Jeudi 4 septembre 2008

J'ai classé ce post dans "mauvaise humeur", mais en fait, il vaut mieux en rire ...

La blague du jour, je l’ai apprise sur le Bibliomane, blog de Pascal. Etes-vous bien assis ? Oui ? Alors ça va, sinon, vous risquez de tomber.

C’est parti, je cite : « Le 22 septembre prochain à New-York, le Prix Humanitaire de la Fondation Elie Wiesel, destiné à récompenser "des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice" va être décerné à Nicolas Sarkozy ».

Comme moi vous allez vous pincer, penser que Pascal est un gros farceur. Pourtant c’est bien annoncé dans le Herald Tribune.

Là, forcément on doute. Et si le 04 septembre était un jour à blagues chez les anglo-saxons ? Et si le Herald Tribune avait déjà été racheté, en douce, par le futur Siné-Hebdo ?

Que fait alors le bloggueur soucieux de ne pas répandre des contrevérités ? Il enquête. Et il va sur le site de la fondation Elie Wiesel. Et là il découvre le potoroz ! La fondation Elie Wiesel est gérée par un bande de rigolos qui aiment bien faire des blagues ! Voyez plutôt qui a déjà eu le prix humanitaire par le passé : Laura Bush, et George Bush senior, celui de la première guerre du golfe, l’ex patron de la CIA ! Des sacrés rigolos quand même non ?

Allez, chez nous on ne sait pas être aussi marrants. Mais on essaie. Tient, si vous voulez, pour comparer, allez sur le blog de Jean-Pierre Martin, il y a quelques articles qui m’ont bien agacé les zygomatiques.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Mauvaise humeur
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Mercredi 3 septembre 2008
Désolé ! C'est le papier sur la petite Dawn qui mettait la zouille dans les couleurs du blog (une obscure raison de balises Word). Impossible de les virer ! j'ai dû supprimer l'article. Je tente une ruse pour le remettre, à partir d'un autre format. par contre désolé, les commentaires ont été perdus.

Dawn 9 ans ne s’entend pas très bien avec sa mère, encore moins bien avec ses copains de passage. Jeff Mican, le père de Dawn est peintre. Il met en images ses pires cauchemars. Ses dessins mettent souvent en scène Dawn, dans les situations les plus épouvantables. Joey Spitfire est rédacteur en chef d’un fanzine particulièrement outrancier, divorcé d’une star du porno il est en ce moment en taule. Dalton, fils du futur mari de la mère de Dawn, adolescent mal dans sa peau et sa sexualité, aime beaucoup sa lumineuse demi-sœur, mais voue une haine sans limite à sa famille, et à ses condisciples … La vie de tous ces personnages, et de quelques autres, était déjà un chaos le 10 septembre 2001. Le lendemain, bien qu’ils vivent tous autour de Cincinnati,  elle va finir de voler en éclat.

Prière pour Dawn est le premier roman d’un artiste américain, Nathan Singer. Il ne peut pas vous laisser indifférent. Il peut vous emballer, vous choquer, vous agacer … Plus vraisemblablement, il fera tout cela à la fois. Parce que c’est un roman sacrément gonflé, plein de bruit, de fureur, de rage, de sanglots et d’éclats de rire désespérés. Un peu trop plein parfois. L’auteur, consciemment ou non, c’est laissé déborder par ses émotions, ses cris, et n’a pas réussi à les contenir, les mettre en forme, les faire rentrer dans son roman.

Alors ça déborde, dans tous les sens du terme. Il y a des pages, ou des paragraphes entiers que l’on saute (ou du moins que j’ai sauté), parce qu’ils ne veulent rien dire (littéralement parlant). Personnellement, je ne vois pas ce qu’ils apportent au texte. Il y a aussi des effets de style trop insistants, certainement bien trouvés, mais qui finissent par agacer dans leur répétition. Dans l’ensemble, à l’image de certains de ses personnages, l’auteur en fait parfois trop : trop incantatoire, trop volontairement obscur, trop compliqué …

Mais. Mais il y a des scènes inoubliables, des scènes de rage et des scènes en état de grâce. Mais il y a des personnages inoubliables, à commencer par Dawn. Mais il y a cet humour, ce rire qui vient juste là pour tenir les larmes à distance. Mais il y a cette énergie, palpable, débordante, hors norme.

