Jeudi 2 juillet 2009

En vrac tout un tas de liens et d’infos.

 

Commençons par une bonne nouvelle. Les amateurs de polars sont forcément au courant, mais je vais enfoncer le clou. Suite Noire est une sympathique collection lancée par l’infatigable Jean-Bernard Pouy qui publie des textes courts (une centaine de pages), d’auteurs français ayant déjà publié dans … la série noire. L’espace d’un été sur France 2 ce sera aussi des films. Ca commence dimanche soir, et toutes les infos sont là.

 

Grâce à Tata la grande spécialiste des potins du polar, j’ai pu vérifier que le festival de Frontignan, auquel je n’ai malheureusement pas pu participer cette année, a été digne de sa réputation. Photos à l’appui.

 

La loi sur les bandes est passée, bien entendu. J’en avais touché deux mots ici. Jean-Pierre Martin, une fois de plus, a fait très fort.

 

Vous pensiez qu’ici vous y échapperiez. Et non. Même ici on en parle, mais juste pour vous renvoyer vers le grand Maester.

 

TPS continue la mise en ligne des infos sur les invités de son festival d’octobre. Après Didier Daeninckx, François Guérif et Francisco Gonzalez Ledesma, voici Alicia Giménez Bartlett.

 

Les blogs littéraires fleurissent, et parmi eux, quelques nouveaux qui s’intéressent à notre littérature préférée. Bienvenue donc à Chroniques en noir, et Black Novel qui, c’est le moins que l’on puisse dire, annoncent d’emblée la couleur.

 

Le festival Mauves en Noir lance un concours de nouvelles, sur le thème du « pigeon voyageur ». Le règlement et les modalités pour s’inscrire sur leur site.

 

Vatsolfolques.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars divers - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 2 juillet 2009

Voici d’autres bouquins à emporter dans ses bagages. Folio continue à faire un travail remarquable de réédition et sort, en juin, deux bouquins indispensables. Les deux sont de Harry Crews, le trop méconnu.

 

L’un est un de ses grands romans du sud profond. Comme La foire aux serpents (déjà repris par folio policier), Le chanteur de gospel nous plonge dans le sud abyssal des petits blancs. Difficile en lisant ces deux romans de ne pas penser immédiatement au grand Erskine Caldwell. On retrouve chez Harry Crews cet univers désespérant, cette misère, cette noirceur, mais également le même sens du grotesque. Et Crews ne souffre jamais de cette référence pourtant prestigieuse.

 

Le second, Des mules et des hommes, est son autobiographie. Ou plutôt le récit de son enfance. Il vous laissera autant sur le c… si je puis me permettre, que ses romans les plus puissants. Parce tout y est. C’est le même sud, les mêmes personnages, la même crasse, la même misère (économique et culturelle), la même ambiance … Tout. A partir de là, on comprend mieux son œuvre. Et on ne peut s’empêcher de se demander par quel miracle il a pu s’en sortir et devenir cet écrivain exceptionnel.

Je ne les ai pas relus (pas encore), je n’en parlerai donc pas plus longuement, mais je ne suis pas près de les oublier. Un auteur à découvrir, absolument.

 

 

Et cherchez un peu sur internet, vous trouverez des photos du zozo, il a une trogne qui ne trompe pas. Tout ce qu’elle promet, vous le trouverez dans ses bouquins. Quel est l’imbécile qui a dit qu’il ne fallait pas juger les gens sur l’apparence ?

 

Harry Crews / Le chanteur de gospel, (The gospel singer, 1968) Folio/Policier (2009), traduit de l’américain par Nicolas Richard ; Des mules et des hommes (A Childhood: The Biography of a Place, 1978) Folio (2009) traduit de l’américain par Philippe Garnier.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars américains - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mardi 30 juin 2009

Ca y est, les vacances approchent, le rythme des parutions baisse, on peut commencer à repêcher les bouquins en attente sur la pile … Et comment mieux commencer la période estivale qu’avec un Elmore Leonard ? Voici donc Dieu reconnaîtra les siens, que j’avais raté lors de sa sortie en grand format.

