Moisson Rouge se sont fait une spécialité de faire découvrir de jeunes auteurs latinos. En voici un nouveau, l’argentin Kike Ferrari qui déboule en France avec De loin on dirait des mouches. Un roman prometteur sur lequel je n’ai qu’une réserve. Petite la réserve.

Ferrari

El señor Machi est un gros sale con, ou un sale gros con. Il n’y a pas d’autre terme. Pendant la dictature il n’a pas hésité un instant à collaborer avec la junte. Il méprise, exploite et maltraite ses employés et les femmes (en commençant par la sienne). Il est fier de sa BMW, de ses cravates, de sa montre … Le parvenu, « medio pelo » comme disent les argentins dans toute sa splendeur.


Alors quand en sortant de la boite qu’il possède et où il arrose politiciens et personnalités en vue il trouve un cadavre défiguré attaché à la voiture par les menottes en fourrure rose dont il se sert avec ses putes … Ben on va pas le plaindre. Et on va même se délecter de le voir merdouiller, paniquer, se demander qui lui en veut et comment il va se débarrasser de ce colis bien embarrassant.


Tout de suite la réserve … la trame narrative multiplie les questions et les mystères et donne peu, voire pas de réponse. Le lecteur reste donc sur sa faim. On pourrait penser que c’est par paresse, mais la fin prouve que c’est totalement voulu et maîtrisé (je ne vous en dit pas plus). C’est donc un parti pris assumé, en cohérence avec tout le roman … Ce qui ne m’a pas empêché d’être un peu frustré.


Ceci étant dit, je me suis beaucoup amusé quand même. Le procédé choisi n’est pas forcément nouveau : Comment un innocent (nous reviendrons sur l’innocence de Machi) qui se retrouve avec un cadavre inconnu sur les bras peut-il s’en débarrasser ?


L’originalité du propos est de faire du narrateur une authentique pourriture. Habituellement l’innocent l’est vraiment et le lecteur compatit, tremble, espère qu’il va s’en tirer. Ici l’innocent est une vraie merde (je sais mais les mots me manquent pour qualifier Machi), digne des meilleures créations de Carlotto et Evangelisti, c’est dire. Donc au lieu de compatir le lecteur jubile chaque fois que le narrateur s’enfonce. Jubile avant de s’horrifier, a posteriori, devant l’arrogance et l’impunité du personnage, et à travers lui de toute une bourgeoisie de parvenus qui n’ont reculé devant aucune saloperie pour bâtir leur fortune. Une seule valeur morale : le compte en banque.


Tout cela sans jamais prêcher ou démontrer, sans jamais dénoncer, juste en nous mettant dans la tête de cet enfoiré de Machi (beurk !). Réjouissant et grinçant donc, malgré ma frustration.


Kike Ferrari / De loin on dirait des mouches (Que de lejos parecen moscas, 2011), Moisson Rouge (2012), traduit de l’argentin par Tania Campos.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars latino-américains
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 23:57

Jusque là, l’Ecosse pour moi c’était Edimbourg de Ian Rankin et John Rebus et Glasgow de William McIlvanney. Jeviens de découvrir un nouvel auteur, lui aussi excellent chroniqueur de Glasgow : Gordon Ferris et La cabane des pendus.

 

FerrisDouglas Brodie a grandi à Kilmarnock, petite ville minière écossaise. Puis il est allé faire des études et est devenu flic à Glasgow, avant de s’engager dans la 51° Highland Division jusqu’à la fin de la guerre. Il a été blessé et a participé aux interrogatoires des SS responsables des camps de la mort. Sa foi dans l’homme en a été … ébranlée.


Il vivote maintenant en faisant des piges dans un journal londonien, jusqu’à ce que Hugh Donovan, son ami d’enfance qu’il croyait mort l’appelle : Il est en prison à Glasgow, accusé du meurtre d’un gamin, il sera pendu dans un mois, et l’appelle à l’aide. Douglas accepte. Il va s’apercevoir que l’horreur, le mensonge, la lâcheté et la corruption n’ont pas disparu avec la victoire des alliés …


Je ne crierai pas au génie ni au chef d’œuvre, mais voilà un bon polar, solide qui a toute sa place dans n’importe quelle bibliothèque de polardeux.