Et puis c’est un premier roman. Un premier roman qui secoue, dans lequel on sent un tel potentiel, qu’on se demande, forcément, si ce potentiel va se réaliser, se canaliser un peu, pour le meilleur. S’il va réussir à arrondir certains angles, à garder sa puissance d’évocation et d’émotion en perdant ses défauts de chien fou.
Alors j’ai terminé Prière pour Dawn un peu déçu, parce que j’ai l’impression que l’auteur est passé très près d’un roman immense, mais également très content de l’avoir découvert, et impatient de voir la suite.

Nathan Singer / Prière pour Dawn  (A prayer for Dawn, 2004), Moisson rouge (2008). Traduction de l’américain par Laure Manceau.
par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : SOIF DE LIRE...
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Mercredi 3 septembre 2008

Le lieutenant Janek, de la police de New York, est en vacances à Venise quand il reçoit un coup de fil : Sa filleule Jess, dont il est très proche, a été assassinée dans un parc, apparemment victime d’un crime gratuit. Jess était jeune, belle, sportive … mais elle avait aussi une part d’ombre que Janek ne connaissait pas. Malgré l’interdiction de sa hiérarchie, qui ne veut pas qu’il participe à l’enquête, Janek commence son investigation, force la main de sa chef, pour s’apercevoir qu’on lui a caché que Jess a été victime d’un tueur en série. En conflit immédiat avec l’équipe du FBI en charge de l’enquête, il réussit à la rependre à son compte, prêt pour la descente dans l’enfer d’un esprit malade …

Je ne suis pas, a priori, fanatique des histoires de serial killers, avec profilers, meurtres affreux et tout le tremblement … Mais. Mais William Bayer n’est pas le premier besogneux venu, qui trousse son thriller avec tous les ingrédients qui le feront vendre. C’est un des grands maîtres du polar  « psychanalytique », si la catégorie existe. Comme dans Le labyrinthe des miroirs ou Le rêve des chevaux brisés, il campe magnifiquement ses personnages, et sait très bien mêler l’enquête proprement dite et la plongée dans l’âme des personnages qui finira par expliquer leur comportement.

Excellent artisan, il mène son lecteur par le bout du nez, lui laisse un tout petit peu d’avance sur l’enquêteur, pour le rattraper ensuite, et construit son intrigue de façon magistrale, subtile et inédite. Une fois de plus dans ses romans, l’important est d’avantage de comprendre les raisons des crimes, que de savoir qui les a commis. Le « pourquoi ? » plutôt que le « qui ? ». Et il rend la question passionnante.

Du coup, même si le résumé peut laisser penser qu’on a là un polar de consommation courante et même s’il ne se passe pas grand-chose pendant de nombreuses pages, le lecteur se fait prendre, harponner par l’écriture, l’humanité des personnages, et le suspense, construit finement, sans effets sensationnels. Laissez-vous tenter par une nouvelle plongée dans une âme tourmentée …

William Bayer / Wallflower  (Wallflower, 1991), Rivages Thriller (2008). Traduction de l’américain par Gérard de Chergé.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : SOIF DE LIRE...
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Lundi 1 septembre 2008

1990. C’est l’épilogue, la fin de la bande de Magliana qui, pour quelques années, avait mis la main sur Rome. Le commissaire Scialoja qui les a combattu et Patrizia, ex prostituée, égérie de la bande, sont les seuls survivants de l’épopée. C’est aussi la fin de Romanzo Criminale, le roman magistral de Giancarlo De Cataldo.

Automne 92 -automne 93, La saison des massacres. La guerre sanglante entre l'état italien et la mafia est à son apogée. Les juges Falcone et Borsellino ont été assassinés en Sicile. Toto Riina a été arrêté et placé dans une prison spéciale. La mafia engage un bras de fer, multipliant les attentats, et les partis au pouvoir sont touchés, les uns après les autres, par l'opération mains propres.

Scialoja a pris le poste du Vieux à la tête d’une officine secrète, jamais reconnue officiellement, mais redoutée par tous car le Vieux avait des dossiers sur tout le monde. De nouveau sa route va croiser Patrizia dont il est toujours amoureux. Elle va surtout croiser celle de Stalin Rossetti, ex bras droit du Vieux, qui fut, avant la chute du Mur, à la tête d'une cellule anti-communiste, et qui n'a jamais accepté de ne pas succéder à son mentor. Rossetti profite du chaos pour essayer d'évincer Scialoja. Entre la mafia toujours plus pressante, des politiques et des entrepreneurs aux abois, poursuivis par les juges milanais, et les manœuvres de Rossetti, Scialoja essaie de sauver sa peau, et ce qu’il reste de l’état. Complots, trahisons, magouilles, tous sont touchés, tous en paieront les conséquences, mafieux, industriels, flics, ex barbouzes … Un chaos qui fait le lit de nouvelles forces politiques, en apparence propres et nouvelles.