 

Terry Dunn est prêtre. Au Rwanda. Il y a vu 47 personnes massacrées sous ses yeux, sans rien pouvoir faire. Il doit maintenant retourner à Detroit, sa ville d’origine. Une ville qu’il avait quittée, cinq ans auparavant, juste avant d’être inculpé pour trafic de cigarettes. Normalement, pendant ce temps, son frère qui est avocat a arrangé ses affaires. A Detroit, il rencontre Debbie, une privée qui bosse avec son frère et sort juste de trois ans de prison après avoir tenté d’éliminer son ex qui l’a trompée et volée. Une rencontre qui va faire des étincelles. Il faut dire que Terry est sacrément cool et baratineur pour un curé …

 

Du Elmore Leonard 100%. Personnages extraordinaires, intrigue impeccable, truands pitoyables mais dangereux, et dialogues … leonardiens. Je ne vois pas de meilleur qualificatif. Donc c’est déjà l’assurance d’un grand moment de lecture.

 

Ce qui en fait un grand cru c’est sa façon de parler du Rwanda. A ma connaissance personne (sauf peut-être le regretté Donald Westlake, comme dans son Kahawa), n’est capable de décrire l’horreur avec autant d’humanité et en même temps une telle absence de sensiblerie et d’emphase. Avec une telle force, et sans jamais, à aucun moment, chercher à tirer les larmes. Avec autant d’impact, tout en donnant l’impression d’un détachement complet.

 

Un grand Elmore Leonard, vraiment. A emporter absolument dans ses bagages cet été.

 

Elmore Leonard / Dieu reconnaîtra les siens, (Pagan babies, 2000) Rivages/Noir (2009), traduit de l’américain par Dominique Wattwiller.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars américains - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 26 juin 2009

Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué, sur la droite, un nouveau petit dessin.

Il est apparu à l’initiative de l’incontournable Claude Mesplède, et suite au très contestable article paru dans la revue LIRE.

 

Claude qui avait été interviewé, et dont les propos n’ont finalement pas été retenus, ou si peu, a lancé l’idée de fédérer, au moins au moyen d’un petit logo qui permettent de les identifier, les sites zé blogs qui, en toute indépendance et honnêteté, entendent promouvoir le polar sous toutes ses formes.

 

L’infatigable Luis Alfredo du Rayon du Polar, et l’inépuisable Claude le Nocher d’Action Suspense ont dégainé les premiers, et ont donné l’élan aux autres.

 

J’ai essayé de ne pas être trop à la traîne. Nous verrons si nous arrivons à faire plus que nous identifier au moyen de ce petit logo …

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars divers - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Vendredi 26 juin 2009

On pourrait appeler ça un retour au sources, ou dire que le boucle est bouclée. Ou parler de retrouvailles, de jubilé … En bref, Gabriel le Poulpe Lecouvreur retrouve un de ses talentueux papas, en l’occurrence Jean-Bernard Pouy, après des années de séparation. Ca s’appelle Cinq bières, deux rhums. Et c’est fort réjouissant.

 

Gabriel déprime. Cheryl est en stage sham-Pouy-nerie dans le sud, et lui se morfond dans son bar préféré. Il se morfond tellement que Gérard décide de l’envoyer en mission dans le Nord et en Belgique pour essayer de lui trouver de nouvelles bières. Aussitôt dit, aussitôt parti, notre octopode préféré part faire du tourisme de part et d’autre de la frontière, conte fleurette aux serveuses, déguste des bières, se lie d’amitié avec des mariniers … et commence à s’intéresser à un cadavre retrouvé au milieu d’un chargement de ferraille sur une péniche.

 

Autant le dire tout de suite, l’intrigue n’est pas essentielle. Ce qui compte, c’est la balade dans le Nord, la magnifique description du monde des péniches zé des mariniers, celle d’une région anciennement industrielle qui meurt à petit feu, mais également celle de ceux qui se battent pour qu’elle revive. Ce qui compte surtout, c’est que c’est du JB Pouy. Avec son écriture, son style, cette facilité insolente, sa capacité à camper un personnage qu’on a l’impression d’avoir toujours connu, et ce en trois phrases, son humanité, son humour, ses références … plaisir assuré. Donc un très bon poulpe.

 

Juste pour le plaisir, un peu de Pouy dans le texte :

 

Culturel :

« Il y avait un château, un peu violé par le Duc »

 

Définitif :

« Gabriel repéra tout de suite le mec bourré, mais pas à mort, juste dans l’état temporaire où l’on a l’impression d’être Rambo ou Sarkozy. Un chieur. »

 

Jean-Bernard Pouy / Cinq bières, deux rhums, Baleine/Poulpe (2009).

