Une suite noire, c’est une sorte de trou normand. Un petit polar sec et frais qui décape le palais entre deux gros pavés bien sombres et bien lourds. Des manches et la belle, de Jean-Paul Nozière fait parfaitement l’affaire.
Delicious Djembé (DD comme il aime s’appeler) se trouve au volant d’une voiture volée pour aller braquer quelques millions de faux euros transportés par des faussaires finlandais. Il doit
les intercepter dans un restau de station service sur l’A … Sur l’A combien d’ailleurs ? C’est que DD, torturé par des migraines à répétition qui le rende méchant n’est pas un as des
nombres. Et ces putains de toubabs qui donnent des numéros ridicules à leurs putains d’autoroutes ! Mais pas de panique, voilà la voiture des finlandais. Ils sont forts les finlandais,
planquer le fric dans un corbillard ! C’est parti, ça va chier, à lui le fric …
Une Suite Noire dans la grande tradition : pas de quoi révolutionner le genre, mais l’assurance d’un très agréable moment de lecture avec : du rythme, de l’humour, de la castagne … et puis des manches (très manches) et la belle (très belle) promis par le titre. On sent que Jean-Paul Nozière s’est amusé. Avec les noms des personnages (je vous laisse découvrir ça) ; avec les situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres ; avec les réflexions de personnages … Et comme il maîtrise parfaitement sa plume, il fait partager sa joie d’écrire à un lecteur qui l’avale sourire aux lèvres.
Jean-Paul Nozière / Des manches et la belle, Suite noire (2010).
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dépassés par les événements et les jeunes des cités, au mieux une
incompréhension, certainement de la peur, au pire de la haine. Trois sentiments que certains subissent, mais que d’autres, comme la Commissaire Le Muir très proche du ministre de l’intérieur,
entendent bien exploiter. Pour nettoyer la banlieue au karcher, pour appliquer une politique sécuritaire qui a les faveurs du pouvoir. Si on greffe là-dessus l’inexpérience de jeunes flics,
ripoux et autres magouilles immobilières, on comprend que la situation soit explosive.
C’est l’automne à Reykjavik. Maria s’est pendue dans son chalet d’été, au bord d’un lac. Son amie Karen, qui devait venir se mettre au vert pour le week-end, a découvert son
corps. Maria était une femme discrète, souvent déprimée, qui avait du mal à se remettre de la mort de sa mère survenue deux ans auparavant. Son mari est effondré, il lui semblait que depuis
quelques temps elle commençait à aller mieux. Affaire classée. Sauf pour Karen qui ne croit pas au suicide. Elle contacte le commissaire Erlendur et lui confie une cassette où Maria a enregistré
son entretien avec un médium. Erlendur qui n’a pas grand-chose sur le feu accepte de creuser un peu …
Tout va mal pour Jack Eisley :
Quand son titre L’ombre de ce que nous avons
été (La sombra de lo que fuimos) réussit à faire référence, d’un seul coup d’un seul, à Paco Ignacio Taibo II (avec Ombre de l’ombre et Nous
revenons comme des ombres), et dans une jolie mise en abîme à Osvaldo Soriano (Una sombra ya pronto seras) qui se réfère lui-même au tango Caminito (et
nous revoilà avec Gardel), on se dit qu’en plus, il risque même d’être bon !
Vous m’aviez suggéré quelques pistes, mais n’ayant pas eu le temps de passer en bibliothèque ou en librairie, je me suis rabattu sur ce que j’avais sous la main, à savoir Le Corsaire
Noir, et sa suite La reine des Caraïbes du maître italien du roman d’aventures, à savoir Emilio Salgari. Ben ça a marché. Ils ont adoré.
un indémodable, insurpassable … L’île au trésor de
Stevenson. Le fait d’avoir pour narrateur un enfant a, bien évidemment, beaucoup contribué à l’intérêt des enfants. Et quel pied j’ai pris à relire ce chef d’œuvre, à vibrer de nouveau au
début du roman, avec l’arrivée de Billy, vieux pirates alcoolique qui craint par-dessus tout … Un marin n’ayant qu’une jambe. Un magnifique personnage de « méchant ». Long John Silver,
tordu, rusé, implacable, d’une volonté inébranlable, capable de toutes les volte-face … en un mot fascinant. Comme quoi l’oncle Alfred avait raison, plus le méchant est réussi, plus le film (ou
le roman) est réussi. Et ça marche dès le plus jeune âge.
paumé. Irrémédiablement. Dans la ferme, les Argol : la mère, qui perd la tête et la mémoire, et les quatre enfants : Dany, le play-boy de
cambrouse ; Cécile, lesbienne passionnée d’armes ; Jean-Bruno, qui a fait un peu de boxe ; et Lucas, totalement perdu qui ne communique avec le monde extérieur que par
l’intermédiaire de sa poupée ventriloque. Ils se détestent, mais vivent ensemble, parce qu’ils ne s’imaginent pas ailleurs.
Gabriel déprime. Ce n’est pas nouveau, cela fait
quelques titres qu’il déprime. Sous la plume de Laurence Biberfeld il a même passé le temps à se faire casser la gueule par un soupirant de sa belle un peu ramolli du bulbe. En parlant de
la belle, sa relation avec Chéryl a de l’eau dans le gaz. Alors quand Brifid Waterford, rousse incendiaire qu’il a déjà croisé quelques années auparavant débarque dans sa vie … Il prend feu. Les
voilà partis, mains dans la mains, et zigounette dans le pilou pilou (comme disait le Maître) sur les traces d’une trafic d’antiquités afghanes. Une enquête qui les mènera de Toulon à Londres, en
passant par Séville, Barcelone et Cadaqués, pour le plus grand plaisir d’un poulpe qui se demande quand même où il met les pieds.