Ce nouveau roman de Giancarlo De Cataldo est presque aussi magistral que le premier. Il ne lui manque que cet ingrédient romanesque si favorable au roman noir : l'histoire d'un triomphe, suivi d'une chute, d'autant pus dure que le triomphe fut grand. Ici, personne ne triomphe, dès le début, ce n’est qu'une lente et implacable descente en enfer.

Une descente mise en scène par De Cataldo avec les qualités qui ont fait de son premier roman un chef-d'œuvre  : multiplicité des personnages, construction polyphonique brillante, fusion parfaite de la Grande Histoire, connue de tous, et les destins individuels, création de l'auteur, qui viennent la romancer.

Le constat est, si c'est possible, encore plus noir que celui de Romanzo criminale. A ce stade, on ne peut plus dire que la corruption, le crime, gangrènent la société italienne ; ils en sont partie prenante. On ne peut les en extraire car on a l'impression qu'ils vivent en symbiose totale avec le pays. Le mécanisme qui va finir par porter Berlusconi et ses alliés d'extrême droite est démonté, parfaitement, sans que jamais l'auteur n'oublie qu'il écrit un roman, et pas un essai.

Un grand roman, qui confirme le talent de Giancarlo De Cataldo et vient en écho au terrible et éprouvant Gomorra de Roberto Saviano (bientôt ici, quand je trouverai le courage de le terminer …). La saison des massacres devrait être en librairie à la fin de la semaine.

Giancarlo De Cataldo / La saison des massacres  (Nelle mani giuste, 2007), Métailié (2008). Traduction de l’italien par serge Quadruppani.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars italiens communauté : SOIF DE LIRE...
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Dimanche 31 août 2008

Ca y est, j’ai acheté Le guide des 100 polars incontournables par Hélène Amalric, chez Librio, pour l’extravagante somme de … 3 euros.

Je m’attendais à être à la fois, déçu et emballé. Emballé de retrouver mes auteurs préférés, parfois oubliés, déçu qu’il en manque quelques uns. J’avoue que je suis surtout … déçu.

Tout d’abord parce que les fiches sont vraiment très, très succinctes. Une biographie avec trois dates, un extrait, et un résumé du bouquin choisi, sans le moindre embryon d’analyse pour expliquer pourquoi il est dans les 100. Mais c’était peut-être inévitable.

Mais c’est surtout le choix qui m’a fortement déçu.

Une première option a été prise de faire une très large place aux romans fondateurs. Là-dessus, rien à redire.

Mais dans la fin, le choix des modernes peut surprendre : Côté français par exemple, on trouve, après Manchette, Daeninckx, Pagan, Vargas et Japp. Exit Dessaint, Manotti, Pouy, Jonquet, Oppel, Fajardie … Cela fait beaucoup.

Aucun latino-américain, même pas Borges dans les fondateurs, ou Taibo II pour les modernes. En Italie, rien sur Camilleri ni ses nombreux et talentueux héritiers !

De l’autre côté de la manche, il y a certes Robin Cook (ouf), mais pas Ted Lewis qu’il a pourtant toujours reconnu comme son inspirateur. Et pas de Rankin ni de Ken Bruen !

Bon, cela pourrait passer, si on ne trouvait pas, par contre, Dan Brown, Larsson et toutes les américaines spécialistes du suspense psychologique annuel.

C’est peut-être juste une question de goût, heureusement, Woodrell ou McIlvanney, viennent rattraper un peu le coup, mais pas suffisamment.

Pour finir, ce petit guide aura au moins eu le mérite de me pousser à effectuer mon propre choix, et de favoriser les échanges sur le web. J’attends un peu pour faire un synthèse des différentes listes des blogs, et des commentaires que j’ai reçus.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : SOIF DE LIRE...
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Jeudi 28 août 2008

XII ° siècle dans le Nord de l’Italie.

Le méchant : Ulrich, représentant de l’empereur, hautain, perfide, méchant comme une teigne, amateur de fauconnerie.

Le gentil : Dardo, montagnard virevoltant, grand archer, qui élève son fils tout seul.

Au milieu, Francesca, ex femme de Dardo mariée avec l’affreux ; un marquis de passage, bon bretteur, qui navigue à vue pour sauvegarder au mieux ses intérêts ; Piccolo, muet, ami fidèle de Dardo, aussi virevoltant que lui ; la population …

Un jour où Ulrich vient afficher sa puissance et sa morgue en ville, Dardo tue un de ses faucons. Poursuivi il réussi à échapper aux soldats du tyran, mais celui-ci arrive à capturer son fils. Dardo rentre alors en résistance dans la forêt voisine, et n’aura de cesse qu’il n’ait débarrassé le pays de l’affreux, et récupéré son fils.

Voilà, l’intrigue est simple, elle ressemble fortement au Robin des bois avec Errol Flynn tourné un peu plus de 10 ans auparavant. Mais il s’agit de La flèche et le flambeau, de Jacques Tourneur, avec Burt Lancaster dans le rôle principal.

Première constatation, le film fascine les petits (et les grands) autant que son illustre « modèle ». Les commentaires sont sans équivoques : « Il est trop fort Dardo, regarde ce qu’il fait ! Et là !! Ouais le méchant en prend plein la tête !!! Il est malin, fort, beau, et c’est un vrai acrobate ce Dardo, et son ami Piccolo il est super aussi. »

Il faut dire que, pour peu que l’on ait gardé un minimum de fraîcheur (ce qui est possible même en lisant les romans conseillés ici), difficile de ne pas se laisser faire, et conquérir par un Lancaster éblouissant : sourire éclatant, flèche meurtrière, grande gueule, flambeur, flamboyant, mauvais garçon, courageux, picaresque, chevaleresque et surtout, surtout, en état d’apesanteur : Il saute, grimpe, vole … comme si l’attraction terrestre n’existait pas pour lui.

Et le film suit, en état de grâce, tout en légèreté, sans prétendre à autre chose qu’à ce but, en apparence si simple, et pourtant si difficile à atteindre : divertir, plaire au plus grand nombre, sans jamais tomber dans la vulgarité, la laideur ou le racolage. Sans jamais en faire trop, juste ce qu’il faut pour être bigger than life. Aristocrate, jamais parvenu. Du pur plaisir, à voir et revoir avec les minots.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Pour les minots
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Mardi 26 août 2008

1953, le jeune Pierce Duncan quitte la maison de ses parents et part découvrir l’Amérique en sautant à bord d’un train de marchandises. Il compte vivre, voyager, expérimenter, et accumuler du matériel pour devenir écrivain, comme Hemingway son modèle. Son voyage l’amènera de traumatismes en bonheurs, de chocs en rencontres magiques. Il sera prisonnier, ami d’un boxeur, ouvrier du bâtiment, et finalement privé à San Francisco …

La quatrième de couverture situe un peu l’auteur et son roman. Joe Gores est peu connu en France. Scénariste, romancier, il a en particulier écrit Hammet, le roman adapté au cinéma par Win Wenders. Privé est présenté comme un roman fortement autobiographique, et comme son chef-d’œuvre.

Il est facile d’imaginer que ce roman est fortement inspiré de sa jeunesse. Le qualificatif de chef-d’oeuvre est par contre largement exagéré.

La partie la plus réussie est justement la partie autobiographique. A la John Fante pour le fond, mais sans le génie de l’écriture dans la forme. Le témoignage sur une époque et ses mœurs, l’aventure de ce jeune homme, totalement libre d’attache, qui part sur les routes, ouvert à toutes les possibilités, la galerie des personnages croisés … c’est tout cela qui fait la richesse et l’intérêt du roman.

L’histoire rapportée pour essayer de faire de cette errance, de ce roman d’apprentissage, un polar qui finit par boucler est beaucoup moins réussie et apparaît nettement comme une pièce rapportée artificiellement. Certainement coïncidences sont un peu grosses, et on sent que certains événements ont été forcés, pas toujours avec bonheur, pour permettre de boucler l’histoire et relier les différents épisodes entre eux. Quand au style, il est assez plat, et, sans être criticable, ne justifie en aucun cas le qualificatif de chef d’oeuvre.

Au final, un roman à moitié réussit, qui aurait gagné à s’assumer plus ouvertement comme une autobiographie, un témoignage, sans chercher absolument à en faire un polar.

Joe Gores / Privé  (Cases, 1999), Rivages Noir (2007). Traduction de l’américain par Guy Abadia.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars américains communauté : SOIF DE LIRE...
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Dimanche 24 août 2008

Voilà ma liste. Elle est très personnelle, fait une large place au roman noir, laissant de côté le thriller ou le roman à énigme, parce que ce sont mes goûts. Je sais qu’il y manque Simenon, Conan Doyle, Agatha Christie, les américaines qui vendent …et David Peace ! Ainsi que quelques grosses ventes type Dan Brown ou … Stieg Larsson.

 

Evidemment, pour certains auteurs, j’ai choisi un titre, j’aurais pu en citer un autre. Et je n’ai pas su en sortir un du lot pour McBain.

 

Je suis prêt, avec l’aide du Mesplède (notre bible à tous), à vous donner des éclaircissements sur n’importe quel titre ou auteur de cette liste que vous ne connaîtriez pas.

 

A vous.

 

Afrique du sud

 

Despreez Louis Ferdinand / La mémoire courte

Ebershon Wessel / Le cercle fermé

Meyer Deon / L’âme du chasseur

 

Algérie

 

Khadra Yasmina / L’automne des chimères

 

Angleterre

 

Arnott Jake / Crime unlimited

Burdett John / Bangckok 8

Cook Robin / J'étais Dora Suarez

Harvey John / Proie facile

Hurley Graham / Les anges brisés de Somerstown

Le Carré / la petite fille au tambour

Lewis Ted / Plender

Porter Henry / Nom de code, axiom day

 

Argentine

 

Diez Rolo / Lune d'écarlate

Medina Enrique / Les tombes

 

Australie

 

Corris Peter / Chair blanche

Upfield Arthur / La mort d'un lac

 

Brésil

 

Melo Patricia / O matador

 

Chili

 

Diaz Eterovic Ramon / Les sept fils de Simenon

 

Cuba

 

Chavarria Daniel / Un thé en amazonie

Padura Leonardo / Electre à La Havane

 

Ecosse

 

McIllvaney William / Big Man

Rankin Ian / L’ombre du tueur

 

Espagne

 

Gonzalez Ledesma Francisco / La dame du cachemire

Mendoza Eduardo / Le mystère de la crypte ensorcelée

Perez Reverte Arturo / Le club Dumas

Somoza José carlos / Clara ou la pénombre

Vazquez Montalban Manuel / Meurtre au comité central

 

Finlande

 

Joensuu Matti Yrjana / Harjunpaa et l'homme oiseau

 

France

 

Amila Jean / Le boucher des Hurlu

Amoz Claude / Bois-brûlé

Chainas Antoine / Versus

Daeninckx Didier / Le der des Der

Dessaint Pascal / Bouche d'ombre

Fajardie Frédéric / Patte de velours

Férey Caryl / Utu

Garnier Pascal / L'A 26

Izzo Jean-Claude / Total Kéops

Jonquet Thierry / Les orpailleurs

Le Corre Hervé / L'homme aux lèvres de saphir

Lebrun Michel / Le géant

Malte Marcus / Garden of love

Manchette Jean-Patrick / La position du tireur couché

Manotti Dominique / Sombre sentier

Oppel Jean-Hugue / French tabloïd

Pouy Jean-Bernard / Nous avons brûlé une sainte

Tran Nuht / Le temple de la grue écarlate

Vargas Fred / Pars vite et reviens tard

Vian Boris / J'irai cracher sur vos tombes

Villard Marc / Cœur sombre

 

Irlande

 

Bateman Colin / Turbulence catholique

Bruen Ken / Toxic blues

McKinty Adrian / Le fils de la mort

 

Islande

 

Indridason Arnaldur / La femme en vert

 

Italie

 

Camilleri Andrea / Le voleur de goûter

Carlotto Massimo / Rien, plus rien au monde

Carofiglio Gianrico / Témoin involontaire

Di Cataldo Giancarlo / Romanzo criminale

Evangelisti Valerio / Nous ne sommes rien, soyons tout !

Scerbanenco Giorgio / Vénus privée

 

Mexique

 

Taibo II Paco Ignacio / A quatre mains

 

Norvège

 

Nesbo Jo / Rouge Gorge

 

Russie

 

Dostoievski Fedor / Crime et châtiment

Vainer Arkadi et Gueorgui / L'évangile du bourreau

 

Suède

 

Mankell Henning / Les morts de la Saint-Jean

Wahlöö Per et Sjöwall Maj  / L'homme au balcon

 

USA

 

Behm Marc /Crabe

Block Lawrence / Huit millions de façons de mourir

Boyle T C / América

Brown Larry / Fay

Bunker Edward / La tête contre les murs

Burke James Lee / Dans la brume électrique avec les morts confédérés

Burke Shannon / Manhattan grand angle

Burnett William / Quand la ville dort

Chandler Raymond / La dame du lac

Connelly Michael / Le poète

Crews Harry / Le chanteur de gospel

Crumley Jim / Le dernier baiser

Dexter Pete / Daedwood

Effinger George Alec / Gravité à la manque

Ellroy James / LA Confidential

Grubb Davis / La nuit du chasseur

Hammett Dashiell / La clé de verre

Hiaasen Carl / Jackpot

Hillerman Tony / Porteurs de peau

Himes Chester / La reine des pommes

Kelly Thomas / Le ventre de New York

Lansdale Joe / Les marécages

Lehane Dennis / Mystic River

Leonard Elmore / Maximum Bob

Liebermann herbert / Nécropolis

McBain Ed / 87° district

McDonald Gregory / The brave

Moore Christopher / Un blues de coyote

Mosley Walter / Le diable en robe bleue

Pelecanos George / Un nommé Peter Karras

Thompson Jim  /1275 âmes

Westlake Donald / Aztèques dansants

Williams Charlie / Fantasia chez les ploucs

Winslow Don / La griffe du chien

Woodrell Daniel / La mort du petit cœur

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers communauté : SOIF DE LIRE...
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Vendredi 22 août 2008
 Un peu en vrac, deux liens et une suggestion :

Pour les liens, deux blogs d’auteurs que je n’ai découvert que dernièrement :

Côté français, Antoine Chainas s'est lancé. En attendant son nouveau roman prévu, si j’ai bien lu, pour le printemps prochain, on peu lire quelques textes, avis de lecture, extraits, et même regarder les illustrations que lui inspirent ses romans.

Pour les anglophones, j'ai découvert dernièrement l'excellent blog d'Adrian McKinty. Il est assez clair (c'est-à-dire qu’on arrive à lire avec un niveau d’anglais moyen), instructif sur sa façon de voir son boulot, et assez drôle quand il parle, entre autres, de ses gros flops de lecture en public.

Pour finir une syggestion. Sur son blog Moisson noire, l’ami Jeanjean cause d’un petit guide polar intitulé Le guide des 100 polars incontournables. Et exprime, forcément, la frustration inévitable face à ce genre d’ouvrage de ne pas trouver exactement ceux que l’on voudrait y mettre.

Alors idée, et si je proposais les miens, pas mes 100 polars incontournables, mais les 100 préférés, en me limitant à un roman par auteur ? Et si les amateurs de polar qui passent par ici faisaient de même ? Je pourrais ensuite compiler … Ca vous tente ?
par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars divers
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Jeudi 21 août 2008

Je ne sais pas par où commencer ce billet. Trop de choses à dire. Alors je vais commencer par le plus simple, le plus évident, un résumé rapide.

44 jours de David Peace raconte les ... 44 jours de Brian Clough, grand joueur anglais des années soixante écarté de terrain à la suite d’une blessure, comme manager de l’équipe de Leeds alors championne d’Angleterre en titre. 44 jours, ou chronique d’une catastrophe annoncée, tant il est évident dès la première ligne que tout se passera mal entre une équipe de stars aux ego ... de stars, et la plus grande gueule du football anglais des années 60-70.

Voilà. Avec ça, vous n’êtes guère avancés. Et je me retrouve aussi couillon qu’au début du billet. Par où commencer.

 

Allons-y. Dans le tout petit milieu du polar, je fais partie de ceux qui, tout en reconnaissant son immense talent, n’arrivent pas à lire les romans de David Peace. C’est un grave défaut, une tache que je reconnais. J’ai lu 1974 son premier roman traduit. Le style m’a étouffé. La plongée dans son univers totalement glauque, où pas un seul personnage ne semble avoir une seule étincelle d’humanité m’a secoué et dérangé. J’aime le noir, le sombre, le glauque, mais à condition qu’il y ait, non pas une lueur d’espoir, mais au moins de compassion, d’empathie, d’humanité. C’est pourquoi j’aime Ken Bruen, Caryl Férey ou Antoine Chainas qui pourtant ne sont pas particulièrement roses. Mais chez Peace, rien. Donc j’ai arrêté.

Mais comme je sais également écouter les copains, je me disais qu’il fallait que je m’y replonge un jour. Et 44 jours m’a paru être l’occasion. J’avais raison.

 

Venons-en au sujet et à la grande question : Faut-il être amateur de foot, et plus précisément de foot anglais des années 60-70 pour apprécier ce roman ? Je crois que, comme le dit Yvon, cela doit apporter un plaisir supplémentaire. Mais je crois aussi, contrairement à ce que dit Michel, que ce n’est pas indispensable. Je ne m’intéresse pas au foot, et je ne connais aucun des noms cités dans le roman, et pourtant, il est passionnant.

La raison essentielle en est qu’il raconte une histoire universelle, classique dans le roman noir. Celle d’une ascension au sommet, suivie de l’inévitable chute (indispensable, sinon on est chez Harlequin, pas à la série noire !), avec son cortège de trahisons, d’illusions, de désillusions, de drames et de fureur. Le cadre est ici celui d’un club de foot, il pourrait s’agir de boxe, de truands, d’hommes d’affaire, de syndicalisme, de politique … le canevas reste le même, il a toujours un fort pouvoir attractif.

Dans un cadre aussi classique et attendu, David Peace, grâce à son talent, arrive à nous intéresser au personnage (même si on ne s’intéresse pas au foot), et même à nous accrocher à un suspense qui n’en est pas un, puisqu’on sait, dès le départ, que cela finira mal. Mais on se passionne pour le « comment », pour la manière, pour les détails.

A cela se rajoute un autre grand classique du roman noir : la lutte perdue d’avance d’un homme intègre face à un système qui valorise la magouille et la compromission, d’un homme qui refuse de renier ses valeurs face à un système prêt à tout pour conquérir ou conserver le pouvoir, et surtout d’un homme qui ne veut pas plier, sûr d’avoir raison, face aux forces toujours supérieures de ceux qui, même s’ils n’y connaissent rien, ont l’argent.

Car Brian Cough tel qu’il est écrit par David Peace est un homme dur, capable d’être infect, grande gueule sans aucune pitié pour les autres, mais c’est également un homme intègre qui ne recule jamais d’un pas, et préfère mourir que renoncer à ses convictions et ses valeurs. Ce qui le rend bien entendu un peu plus sympathique, même si l’on ne partage pas les valeurs en question.

C’est grâce à ces thématiques que, bien qu’il n’y ait aucun mort, ni même aucune transgression de lois, nous avons bien là un vrai roman noir, à défaut d’avoir un roman policier.

 

Pour finir, malgré quelques effets de styles qui, personnellement, ne me convainquent pas toujours (mais c’est vraiment mineur), c’est l’écriture de Peace qui fait passer tout cela, avec une puissance émotionnelle impressionnante. Difficile de ne pas ressentir les émotions de Brian, de ne pas sentir dans les tripes à la fois son impuissance face à toute l’équipe de Leeds, jour après jour, et également ses regrets, la plaie jamais refermée d’avoir été viré de son club précédent. Le mélange passé/présent est à ce titre maîtrisé de façon magistrale.

Une petite réflexion pour finir sur le monde du foot tel qu’il apparaît dans ce bouquin : Un marché aux bestiaux ! Il n’est question ici que d’achat et vente de joueurs, de managers, de fric, de tractations entre les clubs … Pas un mot sur les jeunes, sur la formation, sur des talents en construction. Non, juste un gros marché (à l’époque limité aux îles britanniques, aujourd’hui mondial), où l’on cherche à acheter le meilleur, et à se débarrasser des poids morts sans, bien entendu, la moindre considération pour ce que peuvent vouloir ou penser les bestiaux ainsi échangés. Depuis les années 70, j’ai comme l’impression que la situation n’a pas évoluée en bien …

David Peace / 44 jours  (The damned Utd, 2006), Rivages Thriller (2008). Traduction de l’anglais par Daniel Lemoine.

par Jean-Marc Laherrère publié dans : Polars grands bretons communauté : SOIF DE LIRE...
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