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars français - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009

On entend de plus en plus parler de la fameuse Loi sur les bandes. Et si j’en crois une chronique entendu sur France Culture ce matin (ben oui, je fais mon sortant dehors, j’écoute France Culture ou FIP le matin dans ma voiture), va bientôt être considéré comme un délit le seul fait de faire partie d’une bande « poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes », même si on n’a pas pris part aux atteintes en question … On généralise ainsi la notion, très pratique, de culpabilité collective.

 

Extrapolons.

 

Tout supporter d’un club de foot sera-t-il donc passible de trois ans de prison parce que quelques excités bourrés ont cassé trois poubelles, une vitrine, et se sont foutu sur le groin avec les excités d’en face ? Un syndicaliste, par exemple de la confédération paysanne, sera-t-il mis en taule à Bayonne parce que des manifestants du même syndicat ont arraché les grilles de la préfecture dans le Nord et se sont castagnés avec les gentils CRS ?

 

Elargissons, car une fois que la porte est entrouverte, il ne coûte rien de l’ouvrir franchement.

 

Tout cycliste du dimanche, membre de la fédération française de vélo  sera-t-il arrêté comme complice du prochain dopé reconnu ?

 

Ou rêvons …

 

Tout membre du MEDEF sera-t-il considéré comme complice de chaque patron truand qui a pris dans la caisse ? Tous les membres de l’UMP vont-ils être arrêtés pour complicité dans la destruction de biens publics, à savoir, la santé, l’éducation …

 

Pardon ?

 

Non. On me dit que ce ne sera pas le cas. Que pour l’instant la loi ne concerne que les basanés à sweat à capuche ou casquette à l’envers. Et que de toute façon, les cyclistes, et les membres du MEDEF et de l’UMP ne risquent rien. Pour les autres, on verra plus tard ...

 

En Argentine, sous le pouvoir rassurant de Videla, il suffisait d’être sur le carnet d’adresses de quelqu’un considéré comme subversif pour se faire enlever et disparaître, des mois ou à jamais. Mais c’était une vilaine dictature. Donc ça ne peut pas exister dans une démocratie comme la nôtre. Et la présence de Brisse « expulsions » Boutefeux à l’intérieur de Michèle « En taule les Coupat » Allo Marie à la justice devrait nous rassurer pleinement quand au respect des droits dans notre beau pays.

 

Il est grand temps de relire, Matin brun de Frank Pavloff

 

PS. Qu’on me comprenne bien, je ne veux pas dire que les idiots qui brûlent les bus, se tabassent entre supporters ou dégradent les biens publics ne doivent pas être sanctionnés. Quant à savoir si la prison est la réponse adaptée, on me permettra d’en douter.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Mauvaise humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 24 juin 2009

Le blog de Toulouse Polar du Sud entame la mise en ligne des présentations des prochains invités de son festival d’octobre.

 

Premiers servis, deux des invités d’honneur, à savoir Didier Daeninckx et Francisco Gonzalez Ledesma.

 

De nouvelles fiches seront régulièrement mises en ligne.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars divers - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 24 juin 2009

Il parait tant de polars chaque année que l’on en rate forcément. C’est ainsi que je n’ai pas lu les premiers romans de Moussa Konaté consacrés au commissaire Habib. Je le découvre aujourd’hui avec La malédiction du lamantin.

 

Bamako, Mali, saison sèche. Comme tous les ans, les Bozos, ethnie de pêcheurs, s’installent au bord du fleuve. Un soir, un orage dévastateur sème la désolation sur la ville et le campement Bozo. Au petit matin, le chef Kouata et son épouse sont retrouvés morts entre les petites maisons de terre. Pour tous les Bozos, la cause est entendue, c’est Maa, le Lamantin, divinité du fleuve Niger à laquelle ils sont intimement liés, qui s’est vengé d’une offense passée en foudroyant le couple. Pour le commissaire Habib, la réalité est tout autre : Kouata est mort d’une crise cardiaque sur le cadavre de son épouse, tuée de deux coups de poignard. Malgré la pression rageuse de toute l’ethnie, Habib est bien décidé à faire la lumière sur cette affaire.

 

J’aurais voulu être beaucoup plus enthousiaste après la lecture de ce roman. Pensez donc, un polar malien, un nouveau personnage, pour tout amateur curieux (et les lecteurs de polars sont curieux), c’est une véritable aubaine.