Des personnages auxquels on croit immédiatement, une histoire fort bien menée, un final à la hauteur de l’attente et du suspense créé tout au long de la narration et des scènes de bravoure qui tiennent parfaitement la route. Rien qu’avec ça, on se fait plaisir.

Et il faut ajouter au crédit de La cabane des pendus la peinture d’un pays, l’Ecosse de l’immédiate après-guerre, où les conditions de vie des plus humbles sont décrites sans maniérisme, sans pathos mais avec une réelle empathie. Des conditions atroces, dans un pays très hiérarchisé, tenu d’une main de fer par une caste de possédants, avec l’aide et la bénédiction des forces de police, de justice et, on l’oublie trop, de l’église.


En résumé, un très bon polar d’un auteur que l’on aura plaisir à retrouver (peut-être avec le même Douglas Brodie ?).


Gordon Ferris / La cabane des pendus (The hanging shed, 2011), Presses de la cité/Sang d’encre (2012), traduit de l’écossais par Jacques Martichade.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars grands bretons
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 22:54

Le festival de Frontignan approche (il se tiendra du 25 juin au 1er juillet). Cette année encore, je ne pourrai pas m’y rendre, mais je garde un excellent souvenir des deux fois où je suis allé discuter polar sous les platanes.

 

Cette année encore du beau monde, autour de la thématique suivante :

 

« La planète va mal.

On peut le déplorer ou s’en féliciter. On peut en rire, en pleurer.

On peut y résister ou s’en moquer.

Le roman noir, lui, travaille cette réalité.

Qu’ils la traitent avec un humour explosif ou avec un cynisme militant, qu’ils se fassent moralistes ou sociologues, qu’ils soient politiques ou apocalyptiques, les auteurs invités de cette 15e édition du Festival international du roman noir (FIRN), qui se déroulera du lundi 25 juin au dimanche 1er juillet 2012 à Frontignan et d’autres villes alentour, posent un regard aigu, parfois acerbe, sur notre société contemporaine en crise(s).

Dès lors, une seule vraie question se pose : le roman noir sauvera-t-il le monde ? »

 

Parmi les moments forts du week-end, celui-ci, sans aucun doute :

 

« Fred Vargas, marraine du Festival, nous fait l’honneur de sa présence. Pour ce 15ème anniversaire, elle jouera le rôle du modérateur lors d’une rencontre avec Cesare Battisti, présent au FIRN en direct de Rio de Janeiro par le biais d’une vidéoconférence retransmise sur grand écran. L’auteur italien exilé au Brésil évoquera son dernier roman Face au mur paru en mars dernier. »

 

Tout le programme est là. Amusez-vous bien.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars divers
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 21:02

Décidément une bonne semaine française … Qui avait bien démarré dimanche, qui c’est poursuivi en fanfare avec le dernier Caryl Férey et se conclue en beauté avec le nouveau Christian Roux, L’homme à la bombe.

 

Roux

Que reste-t-il à perdre quand on a tout perdu ? Plus de boulot, les humiliations quotidiennes de la recherche d’emploi, la famille qui se délite, le quotidien qui perd sa structure ?

 

Rien. Et c’est quand on n’a plus rien à perdre que tout devient possible. Larry, ancien ingénieur acousticien dérive, coule, et finit par s’ancrer sur sa bombe. Une fausse bombe, mais qui ressemble à une vraie. Une fausse bombe qui le rassure et lui laisse entrevoir des possibilités … Jusqu’au jour où il passe à l’acte, entre dans une banque, et se retrouve à fuir avec Lu, tout aussi perdue que lui. Une fuite sans avenir dans un monde qui ne veut pas d’eux.

 

Christian Roux prouve par l’exemple qu’il n’est pas nécessaire d’écrire des pavés pour dire beaucoup de choses, de façon forte, fine et subtile.

 

Tout est dit dans ce petit roman en forme de fuite en avant. Racisme ordinaire, détresse du chômage, manque de repères et d’amour, manque de simples relations humaines … Avec Larry et Lu, l’auteur revisite avec talent et bonheur le mythe du couple meurtrier en cavale, sans justifier ni condamner, juste en décrivant des êtres humains qui souffrent, en les décrivant au plus près, au ras des sentiments.

 

Et il touche en plein cœur. Un diamant noir avec de vraies pépites d’humanité dedans.

 

Christian Roux / L’homme à la bombe, Rivages/Noir (2012).

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars français
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