 

Or il manque un petit quelque chose pour emporter l’enthousiasme. L’intrigue est vraiment mince, sa résolution facile. Et l’auteur n’arrive pas complètement à nous intéresser aux personnages. Pas suffisamment du moins pour qu’on tremble ou qu’on se réjouisse avec eux. En résumé, un certain manque d’ampleur, de puissance, d’épaisseur.

 

Malgré ces quelques réserves, je conseillerais quand même cette lecture. Parce que l’auteur réussit pleinement la description de la ville, et surtout de cette ethnie Bozo partagée entre animisme et islam, vivant dans un monde moderne sans avoir jamais perdu ses croyances. Parce qu’il nous fait voyager et découvrir un monde qui nous est totalement inconnu. Parce qu’il nous met fasse aux incompréhensions entre « l’école des blancs » et un autre façon de concevoir le monde, et qu’il le fait, justement, depuis l’autre rive, et pas, comme on en a l’habitude, avec les réflexions de « l’école des blancs ». Parce qu’il le fait au moyen d’une belle écriture, adaptée au propos. Parce qu’il est parfait quand il passe dans le registre du conte.

 

Peut-être les petits défauts s’effaceront-ils dans les prochains épisodes. Vous avez là l’avis de Jeanjean de Moisson noire.

 

Moussa Konaté / La malédiction du lamantin, Fayard/Noir (2009).
Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars africains - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 23 juin 2009

Un de plus.

 

Et après les socialistes vont essayer de nous faire croire qu’ils proposent une alternative crédible au libéralisme sarkoziste. Puis s’étonner que les électeurs ne se déplacent plus. Et s’offusquer d’entendre de plus en plus de gens crier « tous pourris », ou « prêts à tout pour aller à la soupe ».

 

Je plains, vraiment (et ce n’est pas une blague), les militants socialistes honnêtes et sincères. Z’ont pas fini de ramer sur les marchés …

 

A qui le tour ?


 

Une fois de plus, Maester fait très fort !

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Mauvaise humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Dimanche 21 juin 2009

Il y a des livres qui échouent sur la pile à lire (ce qui reflète déjà un premier choix), mais qui y restent longtemps, parce qu’il y en a toujours un ou deux qui leur passent devant. La troisième vague de Paul Colize fut de ceux-là. Parce que je fais plutôt confiance aux éditions Krakoen (c’est pour ça qu’il était dans la pile), mais aussi parce que le traitement romanesque d’un fait divers ne me tentait pas assez pour je m’en saisisse. Je l’ai saisi …

 

Vassili Sokolovski est un habitué de l'horreur. Photographe à l'agence Associated Press, il est à Bagdad quand il reçoit un coup de fil de son ami Pierre. Celui-ci lui confie un nom, puis se tait. Quelques minutes plus tard, le frère de Pierre l'appelle, il a été abattu, à Bruxelles. Vassili s'y rend immédiatement, et décide de découvrir pourquoi son ami est mort. Son enquête va l'amener à s'intéresser à un affaire judiciaire belge vieille de vingt ans : Deux vagues de massacres, perpétrés essentiellement autour de petits commerces, ayant fait une trentaine de morts. Les coupables n'ont jamais été identifiés.

 

Impeccable. C'est le mot qui vient spontanément à l'esprit à propos de ce roman que Paul Colize a écrit à partir de faits réels, l'affaire des tueurs du Brabant. Le style, en premier lieu, est remarquable. Sec, précis, rythmé. On dirait du Manotti. La construction ensuite, qui accroche immédiatement le lecteur, insère toujours au bon moment, quelques retours vers le passé qui finiront, à la toute fin, par reconstituer le puzzle.

 

De la très belle ouvrage, qui ne se lâche plus une fois qu’on a lu les premières pages. Le roman est complété par un dossier très complet sur l’affaire judiciaire réelle.

 

Paul Colize / La troisième vague, Krakoen (2009).

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars français - Communauté : Le monde du polar
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Serial Kronik



Le réseau Serial Kronik fédère des chroniqueurs indépendants désireux d'informer avec objectivité et passion sur le Roman noir et le polar.

  - LES SITES SERIAL KRONIK -

Rayon Polar

Pol'Art Noir

Action Suspense

Noir comme Polar

Calibre 47

Moisson Noire

K-Libre

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus